CCCCLXX. — la novembre
B. M. R., ms. Y 241 (7). — Minute : • A M. de Laverdy,
le 12 novembre 1764. »
MIROMESNIL A L'AVERDY
Je Vinforme de ce qui s'est passé à la rentrée, du bruit que Von fait courir sur différentes opérations dt finances que Von prétend qu'il se dispose à/aire^ de ce que fai répondu à ceux qui m'en ont parlé. Je lui marque que le Parlement sera très peu nombreux jusqu'après les Rois et que, selon toutte apparence, il ne s'y traittera pas d'affaires publiques.
Je ne puis asscs vous marquer ma reconnoissance des bontés dont vous m'avés comblé dans mon séjour à Fondu Mont -Saint-Michel. Ceux-ci ctnicnt en puMCMioo de temps immémoriil du «.ommanJcmcnt militaire et de la police de la ville. Le religieux préposé à ce service ayant voulu empritonner deux tndirtdus qui avaient contrevenu nux règlements, ceux-ci se poyr- Turefit au bailliage d'Avranchet; un huissier, char^iré d'une tignihcatiofi à l'abbaye, avait été conduit, comme dans une forteretie, au religieux commandant, et s'en était plmnt à son bailliage. Alors étaient intervenues ik>s &. ntencea du bailU d'Avranches décrétant de prise de corps le religieux cnmman lant et condamnant à des amendes let abbé, prieur et religieux. D'où recours au Roi.
Les lettres patentes» proposées, considéraient que la confusion Jcja ancienne ru le cuntiit entre le commandant de l'abbaye et le hailli il'Avrdncbes tcn.(it a ce qu'au Mont-Sauit-Michcl il n'y avait {MS .{'«'ffuicr de justice pour tanir U main aux règlements de police. • t'uù éidit résulté l'usage pour les habiiints de porter leurs pistâtes àu religieux commandant, et non au bailliage d'Avranches, trop cloigné. En conséquence le projet instituait un commissaire de polie*. «VA <ttributi>n ^n bai Htagc vie U connaissance de verb.'.uà.
tâinebleau ( i ) ; je puis vous assurer que ce sentiment est aussi sincère qu'il sera durable et que je vous serai attaché inviolablement toute ma vie.
La rentrée du Parlement s^est faite aujourdhuy à l'ordinaire; elle étoit assez nombreuse. M. Le Coûteux n'y étoit pas, mais, comme ce sera demain le renouvellement du serment, j'espère qu*il y sera. Cessera aussi demain que le président qui a tenu la chambre des vacations rendra compte de ce qui s*est passé pendant sa durée. Je ne doute pas qu^il ne soit question des eaux de vie (2). Au surplus j'ay remarqué aujourdhuy, par les conversations que j'ai eu avec plusieurs de M'^ du Parlement, que Ton avoit envie de députer M. Le Coûteux à Poccasion de cette affaire. Je n^ai point contredit cette idée, parce que ce nMtoit pas le moment, mais, lorsque je le verrai, je luy dirai que vous désirés fort qu'il ne se charge pas de cette commission. En effet je le crois trop utile icy pour ne pas penser, ainsi que vous, qu^îl est bon quMl ne s^éloigne pas (3).
M. Dufossé étoit à la rentrée ce matin, et il a dîné chez moy ainsi que toute la Compagnie. 11 m^a parlé en particulier et m^a demandé si j'avois eu soin, pendant mon séjour à Fontainebleau, de vous parler du vingtième d'industrie. Je ne me rappelle pas de vous en avoir parlé, mais je me souviens bien de vous en avoir écrit avant les
(1) La correspondance ne fournit aucun renteignement sur ce voyage du P. P. à Fontainebleau pendant les vacances de 1764I
(a) En effet il y fut question de cette matière et de bien d*auires, mais le Registre secret, suivant Tusage, se borne à dire que le Président a rendu compte des actes de la chambre des vacations, mais suns les faire connaître, et d'ailleurs les arrêts de cette chambre ne sont pas au Registre secret.
