‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 90 sur 201 · Ci-dessas, 10 décembre · texte numérisé non relu

Ci-dessas, 10 décembre

102 NÉGOCIATIONS DE [kéVRIBA 1547]

Us ont exprimé au protecteur et aux autres seigneurs du conseil les condoléances du roi au sujet de la mort du roi d'Angleterre et Paget leur a répondu par ordre du protecteur.

Protjets « Et après, Sire,... nous sommes levés pour prendre congé etpar mesme mariilge. ^oy®"^ essayer de dire quelque mot à part à monsieur d'Arfort et Paget ce que nous avons faict sans qu*aulcun s'y soyt approché fors Tadmiral d'Angleterre qui y a esté appelle. Et venant, Sire, avec les dessusdict zen propoz de continuer et poursuivre les moyens mictz en avant avec le feu roy de perpétuer ladicte amytié, nous avons ramentu à Paget, comme de nous mesmes et par manière de devis, qu'il avoyt comme nous avions sceu mictz en advant à monseigneur Tadmiral estant icy du mariage du rov d'Angleterre qui est à présent avec madame la duchesse vostre fille \ ayantz estimé pour le myeulz, Sire, de ne monstrer aulcunement les lettref^ de monseigneur Tadmiral sur ce propoz ne faire mention que nous en eussions aulcune charge de luy afîin que de tant moings ilz souspesonnassent que vous en ayez ouy parler, ce qu'ils eussent faict facillement comme nous avons crainct sy nous eussions monstre les dictes lettres ou donné à cognoistre que nous eussions charge d'en parler. A ce propoz, Sire, nous a dict Paget qu'il avoyt la mesme voulenté qu'il avoyt lorsqu'il avoyt parlé dudict mariage, qui est de regarder à perpétuer ladicte amytié. Sur quoy a demandé le conte d'Arfort quel aage avovt madlcte dame votre fille. Nous luy avons dict. Sire, qu'elle avoyt ung an et que nous entendions que le roy d'Angleterre n'avoyt pas plus de IX ou X ans, et qu'il estoyt malaisé de trouver mariage plus convenable entre ung prince et une princesse sy grandz et de^sy grand bien que ceulx là «ont, et que toutes choses sembloint estre fort correspondantes en ce mariage. Ledict conte d'Arfort, après avoyr ung peu pensé sans dire mot, a dict qu'il estoyt vray et qu'il luy sembloyt bon que les marrys feussent toujours plus aagés que les femmes et que ledict party estoyt très honorable et méritoyt bien d'y penser. Et aultant en a dict Paget, mectant toutesfoys en avant que une foys avoyt esté traicté et conclud celluy de feu monseigneur le Daulphin avec madame Marie d'Angleterre • et qu'il n'avoyt poinct sorty d'effet. Et a d'aultre part dict ledict seigneur admirai d'Angleterre que madicte dame la duchesse estoyt bien jeune et que le roy d'Angleterre se faisoyt grand et seroyt bien tost homme. A quoy Paget a réplicqué que toutes choses venoint plus tost à maturité en France que par deçà. Et après. Sire, nous leur avons dict qu'il y avovt des mariages grandz en France, pour des filz et pour des filles, et entre auUrc monsieur le duc de Vendosme ^ que vous ayraiés et estimés comme l'ung

1. Elisabeth de Valois, fille aînée de Henri II, née en 1545, fiancée à Edouard Yl, puis, après la mort de celui-ci, à don Carlos, lîls de Philippe II, mariée enfin & Philippe II, devenu veuf de Marie Tudor.

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