‹ Correspondance politiqueChapitre 2 sur 12 · JO · texte numérisé non relu

JO

dos gens qui ont cru qu’ils introduisaient dans notre régime guuvcrnnmcntal la condition de rapacité, en prêchant l’adjonction de n qu’ils appelaient les capacités; les mêmes gens, sans doute, proposeraient d'appeler les médecins et les avocats dans l’élection des prud’hommes et des juges de commerce ; mais ce n’est certainement pu. moi qui commettrais pareille faute, et qui voudrais que le gouvernement organisât l’industrie, s’il n'était pas lui-même industriel, c’cq. à-diro si ceux de ses délégués, chargés par lui d’organiser l’industrie, n’étaient pas des industriels, comme ses officiers d’artillerie sont dis artilleurs et non des apothicaires, et. encore des artilleurs élevés, brtcelés et çpradés, en vue de l’œuvre qu’ils ont à accomplir.

Sans contredit, l’humanité est l’association industrielle, comme h globe est l’atelier de l’industrie; or, de même que l’atelier devient chaque jour plus commode, plus confortable, mieux organisé, et que chaque chose y est mieux à sa place, de même, dans 1 association industrielle humaine, chaque peuple, aussi bien que chaque individu, tend à occuper la place qui correspond à sa capacité. Qu’on ne gêne pas cette tendance humaine, dit M. D.; laissez faire, disait M. Sav, et celte tendance individuelle ou nationale atteindra son but, chacun prendra sa place selon son mérite, dans le grand atelier social, chacun y sera rétribué tout naturellement suivant ses œuvres.

Je demanderai d’abord pourquoi limiter à l’industrie proprement dite un pareil principe; pourquoi ne pas dire la même chose pour toutes les institutions humaines dont le but est de fixer la place deindividus, en leur imposant des conditions pour y arriver?Pourquoi, par exemple, ne pas diro à tous : Soyez gouvemans, militaires, ingénieurs, médecins, apothicaires, boulangers même, soyez protesseurs, acteurs, journalistes, frappez monnaie, faites de la poudre, vendez des poisons, comme vous voudrez, à la garde de Dieu ! Il y a bien quelques personnes qui ont poussé le principe presque jusque là ; mais pourquoi M. Say et M. D. ne l’y poussent-ils pas eux-mêmes'!

Je, sais fort bien que tout principe, poussé jusqu’à ses dernières conséquences, mène à l’absurde, parce que rien d’absolu n’est fait pour l’homme, mais en considérant comme des exceptions fatalement nécessaires les restrictions à imposer au laissez faire, en regardant le gouvernement, dans cette fonction de police inévitable, qu’à grande

(ifinc ou lui concède, comme un ulcère rougeur, comme un mulnén'^aire mais déplorable, M. Say el tous ceux qui pensent comme pii sont plus terribles encore que les partisans les plus absolus et les pins exclusifs de la liberté, que les anarchistes les plus exaltés; il-, mut plus terribles, dis-je, plus profondément hostiles contre tout gouvernement, parce qu’il y a au moins quelque chose de digne dans l’homme qu’on accuse de despotisme, tandis qu’il n’y a que de l’ignoble dans celui qu’on traite comme un espion de police, un allumeur de réverbérés, un balayeur de rues et d’égouts, un vidangeur.

.Von, le gouvernement, 1 administration. 1 organisation de la société humaine n’est pas une exception nécessaire mais déplorable au principe de vie de l’humanité; l 'ordre est une des lois de sa destinée aussi bien que la liberté ; ordre, parce qu’il y a un tout; liberté, parce qu'il y a dt>s individus; et tout phénomène de la vie sociale doit porter cette douille devise, et ces deux principes ne deviennent Charte-mité que du jour où les gouvernans sentent que leur mission est de faire donuer h chaque gouverné 1 éducation, la fonction el le grade, co te [ o lis cocation, à sa capacité, à son mérite.

Mais on demande toujours : Qui donc classera les capacités? .le réponds : Les plus capables; et je demande à mou tour : Qui donc aujourd’hui classe les divers-crédits a accorder par les banques: Imaginez-Vous quelle serait l’illusion qui troublerait l’esprit de nus industriels, s’ils s'avisaient un jour de dire : « Que la banquo nous laisse tranquilles! Elleuous classe, elle nous juge, elle donne à l’un, refuse à l’autro; elle gouverne ms affaires; car enfin s’il lui plaît ou lui déplait de nous accorder crédit, nous augmentons nos affaires ou nous sommes contraints de les réduire. » Je concevrais qu’on eût dit cela avant l’institution des banques, et en effet on l’a dit; bon nombre de défenseurs de la liberté s’écriaient : Voilà des gens qui o l o i lires, dont l’opinion sur notre crédit sera considérée commcgénéralement juste,et qui,par conséquent, nous feront,' poilr ainsi dire, porter au front le signe de notre valeur réelle; ils abuseront,'tyranniseront, monopoliseront, etc., cte., et ces républicains industriels ne s’apercevaient pas que lorsqu’ils avaient besoin d’argéitl, avant l’établiSsemcnl des banques, il leur fallait aller-en ca- •hetlf. à confesse, aux pieds d’uu escompteur, agioteur, préteur sur

gages, c’est-à-dire subir le despotisme le plus vorace et le plus humiliant.

Elargir le cercle commercial et industriel de l’institution dis banques, créer une institution analogue pour le crédit agricole, voici des institutions que le gouvernement peut, je le crois, inspirer, encourager, faciliter, et qui, ce me semble, ne sont pas de nature à lui attirer, s’il s’en mêle, un : laissez-nous tranquilles !

Mais j’attends M. D. au ministère des finances (et je serais heureux de l’y voir) ; je suis bien sûr qu’il ne rêverait qu’à des œuvres de ce genre, pour illustrer, pour immortaliser son passage aux affaires. Et je lui réponds que si j'étais son collègue à l'instruction publique , je n’aurais autre chose en vue que de donner à tous l’instruction correspondante à la vocation étudiée de chacun ; et si vous étiez notre collègue aux travaux publics, je suis bien certain que vous voudriez qu’on ne parvînt aux places, aux grades, dans ce grand atelier industriel dont vous auriez la direction, que par la voie légitime du mérite personnel, reconnu, constaté par les maîtres de l’arl.

Or, je n’en demande pas davantage pour l’année 1840, et cela vaudrait mieux que tous nos grands discours de tribune, notre guerre de portefeuilles et nos intrigues électorales. Alors nos préfets auraient autre chose à savoir et à faire que des révisions de conscrits, des budgets de recettes et dépenses, des caresses ou des niches aux électeurs, des courbettes aux députés; ils seraient obügés de rendre hoxxeuh au TB.tr ail et mépris a l’oisiveté, ce qui donnerait, j’en suis sûr, une tournure toute nouvelle à leurs salons et même à leur salle à manger.

Du temps de Napoléon, les salons des gouvernails étaient rempli-, de militaires, et les dames s’y disputaient, comme en champ clos, les plus beaux donneurs de coups de sabre ; les aimables colonels que M. Scribe a si bien su peindre étaient les héros du momie ; aujourd’hui, les salons sont pleins d’électeurs en habit noir, et nos lionnes et nos tigresses s'arrachent un maigre fantûme d’avocat, ou bien un caverneux et sépulcral médecin, tous deux housards et chasseur.dans la guerre de la parole ; le gros propriétaire fait galerie ci digère.

Mais l'industrie est là, me dira-t-on ; elle y a ses plus illustres reprcsentans. Pas du lotit, elle n’y est pas; ce n’est pas ïindustrie/ qui est là, c’est l 'électeur, et si le brave homme n’est pas électeur, peut-être se déguiscra-t-il eu garde national pour n’ètre pas reconnu, le vilain !

honneur au travail, mépris a l’oisiveté! Mats, Messieurs, qui ne voulez pas que le gouvernement se mêle de vos affaires, il faudra pourtant bien qu’il vous donne l’exemple et qu’il vous apprenne à vous-mêmes ce que c’est que d’honorer le travail et de mépriser l’oisiveté. Vous avez, dans le temps, copié les salons de Napoléon et ceux de ses maréchaux, aujourdhui votre monde est électoral, le parleur a pris la place du sabreur, place oit M. l’abbé s’était préclassé sous la Restauration, et que les marquis occupaient avant 93. A qui donc voudrez-vous faire croire, serviles copistes, que pour la prospérité et la gloire de l’industrie, il n'est pas nécessaire que le gouvernement se montre, avant vous et plus que vous, industriel? Allez! les enfans do 93 jouaient à la guillotine, les enfans de 1805 jouaient à la parade, ceux de la Restauration à la chapelle, les nôtres à la tribune et à l’émeute ; vienne le jour où ils joueront à l’industrie! c’est qu’alors nous aurons à notre tête des hommes qui sauront produire comme Carrier savait détruire, des hommes qui connaîtront l’industrie comme nos maréchaux savaient la guerre, qui aimeront le saint travail comme Charles X aimait la messe, qui sauront commander et obéir comnae nos parleurs savent aujourd’hui déconsidérer l’autorité .et exciter a la révolte.

