‹ Correspondance politique et administrative de Miromesnil; premier président du Parlement de NormandieChapitre 85 sur 127 · CCLX. " i8 août · texte numérisé non relu

CCLX. " i8 août

B. .ie M. Loimier. — Original, ligné.

MIROMESNIL A LAMOIGNON

A Rouen, le 18 aoust 1763.

Je ne vous ferai pas aujourd'huy un long détail de ce qui s'est passé au Parlement parce que je ne fais que sortir du palais, qu'il est dix heures du soir, et que j y sois depuis six heures et demie du matin, mais les arrêtés que ie vous envoie 1 vous instruiront suffisamment de toat ce qui s'cs: pâssê tant à rassemblée des chambres d'hier marin que d^nsla présente journée.

V?us veres p^r ces arrJtés que l'on commença hier par prores:*:: de :ol: ce que pc-urrozt faire M. Icducd'Harcour:. e: par arré:er »ie ne luv poin: faire de députatioo; .:.:':! .; ... - ■ -.:•.- " ; -: .-. re '■.-''.: v e ! ! é ! e > r r ^ : est Jti ?nf 2va ni

des libraires-imprimeurs, et on luy a ordonné de représenter Tordre de M. le duc d'Harcourt, on en a dressé procès-verbal, on a remis Tordre au sindic, et Ton a renvoie à demain huit heures pour délibérer sur cet objet.

Au surplus, Monseigneur, pour rendre hommage à la Térité, je dois vous dire que si les choses n'ont pas eu un meilleur succès, ce n'est assurément pas la faute de M. le duc d^Harcourt; il a mis dans ses procédés toute la décence et toute la politesse possible et, dans sa conduite pour Texécution des ordres du Roy, toute la fermeté, la noblesse, et la prudence qu^exige la commission importante dont il est chargé; et je ne puis vous dissimuler que je suis pénétré de douleurs du cours que prennent les affaires.

Je suis, avec respect. . .

MiROMENU..

CCLXl. — 19 août 1763.

B. .ic M. Lormicr. — Autographe, non signe.

LE DUC D'HARCOURT A MIROMESNIL

Cette lettre doit être du ig aoust ij63.

Af. le duc d'Harcourt me mande quil consent à ne point venir au palais, mais qu'ail désire sçavoir s^il ne ^y passera rien qui mérite qu'il s^y rende ( i ).

(i) Cette annotation deMiromesnil prouve que cette lettre a fait partie des dossiers maintenant conservés à hi Bibliothèque de Rouen. La même observation s'applique aux lettres CCLXXXIl, CCCXII, CCCXIX, et autres. On voit donc que les correspondances recueillies et classées par Miromesnil ont subi quelques dispersions, ainsi qu'il a été constaté dans Vlntroduction du tome I, p. xij et xiij.

Je ntfxt vottn \am. Moi wroiueni bien m

i rem»

s n que ISnteation du Roy ne pm axn de roitr le irooMe ■'•ogtnesier, mais je dosirerotE fan poiPToir Btre intbmKf'ÎI ne se passeriii rien qui militât que je mV neadistc. Il sccoit donc qucttioa de trouver It Rwran de m'en imonoer. Je teniy touiiours prest i m'y feodM, e.cacme pv mniiuininian»imui devons noui ooabtner eueœbte, je fenj ce que tous désirez. Ploite i Dieu que ['^esprit de ««gesse prisidedau leur ftssembUt- VcNMcnaaaôaés nuts Its acotimena ovrc ksqads )c «lii fèmt mmtétmauM qoc pcraonoe vottre ircs humble ci Wn ofefinMU Mrviwaf .

lAlMifBiae fini barbouiller, voure amiitié eicuscrii «a bmes ^aos sa kon s'O y en a. L'abbé 1 1 est cbù •mmfOKftuueoasatta rar plasieure choses.

COJUI- -

— Or^ml, tigai.

MIROMESML A UXMOIGNON.

x\ait anemble hrer 1 9 aoust à huit beura D «ï ne s'est ^Mré qu'à inînuîl, sans dek\- - i.r- ' '"--jn: de son assembler

L\v: oxc=k£3v* (»r i^tbérer sur k renioy de la vciOc ju su^et ies de^SsDfes kiitks aux imprimeun par M. le diK- d'Hir.-vvin. c r«« ptoçvfil de rendre arrti portaai

que celuy de la veille, qui, attendu les itératives remontrances, ordonnoit que Tédit et la déclaration ne pouroient être exécuttés, seroît envoie par copies manuscrittes aux bailliages du resson et Ton proposa de le faire publier à Faudience. L'on ne convînt pas d'abord de cette rédaction et la publication fit quelques difficultés; Ton prit le party de faire un projet de rédaction et, pendant que Ton y travailloit. Ton convînt que la grandVhambre tiendroit la dernière audience des expéditions ( i ).

