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public, il faut la remettre dans Tordre légitime et naturel. Le premier pas pour y parvenir est une loy qui proscrive les démissions en corps et même la cessation de service.
Pardon nés moy la longueur de cette lettre ; mais Je ne puis me refuser de vous dire tout ce que Je pense; c’est un effet naturel de ma confiance en vous, et de rattachement respectueux. . .
DXXXIX. — 23 janvier 1766.
B. M. R., ms. Y: 67 (II, 99). — Autographe, non signé.
L’AVERDY A MIROMESNIL
Il y a donc, Monsieur, vingt-sept membres effectifs de Rennes rentrés, dont vingt-deux en état de faire le service. Ils ont refusé de Juger le procès ; la Commission passe à Saint-Malo, mais elle ne doit pas Juger. Entre nous, elle va recevoir la déposition de cinq ou six témoins qu’on croit très importans, et de suite décréter. S’il se forme une recrue de dix à douze membres du Parlement, comme on l’espère très fort, ils pouront peut-être s’en charger, sinon on nous apportera les procédures pour en apprétier la valeur. C’est icy un furieux Jeu d’échecs. II me semble que, d’après cet état nouveau, il n’est pas pressé de faire réponse ; au moins devés-vous trouver bon que Paris passe avant vous. Ses gens du Roy viennent demander Jour demain au soir, et il y a lieu de croire qu’Jon] indiquera à de demain en huit, afin de s’asseurer s’il y aura une recrue ou non, avant de répondre. Voilà, Monsieur, où nous en sommes ; mais on pense qu’avant de donner la loi, il faut s’être consolidé en Bretagne, et.
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quant à moi, je penserois qu’il faudroit la brusquer. J’ai un emprunt en viager pendant au Parlement pour diminuer les anticipations. C’est un procès qu’il faut gagner d’abord ; il peut être court ou tenir du tems sur le bureau. Dans cette position, la loi ne peut avoir lieu qu’ensuite, à supposer que le maître se détermine au plan dont vous avés connoissance. Vous connoissés. Monsieur. . .
Paris, 2 3 janvier 1766.
[Miromesnil a noté le programme de sa réponse, de sa main, sur les marges de cette lettre, ainsi qu’il suit :]
Répondu le 24 j<^nvier ij66 :
Que je elbois qu'il est bon que les commissaires achèvent l'information et la décrètent au plus tost, et que Von renvoie ensuitte le procès criminel au Parlement de Paris ; que, si les preuves sont claires, c’est un moyen d'ouvrir les ieux à ce Parlement et de le mettre en garde contre ceux qui l’échauffent ; que, si les accusés sont innocents, il faut les laisser absoudre par les comissaires ;
Qu'il est important de profiter du premier moment de surprise que cause la rentrée de vingt-sept de M’’® de Bretagne, pour donner promptement la loi qui proscrira les démissions faites en corps ; qu'il est à désirer que cela se fasse d'icy au i5 ou 20 février au plus tard; que sans cela on risque de perdre le fruit de toutte l'opération de Pau et de celle de Bretagne ;
Qu'il est bon que le Roy fasse des actes de clémence à mesure qu’il rétablit son autorité, et que voicy le moment de rendre sans danger la liberté aux prisonniers du Parlement de Pau.