(3) V. la lettre qui suit.
vacances. Au surplus j'ay cru cependant devoir luy répondre que je vous en avois parlé ei que vous m^aviez dit en propres termes que, si le Parlement touchoit à cet objet, il risqueroit de mettre le feu aux quatre coins du royaume. En cela je n*ai pas tout-à-fait parlé contre la vérité, puisque vous me Paviez mandé ainsi dans une de vos lettres avant la vacance, autant que je puis m'en souvenir (i). Au surplus M. Dufossé m'a dit qu'il pensoit de même que vous, qu^il falloit bien se garder de toucher à cet objet, mais il m'a ajouté qu'il y avoit quelques communautés d'arts et métiers qui faisoient difficulté de payer l'industrie, et qu'il scroit bon que je disses demain aux chambres assemblées que, dans mon voiagc de Fontainebleau, je vous ai parlé de cet objet, que vous m'avés répondu qu'il seroit dangereux d'y toucher et que ce scroit risquer de mettre le feu aux quatre coins du royaume. Il espère que par ce moyen la Compagnie perdra totalement les idées que quelques uns deM"du Parlement ont encore à ce sujet, et qu'une fois qu'il sera convenu que l'on doit garder le silence, il n'y aura plus de risque à faire dire aux communautés, qui voudroient se soustraire au payement de l'industrie, qu*elles n'ont aucune assistance n espérer de la part du Parlement et qu*il faut par conséquent quYIlcs payent sans balancer (21. J*ay trouvé son idée juste et je parlerai demain aux chambres assemblées comme nous en sommes convenus.
Il court icy beaucoup de bruits sur plusieurs projets de finances que l'on prétend que vous allés mettre au jour :
(1) lettre* cca:i.xiv « axciAv.
(1) Cepcn iant le i3 novembre furent présentét aux chiimbrcA plufticur» paqucu i.un«.crn«ni le» ctimmunauiéA d'art» et nWticre, et \c renvoi en fut ordonna â la commjMÎon compétente.
on dit que vous allés réduire au denier vingt-cinq toutes les rentes sur le Roy et sur la ville de Paris qui sont sorties des mains de leurs anciens propriétaires, que vous allés les assujettir au dixième, que vous allés fixer irrévocablement le dixième, supprimer les receveurs de ce droit, et le faire repartir dans les campagnes par les collecteurs, et dans les villes par les officiers municipaux^ que vous allés réduire l'intérêt de l'argent à quatre pour cenL L'on dit encore beaucoup d'auires choses que je ne me rappelle pas. J'ay répondu à tous ceux qui m'ont parlé de ces bruits que je sçavois que Ton débitoit à Paris beaucoup de choses de cette nature, mais que je si^vois aussi que vous aviez dit à quelques personnes, qui vous en avoient averti, que vous n'étiez pas obligé de répondre aux questions du public, mais que tout ce que Toa débitoit étoit sans aucun fondement.
Au surplus la chambre des vacations a été assez tranquille, et jusqu'à présent je ne vois rien qui annonce sitôt du mouvement. Tous ceux de M'' du Parlement qui se sont trouvés à Rouen sont venus dîner chez moy aujourdhuy, et m*ont fait beaucoup d'honnêtetés, même quelques-uns que je s<;ais qui ne m'aiment pas. Nous étions quarante à table, et le dîner a été assez guay pour un repas de pareille cérémonie.
Tous ceux qui étoient de la chambre dc^ vacations, ou du moins la pluspart, me paroissent disposés à aller à leurs campagnes se reposer jusques aux Roys, et ils ont raison, car ils ont beaucoup travaillé matin et soir depuis la Saint- Denis. Quelques-uns de ceux qui sont venus pour la rentrée me paroissent aussi disposés à aller à leurs campagnes jusques aux Roys; en sorte que je prévois que tout ce que je pourrai faire sera d'avoir quelques audiences en grande chambre, en rassemblant ceux de
M" des Enquêtes qui n'iront pas à la campagne pour servir de suplément. La Compagnie étant aussi peu nombreuse, il y a apparence qu'à moins que les choses ne changeassent fort il n'y aura rien de nouveau d'icy après les Roys.
Je suis, . . .
CCCCLXXl. — 14 novembre 1764.
