Chclsea
«rE'.osto
tout ce que l'on peust et va Ton chercher jusques dans les navyres Qamentz pour sçavoir s'il y a rien appartenant aulx françoys pour le prendre, quy est chose où je pense que Ton pourroit bien rendre la pareille à bon escient à ces gentz cy, car s'ilz veullent avoir vins, sel, toilles et canevaz et auUres choses de vostre royaulme dont ilz ne se peuvent guères passer. Je pense qu'ilz useront du nom et des nàvyres des flainentz ou aullres estrangers pour le plus seur. Quy est. Sire, tout ce que je vous diray pour ceste heure, sinon que des cappitaines espaignolz quy sont revenuz par mer avec Tarmée d'Angleterre jusques à Arrvich disent que tous les vaisseaulx sont cuydez périr par fortune de ternpz et qu'il s'en est perdu quatre, et que la plupart des aultrcs pour se saulver ont esté contrainctz jccter en mer une bonne partie de l'arlillerye. Sy tost que monsieur le protecteur m'aura faicl entendre la responce qu'il me doibt faire je ne fauldray, Sire, de vous en advertvr. »
« De Stretham^ le ///• octobre Y quarante huict. »
Vol. 8, fo î)0 v^ copie du xvp siècle, 1 p. 3/4 in-P.
SELVE AU ROI
498. — Stratham, 9 octobre, — Selve n'a pu encore obtenir réponse du protecteur, qui le remet jusqu'à l'arrivée des nouvelles de France que doit rapporter le chevaucheur renvoyé au roi [le 3]. Selve se montre inquiet de ces dilations. « Kt sy le bruit qui se faict entre aulcuns par de(;îide quelque maniement de praticque de nouvelle amytié entre ceulx cy et l'empereur esloit vray, je dirois que la longueur dont ilz usent proecdderoit de là, » dit-il.
Le comte de Hunlley a prié Selve de demander au roi si le roi avait connaissance d'un accord passé entre la reine d'Ecosse et lui, par lequel une pension lui était promise, sur le pied de celles que le roi accorde aux autres seigneurs d'Ecosse, désirant fort, a-t-il dit, que le roi le tînt pour agréable, cinerre '' ^^^ nouvelIcs du poys d'Escosse, il m'a mandé, Sire, que Corpeny avec sez allemantz ayant cuidé aller faire quelque entreprinse sur Dombarro il y a dix ou douze jours avoit esté très bien repoulsé avec perte de plus de 1111° hommes des siens et que les gentz du conte de Baudoel qui est icy en ceste cour de retour de Barrvich n'ayant peu passer et retourner en son pays disoint que voz gentz et les escossob estoint retournés mectre le siège devant Hadington et qu'il y avoit tous les jours quelques escarmouches par delà où les angloys perdoint tousjours et diminuoint le numbrc de leurs gentz. Depuis deux jours quelcuQ m'a dict avoir ouy dire à aucuns angloys que l'on esloit contrainct par deçà de rassembler des gentz et renvoyer milord Grey dans le pays
M. DE SELYE
[octobre 1548]
d'Escosse pour ce que voz gentz et les escossois couroint tous les jours sur les angloys et leur donnoint plus affaire que jamais dont je ne sçay que croyrc. Car aultres disent qu*ilz se sont retyrés aulx garnisons dans les villes et places fortes tant d'ung costé que d'aultre et d'envoyer sur les lieux pour en sçavoir la vérité je ne puis trouver aulcun moyen que par angloys où il n'y a nulle fiance car ilz prennent argent et ne font rien qui vaille comme n'a faict celluy que j'avoys dernièrement envoyé qui asseuroit sur sa vye de passer jusques à vostre ambassadeur audict Escosse et m'en rapporter lettres lequel est cez jours passez revenu sans avoir rien faiet alléguant qu'il est impossible de passera angloys ny aultres et que l'on a prins tout plain de pacquelz qui venoint d'Escosse à moy pour vous envoyer et les gentz qui les portoint. Encores m'est-il venu très mal à propoz qu'ung jeune angloys que j'avois prins expressément et que j'enlretenoys hors mon logis l'ayant trouvé assez fidèle a esté mictz en prison n'a pas long temps par souspeçon comme je cuyde. De sorte, Sire, que pour le présent j'ay bien pou de moyen de vous pouvoir rien mander de véritable «les choses d'Escosse. Le conte de Honlelay y a ung homme quy est party ces jours passez auquel j'ay donné charge de regarder à son retour s'il sera possible de me porter seu rement quelque lettre de monsieur d'Essey pour vous, Sire, et lui ay proumiclz recongnoistre la poine qu'il y prendra et le service qu'il vous fera en cela. »
« De StroAham, ce 9^ octobre 1518. »
Le comte de Huntlcy a prié Selve de demander au roi l'envoi d'un navire flamand monté par le Breton Quiriace ou tout autre capitaine, espérant se sauver par la Tamise en Flandres.
