XVJ
Miromesnil, brigadier des armées du roi, qui se qualifiait seigneur de LatiDgy. Je ne parle pas non plus de celle de Mon-
près Mantes (et non Montalet-le-Bois, comme Tont cru M. Bligny et l'abbé Cocbet, Galerie dieppoise), où je le trouve au mois d*août 1789 ; il y resta. Le 4 juin 1792, il prend à la municipalité d'Ânet (Eure-et-Loir) un passeport pour se rendre à Vernon (Eure); il y est le 16, et encore le 9 septembre suivant; le 10 septembre il est à Gomerfontaine et à Trie-Gbâteau près Gisors, où il rejoint tf"* de Miromesnil, >qui, la veille, avait pris un passe>port dans cette même commune, qu'elle habitait. Ils restèrent dans cette région, sur les confins de l'Eure, de Seine-et-Oise et d'Eure-et-Loir. Bientôt se place la courageuse démarche, récemment révélée, telle d'ailleurs qu'on pouvait l'attendre et du caractère de Miromesnil et de son attachement au roi. Le 15 décembre 1792, en effet, par une lettre écrite au président de la Ck>nvention, datée de Montalet, il s'offre pour la défense de Louis XVI, confiant dans le secours de Dieu « qui, malgré l'&ge et la maladie, lui donnera les forces nécessaires. » (Catalogue d'une œllection de lettres autographes,.,, dont la vente aura lieu à Paris.,,, le 20 janvier 1899. Paris, N, Charavay.) Cependant il revient à Vernon, où il prend un passe-port le 10 mars. Mais son offre a été repoussée, et elle lui vaut d'être arrêté le 27 germinal an 11(17 avril 1794), sur l'ordre du Comité de Salut Public. Conduit à Paris, il y voit bientôt périr son gendre, M. de Bérulle, ancien P. Président du Parlement de Grenoble, exécuté le 6 thermidor, et il doit enfin son salut, quelques jours plus tard, à la chute de Robespierre. C'est dans le Vexin qu'il se réfugie de nouveau, et il revient à Issou. Le 5 messidor an III, il y prend un passe-port, o voulant se rendre à Rouen et de là à Dieppe pour ses affaires » : la pièce est visée à Tounille, commune dont dépend le hameau de Miromesnil, le 2 thermidor et le 13 fructidor; le 28 de ce mois, il est de retour à Issou. Enfin, le 4 pluviôse an IV, il prend un nouveau passe-port à Limay ; il se rend ài Miromesnil et cette fois il y reste. Il y devait mourir le 18 messidor an IV (6 juillet 1796), entouré de sa femme et de M' et M">« Le Bret. Tels étaient le respect et l'affection des habitants de Tourville qu'ils l'inhumèrent, en pleine Révolution, avec le concours de Tancienne confrérie de charité dissoute, dans le chœur même de leur église paroissiale, fermée au culte. Une inscription tumulaire, placée en 1862 par les soins de M. l'abbé Cochet, rappelle sa mémoire (Comp., Bévue de Normandie, décembre 1862 ; — l'abbé Cochet, les Églises de l'arrondissement de Dieppe,.!!, 100;— le même, Galerie dieppoise; — A. Bligny,
XVlj
talet-sur-Seine, qui appartenait peut-être au même frère, et qui, en tout cas, si le marquis en fut le propriétaire, ne vint en sa possession que par une acquisition de 1783, au temps où, retenu par son Ministère, il pouvait désirer une retraite
IJue de MtromesnUj Rouen, Lecerf, 1875; — Lépingard, Famiile Hue de MiromemUf dans les Notices et Mémoires de la Société d'agriculture et archéologie de la Manche, t. XII}.
Les passe-port, qui viennent d'être signalés, font partie des portefeuilles de M. Lormier; il me semble intéressant d'y relever les détails suivants, à rapprocher des nombreux portraits de Miromesnil. On Vy signale ainsi : taille, cinq pieds, quatre pouces ; cheveux et sourcils châtains, yeux gris, nez aquilin, front rond, bouche moyenne, menton court, visage long. Quant ik M"** de Miromesnil, son signalement lui donne quatre pieds et onze pouces, etc. ; elle avait le visage taché de petite vérole.