POLITIQUE INDUSTRIELLE

ni.

Dans une de mes précédentes lettres, je vous disais que les fortifications de Paris me semblaient un instrument d’ordre, non pour réprimer les ouvriers, mais pour préparer et exécuter avec sécurité l’évolution industrielle dont la France est grosse. Je les comparais à la soupape de sûreté, de même que je considère la garde nationale comme le frein de cette grande machine qui s’appelle ouvriers de Paris.

Ce travail ne sera pas fort long, mais il emploiera bien du monde, bien des bras, et précisément une grande partie de ceux qüi sont à la disposition du désordre, dès que le travail ne va plus, comme on dit à Paris. 11 emploiera, en un mot, tout ce qu’il y a de plus prolétaire dans la capitale. N’y-a-t-il pas à profiter de cette grande circonstance pour introduire dans cette masse quelques élémens d’ordre? C’est commencer l’industrie par la queue, je le sais, mais dan-

la queue est le venin, et d’ailleurs c’est par la tête que je voudrais agir sur la queue.

I,a plus grande partie de ces prolétaires logent déjà hors barrière nu sur la limite des faubourgs. Ne peut-on pas régulariser ce logement'!

.le ne parle pas du tout de les parquer ou caserner violemment, je parle de les attirer volontairement vers des lieux déterminés, doublement favorables à leurs travaux .habituels et aux nécessités possibles de la défense ; car si jamais notre capitale se défend, c’est évidemment cette population surtout qui la défendra et qui donnera un vigoureux coup de main a l’armée.

Lorsqu onaformél’enceinte actuellede Paris, dans un but d’octroi, joua su faire des bâlnnens fort somptueux aux barrières, pour les employés de ce service public. Je ne verrais pas grand mal à ce que les balayeurs, boucurs, vidangeurs, chiffonniers, gravaliers, terrassiers, reçussent le don public d’uu logement, non pas aussi somptueux, mais qui pour dix fois plus, vingt fois plus d employés que n’en a l’octroi, 11e coûterait pas plus que n’ont coûté nos superbes barrières.

11 s’agirait donc de villages et non de palais ou même de casernes; de villages d’employés du gouvernement, car je ne parle ici que des ouvriers qui sont déjà ou qui peuvent être soumis à une discipline délai, par le gouvernement qui les emploie.

Eu d autres termes, je dis : pour commencer 1 organisation de l'industrie, il faut que le gouvernement donne l'exemple, en organisant d’abord les ouvriers qu’il solde, en leur imposant, moyennant la solde qu’il leur paye, une discipline de toute nature (je ne parle encore que de celle du logement), favorable à la société toute entière et à ces ouvriers eux-mêmes.

Les braillards de la liberté se récrieront, c’est évident; mais si, en définitive, les conditions sont telles que l’ouvrier accepte avec plaisir et se trouve mieux de cette discipline que du désordre actuel, avocats prétendus perdront leur cause.

Je vous prie, pour tout co que j’ai à vous dire ici, de ne pas vous préoccuper des idéesque vous pourriez avoir sur l’organisation de l’industrie fabricante, commerciale ou agricole, et des difficultés que ces

grands problèmes présentent ; je le répété, je commettre par la queue : c'est le bon commencement; et j’aftîrme même qu’une fois le mouvement donné parla, fout le corps industriel marchera, se mettra en route, parce que, je le répète aussi, d'une part, le gouvernement serait à l’avant-garde, et, d’une autre part, un corps déjà organisf serait à l’arrière-garde. En deux mots, l’industrie serait prise en Ifliet en queue, entre le gouvernement et leschiffonniers.

Chaque corps doit être soumis à une discipline, à une règle, à une loi qui lui soit propre. Les filles publiques, par exemple, supportent aujourd’hui une loi que personne autre au monde ne supporterait. Or, l’industrie très inférieure que le gouvernement emploie, et dont il est question ici, peut également supporter, et c'pst très heureux, mie discipline plus sévère, sous beaucoup de rapports que celle qui conviendrait à des industries plus relevées. J’ai nomme les filles publiques exprès, parce que j’ai en vue une portion de l,t population mâle qui est, en grande partie, correspondante, comme immoralité, à cette portion de la population femelle, et 1 que cVl cette populace, celte écume qu’il s’agit d’écrèmer pour la purifier, et pour pouvoir mieux purifier ensuite toute la matière industrielle,

Précisément parce que cette écume surnage partout et de mêle à tout, il y a, pour ainsi dire, impossibilité, même avec la police la plus coûteuse, la plus nombreuse et en même temps, sous certain' rapports, la plus démoralisante par nécessité, il y a impossibilité, dis-je, d’empêcher la corruption et la fermentation. D’un autre côté, je dirai un peu comme les fouriéristos : il y a pourtant dans celte écume (élément de ce que Fourier appelait ses hordes de salops) di" qualités, une valeur, qui tournent au mal, tandis qu’elles pourraient tourner au bien si elles étaient employées avec art, et surtout si l’on pouvait former un corps de ces individualités qui sont d’autant plie mauvaises qu’elles sont isolées, et d’autant meilleures qu’elles sont réunies. C’est certainement pour ces hommes surtout qu’il a été dit : Dieu se retire de l’homme .isolé.

Or, pour songer à apporter de l’ordre dans celte masse anarchique, il ne faut pas de suite se proposer d’arriver à la perfection d’une société de saints; il faut bien sedire:l°La plus grande partie di" hommes dont il est question vivent, en ce moment, en concubinaac cl

raient-ils à porter un costume <pii, par lui-même, n’aurait rien que d’honorable, puisqu’il serait attaché à un service public?

Je no parle pas de donner un costume, en tant que voleur, en tant que libertin, ivrogne, débauché, mais en tant que chiffonnier, balayeur, boueur, vidangeur, allumeur de qmnquels. comme vous en avez presque déjà pour les forts do la balle et les charbonniers, qui, je le parie, présentent relativement moins do vices que les autres étals oit la foire <hi corps est employée et où l ’esprit île corps n’existe pas.

Vos plaques, c’est de la niaiserie, on lie les co/7 pas, et d’ailleurs, on les porte ou du moins on les quitte quand on veut. Vos porteur-; d’eau, vos commissionnaires des rues, pourquoi donc les encourager à vouloir paraître des bourgeois, des milords, le dimanche, pour revenir saouls le lundi, en habit noir?

Un costume, un costume, à la bonne heure, et je peux en parler précisément parce qu’on a craché sur le mien, qu’on n’a pas compris. Un costume obligatoire, comme l’est celui du soldat, et qui nous fasse sortir de ce pêle-mêle de l’habit bourgeois qui nivelle tout, qui anarchise tout, qui tue l’art aussi bien que la sociabilité.

C’était le 6 juin 1832, vous le savez, qu’au bruit du canon do l’émeute et du tonnerre d’un bel orage, nous quittions cet habit bourgeois à Ménilmontant ; et quelques mois plus lard, traduit en cour d’assises comme un dangereux révolutionnaire, j’expliquais ainsi aux jurés, qui ne m’ont pas compris, puisqu’ils m’ont condamné, l’intention qui nous animait et le but que nous voulions atteindre; je leur disais: Le jour où le sang coulait dans vos rues, où les partis s’égorgeaient sur vos places, le 6 juin, nous avons revêtu un costume qui, nous signalant à tous, par noire nom meme, était un gage de la lumière que nous voulions répandre sur tous les actes de notre vie loyale et pacifique.

Il est clair qu’on démit nous condamner, parc.’ qu’un pareil enseignement et une mesure politique semblable doivent partir du gouvernement. pour avoir le caractère d'ordre qui leur convient; mais grâce à Dieu, aujourd’hui l’on s’accorde généralement à dire età reconnaître quo nos intentions étaient bonnes; eh bien! profitez donc de celle-ci. car elle signale l’instrument le plus parfait d’une bonne

cl sage police, la première condition extérieure de hiérarchie, de classement, l’un des procédés hygiéniques les plus puissans, la base de tout esprit de corps-, enfin elle rendrait aux arts la couleur et la forme qu’ils cherchent vainement dans notre société sombre et plate, sale et haillonneuse.

