‹ Correspondance politique et administrative de Miromésnil; premier président du Parlement de Normandie (volume 3)Chapitre 5 sur 35 · XXJ · texte numérisé non relu

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pourrait-elle exiger qu’il rendît compte et se constituer son juge ? N’était-ce pas la conséquence de la proposition ?

Cette fois, la mesure était comble. Irrité qu’on lui parlât de serment à la Nation quand il n’en a prêté qu’à Dieu, de sa couronne qu’il tiendrait de la nation quand il ne l’a reçue que de Dieu(DLX),le Roi manda sans délai une députation, avec ordre de lui apporter les arrêtés et protestation des 22 août 1765 et 15 février 1766 (1). La lettre de cachet fut lue aux chambres le 2 mars ; séance tenante, les députés furent désignés (2), et avis leur fut donné d’appuyer auprès de Sa Majesté les motifs exposés dans les diverses remontrances et de demander le rappel de tous les magistrats de Pau et de Rennes. La recommandation était inutile : on va voir que les mandés n’eurent rien à dire.

Le ministère, ou plutôt le Roi lui-même s’était décidé à couper court aux interventions des Parlements dans les affaires des deux compagnies de Bretagne et de Navarre. La lettre de veniat était datée du l®"" mars, elle parvenait le 2, les députés étaient ajournés au 4. Or, le 3, le Roi s’était rendu au Parlement de Paris et y avait tenu un lit de justice : l’admonestation adressée ce jour-là aux magistrats parisiens est demeurée célèbre et a valu à la séance le nom de séance de la flagellation. Le même sort attendait les magistrats de Rouen. Miromesnil a fait le récit du voyage de la députation dans l’assemblée des chambres du 7 (3) : le Roi ne le laissa

(1) Registre secret.

(2) Ce furent, avec le P. Président, le P. Languedor de Becthomas, les conseillers Le Carpentier d’Auzouville, Piperey de Marolles, Papavoine de Canappeville, Le Cornu de Bimorel, Pigou, Guyot, Le Masurier de Banville, Piquet de Normanville, Alexandre, l’avocat général Grente de Grécourt et le procureur général Godart de Belbeuf.

(3) Ce récit est transcrit au Registre secret ; je n’en ai pu trouver d’imprimé. Dans ses entrevues avec Bertin et L’Averdy, M. tenta de justifier le passage incriminé des remontrances : le Parlement avait voulu

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