LAMOIGNON A MIROMESNIL
Réponse du respectable Chancelier de France, M. de Lamoignon^ à qui, depuis sa disgrâce, je n^ai jamais
cessé de rendre compte de tout ce qui se passait d'intéressant à Rouen, et qui nChonoroit de son estime et de sa bienveilrlance.
A Ms^eshtirbes, le 3 février 1764.
Je reçois, Monsieur, votre lettre du 3 1 du moys passé. Je connois vostre manière de penser par rapport au service du Roy et du public. Je ne crois pas qu^on puisse désaprouver la manière dont vous vous conduises. Pour moy, je ne suis instruit de rien, et, quand je le serois, vous jugés bien que je ne puis rien, excepté de faire des vœux pour le restablissement de la paix et de Vauctorité reyalle, qui doit estre le fondement de la monarchie. La Providence disposera dé tout. Vous estes jeune et en état de servir longtemps ; le ciel vient de vous donner un fils que vous élèverés dans les sentiments qui sont dans vostre coeur. Je souhaitte que vous ayés cette consolation, et, pour ce qui me regarde, je vous demande toujours la continuation de vostre amitié.
De Lamoignok.
CGCLXXV. - 3 février 1764.
B. M. R., ms. Y, 241 (3). — Auto^p)ie, n99. ^g^^é..
L'AVERDY A MIROMESNIL
Il s'occuppe des moyens de rétablir le Parlement de Rouen, et me demande des éclaircissements sur ceux des magistrats que Von pourrait manifer.
Qui que ce soit au monde ne verra de votre écriture, Monsieur; j'ai corrigé de nouveau le teut d'après vos observations et je le fais mettre au net. i« La députa tîon
de ToukHise arrive, «t ce Pârkm^t a registre les lettres paie&tes pour envoier les procédures ( i ) et le sursis y contenu jusqu'au 20 mars prochain. Ainsi on compte solder avec les députés le plutôt possible, dès qu^on aura eu les procédures. 2^ On avance avec Grenoble : on a envoie queiq*un de leur connoissance conférer avec eui, et, sur le résultat de son retour, on a envoie dix ordres au P. Président, un pour lui, et neuf, les noms en blanc, poqr qqe ces messieurs choisissent eux-0)émes ceux qu^ils voudro»! pour venir à Versailles ; ils doivent y arriver ce soir, et en conséquence on va tâcher de convenir des faits avec eux. 3^ Eux finis, |e pousse à toute vigueur pour qu'on fiftsse partir lies ordres pour Rouen. Si tous les mandés ne sont pas à Rouen quand les ordres arriveront, n^ost-ril pas posGi^bleque ceux qui y seront confèrent avant le départ chés vous? Voilà la seule ressource, diaprés les démissions sur k r^istre.
On ft^entend donc pas à Rouen ce que dit la déclaration sur ie cadastpe, puisque elle porte qu^il faudra des iièglemens homologués avant de pouvoir travailler au cadastre ?
Quant aux dons graiîuits, il me semble. Monsieur, que Ton ppurroit peut»4tre accorder tous les ans quelque cho^ sur les dons gratuits aux hôpitaux qui sont en mau* vais ordM^ns votre ressprt. Ce seroit un véhicule po\ir r^ndie le toU|t plus favorable. Ainsi procurés moi Tétat de qeux de vos hôpitaux qt^ sont dans le besoin, et, en examinant, s«|T Pédit de 174^» ^ <^^tte du don ^atuit de chaque ville (2), voies ce que vous pourries me den^ander,
(1) Lp^ p|-Qçédyres dirigées contre le duc de Fitz-Jfiin^; des lettres patentes en ordonnaient l'envoi au Parlement de Paris, saisi de l'afiârB,
(2) Etat annexé à redit d^oût 175a (et non 1748), modifié ppr cehû de. janvier 1759. {Recueil dès EdUt,,,^ etc.)
sans endommager cependant beaucoup les revenus du Roi dans un moment aussi pressé. Voies aussi par quelle forme j'en viendrois & bout. Tenés le cas aussi secret que je tiens ma correspondance avec vous, sauf la lettre ostensible et votre réponse» que je n*ai pas lue mais qui sert seulement à Texposé du mémoire que je vous ai envoie, et dont je ferai lecture dans un comité, dès que Taffaire aura gagné le moment où j'aurai enfin la satisfaction de voir exécuter la parole qui me fut donnée, lorsque pour mon malheur personnel je fus obligé de me laisser enchaîner où je suis.
