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(3) Recueil des Edits , etc.
lestation ou de défenses et les remontrances, où il s'en était produit : à ces conditions on espérait enlever partout Tenregistrement de la déclaration (GCCXXXVÏI, CGCXLII).
Les Parlements se montrèrent assez froids, et, sur ces entrefaites, Bertin, qui avait mené l'affaire avec une rigueur exagérée, laissa le Contrôle général des finances, quMl échangea contre un portefeuille de secrétaire d'Etat (i).
Le comte de L'Averdy, simple conseiller au Parlement, fut nommé à sa place le 13 décembre, et se résigna à prendre le Contrôle général par obéissance, sur les ordres réitérés du Roi. On le verra dans nombre de ses lettres gémir, accuser le sort^ et se lamenter de s>lre vu imposer ces hautes et lourdes fonctions (GCCXXXÏV, CCGXXXVIl, CCCXLII, etc.) (2).
Cependant* à la date du 16 décembre, Miromesnil adressa au Roi une longue lettre, un mémoire plutôt, qui lui fait le plus grand honneur. C'est un plaidoyer en faveur de sa Compagnie. Il y expose les raisons qui ont déterminé la démission,
(i) La Normandie fut comprise dans son département.
(-2) L'infortuné paya de sa tête en 1193 un honneur qu*il avait été si loin de briguer. Voici la notice que lui consacre le Dictionnaire des
individus envoyés à la mort de L. Prudhomme : « Laverdy (Clém . -
Ch.-Franç.), âgé de 70 ans, ci-devanl conlrAleur général des finances...., condamné ù mort h^ .\ frimaire an II par le tribunal révolu Uonnaire de Paris, accusé d'avoir fait pourrir des grains dans ses étangs », accusation inepte imaginée à l'appui d'une prétendue adhésion au prétendu pacte de famine. Il était membre de l'Académie des Inscriptions; on a de lui, dans le tome III des Notices et Extraits des manuscrits de la bibliothèque du Roi, une étude considérable, la première qui ait été écrite, sur les procès de condamnation et de réhabilitaUon de Jeanne d*Arc. C'était un homme instruit, laborit>ux, honnête et judicieux, mais il ne resta que quelques années aux finances (1763-1108); il eut pour successeur Blaynon d'Invault, qui fut remplacé quelques mois plus tard par Tabbé Terray. Dans le conflit de 1763, L'Averdy apporta un esprit de modération qui finit par s'imposer au Conseil, et c'est à lui qu'on doit la fin de cette crise parlementaire.
rimpossibilité où le Parlement fut mis de faire entendre ses représentations, les atteintes portées à la liberté de ses délibérations, les imputations injurieuses dirigées contre lui par les arrêts du Conseil des 24 août et 17 novembre, les maux qui résultent de la suspension du cours de la justice. II supplie le Roi de rappeler les magistrats à leurs sièges en effaçant jusqu'aux moindres traces de leurs disgrâces, c'est-à-dire en révoquant les deux arrêts de son Conseil (i).
Le ministère résolut d'aplanir les conflits pendants avec les autres Parlements avant de s'occuper de Rouen. Alors, tandis que le chef de la magistrature, le vice-Chancelier Maupeou, ne cessa, et jusqu'au bout, de demeurer, au moins à regard de Rouen, dans la plus complète inaction, s'engagea une correspondance presque quotidienne entre L'Averdy et Mtromesnil, du milieu de décembre 1763 jusqu'au mois de mars 1764 : elle est presque tout entière remplie par les nouvelles des diverses Cours, la recherche des moyens de les pacifier, les efforts tentés, les résultats espérés ou acquis, enfin par Tétude du plan à suivre pour parvenir à la restauration du Parlement de Normandie.
Le Parlement de Paris avait enregistré dès le l^*" décembre la déclaration du îl novembre (2), mais il n'enregistra que le 22 janvier les lettres prescrivant le silence sur ce qui s'était passé à la suite de Tédit d'avril et des enregistrements forcés (3) : encore inséra-t-il dans son arrêt un blâme contre les agissements des agents du pouvoir royal et qualifia-t-il les lettres paleWes « d'effet de la clémence du seigneur roi envers
(1) Cette lettre a été, par décision du Parlement reconnaissant, transcrite sur son registre. Elle est insérée dans Précis de ce qui s'est passé depuis le 14 mars 1764, et rapportée par Floquet(page 511).
(2) Isambert, Anciennes lois françaises .
(3) Le Parlement de Paris avait enregistré l'édit d'avril, en lit de justice, le roi présent, le 31 mai 1163.