‹ Correspondance politique et administrative de Miromesnil; premier président du Parlement de NormandieChapitre 78 sur 127 · CCXLVI. — 7 août · texte numérisé non relu

CCXLVI. — 7 août

B. M. R., ms. Y. 241 (6). - Autographe (i).

MIROMESNIL A BERTIN

Lettre à M. Bertin,

Monsieur^

Je reçois dans Tinstant votre lettre du 5 de ce mois, et je ne perds pas un instant pour vous marquer que le

(i) V. la note, p. 246.

vendredy 1 9 de ce mois le palais finit, et le Parlement entre en vacance. Ordinairement, ce jour-là, la grande chambre donne une audiance de placets qui doit finir à dix heures du matin ; mais depuis quelques années cette audience se prolonge jusques à onze heures. Et, quand elle est finie, le palais est finy.

Cependant, lorsqu'il y a des affaires de rapport commencées, on rentre l'après midy pour les achever, et l'arrest est datte du jour parce qu'il est censé jugé du matin. Cet usage est pour touttes les chambres.

Ainjsi, en supposant que M. d^Harcourt fasse sa malheureuse besoigne le matin, et qu^elle conduise jusques à midy au plus tard, il n^est pas douteux que nous rentrerons Taprès midy pour voir ce qui sera sur les registres et pour protester. Du moins c'est ainsi que cela se passa en 1 76 1 , quand il enregistra forcément le troisième vingtième le jour même de la fin du palais. Ainsi il y a lieu de présumer qu'il en sera de même cette année.

Au surplus vous verres qu'il y a dans les remontrances bien des choses qui ne sont que trop vrayes, d'autres aussi qui sont exagérées. Mais vous y verres bien des sistèmes nouveaux, qu'il est à désirer, pour le bien de l'Etat, qui ne s'établissent pas au point de devenir des principes, car l'autorité royalle en souffriroit, ainsi que les sujets en particulier, qui auroient trop de maîtres.

Je vous observe que jamais l'on n'a ordonné à la Compagnie de rester à l'enregistrement; elle s'en va toujours lorsque le commandant refuse de se retirer pour la laisser délibérer, et cela est mieux pour ne pas compromettre l'autorité du Roy.

En 1761, M. d'Harcourt avoit ordre de forcer la Compagnie de rester, mais j'envoiai un courrier lorsqu'il m'eut fait part de ses instruaions, et j'obtins la réjvoca-

tîoo de cet ordre, au moyen de quoi tout se passa plus tnioquillement (i).

Je vous écrirai ce soir plus au long.

Je suis avec respect,...

MlROMENH..

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