Nous tâcherons avec les mandés de convenir, s'il est
possible, de ce qui sera nécessaire pour éviter la biffe et
.radiation de Parrêt du Conseil; mais si on veut que le roi
le retire et celui du 24 août, ne faut-il pas aussi que le
Parlement retire les siens ?
J^espère n'en pas venir à des enregistremens forcés. Si le bien de l'Etat se trouve contredit par les parlemens à un point aussi fort, j*aime mieux m^en aller que de voir déchirer Pautorité et ma patrie. On en a trop usé depuis un tems ; celui de la paix n^étoit pas le moment ; les esprits étoient déjà aigris ; d^ailleurs, on ne s'y étoit pas bien pris; il est vrai qu*on étoit accablé à un si grand point qu'il falloit parvenir à la perception et compter que ces violences, en sauvant Tincerruption des paiemens qui auroiteu lieu, n'empêchent pas qu'il n^en coûte beaucoup.
Je sçais bien que ce n'est qu'un plâtrage que la tournure prise au sujet de la modification ( i ), mais il faut que nous tâchions d'obtenir des mandés d^en faire autant.
En cas que les anciens mandés ne puissent pas venir
(i) Allusion à la réserve inscrite dans l'enregistrement des lettres patentes par le Parlement de Paris, et sacrifiée dans le texte imprimé del'arrcté. (Cf. CCCLXni, CCCLX VI, CCCLX VU, CCCLXXII).
par fait de maladie et que ce soit eux qu^on prenne, je tâcherai de faire en sorte que ce soit les anciens, mais j'en doute. On veut des gens d*esprit capables d^entendre affaires, et en vérité je ne sçais même si les anciens mandés le sont. Marqués moi qui il iaudroit prendre en fait de gens d^esprit et de mérite, si on ne vouloit pas de tous les anciens mandés.
Vous connoissés bien mon sincère attachement.
Ce 3 février 1763.
CCCLXXVI. — 8 février 1764.
B. M. R., ms. Y. 241 (3). — Minute : « A M. Ddavcrdy,
le 8 février 1764. »
MIROMESNIL A UAVERDY.
Monsieur,
J*ay reçu vôtre lettre du 3 de ce mois. Je suis fort aise que le Parlement de Toulouse ait enregistré les lettres de surséance et que sa députation arrive ou soit arrivée à Versailles. J'espère beaucoup des conférences que vous aurés avec les députés, et je désire bien ardemment que vous puissiez terminer heureusement ce qui concerne ce Parlement.
Quant à Grenoble, le bruit a couru icy que ce Parlement ne vouloit entendre à aucun accommodement, ce qui m'allarmoit fon. Votre lettre me rassure, et, puisqu^on a laissé à M" du Parlement la liberté de désigner euxmêmes ceux d'entre eux qui iront à Versailles, j'en augure qu'ils ne sont pas aussi intraitables que Ton a voulu nous le persuader.
