CXXIII. —Mm
B. M. R., ms. Y. 241 (la). — Aatognpbe(i).
BERTIN A MIROMESNIL
[Sans date].
Je répons tout de suite, Monsieur, comme vous le permettes. Je suis fort fâché des nouvelles tracasseries que l'on prépare, et dont vous êtes le premier et le plus tourmenté.
Il seroit encore plus fâcheux que les gens sages et éclairés achevassent de se dégoûter, mais je ne sçay en vérité ce qu'il y a à faire pour les encourager en ce moment. Vous ne vous expliqués pas assés, du moins avec moy. La réponse à votre discoUrs et aux remontrances de voit y être relative ; on a repondu au corps, à la démarche commune du corps : comment voulés vous y distinguer les gens sages ? Que ce corps, soutenu par eux, en fasse une susceptible d'éloge, et vous me verres plaider la cause de tout mon cœur. Cependant la réponse porte des termes et des assurances qui n'y seroient pas, si on n^avoit pas entendu y parler aux gens sages et éclairés. Quant à ce qui me regarde personellement, je vous ay regardé comme un de nos bons et fidelles magistrats, attachés aux bonnes règles et à leur maître, cherchant à concilier tout, mais à qui sa Compagnie ne laisse guerres d'autre expédient de concilier les choses qu*en faisant céder le Roy. Encore si c*étoit sur des choses indifférentes ou qui tendissent au bien, j'y serois plus disposé que vous, ou du moins autant ; mais sur des lettres patentes
(i) Berlin a écrit cette réponse sur la marge de la lettre précédente, qu*il a retournée à Miromesnil.
coacemant la pure administration des revenus des villes, sur les corvées faites il y a trois ans, qui ne doivent recommeacer qu'à la paix, et sur le fait desquelles il n^ a ni injustice ni domages à réparer !
Mettes vous à ma place, que fériés vous ? Quel sacrifice fait le Parlement pour engager le Roy à en faire de son côté?
Dites moy donc ce que je puis faire quand il se présentera des occasions pour distinguer les gens sages des autres : vous verres si vous serés consulté, et comment je les traiteray.
Adieu, Monsieur, vous connoissés tout mon attachement.
Bertin.
Excusés de nouveau mon barbouillage.