DEUXIÈME PARTIE
POLITIQUE GENERALE
POLITIQUE GÉNÉRALE-
Le Caire, octobre 1835.
Mon cher ami,
Quel que soit le résultat de cette victoire, d’une hardiesse aussi impudente qu’imprudente, que vient de remporter le ministère, il est certain que nous sommes on conlre-révoluiion, et par conséquent arrivés à uue nouvelle oscillation de la balance politique, au moyen de laquelle la France marche de l’ancien régime au régime nouveau. Quel sera le nombre de ces oscillations? Je n’en sais rien, mais elles sont nécessaires, inévitables, par conséquent elles légitiment très bien les vues des doctrinaires, dont le seul tort est de voir dans ce fait, éminemment transitoire, uii fait éternel.
Etre en coutre-revolution. cela signifie être gouverné par un pouvoir qui veut l’ordre, sans savoir quel ordre, mais enfin qui veut l’ordre, parce que son instinct, et une vue assez profonde, quoique incomplète, de l’histoire, lui montrent et lui font sentir que jamais pouvoir n’a duré et ne durera sans ordre.
D’un autre côté, être en contre-révolution, cela signifie qu’il y a une masse d’individus ne voulant pas l’ordre voulu par le pouvoir, parce que leur instinct aussi et l’étude de l’histoire, leur montrent que c’est l’ordre du passé auquel on prétend les soumettre.
Or,-il est toujours résulté de ' toutes les oscillations doice genre, dont qudques-ancsonteu'niôraq plusieurs phasessiHMossives,qu®, par chacune d'elles, l’ordre du passé a été de* plu&cnqilut modifié et rapproché de l’avenir ; si bien que los Bourbons, quoi qtfoir'cn ! ait "pu direpétaieut plus pres que Napoléon’do l’ordre 'de l'avenir.' Un fait suffit pour le prouvera ils ont toujôursété en pair, Napoieotr 't'ônjours en guerre. Attjo iicd’liui,'jrsùifc.par*touîS-Pliilippu, soit''par Henri V, soit par tout autre fait contre-m-olutionnau-c, nous marcherions encore vers l’a venir, do même ipie, ■ pa ries 1 faits 1 nkohi li/ab maires successifs, nous,nous sommes de plus en plus 'dépouillés’ do 11 ce qui doit mourir dans l’ordre du passé.
Je le sais, cet optimisme a un caractère 1 - absolut' qbi le rond niais, si on ie pousse dans toutes ses conséquences; aussi no lu faisje pas, je uc prends.les choses qu’en masse; mais il estrun-mHre re.: proche à faire à cet optimisme,, c’est .son'apparent fatalisme; qui empêcherait d’attacher grande importance à la prévision do d'avenir, puisque, quel que fût l’événement, l'humanité on profiterait. Aussi 1 ne me bornerai-je pas à ce fatalisme, et en vous disant ce : qnd je désire, je vais exprimer ce que je crois devoir-arriver ; ce s( , ra"(»iifribuer par moi-même à l'enfantement de Tavenip.'
Les idées,phitosophiqnes. et -les- faits économiques ont ' accompli 1 des progrès énormes depuis,vingt ans; ils’agit aujourd’hui..'de faire faire les mêmes pas dans,ledomainedo la politique;' ; ’
Nous louchons au .moment oiii les .grande?'.questions;- les-vraies questions politiques vont, sinon recevoir, une Solution;, au moins se présenter clairement à tous les''jeux...Sons-Louis-d'Mlippe, sous 1 Henri V, sous tout antre gouvernement eonlre-rèvoUitionhain -, il en serait ainsi. Je. me réjouis donc de,cç,-que le roi, ; e.t.ses'minislros ont profité d’une circonstance qui Jeuria.ppnnis de manifester nettement U vjs\oatidft,goper^^^ .»«• •. n •-
Mais pourronl-jls réaliser, leur prétention îWautrps vkmirml-ih à leur place pour continuer cette tentative? ou enfin cet effor.t,serat-il le signal et la cause 4’w,cffcl,coiitpaiie.,t{iiVinp\\s,ï;eçlon®>r.a un-, corc une fois dans la.vqie révolutionnaire'h En .d'autres .tennos, o>Ihw iouis-P/uKppv, esl-w Hcujri,V,.eslve.l;\,République, que nousallonv • >ir -ur k scène? ... -, . ..
.l’ai, (lit que lu conduite actuelle dirgouvernement' me paraissait d'uno liaijdiesse-aussiirflpudentequ’ihiprudontc-; jonc crois pas avoirbesoin de justifier laipremièro qualification; mais la seconde Semble^ rail, devoir résoudre; àPavancOda'dernièrc question que je viens de-’ poser-, ou alu moins oxclure lé nom de 'Ii.oiiis^Philippo'tliv' la-triplé' hypothèse .que je viens.-de faire.-Tolle n’ost pas mou intention. I:’imprudencoinü'paraîtinuneuscjpj'odigicusojimiis.jc'nc ltrcrojs pas ir~-
,réparable... '■ 'Ià '■ t. c...> ■■■■,. e-
[ Dlabord, pour rendre .plus claire la- question qui" renferme trois 1 incommos,^vuis commencer çar-mvélimmeri'ime, la ''République : eu voici la raison. - ■ ■■• “• • • :i •'<>,•» ■
Si.près doiSdOi' je regarde comme difficile'’de-croire prochainement .à un acte-puissant-ct' mômo-victorieuxdu sentiment révolu-' liomiaire.:Lesirépublicain9 eux-mémesn’espèrent pas que -les 1 clasSOst dites supérieures puissentsc convertirpcu-ù pemetrenverserlp pouvoir actuel,, comme ccla.putiso' faire par les étaUsigénérawx -etlesâssernbléos, lors, de, lai pnemiùro révolution. j Les plus raisonnables et les plus adroits parlent.ide.slen rapporter -au--progrès de la'-raison} et- de ne compter quo.sur des moyons-pacifiquos.-pour la propagation de leurs 1 principes; à la vérité, ils no-prétehdont-pus convertir Yuristocralier mais, seulement les-masses,, (ce qui ' n’c'st’ pas" potite , 'afi'uirc , ),-‘affir- : niant-, avec; raisote,-d'ailleurs,. que; si" lps-urassêsravaient iine vdkmté commune bien mitaine, ■r.aristocratie'scratt , bbligée-,.suns violcncespopulaires,-majsi.par contrainto .jnoralé; do.marcher - dansdes 1 -voies voulues ■,pur, le.peuploi"Dans- oes tcmios,' le. problème exige- dur' temps, si même-ili'iéest pas insoluble; Eliminons donc,-.pour'le mo--'" mentj la République p-toutefoiép TappeloiisMiOtis' qu elle ‘ pourrait 1 avoir-un -succès-complet, à rët*;trd''d r l!n jibttvoir qiil hV 'lai&crail' faitè', mais aussi xVd'tigard d'-nn'-pdüvoir qui J it« sfuirtM''dmJiloj'èé’élivM' ' elle qu'un système à'intimidation et surtoût fto'üïre'itr'. 1 ’L”Rit\miihtion ly’miltluit/ die - éêt bUé-tilfiïne’ ‘üir dth'eloiip'dmciï/ " obligé’ âi 1 ' '
h résistance.'" --i o-i.. ‘ o'-J. ,- >i . •••■ .
Cccv 'm’timè\\«. Mb ü&taeMnehb % e-Mhitihï cdmmtml \i‘ géuVer- ' iiemeut iK-tHr'bperttcû'llÜhueP l’réuVre ! qVi'U il 'èu la 'Harctièsso' dVn-’ tn'preiidi't-i-et'j'miroiiparla;'iésolifla <ltieblion-'ihitiV-'Ku épniwi'V. '
éloignées, ou de rnellre il une retraite bien rétribuée, mais enlinàlj retraite, des serviteurs compromettons, tels que JIM, Bugegud, Viniiiet, Jaubert, J. Lefèvre et compagnie,, et surtout ,M. Persil, il i.y perdu. Si, au lieu de vouloir seulement intjmider la République, il ne cherche pas à faire quelqu’entreprise glorieuse, ave.ntuycpsi), utile, productive d’argeut et de gloire, .qui remplace l'animation qu L donnait la guerre; s'il ne joint pas à l’intimidation l’attractimq.si, dans la famille royale ou dans le ministère, il n’y a pas un t M! assez large, un esprit assez habile poux sympathiser avec ce qu’il y a de grand et de généreux daus les ennemis du pouvoir,,et pourle dire hautement; si I’wb continue sur le tou méprisant, irritant, qu'on emploie lorsqu’il s’agit d’adversaires politiques; enfin, si l’on veut être Napoléon sous guerre, sans républicains au sénat,. saris idlr* ' dans scs antichambres, sans rien qui remplace ces trois conditions de pouvoir du plus vigoureux gouvernant des temps modernes, on tombera.
Mais ce n’est pas tout : je viens devoir, principalement en t ne la République ; il y a un autre adversaire, et celurd’a e$t boaucoii|i plus redoutable, quoique ce soit un enfant; la République ellemême serait uu.aide pour lui. Quoique les.partisans, de la légitimité fassent beaucoup moins de bruit que ceux ,de MM. Carrel, (Jn\ainac, Bastide, etc.; cependant, comme tout ce qui est partisan J» pouvoir actuel ne tient à lui que parce qu’il est pouvoir,, il est pris bablo que tous se rattacheraient à Henri Y, si quelque événement mettait en discussion le trône, et que son nom serait pronone par le plus de bouches, mémo dans le cas.où les Républicains renverseraient le gouvernement actuel. ■ ■
. Ici, je le confesse, je suis plus embarrassé pour concevoir If mesures à prendre, afin d’empècher. cette,nouvelle .oscillation cuti' le fait et le tlroil ; la raison eu est simple : c’est qu’il y a tout t passée! tout l’avenir en présence t’entends par là qu'on ne pouro instituer un droit social nouveau, que le jour où le droit, ancien u»va été définitivement jugé ; or,-comme je l’écrivais dernièrement-' Home, Dieu n’a pas dit son dernier mot sur le modo à employci pour substituer pacifiquement un droit nouveau au droit ancien.
Les habite de la politique rétrograde ont répété si souvent qi"'l-
légitimité royale embrassait toutes les légitimités, qu’eu effet la propriété tremble quand le trône chancèle; les propriétaires sont les défenseurs du tous'les trônes, quels qu’ils soient, maisilspréfèrent avant tout les trônes légitimes , ils sont éminemment dynastiques. En conséquence, je ne conçois l’impossibilité du retour des vieux bourbons qu’à deux conditions : la première c’est qu’ils mourraient tous, la seconde; qui est la principale, c’est que leur remplaçant marcherait tellement dans les voies de l'avenir, qu’une révolution serait impossible. malgré leur existence, parco que ce. pouvoir apporterait ’ l’ordre, la paix et le travail, et rassurerait ainsi les intérêts vraiment légitimes. Dans tous les cas, je ne vois pas,- jusqu’à ce que Henri V ail âge d’homme, qu’il y ait beaucoup à craindre son intervention dans la mouvement social; mais cet âge approche, et ce serait dcï aujourd’hui qu’il faudrait commencer à élever les barrières que, plus lard, il ne pourrait franchir.
Si l’on no sc hâte pas do réformer les musses pur une éducation qui leur serait donnée sous toutes les formes, au théâtre comme à l’école, sur lnf’pla'co publique commo dans les journaux el les livres, et qui détruise les préjugés anti-religieux quo leur a transmis le xvm 0 siècle; si ou ne substitue pas, au fade sentiment dè 1 la tolérance, vrai sentiment de castrat, un sentiment do. juste admiration et de nublo enthousiasme pour toutes les institutions religieuses qui rèunont sur le monde, et pour les hommes qui les ont créées de leurs iravaux, de leur sang, de leur vie; si on ne livre pas une guerre puissanto et à mort aux prétentions athées des malheureux savans mécaniciens, anatomistes, brutisles et abrutissons, dont l’opinion
exerce encore tant d’empire sur le peuple; si l’on ne fait pas enfin, mus ce rapport, la critique de la critique (comme disait 11. de llémusat dédis l'ancien Globe ) avec uuo Verve semblable à celle qu’on ( U mise à la simple critique, Louis-Philippe dovra craindre les prêtres do Henri V, 1 car le meilleur moyen- do faire fuir les Jésuites, v’est de vendre une justice éclairéo ot glorieuse à jésds, c’est do lui vouer un culte sincère d’admiration ot de reconnaissance, c’est d’être vraiment religieux.