Vous me demandés, Monsieur, sUl ne seroit pas possible que ceux de M'^du Parlement qui sont icy conférassent chez moy, avant le départ de ceux que le Roj mandera. Je suis bien sûr que, si je les assemblois d'emblée pour conférer avec eux chezmoy, ils ne le voudraient pas ; mais, lorsque les ordres seront arrivés, les mandés viendront vraisemblablement me voir pour concerter leur départ avec moy, et alors je pourrai eng^^er quelqu'un d^entre eux à proposerauxautres de me demander d^assembler chez moy tous ceux de ces messieursq ui seront à Rouen, pour leur faire part des ordresquenous aurons reçus. Cène idée, paroissant venir des conseillers mandés et non de moy seul, aura peut-être plus de succès. Au reste, je ne sçais encore si ^ puis -mepromettre quelque chose de cette conférence, car un assez gr&nd nombre de ceux de M^^ du Parlement qui sont icy paroissent fort éloignés de toute démarche qili pourtbit marque!- du d^ir de reprendre leurs charges. Je suis persuadé que cet éloignement est principalement occasionné par la crainte qu^ili ont que le gouvernement, les voiant dans d^autres dispositions, ne se rendît plus difficile sur Tanéantissement des arrêts du Conseil du 24 aoust et du 17 novembre, et je ne puis au fond les blâmer, attendu que ces deux arrêts, transcrits sur les registres du Parlement, contiennent des choses bien fâcheuses pour un corps dont Thonneur doit être cher à tous ses membres. Quoi qu'il en soit cependant, le bien public doit l'emporter sur toute autre considération, et je sens, comme vous le dites fort bien, que, pour que le Roy puisse se pretter, il faut aussi que M" du Parlement se prettent de leur côté. Mais ce sera une matière que vous aurés occasion de traiter avec les mandés, ainsi que celle du cadastre et des dons gratuits.
Quant à ces derniers objets^ je sçais que les hôpitaux de
QOtre province, en général» sont trèa-mal à leur aise. Je suis moins instruit pour le moment de la situation de ceux des autres villes, mais je sçais que ceux de Rouen sont les plus malaisés de tous. Je vous écrirai à leur sujet plus en détail d'icy à quelques jours, conformément à ce que vous désirés, mais je ne crois pas que ce soit à présent le moment de parler encore des sacrifices que vous pourrés faire en leur faveur, et qu^il suffira de faire entendre aux mandés que, si le Roj est content de la conduite que Ton tiendra, et que, si l'on n^augmente point le malheur des affaires en se refusant aux moyens de rétablir la tranquillité, S. M. se portera à favoriser les établissemens utiles au peuple. En effet. Monsieur, l^hôpital général de Rouen a obtenu, il y a bientôt deux ans, des octrois assés coiisidérables qui doivent durer six ans (i). Ces soulagemens ont été accordés sur la prière dMne assemblée des Noubles, et Ton doit rendre compte tous les ans^ dans une pareille assemblée» de Temploy de leur produit. Il y aura une assemblée des Notables pour le compte de la recette et de Temploi de ces octrois au printems prochain. Alors je présume que les Notables seront obligés de recourir au Roy pour luy demander de prolonger les secours dont il s^agit, et ce sera alors le moment de voir ce que le Roy pourra faire.
Quant aux personnes qu^il conviendra de mander, cet
(f) Par Birêt du Conseil du 22 jûnvrtt et lettfeft patentes du 3 mal 176a. Le toiapte, pour Tannée cduralit du Si mars 1763 au 3i mais 1764, rendu aux Notables le 3 juin, accuse ancore aux recettes 1 53,000 livres provenant de l'emprunt autorisé de 25o,ooo livres ; le produit des droits concédés sur les boissons et le pied fourché ne se monte qu*à 126,000 livres. Aux dépenses, l'hôpital général ne figure dans ce compte sur resAiurces spéciales, que pour 98,000 livres ; l'amortissement de Tinnée siélève à eaviron 69,000 livres. (V. tome II, p. xvui et s.)
objet mérite beaucoup de réflexions et j'ai cru devoir, avant de vous répondre sur une matière aussi importante, y réfléchir longtems; c'est ce qui a retardé ma réponse. J'ay recherché avec soin, dans le tableau de M» du Parlement, ceux en qui j'ay remarqué le plus de mérite. Je vous en envoie Pétat tel que j'ay pu le faire, suivant mes coanoissances. Vous pourrés juger de leur ordre d'ancienneté dans la Compagnie, en le comparant avec la liste que je vous ai envolée il y a quelques jours au sujet des démissions.
