‹ Correspondance politique et administrative de Miromésnil; premier président du Parlement de Normandie (volume 3)Chapitre 17 sur 35 · LAMOIGNON A MIROMESNIL · texte numérisé non relu

LAMOIGNON A MIROMESNIL

Tïnformois exactement le respectable Chancelier de France de tout ce qui se passait de considérable dans le ressort du Parlement de Rouen, c'est-à-dire que, par respect et par reconnaissance, fai toujours depuis son exil et même depuis sa démission (i) continué de lui rendre les mêmes comptes et les mêmes devoirs que je

lui rendais lorsqu’il était en fonctions et en place. Il *

m'écrivoit de temps en temps, et cette lettre est une de ses réponses.

A Malesherbes le 3 février 1765.

Il y a dans le monde, Monsieur, bien des cervelles dérangées, et l’hospital des petittes maisons n'est pas assés grand pour contenir ceux qui ont droit d’y entrer. Quel peut estrel’objetde donner au public des motifs de remontrances (2) qui n’existent point ? Le Parlement de Rennes

(1) Cette démission est de septembre 1768 ; le classement de cette partie des papiers de Miromesnil est donc postérieur à cette date ; il semble bien probable que le P. Président se livra à cette opération après la suppression du Parlement, en 1771. (V. t. I, p. xxj.)

(2) Ce pamphlet consiste en de prétendus objets de remontrances adressées au Roi par le Parlement de Rouen, à l’occasion des affaires de Bretagne, et suppose un envoi prétendu de 140 lettres de cachet ou d’exil décernées contre des magistrats. Le Parlement de Rouen le dénonça en ces termes à la cour de Rennes : « L’intérêt que vous avés pliris à tout ce qui nous est arrivé l’année dernière et la précédente nous a inspiré une reconnaissance trop vive et trop sincère

pour que nous soyons indifférents sur ce qui vous touche . Un

magistrat de notre compagnie » (N. F. du Resnel de Bosclecomte),

« qui est actuellement dans votre ressort » (à Saint- Malo où il possédait

condamnera cet ouvrage, mais il est à souhaitter qu’il puisse en punir l’autheur. Il y a dans la province de Bretagne bien des affaires qui ne sont pas encore terminées. Tâchés, Monsieur, de maintenir la paix dans la vostre, et soyés persuadé de la sincérité de mes sentiments sur tout ce qui vous regarde.

De Lamoignon.

CCCCLXXXIX. — 9 février 1765.

Archives Nat., Maison du Roi, dépêches, Oi 461, folio 2g. — Minute; « M. de Miromesnil (i) ».

SAINT-FLORENTIN A MIROMESNIL

g février 1765.

Je vous suis très-obligé, Monsieur, d’avoir bien voulu me faire part de ce qui a été fait au Parlement de Rouen à l’occasion de l’écrit intitulé : Motifs des remontrances que le Parlement de Rouen a arrêté d’envoyer au Roi après renvoi qui a été jait de 140 lettres de cachet portant exil à Falaise, du g août iy64’ n’ai pas

un canonicat), «vient de nous envoier un manuscrit intitulé : Motifs

de remontrances . ; il nous assure que cet écrit séditieux, et dont

la fausseté se manifeste à la simple lecture, a été répandu dans toute la Bretagne, et principalement à Nantes, où les Etats de cette province sont assemblés, et que, malgré les caractères qu’il porte et qui démontrent tout le mépris qu’il mérite, il n’a pas laissé de faire impression sur l’esprit des personnes peu instruites des maximes du gouvernement françois, des loix fondamentales de la monarchie, des

usages de la magistrature et des sentiments des magistrats . »

{Registre secret, 3o janvier ij65). L’écrit fut condamné à Rennes par arrêt du 1 1 février.

(i) V. la note, p. 220, au tome III de la Correspondance.

manqué d’en rendre compte au R.oi. S. M. a été extrêmement satisfaitte du parti qu’a pris votre compagnie, et elle y a reconnu avec plaisir ce zèle et cet attachement aux saines maximes qui caractérisent les magistrats dont elle est composée { i ) .

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