Voir ci-dessus, Selve au roi, 19 septembre
7. Pierre Raimon, président au parlement de Rouen, commissaire français lors des négociations de 1544 et de 1546.
8. Pierre Strozzi (1500-1558), de la maison florentine de ce nom, maréchal de France en 1556, alors colonel des bandes italiennes.
[octobre 1846) M. DE SELVE 41
dict que je pençoy bien que Strozy pouvoit estre allé en Itallye pour ses afîayres, mais en Allemaigne non, et mesmement par vostre commandement. Après, Syre, m'a dict que monsieur de Lignes *, cappitaine de l'empereur demeurant en la frontière près Guynez, avoyt escript que vous aviés envoyé deux centz mil escus aulx allemantz et que l'empereur les avoyt prins : je luy ay dict que c'estoint nouvelles faictes à plaisir et qui n'avoint aulchune vérisimilitude. )>
Il écrit ce qui lui reste k dire à Tamiral, pour ne pas ennuyer le roi. « Le seigneur Grono » ayant pris le chemin d'Anvers, comme Selve le voit par la lettre de ce dernier au nonce du pape qu'il a laissée ouverte pour envoyer au roi, et devant par conséquent rester, plus longtemps en route, Selve renvoie au roi dans ce paquet la même dépêche qu'il lui ^vait donnée à porter.
« De Londres^ ce ay/- octobre vxlvi. »
Vol. 6, f° 42 v», copie du xvi« siècle, ?i p. 1/4 in-f».
SELVK A l'amiral.
43. — Londres j i 2 octobre. — Selve émet l'avis que pour rendre plus authentique la déclaration que l'ambassadeur d'Angleterre fera au roi sur la paix maritime, il serait bon de lui donner audience en présence de l'amiral et d'autres membres du conseil et de faire tenir acte par un des secrétaires du roi de ce qu'il y dira. Il ne sait toujours pas où vont les navires. « Le roy d'Angleterre m'a dict », dit-il, « qu'il les envoyoit tout droict vers le Nort et le pays d'Escosse et qu'il pensoyt qu'ilz y feussenl desjà. Aullres disent qu'il en envoyé huict vers la coste de Bretaigne près <ies Rats Saincl-Mahu % auquel lieu il est adverty que le Grand Lyon d'Escosse ' et aultres navires escossoys guettent et attendent les navires ^ngloys qui se sont allez charger de vins à Bordeaulx et à la Rochelle, et que le reste de ses navires il l'envoyé vers la coste d'Escosse pour garder les escossoys de sortir en mer et y venir piller les angloys. Aultres disent que lesdicts navyres sont envoyés en Irlande pour le secours du pays contre les escossoys saulvaiges qui ont faict quelque entreprise sur les irlandoys. Aulchuns aussy estiment que ce pourroyt bien estre pour aller secourir le chasteau de Sainct-André et le mectre en son obéissance s'il peult. Quelqu'ung m'a adverty qu'il avoyt entendu que lesdicts navires vont tous ensemble d'une flotte dans le havre de Boullongne pour y Hiectre forces vivres dans la ville pendant que le fort du Porlel est abbattu
1. Jean de Ligne, seigneur de Barbanson, lieutenant du comte de Buren.
2. Getle expression doit sans doute se traduire par celle de raz Saint-Mathieu, et -désigner Tua des passages situés près de la pointe du même nom, soit le Four, soit la Belle, qui se trouvent sur la route directe de Bordeaux en Angleterre.
3. Le Grand Lion d'Ecosse, un des plus grands vaisseaux de la flotte de guerre •écossaise, capturé plus tard par les Anglais.
(le peur qn'ilz ont que ledict fort se remectesus et qu^ilz ne puissent pW fkire ledict envitaillement sy à leur ayse, et semble que ceste oppiniou 8oyt asses vraysemblable. Et à toutes adventures j*en adveftis monsieur le mareschal du Bîez affin qu*il puisse prendre garde qullz ne veuillent quelque autre chose entreprendre se trouvant fortz par delà d'envitailler Boullongne *. Du nombre des navires qai se meclent en mer, ce que je vous en puis dire, Monseigneur, est que au commcficemeoi il ne se parloyt que de XIIII; mais à présent Ton parle de XX et de XXV, et oeste oppinion est la plus commune et croyable combien que quelchun m*aye dict jusques à quarente : il est malaysé de le sçavoyr au seur, car ilz tirent leurs navires, de divers portz à ce que j'entendz, comme de Germuc ', Arrv\'ch ', Automne * et ceste ryvière *. Je me suys enquis de celuy qui est le chef et qui commande ausdicts navyres : aulchuns m'ont dict que c'estoyt le visadmiral, et auUres que c'est ung nommé maistre Hodoux qui est cappitaine d'ungnavyre appelé la Pensée^ qui est le plus grand aprez le Grand Henry "^^ et dict Ton que c'est ung vaillant homme sur la mer. J'ay ouy dire que Jehan Ribauld, de Dieppe, va aussy sur lesdiels navyres lesquels sont prestz à partir et n'attendent que le vent qui est droict contrayre pour aller au Nort. » E«pions II fait part à Tamiral des soupçons qui lui sont venus sur le rôle de *"fn*" Berleville. « C'est, Monseigneur, que Berleville, quy a dict à monsieur de CotenUn. ja Garde qu'il s*en alloyt en Allemaigne comme je pense qu'il vous a dict à son retour par delà, a escript de Calays une lettre à ung marchant de ceste ville, luy envoyant ung sien jeune filz e*. le priant de luy faire la despence jusques à son retour qui seroyt dans quinze jours ensemble à ung soldat estant avec sondict filz. Avec lequel soldat le cappitaine Pierre lieutenant du baron de Sainct-Blancquard s'estant mictzà deviser et pensent ledict soldat qu'il feust au service du roy d'Angleterre, luy a déclayré en tumbant de propoz en propoz qu'il venoyt de la basse Normandie, du pays de Coutantin, avec le filz dudict Berleville, et que le gentilhomme angloys qui y esloyt allé y avoyt bien demeuré ung moys et qu'il n'en faisoyt que revenir et que il estoyt bien informé de toutes choses et qu'iï n'estoyt congneu que pour françoys et qu'il parloyt fort bon françoys, et