‹ Correspondance politique et administrative de Miromesnil; premier président du Parlement de NormandieChapitre 70 sur 127 · CCXXVI.— Il juillet · texte numérisé non relu

CCXXVI.— Il juillet

B. M. R., ms. Y. 241 (6). — Autographe (i).

MIROMESNIL A BERTIN Lettre à M. Bertin.

Monsieur,

Je crois devoir vous avertir que tout ce que je vous ai marqué par mes deux dernières lettres, comme des con- )eaures, se confirme par les petites découvertes que je fais

(i) V. note, p. 246.

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tiers le plan doni l'édii et la déclaration sont la base, lorsqu'elle verra que ce plan répugne à touts les ordres de son royaume, ei que, ne l'aiani point adopté par une volonté déterminée, elle ne l'affectionne nullement, et «era très disposée & laisser prendre aux affaires le cours que la résistance, à laquelle on se prépare, les forcera de prendre. Enfin l'on réduit le Roy, dans l'idée du public. à la simple situation de spectateur indifférent.

D^auires personnes disent que dans peu nous allons voir recommencer la guerre, qu'il se forme desja une association entre la maison d'Autriche, la Prusse et la Rusue, avec l'Angleterre, pourcontre-balancer le pacte de famille contraac entre le Roy et le Roy d'Espagne; qu'à la vérité les Hollandais seront pour la France et pour l'Espagne, et qu'ils viennent de preiier cinquante millions au Roy. Celle nouvelle idée devroit engager à éviter les divisions ioiéricures, et à craindre de ruiner le crédit, en donnant trop d'entraves au gouvernement. Mais le public, qui ne raisonne point lorsqu'il est une fois prévenu, n'est occupé que de l'espérance d'éire débarrassé des impôts ei de voir chasser les financiers, en sorte qu'il ne s'occupe que de celle espérance. Il paroit même qu'il verroit avec quelque satisfaction les dîfliculiés du gouvernement augmenter par les apparences de la guerre, espérant que ce serait une ressource de plus pour forcer te Roy à changer la forme de l'administration.

Voilà, Monsieur, ce que j'ai pu découvrir par le soin que [« prens pour être informé de ce qui se passe. Vous en ferés l'usage que voire prudence vous conseillera. Je vous prie seulement d'avoir grand soin que mes lettres ne tortoni jamais de vos mains; et, comme je sens qu'il peut être difficile que le Roy les ignore, je vous prie du moins qu'il n'y ait que S. M. et vous qui en aies connoissancc.

1 à sçavoir a ■■■A^ *M^ f*^ fB' ÎB devicoilFOis rouit •■ ma^Bté» RaK-. Ces 11 l'aniqae cninte i an k o'en pois avoir aac me tma «nacbé A rien q ^ de mawm mam ■■■« dt kkii mon pouvoir, a

i«i prà pour éviter,

II de Hooen qai âm KTTÎCE. J'ai ^rii à K k Pvkmeni et <]ui lont poar l'nseiDbUe que je pr6- • Irflaadf it dcttaiOM. n dans laquelle le iiamné». Je ifiAéB^H^Mwtadns BKs tetm : je kor ËBE t«n de II fvcfiasitîoD. qui avoîi été faîic icsir .ieraWr aaz co^wsarTC d'engager la Compagnieà irrer-ïT .: ivincie ;; c-:r-:r ii sernce ou de le cesser, si le R.T'- ;: ..-^ ; : :,-i M. ^i LuiKTitoury oj quelque autre jN. ■ -i Ti ^n iOTï^strsaîeîî: tjrM : et je leur ai fait sentir corrtsir. -:« pure-lie rc>:iunon seroît daogereuse, et combien i"«vo:s Èwsc:a, rour îsTiiur. du secours de mes amis 3 da :r.i^:s;r«y suxs e; bisr. .nsiniits.