Le Garde des Sceaux laissait quatre héritiers : du premier lit, M"** Le Bret; du second, deux fils, qui ne se sont pas mariés : Thomas-Louis Hue de Miromesnil, qui émigra en Espagne, se trouvait à Lérida lorsque son père mourut, et décéda lui-même avant la fin de Tannée 1801; Bernard-François-Tbomas Hue, qui était ù Senlis en 1796, dont le sort nous échappe et qui paraît être mort dans la gêne; et, avec eux, un petit-flls mineur, Armand-Amable-Marie de Bérulle, alors âgé de neuf ans, fils de la malheureuse victime de la Révolution, le P. Président de Bérulle, et de Marie- Blanche-Rosalic Hue de Miromesnil, prédécédée elle-même. (Minutes de l'étude de M* Leniaignen, notaire à Dieppe, 1899.)
A la biographie se rattache une dernière question : faut-il écrire Èîiroménil ou Miromesnil? Le P. Président signe Miroménil. C'est le seul argument en faveur de la première orthographe. Quelle qu'en soit la valeur, il ne m'a pas déterminé, et j'ai adopté la forme habituelle MirometmU. Le suffixe mesnil (mansioniliSt petite habitatioli, diminutif de mansio), qu'on prononce il est vrai ménil en Normandie, est très usité dans ce pays et comme nom de lieu et comme nom de famille, soit seul, soit le plus souvent accolé à un autre nom. L'orthographe usuelle, ou ancienne, ou moderne, a généralement conservé Vs. Et en ce qui concerne spécialement le nom qui nous occupe, hameau, famille, ou le ministre lui-même, Miromesnil est la forme consacrée ; le Garde des Sceaux est le seul qui, à notre connaissance, y ait dérogé. (Comp., Revue de Normandie, 18G3, p. 560.)
XYli)
champêtre plus voisine de Paris. Ce n'est certainement pas là qu*il aurait transporté dix et vingt ans plus tard les papiers de sa présidence. Je ne puis m'empècher de signaler ici une notice insérée dans le Bulletin de la Commission des Antiquités et des Arts de Seine-et-Oise, année 18%, page 135, sous ce titre : Notice sur le château et la ferme de Montaletsur-Seine^ communes de Gargenville et d'Issou, canton de Limay^ parce que Fauteur y a commis de graves méprises, confondant le Garde des Sceaux Miromesnil avec son frère, le comte de Miromesnil, la femme et les enfants de Tun avec la femme et les enfants de l'autre, sans compter d^autres erreurs encore concernant la comtesse (dont ou fait la marquise) et qui mourut avant 1786, si l'on s'en rapporte à Tacte de mariage de sa fille, M"*' de la Bonninière de Beaumonl [Begistre paroissial dlssou^ f^ juin 1786).
Au temps qui nous occupe, le P. Président jouissait de deux domaines : la terre de Bretteville^ près Saint-Laurenten-Gaux, arrondissement d'Yvetot, propriété de sa première femme, M"^ du Hamel de Bretteville; enfin la terre de Miromesnil, en la commune de Tourville-sur-Arques, près Dieppe, érigée en marquisat en faveur du P. Président, et qui depuis longtemps déjà avait passé, par mariage, de la famille des Dyel à celle des Hue, originaire de Saint-Lô et fixée dans la Haute- Normandie depuis le commencement du XVII* siècle. Bretteville et Miromesnil se sont partagé les loisirs de notre président, Bretteville, demeure seigneuriale restée jusqu'à nos jours en la possession des représentants de sa fille, M'"° Le Bret; Miromesnil, somptueux château, objet de restaurations importantes accomplies par lui-même et témoignant de son affection pour cette résidence, a été aliéné par ses héritiers.
Les papiers du P. Président n'ont pu être transportés que dans Tune de ces deux demeures. A Bretteville ? Je ne le pense
xrx
pas. Il est vrai que Bretteville lui fut assigné comme lieu d'exil lors de la suppression du Parlement en 1771. C'est ce qui explique, peut-on remarquer en passant, que feu M. Fabbé Sanrage, un érudit normand, curé d'une paroisse voisine, admis vers 1869 à jeter un coup d'œil sur les archives de ce château, y ait rencontré et copié quelques lettres de condoléances adressées au magistrat exilé. (Bulletin de la SûdéU^de l'Histoire de Normandie, t. VI, p. 208. ) 11 est vrai encore que des archives importantes, de norabteux souvenirs du célèbre magistrat seraient conservés à Bretteville. Je suis disposé à croire que les papiers que Ton y garde ne peuvent (tirt que ceux du Garde des Sceaux, car il faut observer que dans nos collections, aussi bien celles de M. Lormier que celles de la bibliothèque de Rouen , ne se trouve pas une pièce postérieure à 1774, et que, tandis que tout ce qui précède cette date parait sorti des mains de ses héritiers, il semble probable que ceux-ci gardent tout ce qui l'a suivie. Quant à cette correspondance de la première partie de la carrière de Miromesnil, on va voir qu elle fut l'objet d'un groupement spécial, d'une classification soigneusement accomplie par lui-même. Durant les trois années 1771 à 1774, pendant lesquelles il resta éloigné des affaires, il voulut revivre sa vie de magistrat, et il se livra à une étude de ses papiers, qu'il importe de signaler ici.