Bien certainement, les Brutusdo la presse s’écrieront que c’est du mandarmisme cliinois ; mais quelle mesure d’ordre approuveront-ils jamais? D’ailleurs, je no parle pas encore de donner un costume à nos mandarins de la presse ; je désirerais seulement qu’ils signassent tous leurs articles; plus tard, peut-être bien, ils demanderont eux-mêmes à porter le bonnet do leur couleur politique, bonnet rouge, bonnet blanc, bonnet bleu.

Sans plaisanterie, les amis de l’ordre qui 11e songent pas ou qu répug 11 rstume comme moyen d’ordre, sont semblables aux hommes qui voudraient une religion sans prêtres et sans culte : ce sont des rêveurs mystiques cl non des hommes positifs.

Malheureusement les hommes du pouvoir ont encore en eux une partie considérable des préjugés et des erreurs des hommes de la

J’ai parlé du logement et du costume, il me resterait à appliquer les mêmes idées à la nourriture. Alais la question est plus délicate ; je 11e l’aborderai que dans ma prochaine lettre.

POLITIQUE INDUSTRIELLE

Algi-r.'nclnlirMSiÜ.

MOX CITER-VMI,

tire je veuts ai <ht comment jr voudrais v.ùi ■ réorgani-alion industrielle le grand tvav.nl

aire, à celle occasion, quelques conditions discipline. au sein de la partie la plus danrpic de la population parisienne. J'ai parlé r, el j'ai renvoyé à relie lcltre-r i pour vous

■e qu'il faut agir avec réserve el prudence.

Le pot an ieu est la limite que l'ordre ne saurait franchir aujourd hui sans opprimer la liberté; la raison d 'clal s’arrête devant le. besoins de la famille, la surveillance générale d’hygiène publique devant la consommation individuelle; el en supposant même que I étal pm-se un inur rationner ses ouvriers comme il rationne se-

iians ma nrécédente lot

possible K facile d'introdt nouvelles de police et ,1e, gerou-e et la plus énersir du lagernam du eoslume entretenir de la nourrilu, burce point, je confess

mhtats, cuisiner meme pour eu\ comme il cui-uie aux Imalidc-, f .Vsl-à-rlire avec l'économie que procurent 1rs masses, je dirai aujmirdliui : laissez faire, surveillez seulement, entretenez 1rs marchés pourvus et pourvus d’alimens sains.

Pour l’homme de peine, pour l’homme matériel, la nourriture, ce

qu’il consomme pour renouveler sa force, e-t la partie intime, iuirrieure, personnelle «le sa vie; e’est là qu'il veut surloul exercer iudépendanee et sa spontanéité; la société lui doit, sous ce rapport, dos soins généraux mais non une loi indiriiluelle. Songeons donc à ses cabarets, à ses guinguettes, à ses marchés, n'allons pas [dns lmu.

Il,ais ce n’est pas assez, direz-vous, d'exprimer cette pensée irnérnlc, (ju’il sorail d’une sage politique de revêtir de costumes spéciaux

les l iasses inférieures ou du moins une partie des classes ..«s

de la société; il faudrait encore indiquer les moyens légaux, constitutionnels, financiers à employer pour atteindre ce tint.

Je suis bien convaincu pourtant que si M. h- préfet <!«■ Pari', M. |e ministre de l’intérieur, celui des travaux publics, ainsi qu»-lu directeur des pouls et chaussées, étaient pénétrés de Yidée générale, s’ils voulaient, chacun dans son ressort, atteindre le but en question, ils en Irouvcraientpluspromptemenl et plus facilement que moi les moyen'.

Lorsque je vois les garçons de la Banque, K facteurs de la postes les postillons, les sergens-de-ville, les garçons de bureau de toute-: les grandies administrations, les cochers d’oninilms et rondiu-leurs de diligence, etc., etc., en unifornv, lor-que je renarde l’octroi, l.i douane, les gardes forestiers, les laliiie-, les droit' réonis, les pompes funèbres, les guichetiers des prisons, les nanles d'hôpitaux. que sais-je? déjà mille sereiees, sans compter l’armée, auxquels un iiklume est attaché 1 , je suis bien si'ir qu’il n’y a pas d'obstacle qui s’oppose à ce que vingt ou trente mille hommes de plus, à Paris, portent un uniforme; il faul seulement pour cela que le gouvernement qui les emploie leur en fasse une condition.

Il n’y a donc que deux choses en question, savoir : Si luii' 1rs hommes employés par le gouvernement ont un costume; n si,es hommes sont organisés en sercicc publie, car rV'l certamemeul là l’objection qui sera laite; on dira : Nous ne pouu'lb astreindre à no 1 oxtume que les tereices public -,

Ceci est une erreur, selon moi, puisqu'il y a une t'ouled’induslrics privées qui sont astreintes à des conditions de police aussi vexatoircs que peut l’être le costume pour l'homme le plus indépendant; lirais j’admets l’objection, pour aujourd’hui ; je conviens qu’eu 1840 le gouvernement do peut se permettre d’imposer le costume qu’aux services publics, à ceux qui sont soldés, surveillés, dirigés par lui. soit par ses propres agens, soit par des entrepreneurs soumission-

J’appuierai spécialement sur ces derniers mots soulignés, parce que c’est sous cette forme que subsistent en général les services dont je parle. Et, par exemple, quand même l’éclairage, le pavage, le nettoyage-, l’arrosage, etc., des rues de Paris, se feraient par soumissionnaires, une des conditions de la soumission pourrait être le costume des éclaireurs, paveurs, arroseurs, balayeurs, etc., etc.; de plus, celte manière d’intervenir dans la police du personnel des grandes entreprises de travaux publics, permettrait d’introduire peu à peu, dans plusieurs des branches-iuères de l’industrie, une partie de l’ordre qu’elles réclament.

Ainsi, la niasse des travaux commandés et exécutés par les ingénieurs ou architectes de l’Etat, mais qui sont donnés à l 'entreprise, occupe une quantité considérable d’ouvriers, dont, une partie au moins pourrait être traitée ainsi; ce serait, pour ainsi dire, la partie correspondante au service ordinaire-, ce serait l'nrmec reguhère, et cela ne toucherait pas iinmédiatemenlàla masse des cosaques de l’industrie.

La ville-de Paris aurait son corps de terrassiers, par exemple, comme elle a ses balayeurs; elle aurait aussi ses compagnies de charpentiers, tailleurs de pierres, maçons, peintres, serruriers, toutes les branches dites du bâtiment, en un mol elle commencerait, par un noyau modèle, l'organisation de l’industrie.

•l'ai dit que les fortilicalions de Paris étaient une belle occasion pour entrer dans cette voie; eu effet, on aura là un chantier plus v asle que ions ceux qu’on a jamais vus, où il sera facile d’étudier et . préparer les élémeusdes institutions dont je parle, et de. les organi- ■-or progressivement, insensiblement.

11 ne faut que la volonté d’eu haut, il faut que le gouvernement, il

faut, qu’un homme y mette sa gloire, c’est une contre-partie .(les travaux de Versailles; ceux-ci n’ont que le caractère, de gloire industrielle telle qu’on la recherchait autrefois et qui consiste dans la grandeur cl la beauté de Vœuvre-, aujourd’hui, pour notre XIX e siècle, pour l’avenir surtout, ii y a une autre forme de gloire, industrielle à ambitionner, c'est celle qui consiste dans l’amélioration de l’o«-

Les fortifications do Paris sont une occasion superbe pour commencer a donner aux ponls-ot-ehaussécs, qui n’ont été encore qu’un cadre d’officiers, une armée de sous-officiers et de soldats. Los ponlsel-clmussées, c’est le germe qu’il s’agit de développer, c’est eu lui que se trouve la solution de la question qu’on a cherché à résoudre a rebours, quand on a voulu employer l’armée acx travaux publics, lundis que c'est l’armée, des travaux publics qu’il faut créer, et non pas employer à ces travaux des soldats et surtout des officiers qui ne peuvent avoir le cœur à V ouvrage.

Là se trouve aussi pour moi l’heureux moment de la modification si désirable de l’entourage des hommes haut placés, qui aiment et qui méritent la gloire; aux aides de camp doivent veuir se joindre les aides de chantier p t A'atelier, à la guerre doit s’unir, au moins -iir le pied de l'égaiilé, l'industrie; l'ordonnance des fortifications eu est elle-même un signe, puisqu’elle livre le travail au génie et aux iwnls-et-chausssées, quoique ce dernier corps joue naturellement le «coiid rôle dans cette couvre spécialement militaire.