Vol. 8, t^ 51 v°, copie du xvi® siècle, 3 p. 1/2 in-f®.
SKLVE AU ROI.
499, — Stratham, i 2 octobre. — Le prolecteur, auquel il avoit vainement fait deux fois coup sur coup demander audience, a envoyé ce jourd'hui lui assigner rendez-vous pour le dimanche suivant à Syon, devant partir le lundi pour la Rye, Douvres et le pays de Kent.
« Sire, je viens d'estre adverty que le bruict est à Londres bien grand que la mutinerie de voz subjectz au pays de Guyenne et aulx environs persévère et est plus forte que jamais. Et m'a l'on dict que ung des gentilzhommes avoit dict en quelque compaignie audict Londres que son maistre avoyt eu mercredy dernier ung courrier de l'ambassadeur du roy d'Angleterre résident prez Votre Magesté lequel avoyt passé par Bourdeaulx qui disoit que la commune de ce pays là esloit fort esmue et peu après dict que monsieur le protecteur partoit bientost pour s'en aller faire ung voyaige de quinze ou vingt jours ou daventaige en quelque endroict et
Troable»
en GoyeoDe.
que Ton ne sçavoit où mais que l'on pensoit que c'estoit vers Escosse ou bien à Bourdeaulx pour aller secourir ceulx qui se sont rebelés contre vous. A quoy, Sire, encores qu'il y ait très peu de propoz et qu'il ne soit croyable aulcunementque le prolecteur soit pour laisser ce royaulme ne se meclre en personne sur mer, si m'a il semblé n'eslre que bon de vous adverlir de ceste nouvelle. Car s'il est vray que ceste esmotion continue, prenant ledict protecteur le chemin de la Rye et Douvres et aultres lieux de ceste cosle là comme luy mesmes m'a mandé, il y auroyt argument suffisant de souspeçonner qu'il y allast pour favoriser et entretenir ladicle esmotion et y envoyer quelque secours et que les navires que l'on ajusqu'icy chargez de munitions en divers endroictz et que Ton disoit debvoyr estre envoyé en Escosse fussent pour estre envoyés là à tout le moins partie d'iceulx. Et pour vous dire, Sire, ce que j'en puis juger et estimer, je voy ce pays si pauvre d'hommes qu'il m'est advis que quand ledict protecteur vouldroit il ne sçauroit secourir lesdicts mutins de numbre de gentz qui méritast que Ton en feist compte. Et aussi ne suis-je point adverty que l'on en face aulcune levée, mais sy ce feu n'est encores estainct je croirois facilement que pour le faire vivre et durer il pourroit envoyer d'icy quelque artillerye, pouldres, et par adventure ung peu d'argent et de belles promesses beaulcoup plus que de tout le demeurant pour vous tenir le plus fort et le plus long temps que Ton pourroit empesché à appaiser ledict feu et mutinerie. Tant y a, Sire, que la voulenté de ces gentz est si maulvaise que l'on ne peult faillir de se préparer et d'en attendre le pis qu'ilz sçauroint faire qui toutesfois ne sçauroit estre grande chose à mon advis plus comme je cuyde par defTault de puissance que de voulenté. II y avoit ces jours passez à Londres ung marchant de Bourdeaulx dont je suis après à sçavoir le nom pour le vous mander qui a faict merveilles de compter en plusieurs compaignies de ceste mutinerie la faisant plus grande qu'elle ne sçauroit jamais estre et usant de ces propres termes comme l'on m'a dict que toute la force que vous aviez envoyée à rencontre n'estoit pas pour ung desnier. Sy tost que je sçauray son nom, où il repaire et qu'il est devenu je ne fauldray de vous en advertir car je me double que ce doibt estre quelque grand homme de bien mesmement s'il est vray qu'il ayt esté vers