Toute noire correspondance, en eflfet, a été annotée et classée par Miromesnii.
Si l'on considère les pièces provenant de son cabinet, lettres reçues ou minutes des lettres expédiées par lui, on y remarque plusieurs annotations : d'abord, sur un certain nombre, une mention de même date que la pièce ellemême, par exemple « le même jour fait part à. . . », d'une encre noire et d'une écriture assez nette ; et puis, sur toutes, d'une écriture postérieure, plus lourde et phis négligée, d'une
Qoo^ç:
encre plus jaune et quelquefois un peu blanche, dans l'angle supérieur gauche, la date, et/ plus bas, une brève analyse. A regard des minutes, écrites par des secrétaires et non signées, ces annotations offrent un intérêt particulier : elles l^ur confèrent, s'il en était besoin, un brevet d'authenticité; s'il en était besoin^ car j'ai trouvé plusieurs minutes corngécs de la main même de Miromesnil, par exemple la lettre numérotée C, et j'ai rencontré chez M. Lormier un certain nombre de lettres autographes du P. Président dont les collections de la ville de Rouen m'avaient fourni la minute m^me.
Il faut remarquer que la seconde série d'annotations a été inscrite d'un seul coup. On en tirerait la preuve d'abord de la régularité môme des inscriptions, et puis de certaines hésitations, par exemple : « cette lettre doit être du mois de décembre ou du mois de janvier 1763 ou 1764 »>; par exemple encore, LiXXVLl, le document est intitulé : Journal de la députation,.. au mois d'août 1760, et ces derniers mots sont aussitôt barrés ou remplacés, de la même plume et de la même encre, par ceux-ci : à la fin de juillet 1760; ou de certaines erreurs, ainsi : la lettre GX mande des commissaires, et l'analyse parle de prudents et conseillers de chaque chambre, dont il ne sera question que dans la lettre CXII après que, par la lettre GXI, Miromesnil aura répondu à la première qu'il n'y a pas eu de commissaires; ou encore (LXXIII) l'annotation portée à cette lettre du 26 juillet s'applique à un événement du 8 août. On pourrait multiplier les exemples (1).
J'ai déjà dit qu'il n'était pas vraisemblable que le chance-
(t) Parmi les collections de M. Lormier, hait lettres autographes de Lamoignon, provenant évidemment du cabinet de Miromesnil, ne portent aucune annotation; mais elles sont datées de 1757 à 1759, et antérieures aux débats parlementaires auxquels Miromesnil a présidé : on comprend qu'elles aieut pu échapper à son récolement. ' •
Qoo^ç:
xxj
lier eut transporté, après 1783^ àMoDtalet tons ces papiers du temps de sa magistrature.
Or, pour une telle classification, revue, pour ainsi dire, des événements de sa présidence, accomplie évidemment au temps même où ceux-ci présentaient le plus d'intérêt, des loisirs prolongés étaient nécessaires, et on les trouve précisément à une époque contemporaine, d'abord de novembre 1763 à mars 1764, lorsque le Parlement démissionnaire ménageait à son chef un repos forcé, et, mieux encore, de 1771 à 1774, pendant la retraite imposée par la révolution parlementaire de Maupeou ; et, comme les félicitations reçues en 1774, lors du rappel du Parlement (collections Lormier), ne portent pas d'annotations, c'est au plus tard en 1771 que le classement fut opéré, ou achevé, s'il avait été commencé pendant la vacance parlementaire de la fin de 1763.
En 1771, c'est vrai, le P. Président fut exilé à Bretteville. Mais il n'y resta pas trois ans. U gagna, dès qu'il le put, son château de MiromesniL sa demeure patrimoniale, laissant la demeure hospitalière qui l'avait reçu mais que possédait sa fille, M«« Le Bret, par l'héritage maternel. C'est là qu'il fil venir ses papiers : c'est là qu*il les lut et annota, les réunissant à la bibliothèque considérable qu'il y avait réunie.