En un mot, le roi, les princes n’auront pas auprès d’eux seulement üès généraux, car il est impossible de songer à organiser l'atelier pacifique , tant qu’on est en habit de général, entouré de militaires, et presque dans un nuage de poudre.

•le m’aperçois que j’ai donné plus d'extension à la question du costume qu’à celle du logement ; voici pourquoi : c'est que l’une est plus facile à réaliser que l’nulre; elle est, en outre, plus généralement réalisable.

11 y a fort peu de travaux spéciaux qui se prêtent à celte espèce de casernement de villages dont j’ai parlédéjà; néanmoins, en ce moment, quelques uns ont fait, pour ainsi dire, élection de domicile dans certains points de la banlieue de Paris; ainsi l'érarrissage do Montfau-

tou, lts blanchi-eurs il' 1 lu basse Seine, le- marchands de vin de Bercy d de lu Râpée, les chantiers de bois, quelques villages oii abondent spécialement les maçons et tailleurs de pierres sur l’une ou l'autre rive de la Seine, les teinturiers, brasseurs et tanneurs du quartier Mouftetard. k- deux classes ou corporations des charpentiers. rit e droite et rive gauche. les fabricans do meubles du faubourg Saint-Antoine, et bien d’autres exemples signalent cette nfiinité qui réunit sur les mêmes lieux un grand nombre d’individus de même profession. Certainement, celte affinité agit d’cllc-mème; mai-, quoi qu'en di-ent les économistes, tout homme politique comprend qu’elle peut être aidée par une administration éclairée qui la délivrerait d'olMades que l’intérêt individuel, au contraire, pourrait chercher à augmenter.

•le crois que. même au point de vue de la défense, il serait hou déporter réçuhoroment ~ur la ligne ce que je nommerais des forts détachés d'ouvriers, à côté des forts de soldais-, cl si cela est juste comme défense extérieure, ce l'est encore plus comme sécurité intérieure. pui-cp:e cela mettrait une partie de la force emeutière presque sous la garde de la force armée.

Ce serait donc vers ces points doublement stratégiques que je voudrais voir réunir des bataillons pacifiques d'ouvriers.

Pourquoi n’y aurait-il pas, à côté du fort des maçons, le village do maçons, à coté du fort des terrassiers, le village'ou camp des terras-iers, et je dirai même à ôté du fort des boùeurs, les écuries des boueurs et les hangars des vidangeurs'? N’ayons pas peur d’honorer le travail ; soyez-en sûr, ce dernier fort no serait' pas le plus mal défendu en cas de guerre, et je me chargerais, si j’étais à la tête du riUmje voisin, de le faire tenir aus-i proprement qu’un village île Hollande.

Livrez-leur le terrain et le- matériaux avec le plan de leurs baraques et villases, et je parie qu’avec leurs dimanches seuls ils auront achevé leur habitation avant la fin de-, travaux des fortifications; le terrain et la baraque rc-ternut domaine do l’Etat, bien en-

u loult' lmiiierc d Italie, u tai ne c’est le bras du Crrttleur.

muvir pour bien apprécier et même découvrir intirvu toutefois que le pouvoir ait le sentiment )r, je ne suis pas du tout poin-nir, tant s’en faut.

P. S. Les journaux m’apprennent que les 2 coupes qui travaillent aux fortifications seront 1 ur les travaux. Je demanderais la même chose ivils, si on en emploie; et dans le cas oîi l’on uï 'envaserais à étudier, d’ici jusqu’à la (in des | louera pas utiliser ces baraques de soldats dans 1 •nr lorsque les forts seront faits, les soldats y b> pies deviendront inutiles. Si j’avais obtenu de di loinmes puissans à convoiter pour l’ouvrier ces i faire réilécliir d’ici-là aux moyens d’v substilu

POLITIQUE INDUSTRIELLE

Bône, 10 décembre «MO.

Mo, N U1EII AMI,

J’éproavo en ce moment de trop vives inquiétudes, sur’cé qui se passe en France, pour ne pas employer unepartie de ma longue attente des courriers, à en causer avec Voüs. Ma dernière lettre vous parlait uniquement de la question orientale (2) (pic je'bhèrcfiais à résoudre d’une manière conforme au bonheur‘et à la dignité de la France; c’est de la France seulement que je veux Vous parler aujourd’hui.

Bien des personnes pensent qu’il était facile, sous Louis XV cl même sous Louis XIV, de prévoir la révolution française, sous la république de prévoir l’empire, sons l’empire la restauration, et sous la restauration 1830; c’était possible, ’ én effet, et Tàiloyrand, par exemple, a sauté habilement, comme ’on Ta dit, du vaisseau qui sombrait sur le vaisseau neuf; il s’est trouvé aussi, 1 de temps-à autre, quelques prophètes, qui ont eu, il est vraila destinée dès prophe-

I,.,, et qui n’out été écoulés et compris qu'après la réalisation do la prophétie, comme do Maistre, prédisant, en 1796, l'empire et lu ^restauration. Dans dix ans, que dira-t-on de nous, si nous sommes L<cz aveugles et assez inintclligens pour ne pas voir et comprendre des sifgiu's des temps?

3 Parce que les prophètes ont été rares et peu écoutés, ou parce iquo leur clairvoyance ne portait qu’à petite distance et ne leur serrait, pour ainsi dire, qu’à se sauver personnellement du naulrage, et à être, comme le prince des diplomates, ministre de Ions les gourcruemeus qui se sont succédé pendant cinquante ans, en d’autres ormes, parce qu’on n’a jamais su d’avance vers quel but on mar- :hail, chacune des éphémères générations qui ont paru sur la scène lu monde, s’est laissé déposséder du pouvoir qu’elle avait conquis, iar celle qui lermenlail. comme opposition, dans son seul.Tous les .ainqueurs ont été successivement détrônés, et plus ils ont voulu résister au torrent, plus vile ils ont etc entraînes par lui. Depuis la loblcsse vaincue, émigrauteet guillotinée en 93, nous avons vu les iléoloijues de la République,pourchassés par Bonaparte et culbuant l’empereur, par Laine et Royer-Collard; lions avons vu les bolaparlisles et les carbonaris poursuivis par la restauration, rem crier Charles X, par Foy, Lamarque. et meme Barllie, Merilbou. de ichonen et compagnie; enfin, chaque gouvernement portait en lui, •oinmp l’a dty M. .Tliiors, pou germe, de vie et son, germe de mort,, sa 'aisoji d’.étffi et qa.paispu dt.nc pas pire; lutte continuelle, dans la- |udle lo,gepnc.,de mort l’a oinporté,,.le jpur môme où la résistance

lugernie„dej.yio i; qtait,lc plusgrapde., .. ■ ■,. • . • ■

Depuis l^Oj.nqusavpns .eq.iiussj une opposition,, et il làut avoir complètement ppyd 11 vue po.ur.iie.pas,reconnaître quelle a granli d’une manière menaçante, qu’elle s’est affilié des hommes qui ont d’abord combattue, qu’elle n’a pas perdu un seul.de ses chefs, tandis que le pouvoir a vu sortir de scs rangs, pour se joindre à elle, dusieurs des hommes puissanq qu’il avait d’abord employés contre ■lie. Laffitte, .0. Rarrot, Tliiors, représentent les trois nuances d'hommes qui, d’abord rattachés au pouv.oir né de 1830, se sont retirés de lui el l’attaquent. La résistamq da Casimir Périer a été contre les hommes qui, .aujourdlhui, OntLafûUeàleurtêle; celle de Thiers a été

contre les hommes qui ont à leur tète O. Barrot; entin, celle de H, Guizot va être contre les hommes qui ont pris M. Thicrs pour leur dictateur. Ceci est de toute évidence, quand on le vérifie par le; journaux qui représentent le même fait. N’est-il pas temps d’ouvrir les yeux, et de renoncer à un procédé qui, dans notre histoire toute moderne, nous offre de si terribles exemples, et qui, de nojours même, depuis 1830, a témoigne si fréquemment son impuissance par des ré-adtals parfaitement contraires à ceux que l’on voulait obtenir?

On sait maintenant qu’on ne peut plus retourner à Thiers sondesccndre jusqu’à Odilon Barrot, comme on savait, il y a un an, qu'on ne pouvait aller à Odilon Barrot sans descendre à Dupont ;* l'Eure) et Laffitte, comme on savait, il y a cinq ou six ans, qu’un ne pouvait revenir à Laffitte sans tomber dans x\rago et Garnier- Pagès; voici la seule instruction que nos hommes politiques aient puisée dans les affaires.

