CCXLV.— 5 août
B. M. R., ms. Y. 241 (6). — Autugrnphe.
BERTIN A MIROMESNIL
// méfait part du party que Von a pris de ne point obliger M^^ du Parlement de rester présents à l'cnrp^ gistrement forcé, S'ils veullcnt se retirer ; et me mand^ que je ne pourrai me dispenser d^obéir à l'ordre parti culier qui me sera donné ty rester.
Je viens de recevoir, Monsieur, votre iluffii^ir Irfir*', Nous attendons icy les rcmonirflfKC» 11 vn \\\\\m\\%\\M h\ pour en rendre compte au H^;y, «t, «uoîifti ijuM ^n\\\
dùltni va ordres, je vous feray part de loar. Vous sqav» liiià tout « qui rtçkfàt ]» fonot, et j« vous informcray OTM de h féptHWc qse des cipé«« de ch*n$eineni« ^aW poum y avoir dans In ordres ei dans }cs in sttu cirons. FÙTct moT le plaisir cependatii de me mander, ioui*u plustdt, si c'ente t9<]uete Parl^memcaseses fonctions, oD s'a Itt tkoT encore ce fOur Ifr et enire en racaacu !• in, ou au coairtfre st le dernrer jour de palais est le 18 ei le premier foor dm vacances le 19 :
Je pemerois i^u'il iiudrcni qat l'enr-^inrement fûl fût prAriséatent le dernier ^r du pelais, aGn q<ae l'entrée er la durée des vacatKu donna le temps aux eaivits de le Uastotr, et t\M. le commandant n'ayant A veitkr que ces premières ringt-quatre heures aux délibérations qui seroiem prisée, H f ait moins de difficultés ( 1 ) . Vous cnicadés en effei que le commandant, ayafii le droit de siéger, peut, s'il a à craindre quelque délibération capdbic ou leadanie à empêcher l'exécution de l'enregitreaieat, se transponer aux chambres assemblées, et y assister tout le jour.
J'ay vu ceque vous proposés au sujet de votre retraite : malgré les deffettses. (tms te cas ob votre Compagnie se retireroii, ne seroit pas absolument admissible dans le sens qu'on pourroit d'abord le prendre, et il liaut vu cola s'expKquer. Les instructions portent ordmaircmeal qu'en cas que les oâiciers du Parlement veaillsnt se retirer, le coinfflaQdant leur notlËéra un ordre du Roy portant injonaion d'assister, etc... ef deSeosos d« sortir. Il est arrivé à Rouen que, malgré de tels ordres, la Compagnie s'est oubiié''au point de se retirer, et vous même,
(O L'enregistrement (otct eut Heu le tS, le ftAtmeat st^gM encore le 19 et te sépara ce jour.
je crois, avés en pareil cas levé le siège avec les autres; mais, ce cas étant prévu dans les instructions, le commandant est chargé alors d^un ordre particulier qui vous concerne personnellement et qui porte que le Roy vous ordonne expressément de rester, d'assister à Fenregistre* ment, etc. — Comme, dans le premier cas, vous êtes à la tète et faites corps avise votre Compagnie, on ne vous a jamais rien imputé quand vous avés levé le siège avec elle et avés commencé à la suivre. Mais, lorsqu^à cet instant, et vous ainsi déplacé ou cherchant à suivre votre Compagnie, le commandant vous a remis Tordre et les deffenses personnelles qui vous sont addressées, vous auriés été trouvé inexcusable de désobéir.
Je dois vous confier que vous serés encore moins, cette fois cy, dans le cas de ne pas obéir à Tordre qui vous sera personnellement remis, parce que il n^y aura point d'ordres ni de deffenses faites à la Compagnie d^assister, ou de se retirer. Cela compromet inutilement Tautorité du Roy, parce qu'il n'est point question de la pan des Compagnies en ce cas de délibérer, s^agissant du commandement absolu du Roy. Les instructions porteront seulement que, dans ce cas, le commandant leur fera entendre que leur démarche est contraire aux règles et aux usages de toutes les autres Compagnies, Bordeaux, Toulouse, Besançon, Chambre des Comptes et Cour des Aydes de faris, etc. Je ne me rappelle même que Dijon qui ait suivi Texemple de Rouen, et qui me fit dire par son député que. Tordre du Roy ne portant pas à peine de désobéissance^ ils avoient cru pouvoir se retirer, sans qu'on le leur imputa à désobéissance. La vérité étoit qu^îls fenoient leurs instructions à ce sujet de Rouen, et n'entendoient pas la question, imaginant que c'étoit pour eux
donner à l'aae solennel de Tautorité du Roy un acquiescement ou consentement délibéré ( i ).
Vous entendes, diaprés cela, que vous serés bien moins dans le cas de désobéir, votre Compagnie ($i elle se retire) ne vous ayant donné que Texemple d'un trait d^humeur et non celuy d^une désobéissance.
Vous entendes de quelle conséquence il sefx)it que le Roy souffrit que vous donnassiés aux autres premiers présidents un exemple auquel certainement aucun d^eux n^a pensé, et aux Compagnies un exemple encore plus dangereux d'exiger de leurs chefs la désobéissance envers le Roy, à quoy certainement aucune d^elle n'a imaginé de parvenir.
Je pense que M' le duc d^Harcourt vous communiquera ses instructions, cependant mandés moy si vous vouiés en avoir une copie; mais en ce cas je vous prieray de me la renvoyer quand tout sera fini, et même de n^en pas retenir de minute, ou du moins de la tenir très secrète, si vous en gardés une.
Vous connoissés. Monsieur, tous mes sentiments.
Bertin.
J'attends votre repense avec impatience.
J'oubliois de vous dire qu'il nV a rien de plus faux que les bruits qui courrent à Rouen, soit sur un nouveau plan d'impôts, Dieu nous en préserve, soit sur les dépenses.
Je vous diray même sur ce dernier article que, sans les
(i) Bertin se trompe; jama'S le Parlement de Rouen ne reçut l'ordre d'assister à un enregistrement forcé. Il se retirait au moment où le commandant refusait de le laisser délibérer hors sa présence. La dignité du Parlement était sauve et son obéissance au Roi n'était pas mise en question. La lettre CCXLVIIl donntî le détail complet de la cérémonie.
occupations que me donnent tous les Parlements à qui il faut répondre, ou pour lesquels nous écrivons une bibliotèque, ce qui me prend jusqu^à mes nuits et me laisse toujours en arrière, je crois que j'aurois déjà commencé un espèce d'arrangement pour la petite écurie et les menus plaisirs; mais cela viendra au mois de septembre, si je ne le puis plus tôt. Ce sont des fausses nouvelles de Paris.
Vous désirés qu^on les fasse tomber : comment faire? Le Roy a dit très ferme au Parlement de Paris qu*ii ne changeroit point de plan»
Je viens d'y faire un voyage, pour dire moy-méme. à quelques membres du Parlement que Fortbonnais avoit abusé non seulement la résolution du Roy et l'unanimité de son Conseil à cet égard ; et Fortbonnais a été à sa campagne hors de Paris par conseil donné de bonne part.
M. de Saint-Florentin vient de donner ordre au Pont- L'évéque d'arrêter un particulier qui distribuoit le projet de la Richesse de l'Etat, accompagné de chansons.
Que faire de mieux ?