B. M. R., ms. Y. 241 (7). — Minute : « A M. Dclaverdy,
le 14 novembre 1764. »
MIROMESNIL A L'AVERDY
Monsieur,
// me par oit que l'on ne fera rien sur le dixième d'industrie (i). — Dans rassemblée des chambres d'hier je parlai, comme J'en ctois convenu avec M. Dufossé, du dixième d'industrie et je dis que, pendant mon séjour à Fontainebleau, j'avois eu Phonneur d'en conférer avec vous, que vous m'aviez dit qu'il seroit dangereux de toucheràcet objet parce que dans toutes les villes du royaume les maîtres des com mu nau tés d'arts et métiers payoientce droit, et que ce seroit risquer de mettre le feu partout que défaire la moindre chose à ce su jet, que d'ailleurs ce même droit étoit autorisé par les édits et déclarations qui avoicnt établi les vingtièmes, et qui portent que toutes personnes faisant valloir leur argent et faisant commerce seront imposées à raison de leurs profits, que, bien qu'un maitrc d'arts et métiers subsistât de son travail, il falloit observer qu'il faisoii aussi romnierce puisqu'il achepioit delà
(1) Notes marginale* jutogrtphcft.
marchandise pour la revendre après Favoir fabriquée. Il n^y eut aucune objection contre ce raisonnement, quoique rassemble fût assez nombreuse, et je prévois qu^il nV aura aucun mouvement à cet égard. II pourroit bien se faire que les conversations, que vous avés eu avec M. de V. (i), eussent opéré un bon effet; c^est pourquoy il sera bon que vous en aiez encore, car jusqu^à présent on paroît assez disposé à la tranquilité. Dieu veuille que cela dure.
On a voulu députer A/. Le Coûteux pour Paffaire des eaux de vie. Mais je suis convenu avec lui qu'ail refusera sous prétexte de sa santé et qu'ail proposera de députter M, de Viannes ; attendu que M. Le Coûteux est néces^ saireà Rouen pour m^ aider à entretenir le calme dans les affaires importantes. — M. Le Coûteux nMtoit point à rassemblée d^hier. Lorsque M. le président de Grosville (2) eut rendu compte de ce qui s*étoit passé pendant la chambre des vacations, tout le monde généralement dit qu'il falloit nommer un député pour rafifaire des eaux de vie et que Ton ne pouvoit charger de cette commission que M. Le Coûteux, parce qu'il étoit plus instruit que qui que ce soit sur cette matière, et qu^il avoit plus d'accès qu'un autre auprès de vous. Il eût été maladroit de contredire le vœu général. Aussi je m'en gardai bien, et il fut arrêté qu'il se chargeroit de la députation. Au sortir du palais, je reçusune lettre de luy, par laquelle il memarquoit qu'il avoit appris qu'on vouloit le charger de la députation en question et qu'il ne pouvoit pas l'accepter, que par conséquent il avoit pris le parti de rester à sa campagne le plus qu'il pourroit. Je luy fis réponse
(i) Le conseiller de Viarme.
(2)J.-B. Oandasne de Crosville, président à mortier, avait la chambre des vacations.
aussitôt, et je luy mandai ce qui s'étoit passe le matin et que je n'avois pas cru devoir m'y opposer. Je luy marquai aussi que vous désiriez qu'il ne se chargeât pas de la députation : i° parce qu'il n'étoit pas sûr qu'elle eût assez de succès pour Ten charger, 2» parce qu^il étoit nécessaire icy pour le bien du service et des affaires. Je luy ajoutai que je pensois de même que vous, et que sa présence m'étoit trop nécessaire pour que je ne désirasse pas qu*il restât icy. Enfin je luy conseillai (comme sa campagne n^est qu'à deux petites lieues) (i) de venir aujourdhuy à l'assemblée des chambres, de dire que sa santé et ses affaires ne permettent pas qu*il entreprenne un voiage qui ne peut être que long; et de proposer de charger de la députation M. de Viarmes, auquel il aura soin de faire passer tous les mémoires qu'il a et de procurer tous les mêmes accès qu'il peut avoir. S'il vient aujourdhuy, comme je Tespère, je vous ferai part demain de ce qui se sera passé (2).
Je suis, \ . .
(t) Oitsel-fur-Scine.
(a) Lji mitftion que le Parlement avait donnée à M. l^ Couiculx, dans M séance du 'i3, consistait A « se rendre auprès de S. M. et des gens de son conseil pour faire valoir les motifs et les molens contenus sur ce sujet aux représenu lions du Parlement du mois d'août •. Le 20. le P. P. lut une lettre de Le Coutculx qui s'excusait, en prétextant s.i stnté cl SiS affaires. 11 fut aussrtAt remplace par un autre conseiller, d'Houppcvillc de Ncuvillette, • actuellement à Parts •.
CCCXLXXII. — 14 novembre 1764.
B. M. R., m». Y. 241 (7). — Minute: « A M. Bcrtin,
le 14 novembre 1764 ».
