‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 95 sur 201 · Dimanche 6 mars · texte numérisé non relu

Dimanche 6 mars

iiS NÉGOCIATIONS DE [UkKS 1547]

devant qull feust roy, mais que mainieDant il sçavoyt très bien faire sondict seing et seigneroit toutes lettres qui viendroint de luy. » i^« « Sire, ce jour d'huy ont disné céans avec nous messieurs les privéseK

grand chamberlan, admirai d'Angleterre et Paget, depputés du roy leur maistre et de son conseil pour traicler avec nous '. Et incontinent après disner avons commencé d^entrer en négotiation et de lire et entrevoyr noz pouvoyrs qui se sont en substance trouvé conformes, c'est à dyre les deux premiers qu'il vous a pieu nous envoyer à deux aultres qu'ilz nous ont monstres signés de la main du roy et de monsieur le protecteur et scellées du grand sceau d'Angleterre. Et quant au faict des limitles et fortiffîcations ne nous y sommes aultrement arrestés, estimant cela décidé parce qui en a par cy devant esté advisé entre nous qui a esté trouvé bon par Vostre Majesté que nous regarderons de faire rédiger par escript conformément à ce que nous vous avons mandé avoyr esté accordé entre nous. Au regard de la ligue defTensive, Sire, lesdicts depputés nous ont proposé le peu de besoing qu'ilz en avoint, nous alléguant la force de la situation de leur pays... oultre qu*ilz estoinl en ligue et estroicte amytié avec l'empereur... A quoy, Sire, nous leur avons respondu que beaucoup moins de besoing avyez vous de ladicte ligue qu'eulx, et qu'elle avoyt esté premièrement mise en avant par le feu roy d'Angleterre qui monstroyt bien d'avoyr envye de vous faire passer encorez plus avant... et qu'il sembloyt que ladicte ligue seroyt plus tost ung moyen d'empescber que ledict empereur ne aultre ne leur feust ennemy qu'autrement. »

Les commissaires anglais ont ensuite, sur les conditions défensives seules, objecté diverses difficultés : l'inégalité des obligations entre les deux rois, s'il fallait que le roi d'Angleterre secourût le roi de France d'un bout à l'autre de son royaume, tandis que le roi de France aurait beaucoup moins de difficultés à défendre le royaume d'Angleterre qui est plus petit; les doutes qui s'élèveraient, si un prince attaqué par un seul des deux contractants venait à envahir un pays ou une terre protégée par la ligue qu'il s'agissait de conclure. Objections que les ambassadeur? ont écartées le mieux possible.

« Ce propoz finy, nous ont demandé, s'ilz entroint en ligue defiensive généralle avec vous, et qu'après vous feissiés la guerre à l'empereur et que de son costé il la vous feist en voz pays à raison de quoy ilz seroint tenuz suyvant la ligue vous deffendre, quel moyen nous leur pourrions enseigner de saulver le bien et marchandise que les angloys ont ordinairement en Flandres qui est grand comme ilz disent, et quelle voye lesdiclz angloys marchantz pourroint prendre par le royaulme de France de débiter leurs marchandises dé draps et laynes en Allemaigne comme ilz font maintenant par la voye de Flandres dont ilz disent que vient la

i. Ci-dessus, 2 mars et 28 février.

[mars 1547] M. DB SELYE 113

plus part de la richesse de ce pays. A quoy, Sire, nous avons dict que pour responce au premier poinct le moyen de saulver les biens et marchandises estoyt de prévoyr et pourvoyr à la sayzie qui s'en pourroyt faire de bonne heure et d*arrester par deçà les llaments comme Ton feroyt les angloys par delà. Et quant au secund poinct^ il y avoyt force beaulx porlz en France, force belles et grosses rivières et force marchantz pour débiter marchandises, et que les françoys et les angloys bons amys ensemble se pourront mieux passer des flamentz que les flamentz d'eulx... Et nous ont priés à lundy prochain à dbner chez le privésel pour passer plus avant audit affaire. Ce que leur avons accordé et ainsy, Sire, nous sommes départis pour ce jour sans aultre chose faire, sinon que moy de la Garde, Sire, devisent avec le grand chamberlan et maistre Paget ay trouvé le moyen venant à propoz de rabiller ce qui avoyt esté dict de Taage de madame la duchesse votre petite fille laquelle j'ay dict avoyr près de troys ans qu*il ont estimé aage fort sortable et convenable à celuy du roy d'Angleterre, monstrantz aussy de trouver grande correspondance au mariage de monseigneur de Yendosme avec madame Marie, dont ledict grand chamberlan m'a remictz à deviser plus amplement avec luy ung de ces jours ^ »

Les ambassadeurs du roi lui demandent ses instructions sur les réponses à faire aux deux objections posées par les commissaires anglais ^ et sollicitent un pouvoir pour signer les articles sans les envoyer au roi, « affin que Scaperius qui doibt estre icy dans deux jours comme nous ont mandé les ambassadeurs des protestantz ne puisse mectro ceulx cy en souspesson dont ilz pourroint bien prendre occasion en dix ou douze jours que nous mectrions à avoyr responce de Votre Majesté sur lesdictes articles sy nous les vous envoyons avant rien conclure. Il ne leur a pas été parlé des protestants dans cette conférence. L'évèque de Ross part le lendemain malin pour la France « et va à ses journées ». Adam Otterburn reste ici pour donner en Ecosse des nouvelles d'Angleterre, prétend l'évéque, et pour ne pas perdre tout moyen de traiter avec les anglais.

« De Londres^ le ini^* mars \^ xlvl » Vol. 6, f* 132 V», copie du xvi« siècle, 7 p. in-f".

MM. DE SBLVE ET DB LA GARDE A L'AMIRAL

129. — Londres^ 4 mars. — Ils demandent à l'amiral de les informer des intentions du roi sur les conditions de la ligue défensive, pour hâter la signature du traité et le retour de M. de la Garde.

« Londres, ce riit^ mars v* xlvi. »

Vol. 6, f« 136, copie du xvi« siècle, i/2 p. in-f».

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