DÉCEMBRE 1546] M. DE SELVE
SBLVE AU ROr.
78. — Londre^y 12 décembre. — Selve rappelle au roi qu'il lui a écrit le 10. Les ambassadeurs d'Ecosse ont eu leur audience la veille. Le roi leur a déclaré qu'il serait bientôt à Londres, où il prendrait résolution sur leurs affaires, mais que dans Tintervalle il avait décidé d'envoyer un gentilhomme au gouverneur d'Ecosse pour le prier de lever le siège du château de Saint-André. Il a même prié les ambassadeurs d'écrire à celui- -ci dans ce sens, ce que ceux-ci ont refu^ de faire. Ce gentilhomme, qu*on vient de mander de quarante milles d ici, a élé autrefois en Ecosse, -et cette ambassade, de l'avis de Selve, « ne doibt estre sans quelque grande cause en ce temps icy ». Un des évadés du château de Saint-André entreprend d'y conduire quatre navires chargés de vivres et de les y faire <?ntrer de nuit.
M. de la Garde et Selve sont mandés mardi soir à Nonsuch *, où le roi doit leur donner audience le lendemain mercredi.
« De Londres, ce a//- décembre V'= xlvi. »
Vol. 6, fo 86, copie du xvr siècle, 1 p. 1/2 In-f".
SBLVE A l'amiral.
79. — Londres, i 2 décembre, — Selve demande des instructions sur' le fait suivant. Un marchand de Bayonne, qui poursuit ici la délivrance de son frère fait prisonnier, est venu ce jourd'hui lui parler de la part <le plusieurs capitaines et gentilshommes espagnols au service du roi -^l'Angleterre, qui s'offrent au nombre de soixante et plus, avec huit cents soldats espagnols et quatre ou cinq cents italiens, à passer dans le délai d'un mois en Ecosse, si les ambassadeurs écossais veulent signer une capitulation avec eux. Ils ne se plaignent ni de l'argent ni du traitement, mais sont irrités que le roi d'Angleterre « les estimoyt moings que ung nommé Gamboa ' qu'il ha faict mestre de son camp, auquel ilz n'estoinl poinct délibérés d'obéir en rien tant pour ce que le moindre d'eulx estoyt de meilleure maison que luy que pour ce aussy que ilz estoint tous aultant ou plus genlz de guerre que luy». Selve les a fait prier de tenir leur projet secret vis-à-vis des ambassadeurs d'Ecosse, promettant de faire <le même, et leur a dit que si la guerre survenait, il serait temps d'y penser. Il demande à ce sujet les intentions du roi.
« Monseigneur, quelchun m'a ce malin adverty que il avoyl entendu que p,oe,>« <iu les causes pour lesquelles milord Seurré ^, filz du duc de Norfolche, est pri- comio
1. Nonsuch, Surrey. Henry VIII y «Hait encore le 20 décembre. [State Papers, I. V, p. 577.)
2. Pedro de Gamboa, capitaine général de» Espagnols au service de TAngleterre.
3. Henry Howard, comte de Surrey, capitaine général de Guines et Calais, puis
sonnîer en la Tour sont deux principalles, Tugne que l*on Taccuse d^avoyr heu moyen de practiquer le chasteau de Hardelot pendent qull estoyt à Boullongne et n'en avoyr tenu compte, Taullre est pouravoyr dict comme Ton luy impute qu'il y en avoyt qui ne tenoint pas grand compte de luy, mais qu'il esperoyt ung jour les faire bien petîs. De quoy ayant été accusés par maislre Sodrel, gentilhomme de la chambre de ce roy S tous deux ont esté miclz en prison dont toutesfoys ledict Sodrel a esté mictz hors comme Ton m'a dict, et tiennent plusieurs que ledict milord Seurré n'en eschappera qu'il ne luy couste la vie. »
« De Londres^ ce xii^* décembre [v* xlyi], »
Espion» « Je viens d'estre adverty tout présentement qu'il y a icy ung seigneur *3^** de Guyebert qui est venu en ce pays quand et le baillif des Islez de Grêle cotcntin. nesay, qui est lieutenant du conte de Harfolch et est renvoyé par delà en dilligence : il va descendre à Pourbail, ung port près Yalloignes. Il seroyt bien que monsieur de Mattignon espyast quand il arrivera et le feist prendre non paz comme venant d'Angleterre, mais soubz umbre d'ung crime dont il s'entend qu'il ha esté chargé par le seigneur de Guyumic en Bretaigne qui a saysy son bien, et estant prins on le pourroyt examiner de ce qu'il ha prommictz faire deçà et des complices. Il part mardy au matin et s'en va passer par lesdictes isles. »
Vol. 6, f*» 87 vo, copie du \s\^ siècle, ^ p. in-f^.
SELVE AU ROI
80. — Londres^ 24 dt'cembre, — M. de la Garde est encore à Londres, n'ayant encore pu avoir sa dépêche du roy d'Angleterre, qu'il attend tous les jours. Dans l'audience qu'ils ont eue il y a huit jours, Selve et lui ont été remis à une nouvelle audience * qui a eu lieu dimanche dernier '. Le roi d'Angleterre est arrivé la veille, nouvelle qui a fait l'objet de l'envoi de cette dépêche.
« De Londres, ce xx/ii"' décembre v^ xlyi. » Vol. 6, fo 88 vo, copie du xvi« siècle, 4 p. in-f".
capitaine de Boulogne (1545), décapité à l'avèoement d'Edouard VI. H était emprisonné avec son père, Thomas Howard, troisième duc de Norfolk, et son frère, Thomas Howard, lord Bindon, qui furent relâchés, comme on le verra dans la suite de cette correspondance.
\. Robert Southwell (?), conseiller privé, l'un des commissaires désignés pour la délimitation du comte de Guines en 1541. (State Papers^ t. VIII, p. 601.)
2. Récit de cette audience dans la dépêche du Conseil privé à Wotton, 26 décembre 1546. {State Papcis, t. XI, p. 394.) Voir ci-dessous, dépêche du !«' janvier.