Mais, quoique je vous envoie cet état, je ne puis m^empécher de vous faire quelques observations sur ce que vous me marqués, que le Conseil, au défaut des mandés de l'automne dernier, ne voudra pas des anciens ni peut-être des mandés.
Je conviens que, dans le nombre de ceux qui furent mandés l'automne dernier, il n'y a voit guerres que M. de Rouville, M. Dufossé, M. Le Coûteux et M. de Pelletot qui entendissent vraiment affaire. L*abbé de Canappeville, qui est homme de considération, fut malade et j^obtins qu'on le renvoiât chez luy, c'est pourquoy je ne vous en parle pas, quoi qu'il ait du mérite. Mais il faut observer, Monsieur, que ce fut une très grande humiliation, pour ceux qui furent mandés l'automne dernier, d'être renvoies sans avoir pu voir le Roy, surtout après l'avoir demandé avec les plus vives instances, et que c'est donner à la Compagnie une satisfaction qu'elle mérite que de mander dans cette occasion-cy les mêmes personnes. D'ailleurs, l'amourpropre de ces premiers mandés sera sûrement mortifié, si on en choisit d'autres; ils penseront que ce sera moy qui aurai indiqué ceux que l'on aura choisi, et en voilà assez pour faire tout manquer.
En second lieu, si M. de Saint-Just et M. l'abbé de Sus-
landes ne peuvent pas aller à Versailles à cause de leurs infirmités, il. sera naturel de prendre à leur place des anciens, Tusage de la Compagnie étant de députer toujours les anciens. Si vous en prenés d'autres, même inconvénient : les anciens, intérieurement, seront mortifiés ; Ton s'en prendra sûrement à moy, car, au moyen des démissions, je suis le seul membre qui puisse agir, le seul par conséquent à qui Ton puisse attribuer d'avoir donné des connoissances particulières, et j^ay des ennemis qui ne négligent rien pour me donner du désagrément ; je ne le mérite pas, mais je n*en ai pas moins le malheur d^étre souvent persécuté.
Je ne puis donc me dispenser de vous prier de faire en sorte que Ton mande lA" de Saint-Just, de Suslandes, de Canappeville, du Fossé, Le Coûteux, de Pelletot, de Ranville et de Beuville et M. le président de Rouville. Il est certain que M. Dufossé et M. Le Coûteux sont en état de voiager et quHls entendent affaire et ont du crédit dans la Compagnie, ainsi cela est suffisant; et, si M. de Saint-Just et M. de Suslandes ne peuvent pas voiager, il sera juste de prendre les anciens après eux. Au surplus, M. de Saint-Just se porte mieux, il m*est venu voir hier et peutêtre voudroit-il aller. M.Pabbé de Suslandes se porte aussi assez bien, mais, s'il s'excuse de faire le voiage, on le mandera, et le Roy alors en mandera d'autres. Voilà mon sentiment duquel je ne puis nf% détacher à cause des inconvéniens
Cependant, Monsieur, je sens très bien qu'il peut arriver que le Conseil ne se rende pas aux raisons qui m'engagent à penser comme je fais. Dans ce cas, je serois d'avis de vous proposer de tenter un autre expédient : ce seroit, lorsque M^' du Parlement seront réunis à Rouen^ d'envoier des ordres en blanc afin qu'ils choisissent eux-
mêmes ceux dont on les remplira, comme on a fait pour le Parlement de Grenoble. Alors, je serois d^avis que Ton envoiât d'abord des ordres de se trouver au palais à un certain jour, et que, ce jour là, M. le Procureur général apportât les ordres en blanc, avec une lettre par laquelle on luy marqueroit que, le Roy voulant que nous apprenions de sa bouche même sa volonté sur les démissions. Sa Majesté nous laisse le soin de nommer nous mêmes ceux d'entre nous qui seront mandés .pour recevoir ses ordres.