Mais pour Dieu! qu’on ne se refasse pas jésuite ; on y mourrait bien vite, j’aimerais presque mioux qu’on su fit Mahométan; pour 1 Occident, ce serait presque un progrès.
.le crains que ceci ne soit pas clair ; mais réfléchissez à ce que f; dis du sentiment de lu tolérance, et je crois que vous comprendrez bien coite transforma lion réelle et pourtant vague qu’il faut lu faire subir, transformation déjà précitée par des hommes Ici, que Michelet,. Quinot, Ampère. En d’autres termes, conservons précieusement le dogme critique: pas De rel.g.on de l’etat, maifaisons plus que de tolérer ceux qui croient en Dieu, et forçons hsavans à dire pocrqvoi ils n’y croient pas, puisqu’ils prétendent bu. ser leur incrédulité sur leur science.
Le Imt à accomplir envers les masses u’est pas nuire chose, sou, ce rapport, que celui-ci : leur prouver qu’il u'v a pas de seicun. qui puisse prouver que Uien n’exisle pas, et pour cela pousser lis savons jusqu'à leurs derniers retraucliemens, les mettre à ijuiti;breste viendra tout seul, var Dieu est dans le peuple, el je dirai, presque (qu’iL me le pardonne) qu’iL n’ose pas s’y montrer.
Sous le rapport politique, une mission semblable doit être ncroiiiplie;il faut faire rougir le peuplc.de ce qu’on lui,a faitperdro toutreconnaissance, lout enthousiasme, toute obéissance pour l'homme fort et puissant. Il faut réhabiliter tant de réputations et d’inslilnfions salies par la bave de Voltaire et par les ordures de ses salesuccesseurs; mais, bien entendu, pour enterrer noblement ces réputations et ces institutions, non pour les ressusciter au dix-neuvième siècle. Ne nous faisons ni évêques, ni barons, ne reconstruisons ni les couvons ni les châteaux,. if appelons pas à grands un un Mahomet, un Louis XIV pour faire le bonheur du monde, mni- 110 les nommons pas imposteur ou tyran; inclinons-nous, lorsqu'un prononce leur nom, plus bas que lorsqu’on prononce celui de Nruton, ou lorsque nous saluons M. Arago.
Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que ces réhabilitationreligieuses el politiques sont déjà bien avancées, mais il faudrait être plus aveugle encore pour ne pas en faciliter la propagation avec zèle, et avec toute la puissance que, donne un pouvoir qui veut gouverner et non plus se faire traîner à la remorque par les avocats cl batailleurs de paroles.
de grand dans les hommes qui représentent le passé, qu’on pourra
— '(il -
parvenir à les-attirer a sol; mais il faut lo dire hautement, et' no |ias’los' flatter en cachette -et crier contre eux en publie.'
.1tisqu’ici' 1 j’ai - considéré la situation'de la France, ihdépcndantmwildei’influenccréciproque'qui s’exerce entre elle et les autres nations r ce serait un mauvais moyen d’arriver à la solution'dos immenses' difficultés de sa'position actuelle j carie véritable remède, ■don moi, pour toute société qui se ronge,- e’esl de eherehor la vie dans .sacommunion avec les autres sociétés. Sans les guerres euroliéonnes de Napoléon, sans cette mission'universelle-qu’il donna à la France; 1 on aurait joué a l’échafaud jusqu'au 1 dernier homme,'il ne serait plus resté que le 'bourreau ; mais l'exécuteur des hautosicuvres de'Dieu 1 s’est-fait empereur, et avec ses-valets il a couru le momie; et par eux, nous'avons tous vécu, pendant vingt- anspdegloire; ol ils ont mêlé le'sang de vingt peuples 'plus 1 près que jamais, aujourd'hui, de se reconnaître comme membres d’une même famille, comme frèiès. ' ' "' "v ■ -
Dans ma prochaine lettre j’aborderai 1 la question'do politique-extérieure, h'laquelle’'est également attachée l’existencodniunuvorwmorit actuel. " 1 " •• -
POLITIQUE GÉNÉRALE
te Caire, octobre 1835.
Mon cher ami,
La solution do'l’état maladif qui ronge la Franco est à Constantinople; lù s’agitent en ce moment les destinées du niotide; c’est là qu’elles seront décidées dans le cours de ce siècle.
Jusqù’ici, les gouve'rnemens d’Angleterre et de France ont <lii temporiser et maintenir le statu quo; ils l’ont fait; niais aujourd’hui'il ÿ va dè leur vie, il faut se Mier; dés hâtions coihmcl'Angleterre et la France, si petites relativement à ' leur immense influence, ne peuvent 1 pas vivre des vingt années sans cxercer'activement cette religieuse et civilisatrice influence que Dieu leur a donnée. 11 en est d’elles comme de lânt d’ùmes élevées,'généreuses qui. ne sacliâhl où jétèr leur activité, et ne pouvant se condamner à la laisser soriimeilïer sur un traVail 'Vulgaire, fee livrent aux désordres les plus ruineux, et'dépensent leur vie de la manière la plus coupable. Mon Dieu! comment ne pas gémir, quand on voit sur le slolu-
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iant do peuples misérables et ignares, cl, d’un autre côté, des nadoiis riches et savantes qui consacrent des années à se consumer ,ur elles-mêmes ! Où. donc est l’enthousiasme, où donc est la gloire, oit donc est l’honneur pour la grande nation, rente des mers, pour le grand peuple, roi de la terre, si la grande nation se renferme dans Londres et le grand 1 peuple dans Paris ! 1 Finissous-en avec la politique de Napoléon, sou temps est passé ; laissons à M. Bignon et à ses amis le plaisir de croire que les barbares du Nord vont nous envahir, et que Nicolas est un croquemitaine qui n'aimoà manger que des Français; nous ne craignons plus Pitl et Cobourg, pourquoi donc craindrions-nous Nicolas?
Le sialu quo de l'Orient? mais c’est laisser mûrir le fruit que vous voudriez empêcher de naître; c’est vous condamner a ne recueillir vous-même que la honte d’avoir méconnu la volonté de la Providence et d’avoir voulu vous opposer à ses lois ! Déjà, depuis plusieurs aimées, il a été dit à ceux qui craignaient la venue des hordes de cosaques sur l’Occident: tournez-leur la face vers l’Orient ! Dieu soit béni! il a entendu notre prière! N’est-ce donc, rien de voir déjà la Grèce, Alger, l’Egypte, la Syrie échapper aux mains du sultan, et ndui-ci forcé de se réfugier dans l’amitié d’un peuple voisin, qui, dépuis qu’il a âge d’homme, rêve Constantinople, et qui a'été bercé par sa mère de ce grand espoir? Constantinople depuis qu’elle est fondée, a toujours été la capitale de César, la capitale du sabre le plus fort ; celui do Mahomet de tous côtés est ébréché, et l’épéc la plus forte, aujourd’hui, c’est le czar qui la porte; lui seul est vrai ment autocrate, digne successeur de Constantin et de Mahomet, Vous ne voulez pas qu’il règne à Constantinople? Mais il y règne, de fait, cl Mahmoud est bien plus son vassal, je pense, que Mehémet-Ali n’est celui de Mahmoud. Qu’cst-ce donc que cette, lutte niaise ,qui croit dissimuler un fait, en jetapt dessus quelques papiers diplomatiques? u
Qu’on aborde directement la question avec la Russie. Vous voulez exefeer,.lui dirait-on,, votre influence sur l'Qripnt, spr l’Asie- Mincurei sur la Perse, sur k Chine pleine, ,et pour cqk.vops yonjpz Constantinople etla mer Noire; prenez! Mais maintenant, à nous la Méditerranée, depuis Gibraltar jusqu’aux Dardanelles, à nous la
i-.jutp du golfe Perrique, à nous celle de la mer Rouge! A vous l'.\. >ie orientale à civiliser, à nous l'Inde et l’Afrique. Et alqrs l.ondiv, et Paris s’agitent et fermentent; les frais immenses qufynécessiterai! une guerre avec la Russie ; guerre inévitable tôt ou .tard dans l'Iu- [lothèse contraire) sont employés à des expéditions civilisatrices, à des occupations militaires protectrices de travaux pacifiques ; les esprits aventureux, les tètes ardentes vont vers un soleil plus chaud, elierelior la richesse, la gloire et aussi le plaisir. ,
Mais ne nous méprenons point sur la forme à cmplpyer date une pareille politique; ne rêvons pas des copies,,de,^'affaire.,d’Aluer ; ee ne sont pas des colonies qu’il s’agit(le forrqpr, ,ni des gouvenieurs chrétiens à imposer à des peuples musulmans, gi la Rus- -ie faisait la sottise de détrôner le sultan (IJ et de mettre un de sis généraux, comme gouverneur de province, sur,le trpnc oh Restas* Constantin, sur le divan des sultans, le général intru^,. malgrji toute ■si force, serait bientôt étranglé, et tous les beaux soldats de Nicolas jetés à la mer, empoisonnés. ^ ....
De même, si la France et l’Angleterre, par suite de ce-quo je riens de dire, voulaient s’emparer de quelques provinces méditerranéennes, et y couronner des d’Erlon et des Clauzel, elles y mangeraient de l’argent et des hommes inutilement. Et pourtant, un jour, la Russie aura ses troupesk Constantinople et dqns l’Asie-Mineure; et la France et l’Angleterre auront aussi les leurs partout, où elleilevroni porter leurs mains civilisatrices ; mais qu elles ,se gardent de vouloir administrer, gouverner; qu'elles désarqient le. peuple, comme Ibralüm Va fait en Syrie ; qu'elles maintiennent l’ordre et protesent les etabhs-cmens des Européens attirés par leur haute m-
,1) Peut-être me direz-vous: mais si la liussie veut détrôner h sultan, qui l'en empêchera t Je réponds, personne; et j’ajoute hfme,malgrécequejedis plus loindu gouverneur etdes soldats russps qu'il me parait plus facile, pour un busse que pour un Français et même un Auglais.de gouverner des Musulmans, voisins de l’Europe. Cependant, je regarde comme très important pour la Russie, qui s des sujets musulmans, de ne pas détrôner le chef de l’Islamisme, Peut être plus tard l’enverra-t elle ù Koniah, et plus tard, encore: Ragdad. mais pas à présent.
(inimi’P.' Voilà ’lMlf Mie. mijohlvl’l.liï et «t.Hi-T.nI-UH : 1 nuli. 1.11 (!:>
• ’Ka p'iVfiltqïte quéïèïTe IFS'frMmii.'dt^"pcii|ili»s a llmjimrs en, ju~
',pi'ic i i; ii iufe'lia!Cc fliéofique. I,a vîeillo' , baso, «lit- fr;ut. r * deWesiplialie. if fl? r’rtlvorsén p.ir ' Mirée 'do la 'Russie dans In politique eurn- "pA'iiiip ;"(T«'ri/ i 'm1li<‘'iwrrl, l 'la ! nouvelle tic qu'a prise l'Amén-pm c-i VflMr1l l vprin?'flailiü:('r'fi , ll('‘l)a’-ii'; enfin, aujourd'hui l'Orienl paie un rôle qui doit ritottillor 1 tés eonihinaisnhs pivcelenlos. Fii bi-n ! ''dcpuiilmrè 1 ces éliiifuJomenV, lôiiV n ; s iiirrüluli-'- ■■nicn- île la nirli ■ 'pblillqM,' durWn'jtrîncipo iiniiveni i n’ù été posé, minute hase de la ■fHplÔnulUf* l'iirépéi'illK','si ce n’i'sl’eélm-iï : Tourner les ynn -■</,■ lu jiUs'w refitOAcnt'l'
' Oli'Bll lui fôurno (loin' lis Veux' vers l'Orient, en feignant de nni- ' 'l&rrempécliérd'à'llérY/ins iTs )iolles’rnnlrée>;qiiVh l'y [miu-m-, en ‘^îyaursô-n'iblàn't if.-' la ri-Ù-nîr ;"qli'oiT aiiTair d'en être fiché, lor<- "qi^bii ell' est' coi'Aént; peuimlro cespelilis feintes sont-elles encore obligées clans la diplomatie ; aussi serais-je'Wn de di-cnier moyen,
' cVMlfi biil'qu’ii'hie plirait nnpnrfant d’allehnire, et, je le confesse, ''céïiüqiii ^t'^feàn'youvoïr'soiymieux places que moi pour le ‘PliBni SeJ moyens ; par la menie raison, je suis mieux plant qu'eux 'pdbtHmirlejbuf.ui’élant'pas préoccupe, comme eux^pm; toutys les Ifflssérles quoiidienn'esqm'ie's'rorcenl à revenir toujours auy miuolleu'x de/ai\jiâ|'ta praiique immédiate. , ^ ^
' l,l .T<<Hs('rnis > ljU'n (Uoiiiü* 1 m," ü’i' i à qli<>îqiip ijt/'' se passait pas
’Hk'fiSVçs’Vîtÿsî^ïjnient'tVf^i^enohieiis.lrîS; 'probables, qu'il < s j inutile d'mdimieyyi:' ;5|^j,i>tin.;riûen'i |dçinVmelil à eus von ilY ’idd-s que je Viens ifémetlre.