Et c'est de là enfin qu'ils sortirent vendus ou dispersés, lorsque furent vendus et les collections de la bibliothèque et le domaine lui-même.
Sept mois après la mort du chancelier, le 35 pluviôse an V, fut dressé l'inventaire du mobilier du château de Miromesnil par Boisseau, notaire à Dieppe (1). La bibliothèque est décrite avec les plus minutieux détails. On mentionne dans le cabinet du défunt un secrétaire (on ne dit pas ce que Ton y trouva)» plusieurs portefeuilles (on ne dit pas s'ils sont
(1) Etnde de M« Lemaignen, 1899.
XXlj
pleins ou vides), puis un certain nombre de liasses de titres de propriété, mais rien concernant les papiers qui nous occupent. Miromesnil avait-il cru prudent de dissimuler cette correspondance, ou. bien s'est-elle trouvée dans les tiroirs du secrétaire, et ces écritures n'ont-elles rien dit au notaire, préoccupé surtout des pièces pouvant présenter un élément actif ou passif de succession : cest le plus probable (1).
La bibliothèque fut transportée à Paris, pour y être jetée aux enchères ; la brochure suivante en fait foi : Catalogue des livres^ tableaux et estampes de M, Arm.-Th. Hue de Miroménil, ancien chancelier, garde des sceaux de France.,., Paris, Brunet, 1798, in-8, 147 pages. On ne
(1) Le cabinel de travail de Miromesnil occupait le rez-de-chaussée de la tourelle est du château, vers le parc ; on y accédait par » sa chambre à coucher. » On y signale un secrétaire que Ton ouvre et où Ton ne note qu'un portefeuille de soie brodée; on rencontre encore, dans la même pièce, trois portefeuilles de maroquin rauge à serrure de cuivre, un portefeuille de cuir noir à serrure d'argent, tous les quatre avec leur sarau, et quelques papiers. La bibliothèque est distribuée dans le cabinet de travail, dans le salon, dans la chambre à coucher de la « citoyenne Hue Miromesnil, étant derrière le salon », dans une « tourelle à côté ayant vue sur la cour servant de cabinet de toilette »>, et dans la « tourelle à côté ayant vue sur le Jardin », vers l'ouest. Partout, des portraits de famille. Du salon on passe dans le chartrier : on y constate dix-neuf cartons vides et sept autres contenant quelques papiers, que l'on réunit à ceux trouvés dans le cabinet. On procède alors au dépouillement des papiers, cl celui-ci donne seulement le contrat de mariage de Miromesnil avec M"* Bignon passé devant Bioche, notaire à Paris, le 15 septembre 1762, le partage des biens de Jean Dyel des Hameaux, (P. Président de la Cour des Aides de Normandie, 1614 à 1644), entre M" Hue, de Mathan et de Bosmelet, une liasse relative à la famille du citoyen Hue Miromesnil, et plusieurs liasses de baux et de comptes de recettes et dépense^, et c'est tout. Les titres du chartrier ont donc disparu, probablement détruits par prudence. D'autre part, l'on ne signale aucunes correspondances ni papiers personnels, et, comme de toute nécessité, il s*en trouvait bien quelques-uns dans le cabinet du défunt, il est certain qu'on n'y a pas pris garde.
xdlf
trouve, il est vrai, émis ce cat&logue^ anoone trace de dossiers des pièces qui nous occupent ; mais étàient-elles dignes de figurer autrement que dans des kits, sans description ?
Enfin, la première Présidente étant morte à son tour, la terre et le château de Miromesnil jfurent vendus par adjudication devant le même notaire, Boisseau, à Dieppe, le il juillet 1806 (i), à la requête <te M"« Le Bret et d un sieur Dhos-* tel « agent d'affaires à Rouen », cessionnaire des biens de Bernard-FVançois^Thomas Hue de Miromesnil (2). L-autre fils du Garde des Sceaux, Thomas-Louis, et le jeune de BéruUe étaient morts à leur tour. Ge jour-là, tout le mobilier qui pouvait rester à Miromesnil, les papiers, s'il y en avait «ncore, durent en sortir et ceux-ci furent jetés on vendus s'ils ne Tavaient pas encore été : nous en avons la preuve avec le dernier passe-port, pris à Limay par le vieux magistrat, pour se rendre à Mirùmemit, quelques m(ris avant sa mort et retrouvé aujourd'hui dans les "Cartons de notre confirme M. Lormier.