Pendant que je tenois cette audience avec messieurs de grandVhambre, un de messieurs du Parlement vint me dire que messieurs des autres chambres désiroient que nous interrompissions l'audience pour conférer avec eux et que nous continuerions après. J'y fis d'abord difficulté ; mais Ton revint me demander cette interruption, et la crainte que sur un nouveau refus Ton ne revint faire publiquement la même demande m'engagea à me lever et à aller aux opinions.

Messieurs de grand'chambre furent tous d'avis d'interrompre l'audience et d'avertir qu'on ne tarderoit pas à la continuer; et, après avoir donné cet avertissement, j'ordonnai de faire retirer l'audience.

Dès que le public fut retiré^ les chambres se rassemblèrent et l'on y lût un projet de rédaction dans lequel la publication à l'audience étoit ordonnée; ce projet fût fortement combattu, mais il passa à la pluralité. Aussitôt, messieurs des Enquêtes se retirèrent; la grand'chambre ne désempara pas; Ton appela de nouveau l'audience; la publication fut faite et le reste des placets expédiés. En-

(i) Le Parlement entrait ce jour-là même en vacances (19 août). Le rédt des événements du 19, consigné au Sommaire, fournit un commentaire à cette lettre.

A l'urii, le it •ousi 1763.

J'ai reçu. Monsieur, vo* tenra ilu iq. M. le O' de Saiat-Floreniiii vous envoyé un courier qui ponc des ordres A M. le duc d'Harcourt ; je n'ay le temps que de voui mander que, dans [e momeai préseni. je ne pab rîcn vousricrirc que ce que vous recevrez par le ponear de la présente. Je compte que nous ne serons pas longtemps sans vous voir si voirc sami! vous !e permet. Nous en dirons plus dans une t;onversation que dans UDC lettre. Adieu, Monsieur.

De Lamoignos.

GCLXV. - &. lie M. LiniTiiei

1 loûl 176^

— Au»|;nphe(r).

MIROMESNIL A LAMOIGNON

MONSKIONEUB,

Je ne connois point de scituaiion plus cruelle que celle dans laquelle je me trouve : sans avoir cessé un moment d'avoir devant les ieui mes devoirs, cet attachement, cette soumission que je dois au Roy, lantcomme gentilhomme que comme magistrat, je me sens cependant exposé ft des remords qui me déchirent le cœur. Trop de confiance en mes propres lumières, ou peut-être mon insuffisance dans des circonstances délicates et au-dessus de mon peu de capacité, m'ont exposé à des regrets qui me rendroïeat la vie insupportable, s'il éioit permis à un honneste bonune chrétien de se livrer au désespoir. La faute que le Parlement de Rouen vient de faire, les conséquences qui en

(r) En m^irgd, de U m.iin de Lamoignon : ■ R^f^ondu] la aoiuu*

résultent, la douleur dV avoir donné lieu, sans le vouloir, par une complaisance que je m'étois flatté qui ramenneroit les esprits et empescheroit ce qui est arrivé; la douleur d'avoir engagé M. le duc d^Harcourt à retarder vendredy son arrivée au palais et d^avoir compromis par mon imprudence un homme respectable; la honte de in*estre trompé sur un objet aussi intéressant pour Tautorité du. Roy, de laquelle seule dépend le bien de TÉtat; la crainte d'avott été seul, sans le vouloir, Tinstrument malheureux des maux que le royaume va éprouver; mon amour pour le Roy, ma reconnoissance des témoignages de bonté dont il a daigné m'honorer : que de sujets de douleur m^agitent et me tourmentent depuis Tinstant fatal où le Parlement s'est séparé! Oui, je voudrois rachepter de tout mon sang Terreur dans laquelle je suis tombé, en croiant bien faire.