Si ce parti ne réussit pas, alors Ton mandera les mêmes qui ont été mandés cet automne; mais je crois qu'il pourra réussir, et alors on pourra mettre au nombre des mandés ceux que l'on croira les plus propres à traitter une affaire aussi délicate et aussi importante.
Au restai Monsieur, tout ce que je vous marque est de pure conjecture ; n'aiant pas ma Compagnie, il m'est impossible de vous donner d^autres idées que les miennes propres, et je puis me tromper» mais je vous suplie de peser mes réflexions. Je les soumets à vos lumières, et je crois que, dans une circonstance comme celle-cy» on ne sçauroit agir avec trop de précaution.
Je suisi avec un attachement qui ne finira qu'avec ma vie^ et avec un respect sincère (i)...
(i) A cette lettre est anngcée la liste annoncée, écrite par Miromesnil lui-même, et non plus, comme le reste de la minute, par son secrétaire ; on en comprend la raison. Voici quelques désignations qui permettent de inieux recohnaître les Anagistrstté que M. à signalés, parmi les cbtit membres environ dont se tompôsâlt sa CompagAie :
Grand' chambre.
Gttles-Àntoinê-Ocft-oy Lé Wiatre de Martirtbds, reçu en iyii; Plcrrô-Jttcques PapâVoifte de Canappevaie, clerc, 1723 ; Raoul-Joseph 4e Vigoeral de Sevray, 1724;
M. dé Màttinboë, beaUct>U)5 d>es|)rit, d'etpértonce, fort âgé, infirme.
M. Pabbéde Canappeville, de Tuéâ^ du inonde, de la politette, instruit, honneite.
M. deSevray, beaucoup d'esprit et de cofinoisMnoes, le cœur bbti, un peu singulier^ infirme,
M. de Bellegarde, le jugement sûr, le cœur drdii^ et^ cellent fugé.
M. d^Ecaclon, de Tesprit, des côdncriteânees, parlafit bien, de la facilité.
jâtques de LaUnoy de âëllégàrtle, i73i ; Guillaume- Louis- Joseph Le Chevalier d*Ett8<[]uéM}h, 17':^! ; Jean-Françoia-NicélaB BoutrftB d^Hatanville, ij3'ii Jean-Baptiste-Pierre Labbey de la Boissière, 1736 ; Louis-François Grosain de.Bouville, 1736; Jean-Baptiste-Remy Le Bas <ie Frcsne, cleix, 1749, chanoine de LfsféUx:
Première Chambre des Enquêtes,
Àntoine-Àugustin Thomas du Fossé, 1737, l*un des chefs de Topposition, petit-neveu du pensionnaire àk I^^Royal du hiéHie noih, auteur des Mémoires, et arrière-petit-neveu des Arnaud par sa grand'mSre {^atei'nèllé, Catlierlne-^Àgnès Le Maistfe ; celui 411b ^ise si souvent la Correspondante, (t^. notammeht, fdme*Ii, p. 339, «Wc).
Nicolas-Robert Le Masson de P^etot> 1739 ;
Jacques-Jean-Baptiste Pigou, 1742, fils d*un maire de Rouen ;
Alexandre-Laurent G uyot, 1742;
Pierre-Eustache Le Viguier de Dampierre, 1749 ;
Anne-Louis Mouchard, 176 1 ;
Glâu(le-Lo(iia'>Pierre-Beti|aftiin Lambert de Bèllduet, 17(2 ;
Anne-Umis-François Perehel, clerc> 1755, chatioiAe de Rbuen, transfuge qui entrera au Coiiscil supérieur.
//« Chambre des Enquêtes.