Mais vraiment celte politique qui roule sur quelques noms propres, est bien puérile. 11 y a quelque chose dans toiito opposition ; il y avait quelque chose- dans le tiers-état, quelque chose dans lis ennemis du despotisme impérial, quelque chose dans les conspirations de la Restauration, et quelque chose aussi dans cette oppposition croissante qui mine le tronc de 1830. Les hommes ne s’amusent pas à jouer au roi détrôné seulement pour joiicr. Même quand leur but n’est pas exprimé clairement, quand c’est à un instinct plutôt qu’à un raisonnement parfait qu’ils obéissent, l’œil de l’homnir politique doit plonger jusqu’au fond do cet appétit brutal, et découvrir s’il n’y a pas là en effet un besoin humain à satisfaire. Le nrépride la noblesse pour le tiers-état, avant 89, celui des militaires pour les pékins, sous l’Empire, celui des émigrés rentrés pour les acquéreurs de biens nationaux, et de la cour de Charles X pour la tribune et pour la presse, n’ont pas été fort utiles à la noblesse, à l’Empire cl a h Ri si (o Prenons donc garde, même, de traiter d’appétit brûlai ce qui pourrait être un noble sentiment, à l’état informe de germe.j

Lorsque le métaphysicien Siéyès à écrit : qu’cst-ce que le (icr?élat? tout; qu'e-d-il? rien; que doit-il èlrcf quelque cho'se; il a réj sumé d’avance la révolution qui allait s’opérer. Le physicien Ai>ç |

l’ail île même aujourd’hui, quand il dit : Quel est notre but ? l’organisation du travail; notre moyen? la réforme électorale. Toute l’évolution qui se prépare est renfermée dans ces deux questions, si clairement rédigées par l’homme le plus clair de notre temps.

U ne s’agit donc pas do tomber de Tliiers dans Barrot, de Barrot dans Laftilte, de Laffitte dans Arago; il faut s’emparer bravement, et de suite, non pas d’Arago, qui est un grand vulgarisateur d’idées, et non un homme politique, mais du secret qu’il nous révèle. 11 nous a dit la vérité.', c’est de cela que l’opposition vit ; c’est l’ouvrier et non le militaire, l’avocat, le bourgeois, qui fait le fond et la force de l’opposition de nos jours. Siéyès n’a rien été sous l'Empire, et Boyer-Collard est resté rhéteur sous la Restauration, Arago peut donc rester savant et député.

Il y a aujourd’hui à faire, pour les ouvriers, quelque chose d’analogue à ce cpie fut, pour les bourgeois, l’organisation do la garde nationale de 91. Dieu me garde de penser qu’il faille armer les ouvriers, mais il faut commencer à constituer pour eux une institution qui facilite le'mouvement organisateur qui doit s’opérer de nos jours à leur profit.

Il faut prendrp les prud'hommes connue base, et b/ltir sur ce fondement un vaste édifice industriel, où l’élection, tant réclamée pour In politique générale, sera le cinient et le lien, de pierre à pierre, d’assise à assise; il faut élever, faire naître dans cette masse anarchique les chefs légitimes du travail ; il faut rassasier le peuple, le prolétaire, d'élections sociales et non politiques, et ne pas craindre queues ehoiy nou$ donnent des Sucliel, des Augeroau, des Bonin— (lojte., des Victor, des' maréchaux improvisés de l’industrie; ce sont des Imlqilloys, de travailleurs qu’il faut créer, nous avons encore hesoiiyflc quatorze armées, c l il nous faut un Carnot pour organiser Iti victoire, r

Le mouvement aciuel pourrait se résumer, selon moi, sous celle forme y prendre l’arme d’Arago pour détrôner Tliiers. Ainsi, air lieu degaindr^de tomjior dans la gauche par Tliiers, je voudrais qu'on prît la gauche pour tomber sim Tliiers ; qu’on employât la tactique napoléonienne,,qu'on tournât l’ennemi, et qu’on tombât sur ses derrières,-Sans cela,. après Guizot on passera à Lamartine, el Gui-

zot grossira encore une fois la bataillon opposant; puis après, la culbute.

Je ne conseillerais donc pas plus le système des concessions que celui de la résistance, et CD sont les deux seuls systèmes que la bascule représentative ait su employer sous la Restauration et depuis 1830. Il faut aborder courageusement et de front la vraie difficulté, et ne pas l’éluder on s’y opposer. Or, la difficulté sociale actuelle, Arago l’a signalée; c’est l’organisation du travail, l’organisation des ouvriers, du peuple; c’est la constitution de la société industrielle; ce n’est plus d’un système de garanties pour ta liberté qu’il s'agit, c’est d'un système de garanties pour le travail, c’est-àdired’un système qui garantisseàl’ouvHer son travail, son pain, son instruction, sa moralité, une retraite pour ses vieiix jours, une protection pour tonte sa vie.

Lorsque Martignac fut nommé ministre, on prétend que lui-même avait conseillé à Charles X de nommer Casimir Périer ministre ; ce-, lait i î lin t| t o i forme qui no l’était pas; Casimir Périer, ministre sous la Restauration, n’aurait pas mieux fait que ne ferait aujourd'hui Arago ministre, parce que dans Périer, à coté de l’élément progressif qui était en lui, il y avait quelque chose de trop complètnmenl antipathique à d'autres sentimens fort progressifs qui existaient dans la Restauration ; de même, Arago est étranger aux sentimens do paix et d’ordre qui feront à jamais la gloire du règne de Louis-Philippe.-Périer, comme Arago, était d’ailleurs un peu l’esclave des mauvaises passions qui seirent de cortège h toute opposition, et cela suffit pour qu’on prenne ce qu’il y a de bon dans l’homme, sans le prendre tout entier. Périer n’a pu être utile qu'îi condition de révolution, et il nous la faut éviter aujourd’hui.

•le vous ai déjh écrit que ce serait aux défenseurs dé l’ordre à faire, à réaliser politiquement, ce qu’ilya de légitime au milieu'dés cris des partisans de la liberté; c’est parce que j’ai la conviction qu'il' en sera ainsi; que je ne désespère pàs’cn ce iriûmenl du sort de la France, et que je ne redoute pas oncorè pô'ùT elle un nouveau 1)3, ni une invasion étrangère, ni même uii i8ÏO. Mais au prix de corné , bien d’efforts, de dangers, de sacrifices, les défenseurs de l’ordre, pourront-ils accomplir cette tâche? C’est effrayant d’y penser, car

il y périra bien de nobles courages, bien des volontés vigoureuses, et il faudra pour résister à la peine, des cœurs et des corps trempés comme l’étaient ceux de Marceau, de Hoche, de Desaix, de Kléber ipiionf cependant péri jeunes à une semblable tâche, h l'enfantement d’une soriété nouvelle.

Lorscpie je songe à la différence qui j lj u t o \o t quelques jours seulement, apportent dans les idées, les mœurs même, les usages, et jusqu’au costume de tout un peuple, et aux fréquens exemples que nous avons eus de ces ehangemens depuis un demi siècle, non seulement je suis surpris qu’il y ait des gens qui nous croycut arrivés, pour ainsi dire, à notre forme sociale définitive, mais je suis vexé quand on se scrl de ces grandes différences, qu’un nouveau principe d’action introduirait dans notre société, comme d’une objection contre l’impossibilité d’une semblable transformation. Certes celui qui aurait dit, en 1788, voici ce que sera 93, aurait été traité comme un fou ; et pourtant Casimir Périor a couru Paris, à vingt ans, en toge romaine, bras dessus bras dessous avec, Talma ; il n’y a pas un homme de soixante ans, quelque grand qu’il soit, qui n’ait été tutoyé par son cordonnier, on qui, enfant, n'ait tutoyé un grand seigueur ; madame Tallinn a porté tunique fendue et gorge découverte, cheveux à la Titus, cothurne aux pieds et bagues aux doigts île pieds ; toutes les églises ont été pleines de foin ou de chevaux, de malades ou de vivres etde voitures, et plusieursont été transformées en cabqrcts. Mais, dira-l-on, 93 était une révolution générale, radicale, et il n’est pas étonnant que le changement ait été aussi complet et aussi rapide.—Mais est-ce que 1814 ressemblait beaucoup à 1813? Est-ce que la Restauration ressemblait tant à l'Empire ?

bailleurs, celle révolution de 1793, si générale, si radicale, croiton donc qu’elle se soit accomplie dans dos proportions comparables à celles de l’évolution qui se prépare? Voyez : en 1688, révolution d’Angleterre, pas le..moindi î t t s r lin Internent sensible, hors des Iles Britanniques; c’est une révolution isolée ; il faut un «le encore pour que celle de France éclate. Or, voici un demi siècle que la nôtre est faite, et, depuis lors, l’Espagne, le Portugal, la Hollande, ont eu leur révolution, et Rome. 4 7 ienne, Berlin, ont

Qnn dans tous les états, les eompagnons choisissent, parmi eu.r, les ramarades chargés de régler leurs différends entre eux et de représenter leurs intérêts auprès des maîtres. (Ceci par canton.)