Il semble donc certain que la correspondance du Premier Président fut aliénée ou bien en 1798 avec sa bibliothèque, ou, au plus tard, en 1806, comme papiers sans hnportance, avec ce qui parut négligeable parmi ce qui pouvait, garnir encore le château ; et c^est bien dans Tune ou l'autre de ces circonstances, dans la première des deux plus probablement, que le libraire parisien, Pierre Gapelle, put en faire Tacquisition; en même temps furent dispersées diverses fractions, dont M. Lormier, d'autres collectionneurs sans doute aussi, ont pu recueillir des épaves (3).
(1) Minâtes de M« LenMdgnen, 1S99.
(2) Aux termes d'actes reçus, les 9 brumaire an VUI et 4 mai 1806, par Delaban^e, et, 13 frimaire an IX, par Dubost, notaires à Roiten.
(3) Le portefeuiHe ministériel du garde des sceaux aurait été légué par M"* Le Bret, ou par l'un de ses héritiers, au vicomte Dambray, le cliaDceiier de la RestauraUon : du moins J'ai entendu un octogénaire, qui
%txy
On remarquera, dans la Gorrespoodaoce. de Miromesoil, des systèmes orthographiques différents, dont on aurait lieu d'être surpris. Mais le lecteur voudra bien observer que les lettres sont écrites tantôt par le P. Président lui-même, tantôt par des secrétaires, et que ceux-ci mettaient leur propre orthographe sans se soucier de transcrira celle de leur maître : Ils écrivent fiabitans, Parleptemj pour habitants, Parlements, luy pour lui, etc., etc. Lorsque Ton a pu disposer à la fois et de lautographe et de la minute, c'est le texte de Tautographe que Ton a imprimé, il est superflu de le dire.
Le correspondance de Miromesnil est tantôt confidentielle, tantôt officielle. Gelle-ci est écrite par un secrétaire, Miromesnil se borne k la signer. La première, au contraire, est écrite par le P. Président lui-même ; un secrétaire la trans* crivait pour qu'il en fût gardé minute. Les lettres officielles sont de plusieurs mains; les minutes de la correspondance confidentielle sont presque toujours de celle de Ghellé. Jean-Louis Ghellé semble avoir été le secrétaire intime du Président ; il était avocat au Parlement; sans être très caractérisée, son écriture se reconnaît facilement; on peut la rapprocher de sa signature, qui se voit à Tacte d'inhumation de M*"»* de Miromesnil, du 14 avril 1760. (Registres paroissiaux, Rouen, Saint^Nicaise.)
Les dossiers de la ville de Rouen sont composés presque exclusivement de lettres confidentielles écrites à divers ministres ; la collection de M. Lormier comprend au contraire un grand nombre de lettres officielles, toutes adressées à Lamoignon. Un même événement donnait lieu ordinairement à deux correspondances : Tune portait au chancelier Tavis de
dans sa jeunesse avait été au service du cbâiteau de BretteviUe, raconter qu'il avait été chargé de porter ce portefeuille à M. Dambray, au château de Montigny, distant de quelques lieues : mais là aussi la mort et les a<Qudications ont passé.
révènement, délibération, arrêt, Tautre lui en fournissait le commentaire et les incidents ; le cabinet de Lamoignon confondait Tune et Tautre et M. Lormier en a recueilli une bonne partie ; Miromesnil gardait à part celle qui pouvait le compromettre, la correspondance particulière, il en fit un jour le classement, comme je Tai dit déjà, et la ville de Rouen la possède atjourd'htii, sauf lacunes.
Voici, pour plus de clarté, quelques exemples de cette double correspondance. La lettre GXXII (collection Lormier), appartient à la série confidentielle : à côté, je trouve dans la même collection, la lettre officielle, rapportée à la page 301 ; Tune et Tautre, de la même date, relatent les mêmes faits, on peut voir avec quelles différences ; Tune pouvait être cotnmuniquée au conseil des ministres, Tautre reste personnelle à Lamoignon. La lettre GX est confidentielle : la lettre annoncée, <f cy-joiiite », est la lettre officielle. Les lettres GV, GVII sont de la série officielle, etc. Les lettres de ce dernier caractère ne trouveront place dans cette publication, on le comprend, qu'à titre tout à fait exceptionnel.
Avant de clore ces développements sur Tétat matériel et sur la provenance des pièces de cette publication, je dois ajouter que toutes les annotations dont Miromesnil a jugé bon d'apostiller les pièces seront soigneusement conservées : on les trouvera reproduitesy en tête de chaque document, en caractères italiques; elles tiendront lieu, et, le plus souvent, elles auront toute la valeur d'un sommaire.