SELVK AU MARÉCHAL DU BIEZ
33. — Londres, 19 septembre, — Selve prie le maréchal du Biez de faire tenir au roi le paquet ci-joint. 11 Tinforme de Tintention qu'a le roi d'Angleterre d'interrompre les travaux commencés à Buleroberg si le roi fait cesser ceux du Portel et Tavise du passage du comte de Hertford sur le continent.
« De Londres, ce x/.y- septembre v-^ xivi, »
SELVK AU ROI.
Fortificâii»ii« 34. — Londresy 2b septembre. — Après avoir reçu la dépèche du roi BofJoRij.' ^" ^^^® ^" ^^» Selve s'est rendu, Tavant-veille, auprès du roi d'Angleterre qu*il a trouvé à la chasse, à 18 milles de Londres : il a reçu là la dépêche du roi en date du 16. Le roi d'Angleterre s'est montré fort satisfait de la démolition des fortifications du Portel, événement dont Selve ne savait encore rien, et à laquelle, d'après le prince, les gens du roi de France auraient eux-mêmes participé. Il s'en est suivi une discussion sur Tépoque du commencement des travaux du Portel et de Bulemberg.
Le roi d'Angleterre a assuré l'ambassadeur « que la démolition qui avoyt esté faicte par ses gentz de vostredicle fortifficalion du Portel n'avoyt jamais esté par luy commandée ny. entendue qu'après le faict, duquel il ne feust pas content quand il le sceut. Bien dict il avoyr mandé au milord Grey * cappilaine de Boulongne prendre soigneuse-
1 . William (irey, lord Grey de Wilton, gouverneur de Boulogne depuis 1546.
[septembre 1546] M. DE SELVE 35
ment guarde aulx entreprisez de vos gentz par delà et que voyant
sesdictes gentz que l'œuvre s'alloyt parachevant et leur estoyt de merveilleux préjudice ilz l'avoint defTaict, *mais que ce avoyt esté sans furie et sans combat. » Selve ayant déclaré que si le conflit n'avait pas eu lieu c'était à cause des ordres exprès du roi, et que le roi s'en remettait au roi d'Angleterre pour la réparation nécessaire, n'a pu obtenir d'autre réponse que celle-ci « qu'il n'avoyt jamais trouvé le faict bon ». Paget assure que le roi d'Angleterre n'a été averti du fait qu'après le coup et qu'il dit alors « qu'il eust pencé le milord Grey ung peu plus sage et homme pour n'entreprendre telle chose sy soubdain ». Quant à l'affaire des foins enlevés par M. de Blérancourt *, le roi d'Angleterre soutient que le terrain est dans les limites anglaises : néanmoins il approuve l'offre du roi de s'en remettre à des commissaires spéciaux qui se rendront sur les lieux.
<« De Londres y ce aav- septembre v xl\i. » Vol. 6, fo 36 V", copie du xvi» siècle,' 2 p. 3/4 in-P.
35. — Londre». ^.> septembre, — Selve n'a pas encore eu de réponse Affaire aux dépèches écrites par lui à l'amiral depuis le départ de celui-ci. dubarou Parlant la veille avec Paget de l'affaire du baron de Saint-Blancard Biancani. qui est toujours prisonnier on ne sait où et du triste état « des pauvres soldatz de galaire qui se meurent tous les jours es prisons de ceste ville » , celui-ci lui a déclaré que le roi d'Ançleterre n'avait voulu rendre que le bâtiment, en échange du navire le San*e * que le roi venait de lui restituer; mais qu'il gardait les prisonniers, l'amiral n'ayant pas parlé d'échange pendant sa venue. L'ambassadeur demande qu'il soit dressé un état des voyages des courriers de Montreuil à Londres. Les courriers disent qu'ils recevaient douze écus pour aller de Londres H Boulogne et autant pour leur retour. Selve a dû payer sur ce pied le retour de ceux que du Biez lui dépêchait. Il a quelquefois envoyé un de ses gens porter le paquet destiné au roi « jusques à la première poste
1. N. de Bléraucourt, capitaine d'Ardres, qui venait de succéder dans ce poste à Jean de Sévicourt, seigneur de Saint-Seval. Une dépêche du conseil privé du roi d^Angleterre à Nicholas Wotton signale cette incursion comme ayant eu lieu dans les derniers jours d'août. [State Pafters, t. XI, pp. 283-280.) M. de Blérancourt, à la tête de la garnison d'Ardres, avait été enlever une certaine quantité de foin coupé sur le territoire de Balinghem, place anglaise des limites du C^ilaisis, à mi-chemin environ d'Ardres à Guines, sur des prairies dont le capitaine anglais de Balinghem avait la jouissance du temps de M. de Saint-Seval. (Balinghem, cant. d'Ardre, arr. de Sainl-Omer.)
2. Le SacrCf navire de guerre anglais de 00 tonneaux et de 60 hommes d'équipage, figure dans l'état de la flotte anglaise en août i54.-i. (Statf Papers. t. 1, p. 812.)
36 NÉGOCIATIONS DE [SBFTKMfiU 154ÔJ
qui est â Neufchasteau ' entre Boullongne et Montreuil », sur le pied de douze écus pour Taller et retour. L'amiral y pourvoira ainsi qu'à une autre difficulté au sujet de laquelle il écrit au maréchal du Biez.
a De Londrrt^ ce aat- septembre u XLVi, »
Vol. 6, fo 37 V», copie du xvr siècle, 2 p. 1/i in-f*».