MIROMESNIL A BERTIN
Les officiers du baillage (TAvranches nC avaient avec raison dénoncé les excès des moines du Mont Saint Michel contre les habitants de cette place. Tétais con» venu avec M. Bertin d'y remédier par un règlement en/orme de lettres patentes, M. Bertin m^avoit communiqué un projet de règlement; fe lui marque que je pense qu^il est à propos d en faire un autre.
Monsieur,
Je TOUS avoue que je n^aTois pas encore lu le pfT>jec de lettres patentes pour le Mom Saint Mîdiel (t) que vous m'avés envoie à Lisle-belle« Comme jt devais hier en conférer avec M. le Procureur général 6t aret un de Mrs du Parlement, que je sçais qui a des correspOûdatices à Avranches, je voulus le lire avant cette conférence. Il s*en faut bien qu'il soit tel que je crois qu^il k faudroit. i^* Le préambule contient des détails inutiles et qui ne servi roient qu^à aigrir les esprits, et à empêcher Penregistrement ; 2^ il est dit que le Roy fait ce règlement sur la réquisition de M. Tabbé de Broglie et Jes religieux, et ii faut au contraire qu'il paroisse que le Roy le fasse de son propre mouvement; 3^ il contient des choses dures contre les otliciers du baillage d*Avranches, qui ne les méritent pas, car leur conduite a été aussi régulière que celle des moines est blâmable, il vaut donc mieux n'en point parler; 4" il ne contient aucune des dispositions dont
(i; Supra, (CCCLXIX.
j'ëtoîs convenu avec vous pour bien distinguer les objets delà police des armes, et les droits de la j u ri sdict ion ordinaire. Il est sûr qu'un règlement aussi peu expliqué causeroit de nouvelles contestations au lieu d^en éviter à l'avenir.
L'heure oti jedcvois conférer avec M. le Procureur génénéral et le conseiller au Parlement étant arrivée, ils sont venus chez moy. Je leur ai communiqué le projet, et il leur a paru tel qu'il m'avoit paru à moi-même.
Je suis convenu avec eux que jedresserois un nouveau projet et que je le concenerois avec eux avant de vous Tenvoier, et que jusques-là nous engagerions les officiers du baillage d^Avranches à ne point poursuivre.
Je suis, . . .
CCCCLXXnt. — 17 novembre 1764.
B. M. R., m». Y. 241 (7). — Autugrsphe, non signe.
L'AVERDY A MIROMESNIL
II me parle du dixième d'industrie.
J'ai re^'u vos deux lettres. Monsieur, et je trouve que vous avés fait une tentative heureuse sur Taffaire du dixième d'industrie. Je doute beaucoup qu'une conversation avec M. de Viarmc ait produit cet effet, cependant jVn aurai encore une avec lui la semaine prochaine. Ji vous avoue que je verrai avec regret M. Le Couteulx perdu pour les délibérations d'un Parlement, dont la rentrée me fait craindre qu*il n'y ait des orages dans K cours de Tannée. Il est vrai que je vous avois mandé que le dixième d'industrie attaqué, c'étoit mettre le feu aux
quatre coins du roîaume, et je n^avois fait en cela que vous marquer une vérité des plus constantes. En vérité il est cruel d'avoir à combattre pour défendre ce qui est établi, tandis qu'on est dans les plus grands embarras pour faire aller la machine elle même.
Je ne suis pas surpris de tous les propos qu'on débite à Rouen ; on en a dit, on en dit et on en dira bien d'autres à Paris. Il y a un tas d^usuriers qui profitent de tous ces propos, dont ils sont souvent les auteurs, pour acheter à bas prix des effets qu^ils sauront bien faire remonter par d'autres discours. Cest un grand malheur pour les particuliers qui sont assés sots pour y croire, mais auquel je n^ai point de remède. Vous connoissés. Monsieur, mon inviolable attachement.
Paris, 17 novembre 1764.
CCCCLXXIV. — 23 novembfe 1764.
B. M. R., ms. Y. 67 (I, 1 15). — > Original, signé.
Ajffaire des employés des aides et du geoUier des prisons du Parlement (i).
(i) A cjttc lettre sont annexés: un mémoire (Y. 67. 1, 116) des fermiers généraux, expositif des faits reprochés tu geôlier; un tutre mémoire analogue (Y. 67. I, 1 12), et It copie d'une lettre do Procureur général du Parlement à M. de Chateaugiron, directeur à Rouen Je la terme des gabelles et du tabac, écrite en 1761 à Toccasion de fraudes reprochées au même geôlier (Y. 67. l^ 117).