Que les maîtres choisissent, parmi eux, des camarades chargés de régler leurs différends entre eux, de juger en premier ressorties réclamations des compagnons, et de représenter les intérêts des maîtres auprès du conseil dos chefs d’atelier, dont je vais parler. (Ceci par arrondissement.)

Que les chefs d’atelier employant plusieurs maîtres choisissent, parmi eux, les prudhommes chargés de régler leurs différends entre eux; déjuger en premier ressort les réclamations des maîtres, et en dernier ressort celles des ouvriers, compagnons ou apprentis, et de représenter leurs intérêts auprès du conseil supérieur, dont je vais parler. (Ceci par département.)

Que ces différons conseils dé compagnons, de maîtres, de chefs d’alolier soient convoqués au chef-lieu de chaque département, séparément, et qu’ils nomment, chacun des trois, un même nombre de représentans, députés au centre industriel provincial [ circonscription analogue à celle des divisions militaires ou des cours royales). Ce conseil, serait chargé de représenter les intérêts généraux industriels de 1 ; immiscer dans les contestations

individuelles, sauf pour juger en dernier ressort celles des maîtres avec les chefs d’atelier.

Enfin que ces conseils généraux de province députent à Paris une Convention industrielle permanente.

Ce que j’ai dit pour les compagnons, maîtres et chefs d’atelier, s’appliquerait, pour le commerce, aux trois classes de patentés.

Que tout cerise forme sans rien changer auxréglemens actuels sur les chambres et tribunaux de commerce, et sur le conseil des manufactures; que ce soit seulement le développement et l’extension de l’idée des prud’hommes, et, pour ainsi dire, une organisation préparatoire réformatrice, en dehors de l’organisation usée mais conservatrice qui existe aujourd’hui. C’est, si vous voulez, ce que serait à l'armée la garde nationale mobilisée, si nous devions avoir la guerre ; c’est la réglementation provisoire d’une masse anarchique non organisée; c’est le premierpasvers la grande armée des travailleurs.

Cos élections seront, déjà un moyen do recensement et de surveillance pour toutes les classes insduslrielles; ce sera la transformation et par conséquent ljt destruction des ancionnos ventes du carbonarisme et des sociétés secrètes actuelles. Que l’autorité n’essaio.pas d'intervenir, autrement que pour lu police des réunions .nombreuse:., dans ces assemblées de famille; il suffit que Ions y soient appelés pour qu'elles soient tranquilles; il suffit que ec soit: la profession et non l’opmion politique qui donne entrée dans ces réunions ; mi sera sfiy.au moins de,n’y .avoir,mi avocats, ni étudiant. Qqaml bien même le» cump „ ion où-même les maîtres, ou-même-encore les eliefe, d’atelier éliraient tpus et partout, aux conseils supérieurs provinciaux, des républicains; quand même tous les membres de 1 la fiuuvontiou industrielle seraient républicains) il n’y aurait pas à .fnffrayer, je dirais presque, au contraire, car-on,saurait ,a-u>moins alors à qui l'on aurait à faire,, tandis quç nous ne savons, aujourd'hui ni ce que sont, ni pii sont les.iudiistriels,qui,,ont influence sur. les ou-

'fout eu,conservant y,,cette ,iii,,ii.lquuii un «aractèr & industriel, il serait utile déjà rattacbm' il la iiplitlque, en donnant aux membres des cqnseils proyiuciuux, et à, ceux de la Convention- industrielle, le droit électoral, quel que fût le moulant de leurs contributions.

.liais, c’est surtout par. les fonctions attribuées à ces deux-Ordres d'assemblées, qu'il .faudrait introduire peu- m-peu l’industrie dans la politique; je m’explique dns questions de douanes,les rbglemgns relatifs à l’industrip, et par exempte, ceux qui, comme la dernière loi sur les eufans employés dans les fabriques, OU .comme les divers projets d’écoles indufjtripllüf,, louelmut.à la,.classe industrielle toute entière, et par-dessus tout, les mesures qui miraient pour but de-perl'ectipnnqr dans ses détails ce premier essai.d’organisation, et.de rétablir, eu l’jiméiioriinl,,(connue i’ji. .dit encore Aipgo). ce qu’il,(y.oyait d’éminemment socipl dans li.'s aiicieimos.f.'ocpo.co/mq.sy-lout.cola-der, vruilèlre mumis par le gouvernement, à l’examen de,celte espèce de eonseil-dViql industrie), et, liù-mpiue serait îippulé.ü provoquer,fl» mesures,qu’il aurait jugé utiles au progrès de. lvnduslric, à l’améüo- -,

c,-ei in- s», fera |i,o mus désordres. e,Vt évident: mais comme le

désordre 11e manque pas aujourd’hui, il 11e faudrait pas rejeter sur re mouvement social des effets qui appartiennent à des causes déjà existantes, que ce mouvement 1 , au contraire, doit combattre et détruircpeu à'pou. Ne cherchez pas plus dans ce que je vous dis une institution' parfaite, que vous ne chercheriez uhe cathédrale comme Notre-Dame 'au premier siècle de l’ère chrétienne pioüif en somtnes'iaux câlacomhes industrielles. Vouloir tout fairé cil un jdur est aussi fou que ne vouloir neir faire.

Supposez maintenant que les maires, sous-préfets et préfets, que louslos hommes qui dépendent de l’administration, du gouvernement, soient poussés à s'occuper de cette organisation, avec autant' de zèle qtfils en Jiicttent à' la conscription et à l’impôt, aux élections et aux cotispirafions, et vous sentirez qiie, nous serions enfin dans la route du l’ organisation du travail réclamée par les républicains, organisation tjue doivent désirer encore plus les hommes d’ordre.

.l’ai omis de vous dire que les membres db la Convention industrielle devraient être rétribués par l’Etat, et ceux des conseils provinciaux par la ville où ils siégeraient, à cause des frais de déplacement et do la permanence du service, et que les conseillers-chefs d’atelier, les conseillers-maîtres et < onseillers-compagnons ne seraient pas rétribués.

Les deux mots de conveiition et de conseil provincial sont évidemment fort mauvais en pratique, mais ils font comprendre l'idée.

Oit 1 tif 11 1 î nbr s r t ( 1 1 1 stn ni îc 1

et manufacturière, 11e toucherait eu rien à l'industrie agricole, où l'anarchie n’est pas moindre, mais où elle et ci l

Songeons'd’abord aux tille»-, nois viendrons plus tard àn peuple des campagnes. ''

Voilà pdùrquoi notre organisation'politique actuelle, qui est basée en grande'partit* 1 sué la 'propriété territoriale ou sur la bourgeoisie propriétaire des villes (en général étrangère à l’industrie, si ce n’est comme percevant l'intérêt de l'argent quelle lui prête et te loyer déniaisons qu’ellu lui loue), voilà pourquoi, dis-je, notre organisation politique actuelle 11e renferme pas, telle qu’elle est, les éleinens de l'organisation industrielle, et cela explique et légitime, jusqu’à un

I.,. prin.'ipi- qui me pnraîi le plus important à établir dans la politique pratique. dans te u'onveniement, est rolui-ci : pour ne rien ,/ï/,We.-aus construire en même temps, il faut tracer, creuser el Pâlir les fomlemcu- du nouvel édifice, eh dehors dol’édiftiic' ancien, et ne démolir le toit de celui-ci que lorsque l'on a vofdé'ïês caves de l'autre. Que]- ipie soient les efforts que l'on fàsïe poiir repWtSSer 1 ou l, r , ;ir attirer l'onpo-ilion. résistance ou concession , friut s’éra inùtile,

-i l*on prétend par la réd»!mice la délruire, ou par les Concéssi'ons la fendre et la couler dans le moule soiiVemeWionriil actuels C'tet pourquoi 1,'s opposons estimen! moins et n’aiïricnt pari davantage les nomme; à mneessinii que les hommes do résistance; ils sentent paTfaitemeiit que les uns comme les autres n’ont que l’intontioli' do lits amortir.'et quêtons deiiv, t : u r .ilenienl, n’ont pas constiflice'WRilégitimité du principe (pie l'opposition représente : aiitsi dont, au lieu d'enqdover nos efforts à défendre ou à miner l'édifice 1 eonhtftUtio'n- /, lifiti—ons l'édifice industrie/.