Que la France, cl FAnglolorra-soioM doue prêtes à saisir les itéradons de donner à la partie remuante de leur population un érnnle-
‘«v.OV -îiyp jsv^tp»
le-Wgfès intérieur pcwro ü’^feclUOr plus jttpidomont et sans «... 'coiissMpfrieltez'de côtoie mrtVetvqne je propose; si mus étt avez un ’molilduV ; ,^sj\jà'usVj'jeri ji|ra p|sjjelj[;fclij;z 7 fp,.vjjp., car le,.temps .pretgqqnpn seuV^apnt ipoyula France cl ),Angleterre, jnms pour mus les peuplas, FtjihtiClpaWnéiit pour les Turcs et les Arabes,
Dans ma précédente lelli'e et dans celle-ci, j'ai voulu établir que le
gouvernement actuel devait faire ce que seraient obligés de faire euxmêmes, s’ils arrivaient au pouvoir, les républicains ou les légitimistes, .le trouve 1 une nouvelle preuve de la nécessité'dé cette règle de conduite politique dans un ordre de faits dont'il’Pst fort imjiortànt de tenir compte, ot que nos hommes d’état dmjour ne consultent' (vas assez. ’
Vous savez qu’il ne faut pas toujours prendre h lalettre les formes que les grands poètes donnent à leurs prophéties pillais' il faut écouler avec, soin le Dieu qui s’agite dansleur sein. Sans croire aveugléméni aux espérances républicaines de Cliàteilubriàndj Lamennais ot'llallanelie, j’éeouto avec recueillement la voix de ces écliôs (le, la phlisée humaine. Nous savons ce qu’il y a au fond de lame do cestrois grands oracles;, ce sont les dieux de notre jeunesse, nous les 1 connaissons pur cœur. Or, tous trois ont exprimé, depuis quelques années, une puissante. sympathie pour les immenses,douleurs du-peupleneiix - qui avaient réservé jusque.là toute' la poésie de leur ûmo {Jour lusgrandes infortunes royales et papales, ot qui n’avaient'chanté quopour le trdne.pt l’gutel! Et maintenant, vrais poètes, c’est leur dernière passion, leurldernier amour qui,colore toutes leursipoqséos. Ilstebanlem le peuple, î'/sceojinmLla.Répühliquej], f ;.A . ••• V
Si j’avance vers les rangs plus jeunes des lévites, dé l’hümanité, si j’écoutePierrei Leroux, JeateReÿuaudet, même SdÜiterRehve , ce petit résumé ,des trois grands oracles que j’ai nommés, tout à l’heure, sanâicroire auxformes sociales qu’ils prophétiseiit, jiSisonstlo/Dieu, qui vit on eâqetnje suis, certain-que l’iminanilq marche.versfmtvère de liberté, de vé/ité,'de probité. oi-l k, . li ,f, ,r
Eh bien ! le gouvernement qui a.èontrc lui ltq'foix.de.Lamartine, ilo Berrycr, dfe Chateaubriaitd,,deLamenf(ais, de Biillrtnchc, dei-Béranger, de Leroux, Reynaud, Sainte-Beuve, Hugo, doit mourir d’iuno maladie très'gravevil’atrophio,du Gteur. iliùl, L-i- Or, ce ne sontmhdes ponsionsj ni ..des placés qùiiVQus pt,tachent île tels hommes et qui les font chanter; il leur faut de grandes œuvres à,célébrer et une gloire à acquérir,; et cpmmp.,avtjourd!lînilunmonse rûajorité des poèles,éet surkfut les plus püi.ssans,'sqnt p)ri))cipaloment pqéocfcupés de voiruimélkirer leisort,moral, ,in|plltjotnelipi physique du peuple, c’est dans celle direction que chercherait dinar-
cher un pouvoir qui voudrait se concilier leur amour et leur puissance ; et il ferait ainsi facilement disparaître ce qu’il y a de rêve dans leur poésie, car il leur donnerait la réalité qu’ils désirent.
Cette route me paraît très facile à suivre pour le gouvernement actuel, et, je l’affirme, ce serait certainement celle que suivrait Henri V.
Henri V se proposerait surtout l’amélioration morale du peuple ; le gouvernement actuel doit surtout s’occuper de lui donner le bienlire.
Les légitimistes seraient forcés d’entrer dans le mouvement d'éducation'pdpulaire qu’ils ont tant redouté autrefois. Le juste-milieu, le gouvernement des bourgeois, peut entrer largement dans la voie de l’organisation industrielle, qu’il a depi préparée par de grands travaux.
Oui, une nouvelle restauration serait forcée aujourd’hui d’exercer lé pouvoir en faveur des' masses, en faveur du peuple, par deux raisons : la première c’est que les Bourbons ont été chassés par le peuple, je ne sais combien de fois, et que cela finitpar être, de la part du peuplé, une preuve de force assez positive et respectable ; la seconde, c’est que la foi politique des hommes puissans est tournée aujourd’hui de ce côté.
Par Louis-Philippe donc l 'industrie, la politique pratique; par Henri’Y les doctrines, la politique théorique ; n’est-ce pas déjà sous Louis XVm et Charles X quo toutes les doctrines ont fait tant de progrès? Et ne dites pas que ce progrès s’est accompli malgré les Bourbons, car il consiste surtout dans une réaction contre les doctrines du XVIII e siècle, réaction qui a déüvré tous les bons esprits de Voltaire et dé Rousseau, malgré Touquet et le Constitutionnel.
Louis-Philippe a-t-il déjà assez avancé sa tâche industrielle en France, pour qu’il soittomps de revenir aux doctrines ? je ne le crois pas encore, mais cela approche.
Quand les Bourbons; méconnaissant leur mission, ont voulu tuer l’intelligence dans la -presse, on les a mis à la porte. L’élaboration spirituelle faite,sous leur règne était suffisante; leur temps était ûni. Que Louis-Philippe prenne garde de vouloir museler l'industrie, de
porter atteinte aux intérêts matériels, de jouer avec le budget comme j] "vient de jouer avec la presse et le théâtre, de hausser le électoral comme il a modifié le jury, de faire de trop prompts ehangcmens au tarif des douanes, tout en travaillant peu à peu à celte grande œuvre, de se brouiller avec l’Angleterre ou do faire, do concert avec elle, la guerre à ia Russie ; qu’il priçsse les examens et les adjudications des grands travaux publics; qu’il économise sur le budget, réellement et non pour escobarder; qu’il diminue les impôts indirects, comme M. de Yillèle dégrevait l’impôt foncier ; qu’il protège autant les institutions agricoles et pousse autant à leur création, que les Bourbons protégeaient les couvons et poussaient aux congrégations; mais surtout qu’il rêve amalaire du peuple, comme •a restauration, rêvait à son instruction religiouse; enfin puisqu’il proiend joifccraer, qu'il ne se contente pas, pour cette grande question de vie. le salaire, de laisser faire et hisser passer, qu’il provoque, par toute l'influence persuasive dont jouit le pouvoir, les tentatives pacifiques que doivent faire eux-mêmes les maîtres pour améliorer le sort des ouvriers.
Ce n’est pas parce que la restauration a voulu gouverner les intelligences et leur enseigner ses doctrines qu’elle est tombée, c’est parce qu'elle a voulu en faire un monopole et être seule à enseigner le peuple. Comme ses doctrines étaient très incomplètes pour l’avenir. les esprits supérieurs se sont emparés seulement de ce qu’elles contenaient de bon; puis, après cette conquête, on l’a chassée. De même si le gouvernement voulait gouverner l’industrie en imposant les procédés qu’il jugerait les meilleurs, il y périrait, liais il ne faut pas en conclure qu’il doive rester passif et hisser-faire ; il faut que M. Say soit anathématisé parles ministres de Louis-Philippe, comme l’étaient les apôtres de la liberté de conscience, d’enseignement eide doctrines, par les ministres de la restauration, avec cette différence, je le répète, qu’il ne faut pas vouloir le monopole industriel, si l'on ne veut pas périr comme ceux qui ont voulu le monopole intellectuel.
En d’autres termes, pour passer du régime ancien à celui de l’avenir, pour reconstituer la société, il a fallu sans doute consacrer un certain temps à l’xXAncnm, mais il faut aujourd'hui mettre de
- lj r J -
I’ordke dans cotte anarchie, et c’est la missiou de qui prétend you-
J’ai prononcé tout à l'heure un bien grand mut, le salaire, et je \oudrais pouvoir vous eii parler aujourd’hui;.mais cotte 'lettre est déjà bien longue, et d’ailleurs j’ai besoit), avant d'aboi'der ce sujet délicat, de traiter quelques, adirés questions divise vous; ce sera dune pour ma prochaine lettre.
POLITIQUE GÉNÉRALE
Le Caire, novembre 1835.
Mon CHER AMI, i
Louis-Philippe et ses ministres, par leur loi sur la presse, mit voulu mettre un terme à l’anarchie publique des doctrines; mais cet acte est purement négatif, car ils n’ont aucune croyance rchgiéuse. politique et morale h enseigner. En outre, tWrAe' chacun sait qu'ils n’ont aucune foisous ce’triple fapp'ort, l’actè qu’ils viennent de faire 11e les fera pas périr comme’'Charles X. ' ’ ‘ ’ ’’ '
Dans l’ordre industriel, on ri’a su employer j usqu’ici que la baïonnette pour remédier aux désordres lés plus flagrans, produits par l'anarchie affreuse qui y régne. Or, ce 1 moyen’ii’est‘pas même négalil, il est destructif, tandis que c’est un moyen Jiositif ét'prbduclif qiie doit employer celui qui veut gouverner en s’appuyant sur les intérêts. De plus, ce moyen est le même que celui qui était employé par Charles X; à la longue, il pourrait donc attirer sur lé gouvernement de Louis-Philippe, la foudre qui a frappé celui de’ Charles X. 1 ’
Toutefois, il est juste Je reconnaître que la loi des 100 millions do M. Thiors, et l’emploi des troupes aux travaux publics, sont des laits positifs, dans la direction que je désire; je n’en dirai pas autant de l’enquête sur les douanes ; on a porté là un esprit d’examen éminemment théorique, une timidité qui est une confession publique, d’ignorance ou de peur; enfin, on s’est conduit en économiste, et non en ministre, en homme de livres, non en homme d’Elat, en théoricien. non en praticien. Et néanmoins je n’en fais pas un crime à M. Duchàtel, précisément parce que les douanes sont un monopole institué par le gouvernement, et que le monopole, matière éminemment milammable, brûlo même quand on veut s’en dépêtrer.
Pour parer à l’anarchie effrayante qui règne dans la France, considérée comme un vaste atelier industriel, le gouvernement a donc déjà senti, j’en suis convaincu, que la force n’était pas suffisante, et qu’il ne fallait pas non plus attendre l’ordre seulement de l’intérêt individuel bien entendu, comme le prétendent les économistes avec leur laisser-faire et toutes leurs combinaisons mécaniques; il l’a senti, et quelques-uns de ses actes prouvent, je le répète, qu'il comprend comment son influence doit s’exercer. J’espère donc; mais je crains cependant qu’il n’ait pas toute la hardiesse, toute la persévérance, et même l’habileté qu’il a mise à combattre l’anarchie intellectuelle.
Pour fixer ma pensée par des noms propres, j’appliquerais volontiers les trois mots que je viens de prononcer, hardiesse, persévérance et habileté, à MM. Thiers et Guizot, l’un très hardi, l’autre très persévérant, tous deux très habiles. Eh bien, je crois que si, à ce duo, ne vient passojoindre un troisième personnage, prcnantdansle ministère une importance analogue à celle que ces deux messieurs ont eue jusqu’ici, enfin, si M. llumann, qui me. parait être cet homme, ne sort pas de la semi-obscurité dont il a été couvert, en même temps que M. Persil serait remplacé par un homme aussi énergique que lui et pourtant plus calme, moins excentrique, plus prudent etplus versé 1 que lui dans la connaissance de 1 état industriel de notre France, je crois, dis-je, que si leministrc 1 I ni reçoit point du roi et des autres ministres des excitations et des ci oi 11" me î même, qui lui donnent plus de confiance dans sa force, et si, d’un autre côté, il n’a pas
près di^ lui un légiste qui rêve au codi. 1 de commerce, comme 11. l'exil rêve au code penal, les affaires iront lentement et mal. Que ce soit Al. Ilinnann un AI. D.pebulel, ou tout autre, je,11’en sais rien, mais
vous comprenez maintenant ma pensée. ,, , .