Le geôlier des prisons du Parlement avait été trouvé, à plusieurs reprises, saisi de t.ibac de contrebande : en 1761 le Procureur général avait offert de le destituer, ou de le punir su moins de quelques
A Versailles, le 23 novembre 1764.
Voici, Monsieur, un mémoire et des pièces que les fermiers généraux m*ont remis concernant Taffaire des commis aux aydes, que le Parlement vient de décretter; je vous prie de lire le lout et de vouloir bien me les renvoyer ensuitte. Vous conoissez rattachement tidèle et inviolable avec lequel. . .
Db L'AVKRDY.
CCCCLXXV. — a 5 novembre 1764.
B. M. R., ms. Y. 67 (l, 1 13). — Original, signé.
L^AVERDY A MIROMESNIL
Affaire des employé ^^ des aides et du geollier des prisons du Parlement.
)riurs Je prison , un avait arrangé la chose par le moyen d'une amende de io livres ; en I7(i2 une nouvelle détention de faui tabac avait cite suivie d'une con^iamnation a l<i Cuur des Aides en Soo 1. iramcnde, réduites a aoo. Le 14 juillet 1764 un nouveau procèsverbal iies agents des aides avaient révélé le recel de ij demimuids de vin. ■ Par les ordonnances des aides et les règlements rendus depuis, les «.onciergcs «ies prisons sont sujets aui mêmes eiefciccft et doivent les mêmes droits de détail pour les boissons consommées chei eui que Ls liôtelliers et cabareiiers •, disent les fermiers géncraui. I^rs de leur dernière constatation les agents auraient été hués par le geôlier et les prisonniers. Ce geôlier aurait piirté plainte au Parlement des insolences des agents, et de leur entrée d ms la pnson sans permission de la Cour. 1^ chambre des requêtes, ainsi saisie de l'afhiire, .lurait décrété l'Inspecteur de prise de corps. Les fermiers généraui protestent contre une procédure ju&si injuste et font appel au 1*. P. pour éclaircir les faits. Il »embleque Tatlaire n'eut pas d'autre suite au Parlement.
A Versailles, le iS novembre 1764.
Les fermiers généraux, Monsieur, viennent de me porter des plaintes que vous trouvères détaillées dans le mémoire que j'ay Thonneur de vous envoyer ci qui son: très fondées, si les faits qu'ils exposent sont exacts. Je vous prie de les aprofondir, et de ne les point laisser ignorer à votre Compagnie. Elle est trop attachée au bien du service du roi pour ne pas reconnoîire de quelle conséquence il seroit de tolérer plus longtemps Tesprit de révolte qui paroit s*établir de toutes parts dans Tétendue de son ressort. Le Roy |>eut-il voir tranquilement détruire la régie de ses fermes, anéantir ses droits? Avec quoy Sa Majesté fera-t-clle donc face à ses engagements et aux charges de son Etat? Les écrits licentieux qui ne cessent de se répandre dans votre province, et toujours impunément, excitent déjà des meurtres ei des combats : attendra-t-on de plus grands malheurs pour en réprimer les auteurs et pour en arrêter les suiites funestes ? Le Parlement ne les prévoyoit pas sans doute quand il s'est refuse à Tenregistrement de la déclaraiion qui deffend d imprimer (i), etc. Sont-ce donc là les avantages qu'on se prometioit de la liberté d'écrire? Je n'en ai vu jusqu'icy résulter aucun bien, et j'en vois naître déjà les plus grands maux. Heureusement que cette loi, re<;ue dans presque tout le royaume, nous assure ailleurs la tranquilité, mais Sa Majesté devoit attendre au moins du zèle de ses fidèles magistrats de Normandie qu*ils y supléeroient par leur activité à prévenir les inconvénients qu'elle voulait éviter. Cétoit en effet le cas où votre Compagnie devoit accorder une protection plus marquée aux
(i) Déclaraiiun du 8 mars 1764, dont le Parlement refusa rcnregisiremcni (CCCCXXVI et CCCCXXXU).