I.'onam'lsîition politique actuelle ne renferme pas, ai-je dit, lés élémeii- de l'organisation UiàustrîMlr, en d'autres terriies,"lé gûulernemeul, tel qu'il est. fondî ; spécialement et presque exfclüüiftnn-nî -tir la propriété et non surle travail, n'est pas cdriipétéill'pW déterminer les conditions du travail, ni mérité pdür tomirinUder et diriaer le travail: ceçi est admis même parles défenseurs les plus cliau 1- du pouvoir, qui auraient tous la plus primde rrarnté 's’ils voyaient le snnvérnemrmt vouloir réglementer, gofiverilér Tiiidiiriitie. et qui, tout tmi déplorant l’état artafdiiqrie du travail. 11c . oiiroiwnt pas que ce soit au'pouvoir srici'rif 7i l'organiser. Ràpp'eloz- . .esta qiie-timi des chéniins de fer. celle des eaildiVx, cri général

■ elles de- douanes. e| vous serrez combien ’lé gônvernéfnent liii-

m 'irie se délie do se. propres (on "s, et combien si^umis los jilus dévoué"; l’aident è .noir peur, lor-qiéil tend"à prendre Colle diréc-

l.e priurip" uiairliiqu" îles économistes, le laisse:- faire, laisse: passer, est aujourd'hui la théorie des eouvèmoniéus euxsmêmps; il e-t. .-n i (Tel, iu-te à leur l'^ard. pan e que leurs connaissances et leur pratique n’"itdiia-eul p;i- les fie-nins et les intérêts de l’ilidiis-

in.ilinn r;i<lic.ili■. rclalhe à Voryaiiittiimit >ln Inimil. il r-l i,!i-nt ijuc celte d'iivre n’appartionl ni à L'opposition, ni an irnmvrncnirnl, que ce n’est pas une œuvrii politique, selon l'acception du nmi, qu’elle doit s'accomplir, autant que possible, en dehors des passions et desjiarlis politiques; c’est pour cela qu'un a raison de la qualifier d’œuyre ‘ipciqtfy

ll.lte fnul pas se le dissimuler, Louvre qu'il s'unit (l’entreprendre', esiej.’uni.^telle impqrtancc, que les passions et les partis u’v resteront pas étrqpgprs; l'opposition y cherchera des armes de bpulcvcr-enifijt; le,gouvernement devra dune y clqu'clicr des moyens dV'dili- CitltOPv .fjc yonsobdation. Lorsque l'empereur s’est emparé des armées^ d'abord, .et du trône ensuite, non seulement il a régularisé, ordonné,., organisé Iqs armées juformos de la République, mai- il a lait seryiryys **#**«/<[% enrégimentés, à lV-dilicatioti de son trône de*pQ(iqM..f?C& uu procédé.analogue. que legouvernement devra employer pour régulariser pi^grassivempiil et s'assimiler l’essai intorme, d’abord un peu anarchique, qu’il duil provoipier el satrv'cillc]t ditits les mas.ï'^ industrielles. 11 Jattl que les proltytim., pacili- .quemeiit onrégiinenlés, deviennent la base solide d'un gouvermmpU où la propriété sera respectée et garantie; il faut que les >»«.cvjottcs .t\c l’induslrijç soient m.i joqr les lidele- serviteurs, je ne dipas d’ail .pouvoir despotique, niais (fini vrai p<>iimr i/ni /«/;'w, d’un.gouveruementypii,gouverne, d’une autorité qui ne soit pas esclave; il faut, eu tnt ino.t, tonner mie société m’t il y aura desgonqui commanderont et des gens qui obéiront, et mieux encore, d>gens qui sauront et pratiqueront avec un zï;l<‘ égal, l'imlurité el /V béimnee, yoinmc «nja, doit.être daus timiq,Mn-iété urganw.v.

Les radicaïux yévolutiouuqires atlael'iero|ib que importance extrême à deux pojuts, en effet capitiup : Jieurouscmeul, leur solution du premier point est. liQipii;; el celle du second u'es! point dangerousi;, au premier moment. Ils vqudropt d’abord que I" gouvernement n'intervienne pas dans les assemblées des ouvriers; ensuite ils tiendron! b faire nommer les as-emblées supérieures par /« musse entière., ou du moins par le plus i/nniil mmihre po.-ihlo d'iel'-riimr'. 11 ne s’agi! point dc.çp/icér/cr <i> di;o\ principe-, ou de l'"i reshter, il faut que le gouvernement lui-même pu e le prcmi. t

et qu'il livre le .-eeuud à la diseus.-ùon ; i'uupnMubihlé leva justice dos assemblées monslros.

Les radicaux altaclioront ou outre uiie grande impnrlnnre au règlement parlementaire de ces assemblées industrielles; ils perdront un temps infini à discuter la formation des bureaux, l’ordre des'discussions, enfin la forme, sans beaucoup s’inquiéter du fontf. Le gouvernement doit faire le contraire, c'est-à-dire ne rien affirmer ni discuter, quant à la forme, la laisser toute entière à la décision de la tribune,el l’abandonner aux débats de la presse, mais affirmer positivement le fond. Il doit proclamer ce que feront ces assemblées industrielles et non pas confinent elle le feront; dire le but qu’il veut atteindre, et non I c moyen de l’atteindre; en d'autres (Ormes, il doit ajouter à la première partie de la formule d’Arago : nous voulons l’orgnnisalion du travail, ces mots: nous convoquons les émis généraux de l'industrie : telle est la vraie solution de l'immense difficulté soulevée par la réforme électorale.

C’est en effet (que ceci 11e vous effraie pas; la convocation de* états qu’il faut faire aujourd'hui; mais nu faisons pas la faille qui a été commise en 1788, lorsqu’on a convoqué les trois ordres, don tdeux étaient vraiment les ordres politiques d’alors, et l’autre l’ordreoirétV; en opposition avec les deux autres. N’appelons pas aujourd’hui sur le même théâtre politique 1 a prolétaire et h propriétaire, 00 dernier serait avalé, comme l’ont été la noblesse el le clergé.

O11 pourrait donc réduire à ces termes simples Inconduite qu’aurait à tenir le gouvernement pour commencer ce gratid mouvement soi cial.de l’organisation de l’industrie : Convocation des différons états ■industriels, en rue de l'organisation du travail.-, cesl-a-dirc qu’il importe, en ce moment, do faire prendre au gouvernement l’iniliativo pour atteindre ce but; il faut qu’il pose lui-même, la question, qu’il eu saisisse toutes les intelligences, car je suis cértüiiiupie lorsqu’il aura agi de la sorte, ce seront les hommes d’ordre et d’aulorité qui trouveront, les premiers, les moyens de réaliser cetlo organisation désirée.

Telle est, en effet, la nature toute particulière île l’industrie, que les questions qui la concernent, lorsqu'elles sont jugées par des industriels, ne peuvent .conduire qu’à des solutions pacifiques, pro-

(hu'liven; de, même, toutes les questions militaires, jugées par des militaires, conduisent à la guerre et à la destruction'; les questions de législation, traitées par 1 dos avocats,'conduisent aux procès et aux prisons; et les questions d’hygièno, traitées* par des pharmaciens, conduisent aux .médocines et aux! sangsues; Chaque homme est orfèvre, coipmo îjL Josse; mais, en sa qualité d'-orfèvre, M. Josse était plus capable d’organiser sa- boutique quo n’aurait pu l'être aucun gentilhomme;':^'que ne’ pourrait l’être, aujourd'hui, un bourgeois. " -■ • ■ •<.. / ■ 1 ■ 'i*.' 1

