‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 60 sur 201 · SRLVE AU MARÉCHAL DU BIEZ · texte numérisé non relu

SRLVE AU MARÉCHAL DU BIEZ

rorUflefttioo* 36. — Londres^ 26 septembre, — Selve a reçu les dépèches du maré- , '^ clial du Biez en date du 17 et du ^0. 11 Ta vise de l'altitude du roi d'Angletcrre au sujet de la démolition des fortiflcations du Portel « dont le roy ", dit-il, <' ne me parle aulchunement par ses lettres, aiiis seulement de la sursénnce ». Les courriers que lui dépèche le maréchal lui demandent toujourn douze écus; il na pu « eschapper à meilleur marché d'eulx » jusqu'ici. « J'envoye aussy quelquesfoys », dit-il, « pour évitter deHpenHc par <|uelch'un de mes gentz le pacquet du roy jusques à la première poste qui est entre Boullongne et Montreuil, lesquelz le mai^tre de la post<; relfuse d(^ prendre et faire courir jusques à Montreuil parce qu'il dict que le maislrc de la poste de Montreuil ne faict pas courrir les pacquetz de France jusques à luy, mais les m'envoye jusques icy par honune exprès, qui est une practicque qu'il veut prétendre luy appartenir »• S(.*lve en avertit le maréchal.

« /)e Jjmdi'es, le aa\'- septembre m \'' mai, >•

Vol. i\, f* 31), copie du xvi* siècle, 4 p. in-f«.

SELVE AU ROI -

MUiiioli ^'^' — /^o/idres, AO septembre. — Selvc a écrit au roi le 19 et le io.

du b*ron M. (Je la Garde, présent porteur, avisera le roi de « la licence quia

' enté cejounl'huy donnée au seigneur Grono », qui doit être signifiée à

Selve pour l'annoncer au roi. Selve, à cette occasion, ne manquera

1. NeufrhiUcI, sur la côte, ù mi-chemin environ de la Liane à la Canclic. (Cant. cJe Somrr, arr. de Boulogne.)

2. A celle date se place la mission du baron de la (Sarcle, dont les iustructions n'ont pas tU* conservées, maiî* (pii élait chargé d'une triple négociatioQ relalive AUX troi» points en litige entre les deux cours, le règlement des frootières du Uoulonnaifl, la démolition réciproque «les forts du Portel et de Bolembcrg, le payement du reliquat des 500 000 écus, et, en outre, du règlement de raffaire du baron de Saint-HIancard. Le baron de la (iarde élait à L'^ndres le 27 septembre. [StaU Papers, t. Xf, p. i:i.) Il en repartit entre le l'"' et le 4 octobre. (Ci-dessous, Selve au roi, 5 octobre, et, pour le résultat de la négociation, 18 octobre.) Le baron de la (iardo, désigné encore ù cette date dans les dépêches anglaises sous le nom du capitaine Paulin, était le célèbre Antoine Escalin des Aimars. baron de la (iarde, trois fois général des galères, de 1544 à 1578, dont Brantôme a écrit la vie. ;Kte.« des Grands Capitaines français, )

[septembre 1546] M. DE SEL YE 37

pas de chercher adroitement la cause de ce soudain changement : en tout cas, « ledict Grono s'attendoyt depuis quelques jours à ce qui luy est advenu, voyant la longue demeure de la responce qui luy debvoyt estrefaicte pièça ».

« De Londres y ce dernier septembre \'*^ xlm. » •

Vol. 6, r> 39 v°, copie du xvi« siècle, 3/4 p. In-P.

SELVE A L AMIRAL

38. — Londres, 30 septembre, — Selve a écrit à Tamiral le 19 et le 20. Le baron de la Garde, présent porteur, l'informera de vive voix.

« Monseigneur... j'ay prins hardiesse, Monseigneur, de vous faire une très humble et raysonnable prière pour évitter non pas la nécessité où je suis, mais celle en laquelle je prévoy certainement que je vays tumber s'il ne plaist à la bonté et libéralité du roy me concedder par vostre bon moyen Testât et provision par jour que avoynt antérieurement les ambassadeurs qu'il luy a pieu tenir par deçà auparavant monsieur de Mariliac \ au temps duquel feust faict le retrenchement dudict estât, lesquelz. Monseigneur, ainsy que vous diront plusieurs dignes de foy qui esloient lors et sont en ce pays pouvoint sans comparaison mieulx vivre pour la moylié de XX francz qu'ilz avoint par jour que je ne sçauroys maintenant faire pour ledict estât entier, estant toutes choses par deçà à raison des dernières guerres et grandes impositions sy excessivement enchéries que Testât qu'il plaist à Sa Majesté de me donner, avec tout le bien et crédit dont je sçauroys finer icy, ne me sçauroyt entretenir sy je ne vivoys fort pauvrement et mécaniquement. Et en vivant «le cesle sorte parmy la nation où je suys qui est subjecte naturellement à contempner la nostre, je rendroys et ma négociation et moy si contemptible qu'ilz ne porteroint avec le temps à chose qui vint de moy respect quelconque, et sy penseroynt que Ton leur en portast encores moings de leur avoyr envoyé homme qui vesqueust de ceste façon. Ce que j'ose bien asseurer, Monseigneur, [c'est] que je n'ay poinct faict jusques icy pour l'honneur du maistre que je sers et ay envye de bien servir et ne suis délibéré de faire tant que sy peu que j'ay de bien se pourra estandre, me gardant touteffoys de despence superflue aultant qu'il est possible, mais je prévoy par Texpérience que j'en ay faicte jusques à présent qu'il est impossible que je y puisse fournir à la longue. Et à ce. Monseigneur, que j'ay peu entendre, le chancellyer Poyet * feust cause dudict retran-

1. Voir dans les dépêches de Mariliac ses iucessanles demandes de subsides, dès son arrivée à Londres. (Correspondance politique de MM. de Caslillon et de Mariliac, pp. 159-310.) Comparer la relation de Marino Cavalli, ambassadeur de Venise en France, en 1346. (Tommaseo, Relations des ambassadeurs vënHiens, t. I, pp. 3î^-363.)

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