Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, roi de Navarre
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de voz enflantz, et qu'il nous sembloyt que le mariage en seroyt bien fort sortable avec madame Marrye d'Angleterre, mais que ce que nous leur disions la-dessus estoyt pour le grand désir que nous avions d'avoyr cest honneur d'estre les premiers à vous mectre par le moyen de monseigneur Tadmiral de telles et sy grandes ouvertures d'amytié et allyance en avant, et principallement moy de la Garde qui désiroys fort de faire congnoistre que je n'avoys poinct esté sans rien faire en sy longtemps que j'ay demeuré icy, mais que nous n'oserions pas nous advancer d'escripre de telles choses à mondict seigneur Tadmiral pour vous en parler que nous n'eussions quelque coulleur venante du costé de deçà. A quoy Paget adict. Sire, ces propres termes que de ce costé là il y avoyt bien ung fer chauld à battre, disant beaucoup de bien de mondict seigneur de Yendosme et que Ton ne sçauroyt marier madicle dame Marie à ung sy grand prince sinon qu'il feust souverain. Ce que ledict conte d'Arfort et admirai ont monstre de confirmer et trouver fort bon, faysanlz semblent de trouver beaucoup plus d'apparence à cedict mariage qu'au premier. Bien est vray, Sire, que ledict seigneur admirai a dict qu'il avoyt entendu que mondict seigneur de Yendosme estoyt encores fort mal disposé de sa personne. A quoy nous avons respondu que c'estoyt tout le contrayre et qu'il estoyt en fort bonne santé et estoyt de présent en vostre court prez de Yostre Majesté faisant très bonne chère. Finablement, Sire, ilz ont trouvé très bons lesdictz propoz et nous ont fort honnestement respondu à tous, disantz qu'ils y adviseroint et nous en feroint entendre leur intention incontinent après le couronnement du roy d'Angleterre qui doibt estre d'aujourd'huy en huict jours, auquel temps ilz nous ont aussy remictz pour les choses qui estoint commencées touchant la ligue deffensive, nous priant fort d'avoyr patience jusques là,.... trouvant ce pendent très bon que nous mections quelque chose desdiclz mariages en avant à mondict seigneur l'admirai pour vous faire entendre. Yoilà, Sire, tout ce que nous avons faict pour ceste heure. Demain au matin le corps de ce feu roy se porte en pompe funèbre jusques à Windsortz qui est à XX mil d'ycy. Et l'accompaignent en deuil tous les ambassadeurs, à quoy, Sire, de nostre costé nous ne voulions pas failiyr, estimantz que ainsy est le bon plaisir de Yostre Majesté que nous facions. d
« De Londres^ le xiii^ feôvrier ^'* xlvi. » Vol. 6, P 121 V», copie du xvi« siècle, i p. i/i inf»».
MM. DE SELVE KT DE LA GARDE A L'aMIRAL.
120. — Londres^ J 3 février. — Us ont reçu la dépèche de l'amiral en date du 7 et ont mis en avant dans leur dernière audience les propos que
l'amiral leur prescrivait de tenir, lis demandent à être toujours bien instruits de la volonté du roi.
« De Londres, ce a///— febvrier v« XL vi. »
Vol. 6, fo 123 v», copie du xvr siècle, 3/4 p. in-f^
MM. DE SELVE ET DE LA GARDE AU ROI
121. — Londres, 2i février, — Ils ont écrit au roi le 13 en partant pour aller aux honneurs du feu roi d*Angleterre. Ils viennent de recevoir la dépêche que le roi leur envoie par le sieur de D'huison, selon laquelle ils auront soin de se conduire *. Les ministres impériaux « n*oublient pas leurs traitz accoustumés » et font courir des nouvelles à leur avantage. Selve et de la Garde entrevoient de grandes difficultés pour mener les choses à la fin que désire le roi. ATènemeiit « Sire, pour vous dyre sumayrement dez nouvelles de Tenterrement du d'Edoaardvi. £g^ ^.^y ^^ ^^ nouvcau règne de cestuy cy. Le corps dudict feu seigneur partist de cesle ville lundy XIII" de ce moys et feusl mené en pompe grande et honorable jusques à Windsortz où il n'arriva que le lendemain. Le convoy des seigneurs de Tordre et du conseil estoyt en petit numbre, car la plus part tous les grandz estoint demeurés icy avec le jeune roy. Nous nous y trouvasmes, sy feirent tous les aultres ambassadeurs, hors miclz celluy de Tempereurqui n'arriva que le jour de Tenterrement qui se feist le jour d'apprès ladicle arrivée à Windsortz où furent dictes vespres des mortz et vigilles, le soyr de ladicte arrivée, et, le lendemain matin, trois messes à la troizième desquelles se feist l'enterrement. Et à la fin feust par les héraulds publié le roy Edouart Vî* qui est celluy qui est à présent. Et dez l'après disnée s'en vint tout le monde en ceste ville. Jeudy dernier XVII*' de ce moys monsieur le protecteur feusl faict duc de Sumerset et grand trésorier d*Angleterre qu'estoyt le duc de Norforl *, monseigneur Tadmiral d'Angleterre conte de Varvich et grand chamberlan d'Angleterre qui est ung estât que soulloyt tenir ledict seigneur protecteur', et maistre Semel fust faict admirai
1. Parti de Londres le !«»■ février, comme on a vu, il n'avait eu que le temps strict d'aller de Londres en France et d'en revenir. Il était cette fois porteur de la lettre de condoléance de François 1"' à Edouard VI, datée de la Muette, 14 février, par laqueUe le roi de France exprimait sa satisfaction du maintien de Nicholas Wotlon comme ambassadeur d'Angleterre en France, et de la lettre de créance donnant pouvoir au baron de la Garde et à de Selve de traiter d'une ligue défensive avec le nouveau roi d'Angleterre. {Calendar of Si. P., Edward VJ, p. 4.)