Je ne trouve d'autre moyen de réparer ma faute que celui de donner une marque éclatante de mon repentir. Je vous adresse dans cette vtie une lettre qui contient la démission de ma charge ( i ). Puissai-je par cet exemple apprendre à touts les su jets du Roy ù se tenir en garde contre les traits dePillusion, et à regarder leur soumission entière à Tautorité royalle comme le premier de leurs devoirs.

Dans le malheur affreux que Dieu permet que j'éprouve, conservés moi votre estime, et que la faute de mon jugement ne diminue point Topinion que je mérite que vous aies de mon cœur.

Je suis, avec un attachement et un respea inexprimables,...

MlROMENIL.

A Rouen, ce 2 1 aoust 1 763.

(1) Cest b lettre même «.le dcmissiun entre les mains du Rui; nous n*en avons ni la minute, ni l'originvil. Quant à la présente

Ijettre par taqtulle, étant accablé de duuleur d'avoir m obligé Je signer un arr& de suspetuion de l'exécution des !oix enregistrées de l'autorité du Roy {'j, fécriinsma dâmistiaa à M. le Chancelier.

•B. dt M. Lonnier. — Ori^Lntl, i

MIROMESNIL A LAMOIGNON

Plusie réflfcbis sur ce qui vteDt de se passerai

ment. Cl ptus j'en suis affltgd. En donnani au Roy loà

les marques d'obéissance pcrsoaaellc qu'exigeoit l'otdre de Sa Majesté qui me fut remis par M. le duc tl'Karcourt peur assister ft l'enrcgisiremeni, qu'il étoit chargé de faire, de l'édil el de la déclaration du mois d'avril dernier, eo donnaoi en même temps à la Compagnie, que S, M. a bien voulu me confier, touties les marqu« d'attachemeni que je croiois pouvoir lui donner, sans manquer au premier de louis ies devoirs qui est la soumission au Roy. je m'diois flatté de concilier mes obligations ei de conserver assés de crédit sur messieurs du Parlement pour obtenir d'eux de ne point faire de ca

lettre, c'est une lettre particulière et contîdcntietle ; celle qui luil cit la lettre d'envoi et de forme nu Chancelier.

(i) Sa fonction de P. PrésJ.ient l'obligeait i signer l'arrll du Parlement; il s'agit de celui [lu ]8 août, qu'il n'avait pus ïu cmpfahw, et qui, déclarant nul l'enregistremenl d'autorité, portait défoiK d'obéir à l'édil.

(i) Il y a quelques très légères varipnte» de rédaction entre U minute et l'origînnl : c'est le teite de celui-ci que l'on donne.

démarches éclatantes qui séduisent le peuple et dont les conséquences sont toujours dangereuses.

Je me suis trompé. Puis-je occuper plus longtemps une place dans laquelle la cruelle expérience que je viens de faire ne me permet plus d'espérer qu'il me soit possible de servir utilement mon souverain? Je su plie le Roy de vouloir bien recevoir la démission de ma charge, heureux si je puis, par ce premier sacrifice, donner aux sujets de Sa Majesté Pexemple de la soumission et de l'attachement dont rien ne peut les dispenser, rappeller à eux-mêmes les magistrats que ma complaisance a peut-être seule conduits contre mon attente dans le précipice où ils se sont plongés, porter seul la peine d'une faute sans exemple depuis rétablissement de la monarchie, et conserver l'estime du maître auquel j^ai eu le malheur de manquer en croyant le servir.

Je suis, avec respect,...

MiROMENIL.

A Rouen, ce 2 1 aoust 1 763.

CCLXVIl. — 21 août 1763.

B. M. R., ms. Y. 67 (l, io5). — Original, signé.

SAINT-FLORENTIN A MIROMESNIL

// me marque que M. le duc d'Harcourt lui a rendu compte de ce qui s'est passé au Parlement, et m^assure que le Roy n'' est pas indisposé contre moi.

A Paris, le a i aoust 1 763 .

M. le duc d'Harcourt, Monsieur, ma rendu compte de ce qui s'est passé au Parlement de RoQcn, ainsy que de

Voos

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fer tous les arrests et arrêtés du Parlement. Le Roy a aussy fait expédier ses ordres pour vous mander, un président et quatre conseillers. Mais je voy avec peine que vous avez de la fièvre, ainssy votre excuse pour ne pas venir est malheureusement que trop bonne, et le Roy ne désaprouvera pas que vous vous en priviez. Vous connoissez. Monsieur, les sentiments d'attachement avec lesquels, . . .

Saint-Florentin.

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