Barthélerhy-Thômas Le Gbuteult, 173^ (V. p. 54, note, et 60); Isatnbart-NicôlAs Busquet de Caumont, 1743 ; Pierre- Jacques Le Carpentier de Comboii, 174S;
M. d^Hattanvilie, beaucoup d'esprit, de pénétration, de justesse. Pâme noble, le cœur droit, une éloquence vive, naturelle et noble.
M. de la Boissière, beaucoup d'esprit, de justesse, de science, de facilité, parlant bien, infirme.
M. de Bouville, de Tesprit, des connoissances, le cœur droit, Pâme belle.
M. Tabbé de Fresnes, dePesprit, du sçavoir, de la politesse, le cœur droit ( i ) .
iC'* des Enquêtes,]
M. Dufossé, de l'esprit, des connoissances, du crédit dans la Compagnie.
M. de Pelletot, du bon sens, bon juge, instruit, le cœur droit.
M. Pigou, du génie, un esprit vif, une imagination fertile, le cœur droit, Pâme grande, de la science, de la justesse.
M. Guiot, de Pesprit, de la douceur, de la politesse, du discernement, de la justesse.
Nicolas- Elie-Pierre Camus de Pontcarré de Viarme, 1 752 ; Angélique-François Huet d'Ambnin, 1758.
Chamkre des Requêtes.
Pierre-Hermant Le Vicomte de Saint-Hilaire, conseiller depuis 1733, présidait aux Requêtes.
Présidents,
Gilles-Louis Halle de Rouville d'Orgeville, conseiller en 1728, président en 1 731, en jsurvivance de son père, était second à la Grand'Chambre ; Charles-Pierre de Bailleul, conseiller en 1727, président en 1742, était premier à la I" des Enquêtes; Charles- Henry-Alexandre du Moucel de Louraille, conseiller en 1739, président en 1743, était premier à la Chambre de Touraelle.
(i ) Les magistrats qui précèdent appartenaient à la Grand^Chambre ; Miromesnil ne Ta pas noté.
M. de Dampierre, de Tesprit, parlant avec facilité.
M. Mouchard, reçu en 1751, beaucoup d^esprit^ de grandes connoissances pour son âge, de la douceur, le cœur droit, Tâme belle, parlant bien, mais fort modeste et trop timide, quoique rempli de talent.
M. de Bellouet, de Tesprit, de la vivacité, de la facilité, parlant assés bien.
M. Tabbé Perchel, de l'esprit, de la douceur, instruit, le cœur droit, Tâme belle.
2[« des Enquêtes.^
M. Le Coûteux, de Tesprit, des connoissances, fort silentieux, le cœur droit.
M. Bucquet de Caumont, de Tesprit, le cœur droit.
M. de Combon, de Tesprît, des connoissances, de la la justesse, le cœur droit.
M. de Viarme, de l'esprit, des connoissances, de la facilité, parlant assés bien.
M. Dambrun, de Tesprit, des connoissances, de la justesse, le cœur droit, Tâme belle, de la douceur.
Rlequestes^l
M. le président de Saint-Hilaire, de Tesprit, des connoissances, infirme.
P[résidents] à m[ortier.^
M. de Rouville, sçavant, doux, raisonnable, le cœur droit.
M. de Bailleul, du bon sens, assés de connoissances.
M. du Moucel, beaucoup de bon sens et de zèle, sage, prudent, le cœur droit, Tâme noble.
CCCLXKVU. - & février 1764.
B. M. R., W- Y. a4» (3). — A^togpaph^.
LE C«^ LE COUTEULX (i) A MIROMESNIL.
A Oi8sel« ce 8 février 1764.
