‹ Correspondance politique et administrative de Miromesnil; premier président du Parlement de Normandie (volume 4)Chapitre 45 sur 89 · CCCLXXX. — 12 février · texte numérisé non relu

CCCLXXX. — 12 février

B. M. R., ms. Y. 241 (3). — Autographe, non signé (i).

L'AVERDY A MIROMESNIL

Méfait part de la perplexité dans laquelle on est à Voccasion du Parlement de Rouen, sqavoir si Pon me mandera seul ou si l'on mandera quelques magistrats avec moi. On est sur le point définir avec Grenoble, et Von s^occuppe de Toulouse.

Grenoble finira enfin demain. Monsieur. Tout le Parlement est mandé à Versailles. Le roi lui dira qu^il Ta mandé pour lui faire connoitre ses intentions, qu'il a appris que son Parlement avoit des remontrances à lui présenter et qu*il peut s'expliquer. Il présentera ses remontrances. Le roi dira qu'il va les examiner. Après quoi il leur fera une réponse honnête et pleine de bonté, et en conséquence le renverra à ses fonctions, lui enverra la déclaration du 2 1 novembre et les lettres patentes de Paris, où on a cotté les décrets du Dumesnil : on croit qu'il ne retournera plus dans cette province. Ainsi voilà un grand point terminé. Examinés bien l'effet que cela fera sur les esprits de vos Normands. On a accordé une diminution d'abbonnement au Dauphiné. Ce malheureux pais est ruiné ; on avoit oublié de lui faire paier le vingtième pendant la guerre, on lui a fait paier plusieurs objets arréragés à la fois, en un mot on Ta abimé. La justice exigeoit de venir à son secours et le roi s'y est porté avec plaisir. Que ne suis-je à portée d^en faire autant pour les autres pais ! Que mon cœur seroit satisfait ! Car je vaux rien pour ma place. La dureté est trop éloignée

(i) La ftiucription est contresignée, de L'Averdy,

de mon caractère. Je suis trop compatissant pour les malheureux, et je né voudrois mourir qu'après avoir eu la consolation de soulager la France qu'une impérieuse nécessité me force d^acabler. Je ferois par là le bonheur du sujet et encore plus celui du maître. Les députés de Toulouse viennent d'arriver avec leur surséance jusqu'au 20 mars. Quand esse donc que j'auroi le tems d'être G>ntroIleur général et que je serai assés heureux pour n'être plus détourné partant d^objets étrangers à mon ministère. Ceux-ci veulent qu'on révoque net M. de Fils de James. Celui-ci ne veut pas se prêter. Le roi, qui Ta avoué, ne le peut pas hautement ni honnêtement. Je ne sçais comment concilier des points si opposés les uns aux autres. Je vais voir à tacher de m'en tirer le moins mal quMl me sera possible.

Je travaille d'avance et de loin à obtenir la révocation nette de vos deux arrêts; je ne suis pas seur d'y réussir, mais j'y fais de mon mieux. Les uns prétendent qu'il est fort dangereux de vous faire venir avec quelq'uns, qu'ils viendront en habit gris, qu'ils prétendront n'être point magistrats et ne pas aller à l'audience du roi, que, s'ils y viennent, la Compagnie ne voudra pas entendre ce qu'ils auront à dire; et d'autres soutiennent que le meilleur parti est de se voir et de s'entendre. Cela ne laisse pas de m'embarasser, et je ne sçais plus à quoi me résoudre, tant ma perplexité est grande. Car je crains les scènes nouvelles, plus encore que celles qui sont passées, parce qu'elles perdroient tout. Vous avés encore le tems de me répondre, car la pertinacité de vos gens effraie ici et on veut tenter de finir Toulouse avant d'en venir à bout, quelqu'instance que j'aie fait sur l'état de votre infortunée province.

qui me perce le ccçur d'amertume. Vous connoissés mon respect et mon attachement.

A Versailles, dimanche 1 1 février 1 764 ( i ).

CCCLXXXI. - i3 février 1764.

B. M. R., ms. Y. 241 (3). — Autographe, non signé (2).

L'AVERDY A MIROMESNIL

Il préfère que notre corresponimce soit ignorée de M. Le Coûteux* Il me fait part de celle qu'il a avec lui et avec M, Du/ossé.

Il vaut mieux que notre correspondance reste ignorée de M. le Couteulx, et tout ce que vous me marqués à ce sujet est très bien vu. J'ai bien répondu à M. Le Cousteulx; il *tn'a envoie un bon mémoire, j'y ai répliqué article par anicle ; il a dû être content. Les hôpitaux lui tenoient fort à cœur; j'ai cru devoir y répondre, cv il est dangereux pour le peuple de les laisser manquer. J^aime mieux faire çn leur faveur quelque prélibation svir le don gratuit que de les laisser faire banqueroute ou renvoier les pauyres. Notés cependant les choses à son égard en lui mandant que vous venés de m'écrire à l'occasion de ces mêmes hôpitaux, ce ou quelque autre histoire que vous imaginerés.

J'ai aussi une relation avec M. Dufos^é,qui est parent de ma feimne, et je n'en désespère pas. Mfiis gardés moi

(i) « U y a erreur dans cette datte, car dimanche était le 12, et je Tai reçue hyer lundy 1 3. » {Note de MiromesniL) (2) La 'su9cription çst contresignée.

le plus profond secret. Si je tiens ères deux hommes-là, l'affaire ira bien, et je me flatte d'y parvenir. Ils aiment le bien tous deux, il ne s'agit que de les convaincre. Nous pourrons peut-être diminuer le nombre des venans ici, afin d'abréger la cérémonie, et vos malades et absens seront une bonne raison pour diminuer le' nombre des voiageurs.

A Versailles, le 1 1 février 1764 (i).

CCCLXXXn. — i3 février 1764.

B. M. R., ms. Y. 241 (3). — Autographe.

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