2. Edward Seymour. comte de llcrlford, Protecteur du royaume depuis la mort de Henry Vlll, créé duc de Somerset, échange sa charge de grand chambellan d'Angleterre qu'il occupait depuis 1542 pour celle de grand trésorier, occupée précédemment par Thomas Howard, duc de Norfolk.
3. Sir John Dudley, vicomte Lisle, créé comte de Warwick, échange sa charge d'amiral d'Angleterre qu'il occupait depuis 1543 contre celle de grand chambellan,, laissée vacante par le Protecteur.
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et chevallyerde l'ordre S et le cbancellyer d'Angleterre coDte de quelque autre conté ', et le frère de la dernière royne d'Angleterre qui s'appelloyt le conte d'Essex feust faict marquis de Nordaunton '. Feurent faictz chevallyers de l'ordre le marquis de Gester^, le conte d*Arby' et maistre Paget '. Sabmedy après disner le jeune roy d'Angleterre feist entrée en ceste ville et feust mené en grand triomphe soubz le poisle comme il est aecoustumé par les grandes rues de ceste ville depuis la Tour jusques à Wesmester accompaigné des ducz, marquiz, contes et barons, seigneurs et évesques de ce royaulme, et de tous les ambassadeurs qui sont icy. Et hyer feust ledict seigneur couronné et sacré à Wesmester avec le plus grand triumphe et solennité qu'il est possible, où assistèrent semblablement tous les ambassadeurs sinon celluy de l'empereur qui s'excusa pour se estre trouvé mal. Et après s'en alla ledict seigneur roy disner en public en la grande salle dudict Wesmester où Ton a de coustumc de faire ceste feste. Et après disnée feist plusieurs chevallyers. Et cejourd'huy se doibt commencer le tournoy. Le jour de l'entrée, voyant que l'ambassadeur de l'empereur feist la révérence et parla au roy d'Angleterre, nous ne voulusmes pas faire moings et luy dismes en latin, pour ce qu'il n'entend encores bien françoys et ne faict que commencer à l'apprendre, que trouvant ceste occasion de luy faire la révérence et luy offrir la mesme servitude que Yostre Majesté nous avoyt commandé de rendre au feu roy son père, nous n'y avons pas voullu faillyr sçaichantz la grande amytié et affection que vous luy portiés, de laquelle nous l'asseurerions encores d'adventaige par vostre commandement après les premières lettres qui nous viendroint de Yostre Majesté. D(3 quoy il nous dict en latin qui nous mercieoyt grandement avec la plus honnestc façon et le meilleur visayge qu'il estoyt possible. Après le saluèrent les ambassadeurs d'E^cosse ausquelz il feist bon recueil et leur dict en angloys comme l'ung d'eulx interpréta à moy de Selve que s'ilz estoint telz qu'ilz debvoint ilz seroint ses amys. »
Les ambassadeurs d'Ecosse ont reçu du gouverneur d'Ecosse leur nouvelle commission semblable à la première et portant charge à l'évêque de Ross de passer seul en France, soit directement d'Angleterre si le congé lui est accordé, soit en repassant par l'Ecosse pour s y embarquer, s* il lui est refusé. Son compagnon reste icy sans qu'on puisse entendre pourquoi.
1. Thomas, lord Seyraour, frère du Prolecteur, devient amiral d'Angleterre en remplacement de sir John Dudley.
2. Thomas Wriothesley, demeuré chancelier d'Angleterre, créé comte de Southampton.
3. Sir WiUiam Parr, comte d'ËsBcx, frère de Calharinc Parr, sixième et dernière femme de Henry VIII, créé marquis de Norlhampton.