J'ji Ti.: oonûJer.cs i ceux de mes amis, ou des gens iizats Si c-TT.T.sr.ci qa; son: i^-. de la méntc proposition ei des ;nv-onvco;irî3 jjeïie peut avoir. Je leur ai fait enteadrt que le* «ns Â'hdutfés du Parleoiem de Paris cherchoieni à iiou> nietiie es jvani. atin d'essaver chés nous ce qu'ils n'avoieo: pj ûire pjsSer cbês eux. et que nous pournoos dao> U >ui;te être victimes d'une réconcîliaiion

Au surplus, j'ai ^rjnd saa de oe paroitrc ny inquiet

ny embarassé^ ny même curieux de sçavoir ce qui se passe^ et ceux en qui jen'^ai pas de confiance ont tout lieu de penser que je suis dans une espèce d'inaction.

Dieu veuille, Monsieur, que nous puissions éviter tout ce que je prévois, et tout ce que je crains. Voilà un moment bien important. Il seroit à désirer que le Roy pût donner quelque spectacle de refforme capable de frapper les ieux du public. Je vous Tai dit desja, les grandes opérations sont celles qui saisissent le moins Tesprit du peuple, parce qu^il ne peut pas les connoitre parfaitement. Il faut lui donner des objets qui soient à la portée de tout le monde ; et il est des dépenses qu'il seroit bon de retrancher, quoique peu considérables en elles mêmes, mais parce que leur retranchement seroit plus visible. Il ne faut pas négliger non plus de retrancher les grandes dépetises.

Au surplus, je vous le répète, il faut que le Roy se forme un plan de conduitte qui embrasse touts les événements, afin d'éviter de se trouver embarrassé; ou, sMl change de projet, il ne faut pas qu'il attende qu'une révolution générale semble le forcer à changer.

Mais il faut aussi éviter, en diminuant les impositions, de se mettre dans la nécessité de ruiner des familles entières, de perdre tout le crédit du royaume, et d'être exposé à voir recommencer la guerre, ce qui ne manquera pas d'arriver si les divisions intestines continuent.

Je finis ma lettre, et peut-être auroit-elle dû se borner à vous avertir de ce qui se passe, sans y adjouter des réflexions superflues. Mais je suis tellement occupé de mon objet que je dis plus que je ne voudrols. Ma confiance en votre amitié m* rassure, et vous me pardonnerés d'être diffus.

Je suis avec l'attachement le plus respectueux,...

MiROMBNn..

Ce II juillet 1763.

r i K. feE rhMirii <r A M. A Srâi- ■■ k «rnoL n le Kav e»»aK M- k Goo-

I« liai' TT-Ji 4' J3 r^ zxHÈ ;^£ Li {^ttZBfar des ot^ets de rï-r;ïiTi->^is :■; ='i pai r«r^t i ia âite f^; plusiean zrjç-£s r- :;-î -e -rif-i 11 ï-T;'.i .slle qae fai pu arar, part; ^ie, rrra t^irt àa::: i-e îaance, j'ai crtj qu'il éioit agntm:r^ q-z^ t:ih f:i*i:ss ;a CJi de Fédézhir de booae heure tn: i-z '.•■TTXse de cîctc importance.

Aa j^rrt'.:^. zaoi qa'û n'aii point ctc questioD aujourdb'jT ie préparer la Gjrnpagnie à quiner le service, ce calme apparent ne me rassure pas. Ceux qui ont dessein Je prendre ce panr on: s^ns douie pensé qu'il auroît été prémaniré Je le prop-Tseï â présent, mais je ne doute nullement qu'ils ne le proposent, si sur notre refus le Roy prend le panv de taire iaire un enregistrement d'auiorité.

Au surplus, si le Roy veut que nous lui envolons les objets» je crois qu^il sera nécessaire que S. M. envoie à M. le Procureur général un ordre signé d^elle et adressé à la Compagnie, par lequel elle ordonnera de les lui envoier, comme a fait le Parlement de Paris.

Ce n^est pas que Ton ignore que j'en envoie une copie, mais cette copie que j^envoie est informe; et je crois qu^il convient que le Roy en ait une d^une forme régulière, si son intention n*est pas de nous laisser faire des remontrances entières.

Je suis, avec rattachement le plus respectueux,...

MiROMENIL.

Ce i6 juillet 1763.

Je vous écris une lettre de bureau ( i ) pour vous annoncer que les objets sont arrêtés. Mais je vous prie que celle-cy soit pour vous seul. J^écris de même des lettres particulières à M. le Chancelier et à M. de Saint- Florentin, et des lettres de bureau, afin qu^il n^y ait que les dernières qui passent par les mains des commis.

