‹ Correspondance politique et administrative de Miromésnil; premier président du Parlement de Normandie (volume 2)Chapitre 39 sur 121 · XXXIX.— 5 juillet · texte numérisé non relu

XXXIX.— 5 juillet

B. deM. Lormier. — Original, signé.

A Rouen, le 5 juillet 1760.

Monseigneur,

J’ai reçû votre lettre du deux de ce mois au sujet de

l’enregistrement de l’édit de Bayeux (i). Je suis pénétré de regret du préjudice que le retardement de l’enregistrement de cet édit cause à la veuve Dumont. Mais vous sçavez que cette affaire ne dépend pas totallement de ma bonne volonté; si elle en dépendoit, il y a longtemps qu’elle seroit terminée.

J’y ai fait jusques à présent tout ce qui a été en mon pouvoir; j’ai rendu au sieur de Bussy tous les services qu’il m’a été possible de luy rendre : je suis parvenu pendant le carême dernier à fixer entre le sieur Duchàiel et luy le prix du’^ remboursement que doit luy faire le sieur Duchâtel pour la finance de son office.

Le point le plus difficile et celui dont je n’ai pas encore pù venir à bout est de trouver un moien pour concilier la majesté royalle avec les prétentions qui ont donné lieu à la résistance du Parlement. Cet ouvrage est devenu plus épineux que jamais par le malheur des circonstances. Quelque pure que soit ma conduitie à tous égards, quelque soin que je prenne de ne jamais sortir du véritable caractère de la place que j’occupe, le préjugé que l’on a dans les compagnies contre mes semblables nuit à la plûpart de mes vues; et, si je soutiens mon crédit dans le Parlement, ce n est pas sans essuïer bien des peines, bien des traverses, et sans garder de grands ménagemens. Quoique la plus grande partie des magistrats qui le composent me rende justice, il en est qui ne sont pas encore assez affermis dans les sentimens que ma conduitte devroit leur inspirer pour moy. Les affaires publiques sont si multipliées que l’intérest du Roy exige que je ne presse rien de tout ce qui est étranger aux objets qui nous occupent à présent.

(0 Supra, XVI et note.

Au surplus, j’ai prié M. Dufossé (i) de dresser luymême un plan pour terminer l’affaire de Bayeux, et luy ai promis que, lorsqu’il auroit été agréé par la Compagnie, s’il étoit conforme à la majesté royalle, je ne négligerois rien pour vous engager à l’approuver et à le proposer au Roy. Sitôt que ce magistrat aura travaillé au projet, que luy seul peut faire agréer par la Compagnie, je vous en rendrai compte.

Je suis, avec respect.. .

Miromenil.

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