Au reste, pour parler, plus généralement, je nu convois pas qu’après une œuvre aussi, capitale, aussi radicale,que relie qui-vient, d’être faite par .le ministère, il n’y ait pas un remaniement, sinon un renouvellement de oc ministère; line pareille;.tâche suffit à une vie; Périer est mort après,tivoir lancé la machine, mais il,n’a pu que la lancer; ceux-ci viennent du lui faire franchir, lestement un grand fossé (pii barrait la route ; maintenant ce n’est plus un fossé, mais il y a beaucoup de pierres, qui encombrent: le chemin; c’est un bras yigoureux et do larges, épaules, beaucoup, ply.tôt qu’un pied leste et unq,maiu agile qu’il,fjonÇ. avoir,, , ;ku!,i.:
Je crois cependant AI. Thiers iudjspensable.,, mats f non pas suffisant, pour l’avenir dont je pari 0 ;é)un aulreiçùléj'AI, .Guizot serait indispensable et très sulpsant,, si Jjjyis-Pjiilippe-.devait bientùfctomber de taute.cn faute, pour arnpner : rapidement .nue,,troisième resta r I ; e que AI. . Cfuigot ; est çt fi étq de tout .tenipsroMrcrévolutionnaire par principe,,, lliéoriÿumffll , ; jau(Jis ; q(ie.AI.vThiors l’est devenu par le fait, AI U ’H liiutndcp t praticiens
aujourd’hui. AI. Guizot, a parfaitement calculé et combiné tous les pas qu’il a fallu faire, depuis,juillet 1830, pour! fiujïjpar, museler le monstre ,qui s’était, décjtaîpé contre,,los Bourbons ; comme.,professeur, comme éçrivqjppjl'.a léjéiSAifs.contrpditiUB/hrèsijutiteipropaga-," leur et provocateur.d7//cc.s; connue jromme d’état,,|il ,s’est acquitté' 1 fort habilement dphpjépression etéptla suppression dos idée»;mais c’est toujours,.en qoajjjé d.’liomnifi .dp la|)s/wée,, : pt;il ÿagit en cm moment d'hommes tïaelion, c/j|maksuiit d'industrie, capables diM^ comprendre .et d’admirer,jbeaueuup,plus ce que l’huinaûité'gugne ir la macliine à vapeur w ,qne ce qu'elle gague par tous'les livres écrits et traduits par Al. Guizotw,N iv "... ' .Gfi' >■= ‘ "
.Maintenant donc.jo.oupposc LwitatJiilipjiütel ion nühislèrc ayant la volonté de donner mm imputai krge.ùi l'iinterïiyijBti-je; tab demande queiko œuvres sent à .foinv quelle «ondmlo'il iaüt teknr.- D'abord, cl avant.tout,.substituer le plus possible.' dans les Toua-
nos gouvernementaux, et surtout à la chambre des députés, qui, Dieu iiioroil ; doit èttb 1 moins bavarde après cos lois sur la presse, substituer aux avocats des ingénieurs ; je dis des ingénieurs, et non dés iudustrii’ls quelconques, non-seulement parce 1 qu’il y a dans lek ‘jé’rb— iiiicrsuni; fond de science qu’il ne fai'it pas dédaigner, niais ,111581 parce qiin oe sont leS'hommes qui peuvent le mieux se placer au point de ym'gouveiWnUinial, en fait d’industrie, leur fonction individuelle' alliranhtoàijà'ite folii" 'attention de ce côté. Appeler le plus possible aux préfectures dés lioïMés' forts en 'comiaissànCes’ industrielles, comme 1 ofl’tt «te’en 163W ! 9e ttès 1 agréables'jihilbsoplies et littérateurs à la létn'db'nos'départémensj'jJrendlfè ces libtiimès plutôt parhn'Tes iiiihiitnelS qurparmi \bi‘SèMvafks ééôhoiliistts ; 'ajouter" H l’éducation publique'lu fcônrtUissàncé'desgrànd^ faits rndustriels'ef dés grands hommes d’industrie, sans pour eela'eitécignèr" réconôniio politique', parce (jue cotte* science n’est'éncoi'défon'déé fjtie stir les 1 bases pourries, posées 1 put la pliilOSbjiliiè’du xVlII" siècle ; mettréîi'hos amhassadesntdffiw nodàtnbassadesi'flés hommes au courant des relations commcrcialos 'dos peuplés,’ét 1 prébccupés du désir d’antëliorer et' d’étendre cte'relations; ’én d’dntres termes, faire Sentir,’ flou seulement’ à tous lés’hgrifis du pouVbir, mais h la société entière, que l’industrili est lo-grandafait pratique de la jfolitlqu'e, et (pi’èllo est, pour 1 Icé peuples, ee quo'l f MtstéWCc matérielle est pour les individus.
Voilà'co qui'cancerhO réducatfoïi é^'ld'fouction du' 1 personnel. Maintenant) quels sont lesl'àcles'à taire t 3e fié 1 reviens’ pas sur le grand-taitde pobiiqué v éxtériéüre, par lequel il s’agiriüt"do trouver eu OriéMundébOubhépourndÿ'M'oàiï/oî!*, coni’mé oii’ lès nomme, et aussi un'débOuehé polir nos 1 'produits ; illttîs il est bièn entchdü' que joTcgardtv ce fait'comme ce'qüi importe le plils à la tranquillité publique, àihorttfcetau progrès; pài'ce’tjue, sf ntftis 11e'prenons pas les devausgbientôt la question d’Orienl compromettra l’ordre, le progrùsi là tranquillité,' en Europe et surtout en France.
J'ai parlé également de la loi des 100 millions, du thiVail des 'roupes, de l’aotivilé qu’il làlluit nietlre aux examens et aux adju- 'hcaùons des grands travaux d’ulilité publique ; j'ai dit surtout commenl j entendais;ia colonisation au XIX e siècle: je 11e reviens don*' pas sur,, tous cos points, qui ouvrent toutefois une largo carrière dans
la voifi où jo voudrais voir marcher la France; ruais j’ai aussi parh; du salaire, et c’est ici la question importante et délicate. Que | K tristes souvenirs de Lyon nous soient en aide !
Ce n’est pas par la force seule qu’on fait cesser l’anarchie ; ce n’i, sl pas non plus en formant des réunions d’ouvriers, > comme ] K MnlueUisles ot surtout comme les Amis ilu peuple,’ qu’on parvicm à améliorer le sort des ouvriers.
Despotisme et révolte sont deux vilains mots, et les baïonnette, mènent à l’un comme les clubs à l’autre. Mais lorsqu’on a aluns sis mains des fds qui enlacent un peuple comme un réseau,: qui p prennent sur tous les points du territoire, et sont liés entre eux avu, un art infini; lorsqu’on a, en un mot, une administration puissante ; lorsque, par cette administration, on peut exercer une si grandiinfluence sur une multitude d’individus, répandus düj| tous le. lieux, et qui sont rattachés au pouvoir par leur propre intérêt et ainsi par le sentiment de l’ordre ; lorsqu’on dispose de l’éducation publique par les écoles, et maintenant presque par les journaux et par les théâtres, il ne manque pas do moyens d’obtenir, par la persuasion et sans violence, les sacrifices que doivent s’imposer tous le, bons citoyens dans l’intérêt de l’ordre. O11 obtient bien du garde national son sang pour éteindre la flamme de l’anarchie.
Mais, afin d’avoir le droit de demander, de conseiller, d’exiger, il faut être bien fixé sur ce qu’on doit faire soi-même, pour servir d’exemple ; on sait bien exiger d’un bourgeois, d’un propriétaire, d’un chef d’industrie, le complet sacrifice, celui de la vie, parce qui la force est encore la dernièro raison des rois; mais on 11’a pas su encore demander à tous les bourgeois, à tous les propriétaires, ,1 tous les chefs d’industrie, un autre sacrifice, pour prévenir les désordres qu’ils savent si vigoureusement réprimer-, on leur donnera hier l’exemple du courage qui punit les révoltes, mais où est l’exemple ilr dévouement qui les empêche?
Quelques académies, je le sais, ont proposé des prix pour l’auteiii du meilleur procédé à employer, afin d améliorer les relations de maîtres et des ouvriers; je crois même que l’académie de MM. Guizot, Thiers, Cousin, celle des sciences morales et politiques, a offer un pareil encouragement à cette pensée qui a un si grand avenir. Ji
ni' sus ce que produiront ces concours, mais certainement si l’un des cuiii'urrens résout cette question d’une manière satisfaisante, j’enii'iuls d’une manière immédiatement pratique, MM. Thiers et Guizot feront bien de lui donner au moins une sous-préfecture.
gans plaisanterie, ce concours me paraît bon, surtout.parce qu’il prouve que la question préoccupe les hommes du pouvoir, et je le i rais sans peine; aussi, j’en parle avec vous qui connaissez quelques uns de ces messieurs, parco que je sens que vous devez avoir -ourent,i vous industriel, à causer avec eux sur celle matière.
Aujourd’hui le gouvernement nia plus peur do voir entonner par les journaux et au théâtre, dans des intentions perturbatrices, la trompette do l’émou te, le chant-do guerre du prolétaire. Eh bien, il y n id pour lui une voile habile à fuira ; le libéral M. Thiers est bien, aujourd'hui, lo ministre d’un roi qui enchaîne la presse ; je ne vois pas pourquoi; demain, il ne serait pas l'avocat insinuant et adroit des hommes qu’il a fait mitrailler naguère, et .leur avocat auprès de ceux dont il s’est servi pour les mitrailler; il a acquis, ce, me, -omble, un assez bon droit do parler pour eux, sans passer pour leur complice. Ce serait là, selon moi, une bonne ethabilo préparation à la solution de la question d’amnistie.
Oui, c’est au gouvernement hêtre, aujourd’hui, auprès des classes riches, éclairées, auprès des hommes de loisir, des bourgeois, l’axmlvisinuanl des classes ouvrières, malheureuses, ignares, des jouraàliers, des prolétaires ; lui seul peut amener sans secousse une ainelioraliou dans leur existence morale, intellectuelle et physique, a lier lio 1 q a réclame impérieusement lo progrès général de l’humanité, 1 et que désirent tontes les-âmes généreuses, que désirent mème loiisles hommes qui sévissentsi vigoureusement contre le prolétaire révolté, car ils savent bien qu’avec plus d'aisance et d’ins- Iruclibn, et une éduealioii morale meilleure, le prolétaire, vraiment anobli, ne se révolterait plus. Aujourd’hui le nombre 'des hommes qui pensent que le peuple doit être abruti et misérable, romme le fellah arabe, pour que la société soit tranquille, ce nombre est trop polit pour'en tenir compte.
Après tout Ce ' que je viens do dire, vous 11e me demanderez pas, je pense, do préciser davantage les actes à faire ; je n’ai rien à ajou-
1er, car ces actes sont poutre ceux que j’ai indiqués précédemment de tous les instans; c’est la vie entière de chacun des hommes du pouvoir; c’est sa vie chez lui, dans l'intérieur do ses propriété, comme sur son tronerovul, dans son cabinet de ministre, dans Mm salon de prélecture ; en un mot, c’est le sentiment qui l’anime. Sou. Napoléon, tous ses bons serviteurs avaient le sentiment militaire, même ceux qui n'avaient jamais touché un.;tusil ou une épée. Si Louis-Philippe, qui règne, vent gouverner, qu’il sc hâte donc dinspirer à son gouvernement le sentiment industriel; qu’il lui inc-uique son système, sa volonté de roi industriel, et non de roi coiislilutionuel simplement; c’est le seul moyen de conquérir, ît son lom, le neur de ce braie peuple qui bénit toujours Henri IV pour lm avoir promis, seulement promis, la poule au pol ; que Louis-Philippe la lui donne, cela vaudra mieux que les promesses de i’ilèhl.
POLITIOI'E ÙMMl.
inism
Mox r.iinn ami.