CCXXVia. — 16 juillet 1763.

B. de M. Lormier. — Original, signé (2).

MIROMESNIL A LAMOIGNON

ILes chambres ont approuvé aujourd'hui les objets de remontrances, fort longs, en dix-huit articles, présentés par les commissaires (3)].

(1) Lettre oflidelle ou étforme^ ptr opposition avec la corresponduice particulier» ou confidentielle.

<m) En marge, de la main de Lamoignon : « Rép[oiidu] 18 juillet 1763 ».

(3) Cet objets ont été imprimés : Objets de remontrances arrestés

Ce Mtncili toir.

Mille pardoos du relard. Monsieur ; le Roy a vu ïoî Iciires ei verra demain la dernière ei les arrêtés. Le voyage de Compiègne m'a un peu arriéré.

Je vais me prêter de mon mieux pour terminer promptement avec le Paricmem de Paris, qui cenainemeoi ne quiiiera pas le service, à moins que les choses ne chant;eni eniiéremeni : ei peui-éire que son exemple calmera la fermentation à Rouen, Il est vray que, depuis trois semaines, Rouen a écrit à Paris, et y a mis plus de chaleur qu'il n'y avoit, mais je me flaite pounani de terminer avant la lin du mois. De votre côté, \e vous prie de hâter les remontrances, de façon qu'uvanf les vacances je puisse en réponse faire faire l'en régît rement d'ordre du Roy. Cette époque est de toute nécessité pour le crédit; le Roy en est bien convaincu, et j'ay lieu de croire que l'on a pris un parti décidé.

Si on envoyé M. le maréchal de Luxembourg, je crains, indépendamment de la peine qu'il en aura (et vous sçavés que, lorsque le principal coopérateur rechigne à la be-

par le Parlement séant à Rouen, toutes les chambres assemblées, le i6 juillet 1763. au sujet de l'édit donné à Versailles au mois d'avril I y 6 3 et de la déclaration du 34 dudit nioif, ab&que nota, in-ii, 19 p.; dcui autres éditions : Arrêté du Parlement léaal à Rouen portant fixation d'objets de remontrances au Roi, au sujet des èdils du mois d'avril 1763,,,. etc., absque nota, in-n, 11 p., et Objets de remontrances arrêtés,... etc., nbsque nota, in-ia, 11 p.

sogne, les choses ne vont jamais bien), indépendament de la petite peine qu'en peut concevoir M. le duc d'Harcourt^ dont Thumeur et les discours peuvent influer sur la fermentation et peut-être (sans qu'il y pense) l'entretenir, je crains, dis-je, que Tarrivée de M. le Maréchal, qui sera nécessairement annoncée, ne donne beau jeu à l'exécution du projet qu'on peut avoir de quitter it avance le service ou la ville ; au lieu que M. le duc d'Harcourt, recevant ses ordres et allant tout de suite, ou dès le lendemain au palais, on ne quittera du moins le service qu^aprés que l'enregîtrement aura été fait. Au reste, en mandant à M. le ducd'Harcourt de se bien concerter avec vous, mandés moy, je vous prie, ce que vous pensés de ces réflexions; le Roy y pencheroit assés, ainsi que moy.

Mandés moy aussi si nous pouvons espérer les remontrances assés à temps pour faire faire l'enregîtrement avant les vacances ; sans cela, le Roy fera demander les arrêtés.

Je vous remercie de tout mon cœur de toutes vos réflexions et observations ; elles sont bien vues, et je reconnois votre amitié.

Vous connoissés. Monsieur, tous mes sentiments.

Bertin.

Je vous remercie du détail que je viens de recevoir de tous; l'objet dont je vous ay écrit, comme vous entendes bien, ne me fait pas grand' chose, quant à moy, mais j'ay cm devoir vous donner Ta vis pour le service du Roy et pour vous; car, pour ce qui me concerne (vous m'entendes), je n'aurois pas d'inquiétude de Tavanture, tout autre à ma place Taimeroit peut-être mieux que toute autre chose (i).

(i) Bertin paraît ici faire allusion à une confidence de caractère

Je vais faire donner ordre au s' Leblanc de suspendre ses recherches (i).

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