J’ai dit que, selon •la gauche, ■ l'organisation' inidustriello devait s’accomplir en introduisant, par. la réforme ëlcctorflle; les masses- -.dans la-polifique^eb que je croyais, au contraire,' important de préparer cette organisation en dehors do ’ là 1 politiqtie ; mais -je -crains bien qu’une troisième solution ne paraissb ali gouvernement plus 1 prudente et plus sage que la mienne et que celle des radicaux; cette tvoisièlno solution the semblerait au ‘ èontrairfi 'la plus dangereusé 'soiis tous les rapports, 'la plus impuissante pour le bien-, et la plus'capable 1 d'erreurs; la voici : les hoihmes.d’ordre Sentiront sans doute; le jour où'iKsêhliront bien noté temenfc Tini|>ortmido et Tntgence de 'celte- question 'd'organisation des niasses : pourquoi appolér d’autres que nous à cfrtlei œuvre) soit.par le mode radical de /«-rr/briarr’soit'par unë 1 etillVb'talion d'étatsï Ne sommes-nous pas'capablcs, nous goùverhemerit, nous chambré, nous-adminislrntion, de nous tirer d’affairé' tOUtsculs'? N’avons-nous pas dans le ministère JDf. Marliii'fdu Nord) et TOSfel avocats, qui entendent fort.bien’les travaux publicsl'Là'doelrfn'é n’at-'elle pasiM.i-DucMtolv l’ancien économiste 'dii'jounial' littéritinvèt philosdtihique, le Globe ? Les'Chambres n’out-ellea pas Mv FOuld et une quantité d’homriios nomniés pib 31. Dupin des loups-cerviers? En fil 1 In t lo | sède son corps dos'ponts-at-chaussées; Tout-cela est Vrai; etjo auis très loin de dire qu’il n’y ait. paày dans notre constitution politiquo (aetdcllopibeancoup d’hoiiimwt capables d’aider a l’organisation industrielle, comme il y avait'des roprésontans du peuple; fort braves, très-.vigoureux, qui .ont enflammé des armées.; niais l'armée‘a été forihée et organiséb 'par des hommes tels que-Moreau, Iloche et Napoléon, qui ne sortaient ni de M Co'uvèn-

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lion, ni mi'mcdti club des Jacobinfey qui étaient des militaires, et qui se sont entourés de sdltials, comme Massénif,"Jourdan,JoubertyLunnes, Murat, lesquelsrt'étaient pas dans l’admim'slratidn, mais <dsitis£ft troupe. Aujourd'hui, cë sont également des industriels qu'itdaül, de, wais industriels et nofl des hommes politiques {'ilfatitdes travailleurs, dos ouvriers, de bons soldais de l'industrie, commis dit Vjnv çard le prolétaire,' Icquel'VinÇard est précisément un ! de ceshéro'sdàj Jo crains beaucoup Celle' prétention gouvernementale, parce qu’elle n’est pas justifiable, parte que l’iilütistriti a jüsqtfiici été 'M‘'dehors' do la constitution politique, et que, pour l’y (faire entrer, 'il faut qu’elle commencepar's’organishr 1 provisoirement là oïi elle es(y'c’est- 1 'a-dîtt;en ■ dehors du parlementaiïé, Sàufà ce que', plub dard,-' ce''Premier essai d’organisation se modifie, ainsi quelo parlementairelui-mênie, pour se fondre, l’un ét l’antre, dans' urtO'bOuVdlO formc-.pôlitique. Jetsids plusjuste-milieuquclcsplusgràrtdsjbste-Wiilieit'ddmondevon repouss sant la prétention' des horilriiés àii'letlihefté (la 'rétbrinn électorale ■ pour rorganisatiôn'dé'l’induütrié'j et îa'prétention pirohablovles horfomes de Y autorité ( POrgdnlSfttion 'dëTmdUstric'pur 1 île gbuvewiement' actuel), je dëfehdd'lo s’èntmiëhb'deà 1 Itommesdu propres, dés’honp mes qui aiment également l’ordre et la liberté, en demandant l’organisation sociale de l’industrie en ilelMVsrl'à.'côlè de il’-organisatibn politique de la bourgeoisie'propriétaire, eii demandant de fonder un nouvel atelier au lieu de llclrüire l'ancien Ou de's’obstiner à dra- \m\ler dans lés ruines de là'Vieille boutique. ■ :

Avant de résumer •ëOUsüiie forme'pratique, et pour ainsi dira en projet de loi, ce que j’ai Si'longuement exposé, j’ai beSoin de rësumer les motifs, et cè résumé sera,' feolon moi; décadré du discours qui accompagnerait la présentation aux-Chambres; ce serait l’inspiration que devrait suivre le ministre qui’en serait-chargé. •

1° La reforme électorale cache une question sociale de la plus haute importance, Yorganisation'industrielle ;

2° Le gouvernement,plus encore que l’opposition, en comprend la nécessité; , ,

3° L’opposition refuse au gouvernement la compétence en pareille matière , puisque c’est dans le but de-lui donner i-cette capacité qu’elle propose la réforme électorale;

i'^Lc gouveriiemunf reconnaît, il est vrai,.que l’organisalion.in-, duslrielle est,un fait, MP.uvçau pour la politique; mais il déclare qu’iUui, appartient defq.provQquer et dp présider,, pqmme il l’a fait successivement,, pour l’organisation, militaipe,jpjdiciqire, électorale, communale, do la garde,nationale,.en un mol, pour tops les faits politiquesiqui se sppt prpgressiygmentt dqvelpppé^. depuisla grande révolution française, et qui ont.Tcplacé pqu à pernsup idc nouvelles bases la société ébranlée qt transformée ,par cotte révolution.

5V Dans.cette situatiop, lp .gouvernement-doit saisir lesChambres et lCpubliede cotto ,grande qpestipn,,, mais, il, doit surtout, appeler ,à concourir ïi ,sa'sqlu(iop,. Ips fipmniçs qui y ont rapacité spéciale, par leiirs-dludos, leurs travaux,qt les.intéçèts de foute,lç\ir vie, c’est-àdirftlqsindustriels«uxjm^mps,...... , .

6° Dans cq bui,(il proppse,, aux, .Chambres un projet de loi,qui, livrant aux détjalsidfiilaiitribpne.çttdc la,presse la.question diorganb ration industrielle, auraidircctçqncntipour,effet d’pbtepir,des indus-: trials, «îiixdmûmesy.par une convocation générale de,,tous les membres (h l’ùulnstriemationalq,,!’expression dos vieux dq l'industrie, et dc-posdrdés preipièrps ibases d’pne organisation qui sp développera avecprJÏdonde." •• .■ - ■> „ .. ..

7° Gebprojotdoiloi est doue m\q.convocationjtc f hulujstrie, en vue de.d'organisation wdustrieUo, ( :,co»vocatiqn générale» .comprenant tous les memtees^leii’industriq. commerciale et manufacturière, répartis d’abord en trois classe»'correspondantes aux. .tqojs .classes, des patentés dans lo commerce, et aux compagnons,, maîtrgs et cliets d’atelior dans les.aiilreï^/àsaions ind^slrjiellef ;.puis en deqx autres-'classes supérieure^ résultant, lq première, d’.une élection faite par. les trois premières classes, et à .part (égale; la deuxieme,, d’une élection faite.par la .première, classe, etioprésqatanl ainsi les. vœux cl les intérêts do toute la population industrielle, > , ,.

8° D’après ce projet î des cliefsdieur de canton, les chefslieux d’arrondissement, les chefs-lieux de département, les grands centres de population industrielle, enfin la capitale, auront une, ou plusieurs, ou la totalité des cinq classes ci-dessus indiquées, embrassant les intérêts individuels, ou collectifs, ouuiUYprscls.de l’industrie française.

9° Ceci n’est pas l’organisation de. l'industrie : c’est le cadre préparatoire de l’organisation ; c’est non seulement un appel fait STiïiduslrie elle-même pour exprimer ses vœux, c’est aussi, pour' les Chambres, pour l’administration, pour le gouvernement, un môÿéli d’apprécier les procédés propres h régulariser et développer lo' rtrouvemeut d’organisation industrielle; c’est, en outre, lbmoÿfcndc'fâirc surgir, desxlasses industrielles, les hommes dont la capa’cité politique n’aura en effet sa place, qu’à l’époque où rmdustriéèllé-mème aura pris sa place dans notre constitution ■politique.

10° La réforme électorale pour l’organisation de l’industrie est lino question à retourner et qui doit être posée ainsi : Organiser l’iWus- Irin pour pouvoir mettre nos formes gouvernementales en likrmonio avec les besoins actuels et futurs de la société. Tant que les classes industrielles, les masses, n’auront pas un certain degré’ d'organisation, tant que le peuple sera dans l’anàrchid sous tous les"''rapports; toute réforme politique qui rapprocherait de lui le'cens électoral, sera anarchique, révolutionnaire.

'•l’ai commencé par la réforme et je' finis par elle, c’est ' que là est le danger, el que si le gouvernement ne paré pas eétte attilque, cri afaqeant lui-même, nous n’échapperons pas encore une fois à'uiic révolution.) . . ! '

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