I.o momontnn mo paraît pas favorable pour chercher h formuler l'expression d’une opinion publique sur quoi que re soit, l.e ministère, <lr son côté, n’a pas dans les chambres une majorité assez comporte, fixe, régulière, pour agir nettement. Je crois donc qu’avant de pouvoir sortir de la situation difficile où nous sommes, nous verrons augmenter la lassitude et le dégoût des vieux partis politiques, à tel point que, tout en conservant leurs noms, ils se laisseront aller là où leurs intérêts les attireront ; ceci existe déjà. Mu même temps, le pouvoir, pour se maintenir, suspendra habilement, sur chacun de ces partis, non l’épée de Damoclès, mais l’appêit qui flattera leur amour propre, leur vanité, leur égoïsme, sous prétexte de faire tourner au profit de l’ordre tous ces honteux élémens d’anarchie. Voilà pourquoi M. Thiers doit paraître l’homme de la situation.
Heureusement une pareille situation ne pourrait durer longtemps;
elle serait éminemment transitoire, car elle manque absolument J dignité et de loyauté ; d’ailleurs, du moment où la société français ou européenne aurait une grande œuvre à faire, il faudrait bien qn messieurs du parlement et du ministère changeassent de conduite.
Toujours est-il que si j’avais un conseil à donner en ce moment je serais disposé à dire : laissez sommeiller, s’engourdir, s’endormi les chambres et la presse; il n’y a pas grand mal; mais réveillez, svouez, excitez l’administration.
Par ces derniers mots, j’entends que la chose importante, aujourd'hui, serait de s’occuper activement du personnel des sous-préfeciiires, prélectures, conseil d’Etat, divisions des ministères, ambassades, consulats, de telle sorte qu’au moment de l’action, d’une par un ne serait pas gêné par la discussion, de l’autre oii serait puf sammout aidé pour l’exécution. La tendance devrait être de négliger les deux faces théoriques de la politique; savoir : la pressen les assemblées délibérantes; mais de donner aux faces pratiques, c’est-à-dire au pouvoir exécutif et à l’administration, Timporlaiiu dont elles ont besoin pour accomplir dé grandes œuvres. Finess pour la première partie de la tîèlie, activité, volonté, pour la seconde , voilà les qualités qu’il faut au ministère. Or, M. Thiers nu paraît bien posséder ces qualités ; mais jeconfesse que je n’auraipas pleine confiance dans l’usage qu’il èn ferait, si jb n'avais pagrand espoir dans l'influence croissante ■ d’un personnage p'Oliliqiu qui n’a pas encoïe pris part aux-àffaires.
Vous vous rappelez' que, daàs'une de'mes lettres, je Vous parlaide mon désir de vdir auprès du ' trflnü un homme pouvant embrasser avec ardeur et pourtant avec calme la'noble causé du prolétaire. Alors, je songeais au jeune pWtlce dont là vie se déroule doucement en dehors de la politique) efqUi'n’à'pàS pti, qui n'd'pas dû prendre encore place d’homme dans les affaires, 1 mais ’pouV qui le moment approche, où, après avoir gagné ses épcroiis ! sür : le champ de bataille, il voudra faire ses preuves sut une scène plus noble cl plus grande, aujourd’hui, que là guerre, fl a respiré de la poudra, tout ce qu’il en faut poiir témoigne'r'de sa bravoure, et il l’à respiré' heureusement dans deux 1 circonstances qui n’ont pas dit lui donner un goût démesuré pour le métier des armes. Anvers était certes uni’
grande leçon de fortification, d’arlillerie, d’attaque et de défense de place, de service de tranchée; mais, en définitive, c’était, comme aux cnl'ans, un trou-madame oîi l’on tire la bombe sur des soldats de liais, poses sur uu fort de carton; à Alger, quelques escarmouches, des tètes coupées, dit-on, par des zouaves de l’estrapade, puis des ,ailles pour fruits de la victoire, une ville brûlée; il n’v a pas là de quoi inspirer grandement le goût des combats. Celui qui aurait vu .cillement le coin du tableau que cachait l’éperon de Napoléon, à Austerlitz ou à Wagram, aurait reçu au cœur un coup plus vif de l’aiguillon de la gloire, que le duc d’Orléans n’a pu en être touché dans ses deux campagnes. Savoir supporter de rudes laliaues. connaître le soldat, éprouver le sentiment des dévastations que produit ia guerre, acquérir l'élévation que donne à l’homme le spectacle du danger, et l’assurance qu’il prend dans le commandement, exercer son coup-d’œil à deviner des hommes, des braves, et aussi à mesurer rapidement la terre, voici ce qu’il aura gagné de plus positif.
Le voyage qu’il fait en ce moment avec son frere. me parait devoir lui être beaucoup plus profitable ; c’est d’ailleurs le dernier terme que je conçois à son éducation, proprement dite; après, sa vie politique (lovra, réellement commencer, et le spectacle des deux grandes monarchies allemandes lui sera très utile, pour rectifier plusieur idéps que la connaissa,nce de la France et de l’Angleterre ont dû tigre )iaîtrc,çn lui, et qui ont bosqin d,u corrçqtif de la raison allemande. Je regrette que son, voyage ne s’étende pas jusqu’à Pqlçrsbqiirg ! et.,Arpscou, .afin de,1c terminer par Çonstanliiioplç; alpys le prijice I( ,i;o;)ngîtraj| non seulement l’Europe, mais il aurait touché la grande .capita/c qui unit l’Europe à l'Orient, et où l’agitent dans ce momept lps .destinées du moqde,chrétien et du,monde musulman, qui, .à eux deu^, ne formeront un jour qu’un seul monde.
Je vieps de 4jre, que j’avais d’aljprd songé à ce prince pour embraser noblement la cause : du peuple, et pour enlever, ainsi aux brouillons cetle admirahje clipnlellp,; mais cette tâche est bien grande, pour un tout jeune homme ; il lui faudrait avoiy de bien robustes épaules pour l'entreprendre à son âge, et pour réussir, quand bien même il serait assuré de l’adhésion do son père. Cependant, ce rôle franc, courageux, simple,n'exige, pour ainsi dire, qu’une seule qualité,
parce que celle-là inspire toutes les autres, c’est la sympathie les nobles vertus et pour les profondes douleurs du travailleur, n faut sentir qu’on aime le travailleur comme Turenne aimait le nA dut, ou ne pas s’en mêler. Jusqu’ici on a fait ce qu’on a pu pou, faire aimer au prince le soldat, et pour le faire aimer du soldai; ,qu’a-t-on fait pour lui faire aimer le soldat pacifique, l'ouvrier! Qu’a-t-il fait pour s’en faire aimer? C’est pourtant la meilleure h même la seule manière d’en finir avec Ilenri V. 1
L”intérêt politique immédiat doit être, je le répète, d’enlever ans révolutionnaires on conlre-rêi'alutionnaires, cette clientèle h'olulm- «irtirequ’ils exploitent, et il n’est pas besoin pour cela de se faire sansculotte, tribun ou soudoyeur de populace ; il ne faut pas même quoi? prince se fasse clief de fabriques, comme il est chef de troupes; ma;, il doit étudier les grandes manœuvres de l’industrie, la stratégie delà production, et témoigner son estime pour le travail à l’égal de son estme pour la bravoure, aimer l’atelier comme la caserne, le ehanlin comme le champ de bataille. Jusqu’ici il a été entouré de militaireinstruits et braves; il lui faut de noux’eaux hommes dans son entourage. Un jour il n’aura pas auprès de lui seulement un ministre do li guerre, il aura aussi un ministre des finances, un ministre du commerce et des travaux publics, un ministre de la marine ; il doit iloiif déjà en avoir les représentai près de lui. Son éducation-et se preuves comme soldat sont faites ; pout-on en dire autant comme administrateur, financier, industriel? U sait détruire; sait-il produire;
Je crains que dans son voyage d'Angleterre il ait beaucoup pluvisité les vaisseaux de guerre ct, i les arsenaux de-la .marine, que !docks et les grandes usines; je crains aussi qifen Prusse et en An I riche on ne le. farcisse encore de parades, de revues, de petite guerres, et qu’il revienne sans avoir vu les mineurs du , Hartz, le grandes fabriques de Silésie, les nouveaux travaux de romrrmmralion qui doivent lier le Rhin, le Danube, la mer Noire et la Méditer ranee a la Baltique, je crains qu’il revienne instmit du nombre il soldais que peuvent mettre sur pied toutes les puissances alloman des, de l’état des différentes armes, de la force ou de la faiblesse de principales villes de guerre, mais qu’il soit un peu moins fort suri; situation économique, industrielle, productive de tous cos pays. Corn
iwml en serait-il aulremont? S'il avait été accompagné,dans se.voyagespar M. Dupin aîné,, il aurait très bien vu les tribunaux ; premier!} .instance, appel, cassation, conseil-d’état môme et chambres législatives,, rien n’aurait manqué; or, il n’a, je crois, avec lui, que dos aides de camp,, il no,verra bien que des camps.
Heureusement aujourd’hui, toute àme joune, bien plantée, aspire à fiiire du neuf, et, il nlest .pas .mauvais qu’elle, soit rassasiée de bonne heure des vieilles nourritures qui alimentaient autrefois les .grandes fîmes, ne fdt-ce que pour acquérir la conviction qu’il n’y a plus rien de grand à (aire,en ce moment avec elles, et que e’esl ailleurs.quil faut çhprcheij.la vio,et la gloire. ,, ■
Dates,son, voyage,, le prince venu heureusement, enPrusseM.An- ;,riI!on, en.AulricbeiM. do.Mettemich, qui tous deux ne sont pas de faineUXiguerriers.i etiqui.eopendant gouvornnnt-dc grandes monarchies. En Francoj iLThiers n’est.pas un César, je ne sache pas que lard Palmerston soiti.ua Alexandre; la moindre réflexion sur ces quatre hommes .peut le mettre: sur la voie de son propre avenir, car , ils soiit àda. tèto des affaires européennes.
. 8i'le ducdi’Qrléansicomprend ainsi son devoir de prince et de ri- ..toyon, jo .ne serai pi us si plein de déflanco, en voyant M. Tluers aux .affaires,; je,crains l'humeur batailleuse de ce petit homme d’Etat; , pcubêtuepavantipeu de temps, desoccasionsse présonteront de. mei- . lïiinOamborge .au vent otdo.sonnorla trompette; Jf. Thiers n’y rés.isterajl>pas, t et .pcuthê.trt).forceraiHl'lfl’niain ah'Wri qui veut pourilapt cbqni.aime bien la‘pai?é, éipd’icilà, if enne donnait pas à la paix, . par. un grand développement d’-a méliorations populaires, des raeines dans lepeuplo lui-ipêmq; car ses raeines ne plongent eneorc que dans îles, intérêts de la àbonrgeoisie, et ne pénètrent pas" jusqu’aux profondeurs dés besoins populaires. ■
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.It'-ooiir^jj’url.Li^ri iHajfili'nafH.qiift Fonfrède qiç.désmfjjrqnh voir, ou, jaiM^j.WK 1 n^rfu(UïHï.l;t-.vcii(MiAii,l s'on-
eiUofvIriypjçrqc «ju^lqA-wlà-^lwlW.à np<>.boinl.(Mini[<wi-(-ï»-|h«i- (■irp jiluiÿt .h.f^KOi», jçt,<!ui wraür,l)i(urilu. mellre on
pièces. Pour les,affaires en général, je smsdiien nise (piisson mmi aqe l'ail purté à, arracher le masque de certains hommes, el Te lis liiroer île se donner enllii pour ce qu’ils, sont!. La peliie' eenraspoiid.ihoe que ,V chaud bordelais a entamée avec la G'itette ,lt Fra„<r i-t une lionne mierre pour renseignement du public, rt 1 v joimuil <la Débats- profitera, nnnine mi srros m&lin quiil esL'dM-e'tpi’tl \ aura de bon à prendre dans cette pqlémitjue'enliv.Jes doux-organequi défendent le plus cbaudement le principe d’-antorité; car’il c>l bien facile de voir où pèchent les deux adversaires;
Pour qu'une autorité puisse aujourd'hui s’établir, il faut, avant
tout qu’elle soit compétente, et lion qu'elle soit de droit divin. Le problème politique est donc aujourd’hui, comme toujours, celui-ci : Qu’est-ce que veut la société actuelle, qu’est-elle? Or, qu’on s’en félicite ou qu’on s’en lamonte, la société est actuellement industrielle, comme olle. jé(ait nv/itairç sous l’empire. L’autorité ne sera donc vraiment assise que lorsqu’elle manifestera sa compétence industrielle et non sa compétence juste-milieu ; car ce mot est aussi vague que l’autre est précis, et le pouvoir ne doit jamais être vague ni représenter une opinion vague.
