‹ Correspondance politique et administrative de Miromesnil; premier président du Parlement de NormandieChapitre 84 sur 127 · CCLLX. — 1 5 août · texte numérisé non relu

CCLLX. — 1 5 août

B. M. R., ms. Y. 241 (6). ^ Autographe.

BERTIN A MIROMESNIL

// me marque ce qu'il pense sur ia conduitte que je dois tenir dans la circonstance d'un enregistrement forcé.

Compiégne, ce lundi iS aoust.

Je répons sur le champ, Monsieur, à votre dernière lettre. Ce que vous me marqués du parti que vous comptés prendre et du discours que vous comptés faire, au sujet des trois partis que vousprévoyésqu*on pourra proposer, me paroit fort bien; à votre place je laisserois pareillement délibérer, et je ferois de mon mieux, comme vous vous le proposés, pour arrêter ma Compagnie et Tempécher de faire aucun faux pas. Quant à Particle des correspondances, il n^est point mal; celuy du Roy peut aussi se dire, en y joignant le ton comme d'une chose sur laquelle on n'ose se permettre de parler, comme vous sçaurés le faire.

Je trouve seulement : P qu'il ne suffit pas de combattre les panis extrêmes par de bonnes raisons, qu'il y faut joindre les exemples; 2° qu'il faut en même temps leur proposer un parti sur les exemples. Exemples du présent (i) : le Parlement de Paris, la Chambre des

(i) Bertin trace à Miromesnil le plan d'un discours à tenir à sa Compagnie, moins solennel mais plus pratique que celui du P. P.

CtHn{«ct, la Cour Ja Ardcs-dc la même ville, le PaBeawni de DijoD, la Coor d» Aydes d« Clermoai, qui sooi k pot prè* (k rcxceptioti de celles de Roucai toutes In cuonqui DOt éiéâ m^medcdclib^ersur les réponses liu Rojr ou HiruQ enragisiremcnt d'authorité, ont Jonné un eieinple bico iliffâvot. (Dijon, apris renrt-gislrcnieni d'astborité. iea oonteoi^ d'arrêter d'itératives remoninncca et remift à b Saiot-Martia). Exemptes des temps paaaét, saivant lesquels ni votre Compagnie nî les peuple* de Boo maon tte se sont pas mieux trouvé des démardie trop Tives qui luy »oni échappa ou (jul ont déplu an ^vf. pendant que les autres parlements non seulfflieoi oni oonicrvé. cotmnc il y a paru en plusieurs ocouicms. sa bienveillance, mais plusieurs, tels que Dauphîné, Met), Pao et Donay, et Bcan>;oo. ont obtenu des adoucies»méats pour les peuples de leurs ressorts : Provence. Toulouse et nijcn y oai eu auunt de par: que les adminiiirateursdes Etats de leurs provinces, etc. (Rennes n'a pas eu d'envov des édiis, les Etats ayaoi accepté, ei le Parlfmeni demandant que les Etats accepient et s'en conifotant) ;

Qu'il faudroii donc prendre un parti qui ne précipite rien ; que la réponse du Roy marque clairement que 1^ Koy a été choqué de quelque chose dans les remaniranca de votre Compagnie ; qu'il faut bien que cela soit, puisque la Cour des Aydes de Rouen a proposé les mêmes chos« ou à peu près | > ). et a reçu une réponse dans laquelle

(il Très humbtn tttTiarespectutuses rciKontrancts, que prisnSi*^ au Roi. . . les gtni tenant sa Cour des Comptes, Avde^ el Finjnffi de Nomtattdie {io juillet 176J) ; absque nota, in-it, t% p. Je an trouvi: la réponse du Roi ni imprimée, ni miDuicrite dan* les |t>milifs de celte Cour. Une déclaration du 1 1 aoflt, à Compiigne, ordonna l.-i continuation des tâiDces de la Cour, malgré l'époque s {Plttmlfff, Il août). — V. le Sommaire.

le Roy paroit se complaire à leur donner toutes les explications et éclaircissements convenables sur les vues et les motifs qu^il a eu dans les différentes dispositions de son édit et de sa déclaration; soit que ce soit Timpression et la publicité des remontrances, soit quelques principes ou quelques traits de stile, ce que vous ignorés (et dont vous vous chargés, pour peu que cela puisse plaire à votre Compagnie, de sçavoir la vérité.) Il paroit que le Roy a été très mécontent; que cependant, depuis deux ans surtout, la Compagnie peut sçavoir que, lorsqu'il a été question d^obtenir ou faire quelque chose qui pût luy faire plaisir ou à plusieurs de ses membres, vous avés trouvés les choses très bien disposées ; que dans de pareilles circonstances, pendant qu'aucune Cour n'a encore donné Texemple au contraire, et dans le moment oti Ton va être instruit du parti qu'elles vont toutes prendre, puisque c'est Taffaire de trois semaines, vous croyés que ce seroit on ne peut pas plus mal fait que de rien précipiter; qu'en se contentant, quant à présent, d'arrêter d^itératives remontrances, on aura le temps d'apprendre ce que les autres Cours auront délibéré et fait, on pourra sçavoir au juste en quoy les premières remontrances ont singulièrement déplu au Roy, et on sera toujours à temps de prendre un parti même extrême, si on le veut, sans se donner le vernis d'avoir agi par humeur ou par emportement, et d'avoir causé bien des malheurs. Voilà mes idées.

Mais sur quoy je ne laisserois pas délibérer, ce seroit sur la question de sçavoir si j'obéirois aux ordres du Roy personnels, qui m*enjoindroient de rester, d'assister et de signer le procès-verbal et l'arrêt ou commandement donné par le Roy pour la publication de Tédit.

Lises l'article du chapitre I de l'ordonnance de 1667

signatures. Comme le maréchal de Richelieu. et le duc de Randan avoient fait la même chose, il y a deux ans, nous en avons expressément prévenu les commandants dans leurs instructions; je nesçay pourquoy celuy-cy y a manqué. Veillés y, je vous prie, pour ce qui concerne le vôtre.

Les principes de vos remontrances n^toient pas tolcrables; vous êtes les enfants perdus et on abuse de vous; c'est ce qui a déterminé une réponse telle que vous l'avés vue. Que d'itératives remontrancesoùl'on demandera tout que Ton voudra, car il n^y a que façon à tout, soient convenablement dressées, et vous aurés une réponse de confiance, qui fera connoitre à votre Compagnie que le Roy sçait mesurer ses bontés et ses ordres suivant qubn le mérite.

Je crois qu^â notre place vous n'auriés pas conseillé autre chose au Roy. Il n'y a qu'un mot (plus qu* indécentes] que j^ay voulu ôter; on m'a dit de n^en rien faire, et quMl ne falloit pas ménager les termes. Tout cecy de vous à moy, je vous prie. Si nous avons d'itératives remontrances, et point de sottises ni de frasque, car alors je ne serai pas le seul à en décider, je vous pricray, quand ce ne seroit que pour vous y accoutumer (i|, de me faire le plaisir de faire la réponse, de vous à moy.

Adieu, Monsieur, vous connoissés tous les sentiments que je vous ay voué.

Bkrtin.

Soyés tranquile sur vos lettres.

(i) Comme si Miromcsnil était destiné à devenir ministre d*Etat.

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