préposés des droits du Roi. Si tout le monde pouvoit écrire et raisonner sur ces mêmes droits, sur leur perception et même déclamer contre ceux qui en sont chargés, il en devenoit d'autant plus nécessaire de balancer par la protection des loix les effets fâcheux qui pouvoient en résulter pour le recouvrement, et c'est dans ce moment que voire Compagnie décreite des commis qui, suivant leur exposé, n'ont fait que leur devoir : cela achève d'enhardir et d'encourager la fraude et procurera peut estre bientôt un refus ouvert de payer les droits. La multitude, qui ne cherche que l'occasion de s*y soustraire, croit voir dans la rigueur de ce jugement une confirmation de toutes les préventions où elle est contre tout ce qui s'appelle employés. Les requêtes du Palais étoieni-clles compétentes pour Parfaire des prisons •* Je ne le crois pas, Monsieur, et je ne pense pas même que les chambres assemblées pussent prononcer sur un fait d'aydcs. dont Tattribution appartient depuis si longtemps à d'autres Cours supérieures. Je vous demande à vous même comment vous imaginés qu'on puisse terminer cette affaire. Vous connoissés mon esprit de conciliation et je suis disposé plus que jamais à en faire usage, mais que j'ayc donc aus«v la consolation de rencontrer la même bonne volonté dans votre Compagnie, et concourrons tous avec une égale droiture d'intention au bien général et au salut de l'Etat (i).
Je suis, avec un sincère attachement.. . .
Dk l/AVERDV.
(i) l,a chambre dct requêtes avait été MÎtic de Paftatrc du geôlier dea prîftont du Parlement par un arrêt dca chambrrt asiembléet du 14 novembre Kn même icmp* que ^ettc afTaîre, d'.»utfcf lemi*lableft avaient étc renvoyée» à l'enquête du Procureur général à
CCCCLXXVI. — 29 novembre 1764.
B. M. R., ms. Y. 241 (7). — Minute : « A M. Dclavcrdy,
le 29 novembre 1764. »
MIROMESNIL A L'AVERDY
Je lui parle des différents objets dont je nCoccuppe relativement à son administration.
Monsieur,
Il y a longtems que je n'ai eu Thonneur de vous écrire, n'aiant rien eu d'intéressant à vous marquer. J'ay été à Oissel chez M. le Coûteux; nous vous enverrons incessemment nos observations sur le projet de répoase du Roy et de lettres patentes concernant les éclaircissemens que le Parlement doit désirer pour donner ses mémoires sur l'administration des finances (1).
Orbec, des agents des aides étaient accusés de meurtres sur des particuliers; à Alençon, les écoliers du collège s'étaient insurgés contre les mêmes préposés ; à Pont-rEvêque, le bailliage instruisait à propos de deux tiomicides relevés contre des commis des tides. Le 4 décembre, le Parlement arrêta que son Procureur général conférerait avec celui de la Cour des Comptes, aides et finances fx>ur la suite à donner aux deux premières affaires; le 21 décembre un autre arrêt décida que le bailliage de Pont-TEvêque continuerait son information.
A cette lettre de TAvcrdy est jointe une copie (Y. 67. I, m) du même ministre au Premier Président de la Cour des Comptes, tontenant les plaintes des fermiers généraux et appelant l'attention de la Compignic sur ces faits graves cl l'esprit de révolte qui paraît s'établir en Normandie.
(i) Depuis la cassition de Tarrêt du Parlement du 9 août sur le Bureau perpétuel, et renrcgistremcnt avec réserves des lettres patentes du 23 juillet, on prépar.iit une nouvelle déclaration qui pût Junner satisfaction au Parl'*m'rnt et le mettre à même de préparer
Nous avons aussi examiné, M. Le Coûteux, M. son frère (i), et moy, en secret, un projet de règlement pour l'Hôtel de ville de Rouen.
J'ay fait part aujourd'huy aux chambres assemblées de votre lettre ostensible du 2 5 de ce mois au sujet des emploies des aydes.
Au surplus les fermiers exagèrent un peu le mal, et il ne faut pas vous inquictter si fort sur cet objet. Je vous ferai ces jours cy des réponses détaillées qui, je crois, pourront calmer les inquiétudes que vous avés, et que d'autres personnes ont aussi sans doute.
Je vous prie de me marquer si vousvoulléspermettreque je fasse mettre à la poste à votre adresse les pacquets que nous devons cnvoier, M. Le Coûteux et moy, à M. de Neuvillette, député de la Compagnie pour les eaux de vie (2).
J'irai encore samcdv à Oissel travailler avec M. Le Couteux.
Je suis,. . .