Ces épithètes do républicain, légitimiste, juste-milieu, sont de malheureuses expressions de la politique théorique ancienne, qui voilent tout, trompent les plus fuis, et 11’engendrent que de véritables logomachies. Que veut un républicain? que demande-t-il aux hommes qui gouvernent la République? Souvent ce que veulent et demandent les sujets d’un roi légitime, ou les citoyens d’une monarchie parlementaire ; tantôt il faut que les chefs légitimes, quasi-légitimes ou populaires soient militaires, tantôt ils doivent être pacifiques, tantôt dévots, tantôt philosophes ; aujourd’hui il faut à la société française une direction industrielle-, il la faudrait également avec Henri V, également avec la République.
Sans doute la question de forme est très importante, mais elle n’a de valour que si l’on examine en même temps la question de fond, parce qu’alors on peut chercher à mettre d’accordfune avec l’autre, et qu’il n’y a de gouvernement vraiment légitime, vraiment pondéré, vraiment populaire, que celui dont la forme est'en harmonie avec le fond, c’est-à-dire celui qui vcut.ce que veulent les gouvernés.
Or, notre siècle est pacifique et industriel ; que doivent donc savoir el faire ses gouvernails? Do quelles idées et de quels actes doiventils'surtout s’occuper? De quels hommes doivent-ils s’entourer? Il me semble que la réponse est facile.
Par exemple, si Louis-Philippe v eut régner, il faut, comme je vous l’écrivais du Caire, qu'il enlève aux partis la clientellc qu’ils exploitent, l’ouvrier ; pour cela, il n’a qu’à agir en roi des ouvriers, comme Napoléon agissait en roi des soldats.
Vous savez tout ce que nous avons déjà dit et écrit ensemble sur ce thème, je crois que votre entrevue, désirép par Fonfrède. lui an-
-Se¬
rait évité do '0 lais-or pousser, comme il l’o^t déjà, comme il le -era cnforc davantage. à mesure qu'il avancera, par celle apostrophe -i terrible pour les avocats : au fail!
Sur le terrain oîi il s’est placé, qui est celui de la politique, comme on dit, mais qui n'est pas celui de la société, il n’a rien de lion à résoudre à cette provottltiôn : au' 1 fait! err il ’ii'f a, pour ainsi dire, rien à faire législativement, ruais beaucoup administrativement, c'est-à-dire couvenienientolemeut, dans toute l’acception pralii/ur de ce mot.
l’ne foule de journaux bien intentionnés expliquent les attentatcontre la vie du roi, par l’absence de principes religieux, et par le discrédit oii les doctrines révolutionnaires ont fait tomber l’auturilé. Mais on n’improvise pas plus un Dieu qu’une autorité; et celle diflirulté d'instituer une foi et un pouvoir, au milieu d’une société -ans foi et anarchique, explique la puérilité et même l'imprudence de cette simple observation, faite par les plus forts politiques, -nr l'absence actuelle (fit sentiment religieux et de celui de l'ordre, i'oufrède. nu moins, prétend qu'il y a des moyens d’instituer le pouvoir je lui crois peu de disposition à s’occuper de l'autre veuvage social . Dieu ': mai-, je le répète, pour établhneot consolider un pouvoir, il faut, avant tout, savoir dans quel esprit il doit gouverner, et Fonfrède ne me parait pas, sous ce rapport, plus avancé que tou- les autres; seulement i^est forcé, sous peine de se laisser acculer par les Dçfop, (l’une part, et la Gazelle , de l’autre, d'arriver plus vite que i's autres a talque moyen neuf de gouvernement ; ç o-l déjà beaucoup.,,
rOLITIQUË'.'tiGMiLE.
vJsfi l ;i lu’fii'T i«h>.
"lllot cilükl AUI. !!
i.i'n lüscussiotis sur lu quesliqii d’Oriont mqUerrascnl ,vi\ciiiriil, ii [ilus 1 d’un tilre; parlons en. Le j^uvoniement ^ s’osl d’aWd tiré assez 'habilement des premières dilïieuliés, vfc-a-vis de la Cl'tainbro ; je voudrais 1 bien qu’il cul'autnnl d’IiàiSileie vis-sl-ns'iles puissanecs étrangères, cl j’en doute. M. fluors, cii' caressant fAngleterre, a porté cependant à notre alliance avec elle un coup aussi violent que celui dont elle était frappée par les événontens oux-mèmes. S'il nu pus favorisé, par réaction, une alliance de la Franre avec la Hiissic, alliance peut-être impossible atijoiird’litii, il a donné sans contivd.i à l'Autriche les inolifs d’un rapprocliement sincère avec la France, alîu que ces deux puissances, qui, dans la question d'Orienl, n'obéissent pas à un sentiment égoïste, puissent résister aux préienlions mono|iolisunlos de l’Angleterre et do la Hitssie.
Or, l'Angleterre n’esl véritableinenl noire alliée qtic dans les m-
constances où elle a besoin de nous ; elle, peut nous laisser croire à son alliance, quand nous n’avons pas besoin d'elle ; elle se déclarerait notre ennemie, si nous étions dans l’obligation de lui demander un service. Je me réjouirais, donc quiune aussiigravo circonstance donnât un intérêt commun à la France et à TAulriphe, intérêt noble et tout à fait digne de F,une et.de l’autre puis^mces, intérêt de pacification, de conservation, et en même temps,de prpgrès.pour tous, pour l’Orient comme pour l’Occident. Cependant, quoiqu'il soit impossible de se dissimuler les conditions toutes physiques,,et géographiques qui assurent une influence commerciale prédominante à l’Angleterre sur l’Egypte, et une influence militaire et politique,, également prédominante, à la Russie sur Constantinople, il sera bien difficile à la France et à l’Autriche, tout en s’opposant très légitimement aux efforts monopolisans do. l’Angleterre et de.la Russie, de reconnaître, au moins en fait, cette prédominance inévitable du commerce anglais et de la politique russe, sur l'Egypte et sur la Turquie. Dans la crainte que. Londres et ,Pétcrsbonrg„nç deviennent tout, peut-être tentera-t-on de les empêcher d’être quelque chose, ou du moins essaiera-t-on de faire qu’ils ne soient pas plus que nous; et pourtant l’un sera toujours plus que nous, commercialement, en Egypte ; l’autre sera plus que nous, militairement, en Turquie.
Il faut avouer que le gouvernement parlementait^, surtout le mitre, n’est pas favorable h des négociations qui doivent se résoudre par des transactions conformes aux véritables donnéps de la nature; les nations, pas plus que les individus,, n*aiment a ypir signaler hautement, en regard de leurs qualités, ieurs défauts, ni rpême, en face de leurs droits, leurs devoirs. Quoique ce soit une incontestable vérité, il nous est pénible de confesser ou d’entendre dire que :qotre influence commerciale et militaire, en Orient, est et doit être nécessairement, naturellement,inférieureà celle de l’Angleterre et delà Russie. Il est également certain, mais tout aussi pénible à fqçpnnaîtrc hautement par la Russie et l’Angleterre, que nous avons sur les peuples orientaux une influence bien autrement puissante et durable que relie du commerce et du canon, l’influence morale et intellectuelle. C’est notre langue que l’Orient apprend, et non l’anglais ou le russe; ce sont nos sciences qu’il étudie dans nos livres ; c’est notre caractère
qu’on aime le mieux 'a Péra, ù Smyrue, h Alexandrie; en un mot, nous nous sommes emparés des esprits et des rœurs, notre lot n’est donc pas le plus mauvais.
Malheureusement-, cette conquête ne s’apprécie pas facilement en écus et ne se compte pas comme des pièces de cafioiis; nos avocats crieront'donc que nous 1 nous'humilions devant TétrangW, que nous nous sommes vendus à lui, si, eiv'nous ménageanMit- part qui nous est réellement duo, TMuenee siu 1 les 1 t'sprilt) nous-abandonnons, à roux^uxquolsmlle,revient, lenrlurgc pari d’influence sur les chose*-, ils• prétendront que la France' 1 est'abaissée, amoindrie, avilie, «jciaud- bien même nous nous réserverions, aveu-FAutriche, une sorte de contrôle sur la-part"des deux aiitreF puissances,''et mie part aussi dans les affaires commerciales et politiques dèTOïRW.
La'Fl'atice a dépensé cetteaiméé'dix millions ponf'céUe question, la Russie au moins autant, l’Aufricbê lufpeu moins 'peut-être, et la Turquie et l’Egypte davantage. Voilà donc 50 à' 60 militons consacrés, eu un au, «‘‘discuter si tous les îltfvïros sortait libtreS d'entrer dans la inerNoire, si tons les peuples poufront aller aitü'Ilklos par Suez, et si le padialick d'Egypte sera héréditaire ! Or, ■je"'èi l (jî's 'qu’avec celte somme'ori ferait de-canal de Suez, et'l’on achêtéi’àitàlbraliim-Pâcba mil droit d’héritage. - 1 ,v ’’
f.’eut'étëAm boifmitrcliéu proposer à toutes les puissances, Tannée Tlernièi'e 1 , il v é§{' eMonf’tempsj •hiif'lWÿfinûdncô" comme tli 1 - Mi 1.1'FÔVifér 'IJi&‘lùelVci { : crd’ItiilirônÀ'' ’ëîé-xn !■ nlôrohl (Mi—
gloutiü imffieKiént; si-M’Jidissâ'fte’i iie'phrWinahi pdfe à s’èiitêndre, i*ôi)iplhrilKlffit ! lâ , (i!'îi ; 'Dtfoilt l , és‘fiil ! liaiiltîfs' J '' l séfileiiiéiiC'les prgpàrn-
»i&'îàftiiife^tfôîte■'> '"‘d ; ■
' fl 0’]i ! i l 'p , 'éuî''4\i’il l ‘ri’éîî^ait , ’au!y.‘^t. 'tïui'zdl’Và'partir jiWur'Londres ; càtl!ë ! shVez'’qlib îfl (juizot 1 hVcst 1 f/fésiMt/'dtoisqti'if'ost éclectique; M.'ThiefS a fait sa Cbuï'à i’AÜglldèi'fe, [ iiilffi n b’eM"M. Guizot qui y iWdkvHoiVdohc quèVlidüVTé'lfioirieiiti'l'tllHaricénn'dlo-fraiicaise est rii(Mi;i('éirde ii’iMôO'iSlUs' qti”cWii’ojdlcWragtt' Sitfiî “'joiïft'',' 'uVi i'apprcicheiitli/it'|iàt’ IeS bords, n'fiil'mclüüUlso cOulüVf' dff'til 'h’tmn'.
’ Sl.'Tlticts a d]td]6i l 'lès''ibf3 , è l lW'àient'i , 'e (jlie'lès'wiesVlMilenl niait iie pcuVènl pas Fdifc, îFcauky (fé’lMï’pa'tV'hté avili:‘des radicaux d'O- Fonilcddd’uii’auffe cote, Peul cfWelüitiHVvicîmeuï'cli' taire éprou-
ver un double échec à lord Palipcrstou quiisonmieille,,11 s\agit dojit d’un mouvement de, bascule en Angleterre.sous ,cç rapport, je comprends que M.. Guizot y aille, c’est un maîfrie MçyWv-,n,,, L’ambassade de M. Guizot, ,en cemomont, est.encoreid’iiidiço,certain d’une considération poblique importante, À,saypir* qu'à Loudres la politique européenne sera, théorique efapraliquemWenTs.
C’est Vienne,- j’en suis-plus.convaincu que, jamais, ol. non, pas Londres ou Pétorsbourg*-ou,mème- Paris,i.qûiidoit,être-le poiiifè: mire des diplomates à-vue-longue-nt àimamipir8liqqe,-iel jojïcgrutic j bien que Lamartine-ait-cru dovoir soiifeTm«,jConim0 ; il‘Jtcfint,-diiiis,la tribune. A une-iépoque-oùil’illustratiottidittéraire,est,, presque un accompagnement obligé de J-illustration politique^>-il.etLrfaiV iütri - plus que le pendaut de M. Guizot, si, depuis quelques années* il avail dirigé ses yeux sur l’ambassade do-Vienne, où depuis longtemps je vous ail dit que se dénouerait la grande question d ! Orienl.
Aujourd’hui Lamartine s’est tant tait l’orateur d’une idée, d'un système sur l’Orient, qu'il s’est presque fermé celte v oie pour entrer dans la politique agissante; c'est grand dommage, et j’,espère qu'il sentira bientôt la nécessité de sortir de ce grugeoir à -épices parlementaires qui s’appelle la tribune, pour prendre rang dans la vraie armée politique. La presse et la tribune, c'est l’artillerie et -le génie, ce sont des armes spéciales, dans lesquelles les généraux les plus illustres ne commandent pourtant jamais des armées, sauf le maréchal Vallée ; aussi voit-on toujours sous son chapeau de maréchal le bout d’oreille de l’artilleur, comme à la main de M. Guizot la férule du maître d’école, et sur l’oreille de M.Tlners'la plume du journaliste. Ce n’est pas là que se forment de véritables hommes d’état, qui doivent être, avant tout, des hommes d’affaires, ayant pratiqué les affaires, comme Taleyrand et Mcttcrnicli, ou comme Villèle et Périer.
