Ci-des80U8, Selve à du Biez
2. Sir Richard Morisyne, gentilhomme de la chambre privée du roi d'Angleterre, Ambassadeur d'Angleterre en Danemark en 1546.
roy de luy laisser lever et ambarquer quelque numbre de gentz qui s'esloint accordés à luy long temps et a envoyé ung aultre nommé Grenade * en Allemaigne vers Ringrave l'adverlyr de tenir luy et ses genii qu'il a proumictz prestz. Et sy entendons aussy que du coslé d'IlaïJye Ludovico de le Arme a charge de faire quelques gentz et a icy envoyé en dilligence ung nommé Ludovico Mulio Ton ne scayt bonnement pourquoy *.
« Au surplus, Sire, sy quelque entreprise s'addressoyt du costé de la Normandie, les entrepreneurs ne demoureroint pas à faulte de mariniers et pillotez de voslre royaulnie dont il en est venu ainsy que nous sommes advertys soixante au service de ce roy qui sont tous à Hantonne et entre aultres ung nommé Scalard homme fort entendu en son mestier lequel, Sire, moy de la Garde suis après à faire venir parler à moy affin que s'il est possible je le vous puisse faire retourner en vostredict royaulmeavec ses compaignons pour y recepvoyr la récompense qu'ils méritent.
« Sire, quant au personnaige qui a parlé à vous et vous a semblé estonné en ses propoz nous avons sceu que incontinent qu'il feust icy arr>'vé le roy d'Angleterre l'envoya quérir combien qu'il nous aist dicl qu'il ne parla poinct audict seigneur, auquel nous sommes bien informés qu'il a accoustumé parler plusieurs foys en secret seul à seul, et est impossible, Sire, vous mander de quelles choses. Bien vous puis, Sire, moy de Selve advertyr que Ton m'a asseuré que luy et ung aultre marchant de Paris nommé Alard se sont faictz serviteurs de ce roy, portantz les sayes de livrées que portent les domestiques dudict seigneur, et me l'a dict celuy qui dict avoyr faict lesdicles sayes, lequel ne m'a sceu respondre s'ilz avoint gaiges ou non. Vray est, Sire, que à ce dernier voyage m'a demandé le susdict personnaige sy je vouUoys recepvoyr de l'argent de luy par deçà pour luy et faire délivrer aultant par delà, el m'enquércnt de luy s'il avoyt grande sumnie à remectre par delà m'a dict qu'il y avoyt dix mil escus qu'il avoyt receu de cedict roy pour partie du payment d'ugne bien grosse summe qu'il luy doibt pour ventes de bagues dont à la vérité il a encores grande quantité par deçà que je pense qui y sont long temps ha. De luy il va et vient souvent d'icy en France et toujours en poste, et entendons qu'il est homme secret et couvert lequel se laisse peu entendre à ceux mesoies qui le fréquentent
Pour dire vérité nous croyons qu'il y ha aussy peu de fidélité que Vostre Majesté juge et estime. » Ils avertissent le roi des lettres écrites par
1. Gilles Granado, Français d'origine, mentionné en 1543 comme faisant partie de la maison de sir Henry Knyvet, alors anibassadeur d'Angleterre en Allemagne. (State Papers, t. IX, pp. 286-287.)
2. Un personnage du nom de Mocenico est mentionné vers la même époque, dans les dépêches de Edmond Harvel, ambassadeur d'Angleterre à Venise. {State Papers, t. XI, p. 382.) Ludovico dell' Armi, désigné dans les dépêches anglaises sous le nom de « si^Dor Ludovico », était chargé d^opérer en Italie des levées pour Heorv V'IIL (Ibid,, id,)
[janvier 1547] M. DE SBLVE 88
« ritalyen » à sa femme, au baron de Saint-Blancard, et au roi, cette dernière « adressée^ à ugne dame du royaume pour couvrir d^aultant plus la clîose laquelle il désire fort estre tenue secrette », lettres dont ils ont parlé en détail à Tamiral.
« De la santé du roi d'Angleterre nous entendons de plusieurs et bons endrotetz, Sire, qu'elle est beaucoup meilleure qu'elle n'a esté il y ha plus de XV jours, depuis lequel temps il a esté à ce que nous pouvons juger très mal et en très grand danger à cause de ses jambes qu'il luy a fallu cauthériser, durant lequel temps ne s'est ledict seigneur laissé veoyr qu'à fort peu de personnes, de sorte que la royne ne madame Marye ne Tout sceu veoyr; nous ne sçavons qu'elles feront à présent. Bien avons nous, Sire, de grandz argumentz pour conjecturer en quelque santé qu'il puisse estre qu'elle ne sç^uroyt estre que mal et pour durer peu de temps.
« De Londres, ce x^* janvyer v'«.y/.v/. »
En fermant cette dépèche, ils reçoivent celle du roi en date du 7 et demandent au roi un pouvoir spécial, « pour en bailler aultant que nous en recepvrons ».
Vol. 6, fo 09, copie du xvi« siècle, 4 p. 1/2 in-f<>.
SELVB A l'amiral.
91. — Londres, i i janvier. — UnDieppois nommé Jean Roze, actuellement au service du roi d'Angleterre qui lui donne 160 écus par an, « homme de très bon esprit et fort entendu au faict de la marine et de la navigation », a demandé à Selve d'écrire au roi pour obtenir de rentrer en France avec sa femme et ses enfants, offrant de payer « les deniers et Ûnances qui ont accoustumé d'estre payés pour telles provisions ». Selve en avertit l'amiral, en faisant remarquer qu'il serait utile de s'assurer des services de ce personnage, qui paraît très expérimenté, ou tout au moins d'en priver le roi d'Angleterre.
« De Londres^ ce xi'^janvyer vxlvi. »
Vol. 6, f© 104, copie du xvi« siècle, 2 p. in-f».