Monsieur,
Le séjour que je fais icy et le désœuvrement oîj potre état m'a mis m'a fait resouvenir qye jMtois autrefois en grande liaison avec M. de Laverdy, avant même que nous fussions liés de parenté; 'f«y penné que cette liaison qui p'^toit p^ diminuée m'^morisoit à luy ^Tire, loifçque j^ay apris quMl étoit Controsleur gi^^. Je li^y ay donc écrit, aoi^ p9^ pour luy faire compliment, mais poji^ le pla^odr^, pujl^u'ep effet son emrepurise 9)f paroît terrible. J*ay essayé de lui faire part de mas i4^^ ^}^^ TesWt pfésqnt des çbp^s ; mei^ réfle^tions ont étç tr^ bî^n reçQ^ : je me suis enhardi. J^ay donné des leçoiift pQur ea faire un bon Controslevir général des fi/ianc^s; j ay 4<niandé tout ce que j^ay crQ quipoi^voit estreuUile au général, en particulier à notre province et à notre ville; j'ay même parlé de la Compagnie : en un mot jecroy n^avoir rien négligé. Tout a été bien et très bien pris. Il fait plus, i) m'oblige de continuer; j'en reçois des lettres qui me donneat les plus grandes espérances de pouvoir réunir sur plusieurs articles. Il s'en trouve deux, sur lesquels j'espère que votre zèle pour le bien de la province et de notre ville vous engagera à ne pas me refuser les lumières nécessaires.
Le premier est nos hôpitaux, pour lesquels je luy ay demandé des secours : ii ne me paroît pas éloigné d'en
(i) V. Supra, CCCXLIX et CCCL, fin. Sur rintervention de M. Le Couteulx, V, le Sommaire,
accorder, mais il me paroît désirer d^estre instruit de leur état et situation, et mé demande ce qu^ii faudroît au ;uste pour les rétablir ou tout au moins continuer leur existance jusqu^à ce qu'Hun temps plus heureux puisse les relever entièrement.
Le second est le nouveau tarif du controsle. Je sçay qu'il vous a été envoyé en papier, que vous avez fait travailler dessus par M" Vitecoq et Le Breton, nottaires ; je sçay qu'ils ont ont en efifet fait à ce sujet des observations importantes. 11 serait très essentiel que cet ouvrage pût parvenir incessament entre les mains de M. le Controsleur général. Vous sentes; combien cet ob^t peut procurer de soulç^emont dans notre province ; c*es,x pourquoy j'ay tout lieu de penser que vous ne trouvères pas mauvais que îe vous exhorte à faire fiiiir çç trav£(il, ppur qu'il puisse parvenir et procurer un bon tarif du controsle et arrester, du moins en cet^ partie, Içs vç](c^;ion,s qui qous ruineat (i).
Il est un troisième article qui est k cétahliisçqieQt 4e U Compagnie. Vau$ ne. devez pus douter de naa ^t^a^iie* ment pour les parlements; je puis vous assurer de apA zèle pour te rétablisement du notitve^ Tout; ce que i^ p^ux TOUS dire quand à pfféseox à cet égard est qu*il d^ice fort pouvoir eatre à ce su^t en correspondance avec vous. Je ne sçay point l'étiquette sur cette correspoiMliince, np^is. j^ ncie Batte que voice attacheoient ppur la Compu^ie vous Ia fera négliger si la prévenance peut luy estre utille dans cette circonstance.
Je vous prie encor de ne point divulguer ma corespondfiuw avec M. i^^ Cçintro^l^ur général; j'imagiijie quç
(1)11 s'agit de la réformatîon des droits de contrôla ou dVnreglstrement des actes, etc.
je ne réusirois guerre si cela étoit sçu ; je satisfais Tenvie que j^ay de faire du bien, et c'est tout ce qu'il fault pour me contenter. Je fus hier à Rouen pour avoir l'honneur de vous voir, mais je fus occupé cinq heures entières à reigler les conventions matrimonialles de M^'^ Palerne ( i ) en qualité de conducteur et curateur, et cela m'empescha d'avoir l'honneur de vous voire.
Je suis, avec un très profond respect. . .
Le Coutbulx.
^ CCCLXXVni. — 10 février 1764.
B. M. R., ms. Y. 241 (3). — Minute : « A M. Le Coûteux ».