Je ne sais qui est à Vienne en ce moment; mais c’est un beau poste. L’Autriche est, de toutes les nations européennes, la miens assise, celle qui a le moins d’embarras intérieurs, quoiqu’elle en ail beaucoup, celle qui a le rôle le plus médiateur dans la question d’Orient; elle et nous, nous occupons ou dominons toutes les ceitede la Méditerranée qui regardent l’Afrique, - la Syrie cl l’Asie mi-
- iieuré; malgré'GiMtar,' Malte et’ (Mou, malgré la llolte russe de la mer Nôirff, nous'sereins toujours; ■ en définitive, elle et nous, les arbitres des affaires d'Egÿpte et de Turquie ;• elle encore plus que nous, parce-queëà'posïiiori'esrplaâ’eontralevet que cependant elle parait-moins dirtéfértent'Jfllëwstéi*. - - ->•
Je vous disais donc (qui; Mv Guizot allait être, un, poids de plus dans la b 1 lsb d, iqpolitiquo5',.ei si, comme quelques-uns en parlentj"M.;deBrdglie faisait'nmlreijilè-marédiab' SouU.ii la- guerre, ce serttit’bien pis;'nousavions presquenjusqum la guerre-ayee l’Augleterrc,’dli 'Wiollinglon 1 et,Souli tlégameraiènt leurs vieilles rapières, mais siilissfi-apper. fi.GSiAnglais.auroriti on .effet..,peine à se.tirer de leurs difticultésintériourésy si le gouvernement,ucleur fai,lipas jeter leur bile au : dehors; c'est-huie prise,de calomcliqu'il leur finit en ce moment; ce qui se traduira en langage administratif par un accroissement de leur armée ide terre,,pomlairoimoilleiti;c police. Wellington ne pense pas, .commeM. Maccaulay, ,que VagUatio^soil une fort bonno chose) ot,suri,cela ihest d’accord avec M. .Guizot. En un mot, la soupape dosiirotéa besoin do s’ouvrir. en ce moment, dans la machine anglaisa, sous, peine .d’éclat très violent qui ferait .sauter, en fuir, ’ot.par .dessus'le. détroit,,0’Conncl lui-même.et M. Maecau- In.y. dont le dernier discours me paraît un coup de grâce porté à lord l’almorstoiv pendant son sommeil,.
Quant à! nous-, nous traînerons as^ez, tranquillement notre année, glâcc îuAlger qui, noüs ,occupera agréablement a,nous faire tuer quelques,milliersid’hommes ,ot à manger nos, millions, etgràee aussi aux mille petites phases!que .présentera encore, l’affaire d’Orieuf;, mais garcùiT’annéo prochaine, où la patience pubhquo sera lassée, et où. ellq poudra avoir une solution .définitive sur Alger et sur rOrientfov . , ,.. .,,,
C’est toujours ainsi, vous le savez, que les choses se passent chez nous : assez longue,,patiencq, ; .puis.f!xplosfon,Quand la France a dit à Napoléon e$pliq,ucz 7 vou$, quq voulez-vous? et,qu’il a répondu : ion dernier enfaqhet ton dernier éeu, Napoléon a été, vaincu ; quand le comte d’Artois, en,,, 1815, faisait dire de lui, par son frère bonis XVIII : « D'Artois veut allpr trop vite, » on les a mis tous à la porte;.quand CharlcsXa enfin dit sou mol sur la presse, les gav-
roui imprimeurs Tout envoyé promener. Enfin, quand ou di'imn. dera positivement, l’anne’o prochaine : que voulez-vous faire d’AIecr'î quand finissez-vous l’affaire de Constantinople? il faudra répondu net. J’espère qu’on sera en mesure, car il n’est pas possible d’engourdir plus longtemps la France sous la nullité des discours de ], couronne; le temps des atermoiemens est fini.
Est-ce le commencement du règne du duc d’Orléans que je pré. sage ici'? c’est possible'. Jlieùx vaudrait, l’anriée prochaine, une pmsée médiocre, un système de second ordre, et je crois que le il», d’Orléans peut mieux que cela, que l’éclectisme politique qui w toujours entre deux selles. 11 a été fort utile et fort habile, mais il . fait son temps, et M. Guizot l'emporte avec lui hors de France; ]w
POLITIQUE GÉNÉRALE
VH
Mon cnER asm.
M. Thiers arrive-t-il enfin ? irons-nous jusque-là'! Osl bien probable. Plus que jamais, alors, vos amis doivent se rapprocher, et se rattacher à l’homme qui pourra faire une véritable et utile opposition. Si je voulais faire un calembourg, je dirais que la révolution a commence par le tiers et qu’elle doit finir avec le Thiers; on ne pouvait ni commencer plus bas, ni finir en allant plus loin. M. Thiers aura la majorité, peut-être une assez imposante majorité, mais l’avenir et la force seront dans une petite fraction de la minorité, fraction qui grossira vite et qui sera d’autant plus forte, qu’elle ne sera ni au service du Journal des Déliais, ni au service du roi, ni au service de la république ou d’Henri V, c’est dire qu’elle n’existe pas encore ni dans la chambre, ni dans la presse.
M. Thiers aura beau faire delà fanfare patriotique, il ne deiicndra jamais populaire. Le duc d’Orléans le serait, s’il voulait s’en donner
la peine, el s’il lie craignait pas, en taisant ce qu’il faut pour cel.i. d’affliger ou d’effrayer son p'ere. 11 est même déjà un peu tard, pan, qu’on attribuerait ses efforts dans cette direction à la crainte, et noi à un sentiment véritablement populaire. Le prince devait s’oppo-u hautement à la loi Nemours, U ne l’à pus fait ;' là 1 étail éa lien, de devoir filial, comme de ■ devoir M'tttèirrc M’habilité poliliques; désapprouver son père, c.’étnitduHbire’ uii reltiplirt 'solide de sa propre personne. Rompre avec lbii>àrti dc’lâ'fbvli’V 'et poüïtant Wô tiommi être pris pour un républicain ou pour uir’eâtMèVil'biftte ‘ dont p une bonne manière, pour qui veut être un jour roi, d’appeler à lm tout ce qui sent l’avenir, tout Cè (|lii, cherchant vaiilèmént sa pim, dans le présent, y porte le (rouble? " 1 ’’’ '
Lie même, si le roi 1 consent à subir JL Thict'sV'tjue l'é duc d’Orléans respectueusement s’éloigne; son isolément le'métïrû bienlii plus eu vue, et lui fera plus d’amis, que toutes les grâces dont il dispose aujourd’hui. En effet, subir JL Thiers, c’c^t ptitir là royauté un mal aussi grand que la loi Nemours. Louis-Philippe ’s'éât libiitfré du nom de roi-citoyen ; cette double îiatvu-o' ld'fyit p’otih'éi- en roi pour sa famille, en même temps qu’il doit 'agir et péïfser en 1 'citoyen pour son pays. Sollicité par ces deux devoir!;, le h# pèut’difficilement éviter des fautes auxquelles le prince doit s’abstenir dd'prelïdfè part, el qu’il devrait avoir le courage de déploïPr hauteiVienll'
Songez que les progrès de ce qu’on nomme la véformé électoral 1 signalent combien d’hommes, pour un motif ou pour un autre, sont dégoûtés de la forme de gouvernement dont nous avons le bonheur de jouir.
Le temps presse, l’héritage du prince se grossit chaque jour d’immenses questions qu’il no faut pas laisser encombrer de difficulténouvelles; Alger, l’Orient, en voilà bien assez pour do fortes épaules; le prince y succomberait, si l’on ne met pas un terme à l’anarchie politique qui nous ronge à l’intérieur, en donnant satisfaction légitime aux besoins réels qui l’ont fait naître el qui l'alimentent.
Puisque je viens de parler de la loi Nemours, terminons cette lettre par une autre question de famille.
La làmille d’Orléans est certainement dans une excellente position pour aider puissamment la transition politique de la famille téuJalc
,|u passé, copiée si servilement par Napoléon, à la famille industrielle de l’avenir. Quoique, les. trois princes ou princesses qui se sont mariés aient svqvi sur çc. point la, mode antique, déjà ils ont fait un double accroc au mariage catholique, et ont consacré ainsi la tolé- ! rance religieuse,,dogme siadmirablement transitoire de notre époque. Mais ils ont.fjpnsepvé dans ces unions les traditions politiques de leurs ancùtrçpj ils.sp.aqntisqumip aux préjugés dos castes prineières, préjugés autrçfQi^ trqp.favçijablcp, aujourd’hui plus dangereux qu’uliles à burnou des peuples- ,Dans.ces trois, mariages, deux sont tout au plusinsignifiaqs ; un,seul, celui du roi des Belges, est de quelque importance, encore est-ce une question de savoir si relie union sera profitable, en définitive, à la France et a la Belgique.
Est-ce qu’il ne serait pas temps, pour cette famille, dont presque tous les membres sont animés d’un sincère désir de noble et bonne popularité, cst-ce.qu’il ne serait pas temps, dis-je, de tenter, en fait do mariage, quelque chose d’analogue .à l’entrée des princes au collège, quoique chose^e populaire, politiquement et moralement, quelque chose qui sorte .évidemment ,du cœur et qui no soit ni conventionnel, ni diplomatique? Il me semble que ce serait encore là un bon et nobj.e mqyen d’en finir avec , le duc de Bordeaux et même avec les républiçajrip, ,çar.plorp la monarchie de 1830 ressemblerait beaucoup à la nqùUeuve deç, rppqbliques.
POLITSQliE GÉNÉRALE
Le billot que vous a écrit Lamartine n’est pnsbon ot n’ost ptn juste. Ce n’est pas du tout parce qu’il n’a point'dê place a donner qu’on repousse ses idées, mais c’est {rarcé'qùMn repousse scs idées qu’il n’a pas de place à donner et qu’il n’en a pas pour lui-hiOm'é.'' L’erreur tient à ce qu’il's’imagine qu’être députël c’est 'avbïr’iino place, et que c’est sa place'; ce n’est'une placé” pour pe'rsorind; "c’est tout au plus un lieu pour plusieurs, mais cé n’esf surtout pas la place de Lamartine. Pour lui, c’est tout au plus un' corridor ou un escalier. et les grands hommes ne se tioiinoiit pas là.' ÂitlPofdis"il y avait l’ail de bicuf, aujourd’hui il y h la chainbre du’atiticlilthibre. On va y faire sa cour au pouvoir; i fort , Mpii , ! i iniiis' c’est^ pour le prendre et non pour le regarder passer: -Racine, Corneille ou ïllolièrc allaient, il est vrai, le voir passer et ne songeaient pas- à le prendre; mal est arrivé- à l’un d’eux, pourlui avoir dit autre chose que poésie:
mais aujourd’hui c’est être trop modeste que de se réduire au rôle de tapissier du Roi-parlement, ou d’historiographe de la France constitutionnelle.
Je vous l’ai déjà dit, Lamartine orne, décore, illustre la chambre; sans lui il n’y aurait, dans ce grand parloir, pas ombre d'art, de poésie, d’idéal; mais ce n’est pas cela que Lamartine a voulu en entrant à la chambre; ifiii *^décorateur et le rapsode. Il a fait deux parts de sa vie, et il a prétendu laisser chez lui sa poésie et apporter chez eux sa politique ; or, c’est précisément parce qu’il a voulu se couper en deux, ce qui est impossible, que sa position n'est pas nette, et qu’il n’est plus poète chez lui, ni politique, chez eux. La vio de Lamartine est et doit être celle du politiquepoète; cela lie fait qu’un nom, qu’une vio, qu’un homme; tous les grands hommes sont ainsi revêtus"de ce double caractère, chez eux nminie sur la place publique. Faire Jocehjn d’une part, et de l'autre remuer les destinées du grand monde, à propos de l’Orient, c’est se condamner à faire de la politique dans Jocehjn et de la poésie à la chambre. Une seule et même œuvre doit s’emparer de tout l'homme, car c'est un seul Dieu qui le meut ; le Polythéisme ne va pas aux grandes âmes, elles ne supportent que le culte del’Universel, ou celui du plus idolâtre fétichisme.
