‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 61 sur 201 · Guillaume Poyet, chancelier de France, de 1338 à 15i · texte numérisé non relu

Guillaume Poyet, chancelier de France, de 1338 à 15i

38 NÉ<jOCiATIOiNS DE [OCTOBRE 1546]

cheinenl par lequel il espargna au roy quand tout est compté, environ troys francz XVII sols par jour, qui ayderoint à ung pauvre ambassadeur à honorer son ministère et le service de son maistre et à le garder de tumberen pauvreté... »

• « De Londres^ ce dernier $epteniôre \" mai. »

Vol. 6, fo 30 v», copie du xvi« siècle, 2 p. in-f".

SELVE AU BOI

39. — Londres, o octobre, — Selve a reçu la veille au soir très tard les dépèches du roi en date du 27 et du â9 septembre et a ce matin envoyé à Windsor où est le roi d'Angleterre pour demander audience.

a Sire, sabmedy dernier * je feuz mandé à aller vers le chancelleir et grand maistre d'Angleterre en la maison dudict chancellier, lequel portant la paroUe pour tous deux me tint quasy ces mesmes propoz, c'est qu'ilz avoint commission du^oy leur maistre me faire entendre : que Sa Majesté avoyt depuis deux moys receu en son royaulme en contemplation de vous le seigneur Grono, homme de Févesque de Homme, auquel pour Tamour de vous Elle avoyt donné bénigne audience ; que, voyant qu'à cause de son long séjour par deçà quelques ungs de sondict royaulme pourroint prendre oppinion que Sadite Majesté y voulsit quelque chose altérer ou innover et là dessus excitter quelque trouble. Elle avoyt bien voullu luy donner licence et faire dire qu'il se retirasl, estant résolue de ne faire aulchune altération ou immutation, mais d'entretenir les choses en Testât qu'elles sont, dont Elle vous voulloyt bien advertyr comme son bon frère. >► Selve leur a répondu que l'amitié du roi pour le roi d'Angleterre l'avait seul porté à envoyer par deçà ce gentilhomme, qu'on avait trouvé, pendant son séjour en France, fort affectionné au roi d'Angleterre, et leur a demandé s'il s'était conduit discrètement dans sa mission. Il s'est également informé pourquoi le roi d'Angleterre ne voulait plus attendre « la réponse qui debvoyt venir de Homme audict gentilhomme », demandant si le prince en voulait communication, au cas où elle arriverait postérieurement.

La réponse fut que le gentilhomme s'était très bien comporté, mais « que desjà quelques ungs de ce pays disoint assés ouvertement que les choses de ce royaulme estoint en terme de se changer et que ce roy se voulloyt accorder avec le pape et telz bruiclz estoint dangereux et pouvoint engendrer quelque émotion ». Us ont promis d'écrire au roi d'Angleterre pour la communication de la réponse dont il s'agit. On équipe huit navires et une galère pour envoyer en Ecosse, on ne sait encore où.

'( De Londre$y ce mardy v— octobre v*^ XLxr, »

Vol. 6, f* 40 V*, copie du xvi« siècle, "1 p. in-f*'.

i. Samedi 2 octobre.

[octoBrI 1546] M. DE SELVE 39

SELVi£ A L AMIRAL.

40. — LondreSf 5 octobre, — Selve a reçu la veille au soir les dépê- Nouvelles ches de Tarairal en date du 25 et du 29 septembre, avec la lettre adressée '^'^^•™*«n«. au baron de la Garde qui était déjà parti et qui renseignera ramiraf. « Les nouvelles qui courrent icy sont que Tempereur estant joinct avec monsieur de Bures a delTaict Tarmée de TAndegrave et a prins son artillerye, et dictl'on que Tambassadeur de l'empereur ha eu certaines nouvelles. »

« De Londres^ ce mardy v octobre. »

Vol. 6, fo Ai v«, copie du xyi« siècle, 3/4 p. in-f".

SELVE AU ROI

41. — Londres j 6 octobre. — La négociation pour laquelle a le seigneur Grono », présent porteur, était venu en Angleterre se trouvant expirée, Selve avise le roi qu'il n'a jamais découvert en lui qu'un très grand dévouement au roi, ce qui lui fait croire qu'il s'est fidèlement conduit pour le service du roi.

« De Londres, ce v/-« octobre m r« A'/.iy. »

SELVE AU ROI

42. — Londres^ i 2 octobre. — Selve s'est rendu à Windsor auprès du roi d'Angleterre auquel il a exposé le contenu du mémoire envoyé par le roi au baron de la Garde, mémoire arrivé après le départ de celui-ci et lu par l'ambassadeur lui-même : selon la teneur de ce document, il a montré au roi d'Angleterre la commission envoyée par le roi au maréchal du Biez pour traiter du difîérend des fortiGcations ^ et lui a fait part des griefs des marchands français à raison des navires anglais récemment mis en mer. La réponse du prince a été qu'il donnerait ordre à ses commissaires de s'aboucher au premier jour avec les commissaires français, et, sur le fait des navires, qiïb cette flotte avait été armée seulement contre les écossais, qui pillent anglais, flamands et français. Paget a, depuis, certifié cette affirmation, et montré à Thomme que Selve lui envoyait la minute de la commission des capitaines des nouveaux navires, où deux articles leur recommandent expressément de respecter les navires français et ceux des amis du roi d'Angleterre.

Selve a vainement pressé le roi d'Angleterre décrire au moins au roi

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