le protecteur comme Ton m'a dict. Au surplus, Sire, aulcuns angloys disent icy que le Guerre protecteur a eu nouvelles depuis deux jours que voz allcmantz qui sont d*Sco«ac. en Escosse cuydant faire quelque entreprinse sur Brotincraig ont esté repoulsez avec grande perte et tuerye advenue par le moyen de Tartillerye des angloys et qu'en mesmes temps milord Grey avoit faict une course dans ledict pays où il avoit prins force bestial, mais je croy que toutes ces nouvelles ne sont que mensonges et que le contraire doibt plus tost estre véritable. Pour le présent je ne sçay aultres nouvelles sinon, Sire, qu'il est bruict icy que par les havres de voste cosle de Normandie vous avez faict publier permission à tous voz subjcctz de
[octobre 1848] M. DE SELVE 457
s'armer et équipper en raer pour aller à la guerre contre les angloys leur donnant exemption des droictz accoustuméz de payer tant à vostre admirai qu'ailleurs sur les prinses qu'ils font *. »
« A Stretham^ le av/* octobre m v^ xlyiii, »
Vol. 8, f" 53, copie du xvi« siècle, 3 p. in-f».
SELVE AU ROI
500. — Stratham, 15 octobre, — Le chevaucheur est arrivé ce matin Trouble» avec les deux dépêches du roi en date du 27 septembre et du 3 octobre. ®"
,1 ,1 ,., . , . . Guyenne.
« Et a este la cause du long temps qu il a mict a son voiaige une maladie qui l'a prins en revenant et gardé de faire si bonne diligence qu'il eust bien faicte sans cela. Si est ce qu'il y a VIII jours qu'il feust icy n'eust esté la tempeste et maulvaiz temps qui le rejectèrent en la coste de France estant à deux ou troys milles de celle de deçà et depuis n'a sceu passer jusques à hyer qu'il cuyda estre noyé par la tourmente qu'il faisoit. » La présente réponse satisfera le roi touchant sa première dépêche. Quant au contenu de la seconde, Selve s'enquerra du personnage envoyé en Angleterre de Bordeaux ou de la Rochelle, et qui répand tant de bruits favorables aux rebelles de Guyenne. On lui a dit que ce personnage * se nommait « Pierre du PruI, serviteur de Guillaume de Lestonnat de Bordeaux ', » riche marchand qui passe à Londres pour être le capitaine du Château Trompette : il a parlé au protecteur, et Selve fait épier son itinéraire de retour.
Selve a été la veille trouver le protecteur en sa maison de Syon, d'où il n'est revenu que le soir très tard. Le protecteur a voulu attendre la résolution que le roi de France ne pouvait manquer de prendre après l'audience accordée à l'ambassadeur d'Angleterre. Quant à lui, a-t-il dit) le roi d'Angleterre l'a chargé de dire qu'il avouait hautement la prise des navires français allant en Ecosse, mais répudiait celle des navires marchands ou pêcheurs : il offre d'envoyer par tous les ports d'Angleterre des ordres à Teflet de faire mettre en sûreté tous les navires français saisis, autres que ceux destinés à l'Ecosse, et à fin de faire consigner le prix de la vente de leur chargement si celui ci n'était pas susceptible d'être conservé, et propose au roi de nommer des commissaires réciproques pour évaluer les dommages de Tun et de l'autre côté. Tous ces différends, a-t-il dit en continuant, « font qu'il aymeroit myeulx que ladicte guerre se fist dans troys jours que plus tard ». Donc, le roi de France ayant soutenu à Tam- commueion bassadeur d'Angleterre, dans la dernière audience accordée à celui-ci, deeutm que jamais le royaume d'Ecosse n'avait été sujet de celui d'Angleterre,
i. Voirci-dessus, 19 septembre.