Tenez, jamais vers ne m’ont fait pleurer autant que cette sublime plainte du père désolé, en Syrie. Et pourtant j’ai fermé violemment le litre,il m’a faitnial. J’aurais voulu que, pour un siècle, il fôt scellé; que conflit uu testament du père, cacheté, enveloppé, avec ordre de n’ouvrjr que sur sa cendre froide.
Le lhre! : h, livre II ù poètes, combien vous êtes malheureux qu’il nefaille pas dep siècles pour graver sur le marbre et l’airain vos passions, vos anpjurs, votre vio! les hommes 11e peuvent-ils pas attendre un pqu ces .grands élans, de votre âme? et vous, qui vous presse doncyljmjroduire la foule dans le mystère de votre vie? Eh bien ! la politique,,dç ; Lamartinq„ses plus nobles, ses plus grandes idées, les formes si élevées, qu’il donuc souvent à sa pensée, sa belle tète que je. vois d’ici, son, .organe que j’entends, sa pose que j’admire, tout cela me fait mal à la chambre, comme son admirable douleur m’a fait mal dans un livre. Presse et tribune, double voix du siècle, tou-
(os doux incapables de'prononcer le nom de Dieu, vous êtes luui,. deux condamnées à une mori el à une transfiguration prochaine,; soyez les marchepieds du génie et qu’il vous foule de sa parole, vn«. êtes condamnées !
Parlons plus froidement ; la réforme électoralejc est encore un pu chaud!, marche rapidement; dans-les formes et les limites qu’on ] fi donne,elle est passablement ridicule; mais enfin, tout le monde, smi Dupin qui ne dit , comme à l’ordinaire, ni oui, ni non, tout 1 monde convient qu’il y a quelque chose à faire. Ceci est m grand mot, dont je rends grâce au ■ ministre de tous les m nombrables coites. La marmite représentative, continu di-a Paul-Louis, ' n’est donc pas très loin d’ètrc renversée, et, roui, me disait un autre vigneron de nos amis, l’omelette va se retourner Nous ne sommes en France ni dns réformateurs ni des réformé, nous aimons les habits neufs, et au moindre trou nous 11e voulon pas recoudre; la réforme électorale me parait donc, synonyme il mise au rebut du système parlementaire; c’est l’héritage que boni, Philippe laissera à son successeur, quel qu’il soit, comme les pnrl mens ont été l’héritage de Louis XVI; seulement Louis XVI, (pmi qu’averti, dit-on, par Louis XV lui-même,'n’était pas préparé. L duc d’Orléans pourrait être préparép là est pour moi le weud drl politique française, et, par contre coup inévitable, de. la politique il monde. ‘ ■ ■ ■■<
Xe prenez'pas cela pour une. prophétie révolutionnaire; dons in pensée, dans mon espoir, elle est Evolutionnaire. ;
Tous les hommes qui pressentent les destinées humaines doim avoir les yeux fixés, soit sur les obstacles les plus grands, soit >t ies aides les plusutiles. or. dans les momens décisifs, ces obslacl ou ces aides se rencontrent très près dis la scène. Sans doute Nap» léon était loin du Irène impérial, quand Louis XVI était sur réélu faud, mais il en élait près au 18 brumaire; sous l'empire l.ouis-Philippeélail loin de songera modifier par le juste milieu 1 gouvernement de la branche aînée, mais il en élait,près en 181» déjà en 1820. et même en 1815, il était en vue. Aujourd'hui le de d’Orléans, on Henri V. ou bien la République,: il faut chnbir, I temps presse. Avec Henri V ou la République, révolution certain''
lW c le duc d'Orléans, évolution possible, et je. m'explique sjn- cedoux mots.. ....
Lu principal effet d’une révolution républicaine, sérail de détruire ; la révolution carliste en aurait doux, détruire et essayer encore du vieux ; l’évolution à.faire consiste bien.à détruire, une quantité de vieilleries,.à,commencer:,par plusieurs délions constitutionnelles,-et. une quantité,de-roueries,parlementaires,, mais pour faiiv du neuf ou ,du. moins, en-montrer de dësib. de.délie de citer, parmi lesdiommes en vue, un seul qui s’annonce/ comme plus désireux que. le duc dlOrléans, d’adopter des idées, neuve.-, en politiqueiO,t cela.,précisément parce que .sa position le met en dehors, àpeu près, de.ee qu’on nomme la politique, et aussihautque possible au-dessus d’elle, do manièreajui, faire sentir, tous les vices de cotte politique.,Je u’ai jamais çntcudq parler des affinités de .M. Tliiors, de II..Guizot, ni.de M. Molé lui-mème, avec le duc d’Orléans; c'est une preuve pour moi que,fous cas hommes n'ont pas la vio plus ,longiie-que J.oms-PliilippQ.. 1 Le prenijer homme politique qui sera signalé .comme l'homme,,dqduq d’Orléans, pour celle inilialive d’ameliorations populaires, mo paraîtra . s'être assuré l'avenir, tandis que,oelui.qui.p.asserqjsoijatqmps à respirer l'encens frelaté des journaux, n.recherrdicfles triomphes vaniteux de, la tribune, sera, à mes yo\ix,. un véritable, .voltigeur du passé.
,lésais bien que le bon peuple dirait, si je lui lançais toutes ees rêveries, à la IhççiiVjPiflis ,vo,us q(î parlez que de, qqçlqqes hommes, que d’un homme; vou.sfiiile.s.wilortqulqriiupiaijité sur mi seul homme; moi,, peuple, ne suis-je (loue rien'.’ » flou peuple, répondrais-je, quand, vomi avez été .uinîlre, vous n’ave?. jamais ..-ai encore re que vous deviezd’aiK: Av, .volro, multiple. souveraineté. Par exemple, quand vous avez conquis votre sanglante n\v,au|y,. 011,93, comme vous no saviez qu'en faire, yops vqusêtesbien, vite laisséengouidir (Kir un directoire Hobort-Macaire, et, bientôt après, une bonne épécin brisé votre couroiiiio-eLvous a-rondemeut détrôné. En 1830, vous avez voulu recommencer, mais vous étiez,epeoro ignorant de cequ’ibfallait faire; aussi,,passczrinoi le mol, on vous a /loue lestement, Si vous recommonoiezi aujourd’hui à jouer au roi détrôné, prenez-y-garde, votre couronne conquise vous serait encore osra-
ninloe. Poiinjuni? D'abord, [i;ut('(]Ilc vous ne savezpas encornee i|i h . ions feriez de la royauté, si vous la preniez; ensuite parce que vois ne suivez, comme chois de file, dans vos révolutions, que dos hommes 1res savans dans l’art de la destruction, très ignorons quand il faudrait construire. C’est par cette raison qu’il me parait fort important pour vous, d’examiner d’avance ce que vous feriez si votre cause triomphait, et de vous habituer à chercher l’homme ou le, hommes qui pourront le mieux consolider votre triomphe, le rendre permanent, et empêcher qu’il ne soit encore une fois escamoté.
Or, que voulez-vous, cher peuple "? que votre atelier soit bien organisé? cherchez donc quels sont les hommes qui peuvent le miem vous aider, vite et bien, à celte organisation ; quant à moi, je cm> que le duc d’Orléans est un de ces hommes, et il me semble miem placé que bien d’autres pour travailler, dès à présent, à préparer celle organisation : voilà pourquoi je m’intéresse beaucoup à lui, voilà aussi pourquoi j'aime beaucoup Lamartine: j’espère en eux pour sauver la France, eu ainélioranl le sort du peuple, en l’aidant à organiser son atelier.
Passons à un autre sujet :
Nous touchons à une crise qui établira entre les ministres futur* et les ministres actuels une différence plus grande mille foisquccrlle qui existe entre les ministres actuels, et ceux do 1 II si t Les ministres actuels, qui sont pou de chose, sont aux ministres futurs, qui seront beaucoup, ce que ceux de l’Empire, qui n’éhiicnl presque rien, étaient à ceux delà Restauration, qui étaient quoique chose. Sous l’Empire, les hommes forts étaient maréchaux, militaires; pendant la Restauration, les hommes loris étaient jésuites ou journalistes; aujourd'hui, les hommes vraiment forts sont je nesiib quoi et je ne sais où, ils sont inconnus; ei demain, ceux qui pussent pour forts aujourd’hui ne seront rien du tout. Les ministres futurs auront pour première tâche d’employer des Immuns vraiment forts et non des bavards, dos Robert-Macaire.
Ces diverses propositions no vous paraîtront peut-être pas très claires, je vais tâcher d’y porter la lumière.
Tous nos minislres se croiraient bien heureux s’ils pouvaient museler la presse et renverser la tribune; mais, pour pareille rouvre, il
faut autre chose que des baïonnettes, Charles X l’.i prom is il l'aol autre chose qui: dus armes de deslnirtioii, .Napoléon u'en uianquail pas et il n’a pu faire taire niM. Laine ni Mme de Staël; il faut avoir dans sa besace de quoi lier les cœurs, les (êtes et les bras, c’est-à-dire une passion, un but, une œuvre, 1 voulus de Dieu, appelés par les hommes ; il faut que toutes les institutions sociales, etparconséquent tous les instituteurs sociaux oii ministres,' aient un but direct, immédiat, l'amélioration delà condition morale, physique et intellectuelle de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre, parce que c'est le seul moyen de donner à la classe la moins nombreuse et la moins pauvre, la sécurité et le bien-être dont elle est si avide.
Ah! si les ministres actuels avaient un pareil but, si leurs actes portaient l’empreinte de cet irrésistible besoin d’améliorer le sort du peuple, alors ils ne redouteraient ru la presse ni la tribune, ni les écrivains ni les parleurs; soyez en sûr, ils aimeraient au contraire a les lire, à les entendre, car roux-ci deviendraient leur appui, cl ilianleraiënt le méritent la gloire décos hommes d'Iilal quiauraieul ainsi assuré la prospérité de toutes les classes, la prospérité du bourceois comme celle du travailleur.
POLITIQUE GÉNÉRALE
Constantin!?, mai 1840.
Mox cher ami.
D’après en que vous me dites, il paraît que je'nie suis mal exprimé ou que vous m’avez mal compris, quand je vous ai parlé de la position de Lamartine. 11 ne s’agit pas d’abandonner le champ de bataille (fort bien nommé ainsi), et les soldats dont il commence à gagner la confiance ; il ne s’agit pas surtout de lés quitter en dégoûté et, pour ainsi dire, en peureux; je ne conseillerais cela <1 personne, sauf peutêtre à un Talleyrand, s’il fallait des Talleyrand aujourd’hui; mais je n’ai certainement pas eu cette idée pour Lamartine. Voici, sous une nouvelle forme, ce que je voulais dire :
Liberté, ordre public, devise du temps actuel, est une bien belle formule ; mais comme personne n’est d’accord sur la valeur de ces mots, et que les partisans de l’un font peur à ceux de l’autre, il en résulte que les hommes, dits de la liberté, quand ils sont au pouvoir, sont obligés de faire ce qu’on nomme enrore dpl’brdre, et qu’a»
contraire ceux de l’ordre sont les seuls qui peuvent faire de la liberté. Voyez l’Angleterre depuis un sièle, et la France maintenant.
Par conséquent, les 221 ont un avenir auquel ils no s’attendent pas, mais que leurs chefs de file doivent prévoir, préparer et hâter. Ce sont eux, c’est-à-dire ce sont des hommes animés de l’esprit régnant dans ce parti, qui feront, non pas ce que M. Barrot et M. Arago veulent faire, mais ce que plusieurs les croient, fort mal à propos, capables do faire. Ce sont eux, en un mot, qui seront obligés d’améliorer réellement le sort du peuple.
Périer, le libéral de la restauration, M. Thiers, le rédacteur du Xational, ont mis des baïonnettes au bout de leurs doigts, quand ils ont été au pouvoir; MM. les 221 peuvent être certains qu’un moment viendra où ils feront plus que ne peuvent même rêver aujourd’hui nos politiques sans-culottes. Pour cela il n’y a qu’à attendre un peu; les coalilionnistos qui penchent gracieusement la tête à gauche, ne tarderont pas à voir des événemens qui la leur feront redresser. Alors il faudra être en mesure d’aborder rondement les véritables intérêts populaires, que les radicaux méconnaissent complètement et que les 221 ignorent.
Lamartine, malgré son vif amour de la gloire, n’a pas encore, faule d’exercice, la fibre populaire aussi vigoureuse que sa noble fibre royale. Ces deux élémens de la vie des prophètes géans, peuple et roi à la fois, ne sont pas encore assez égaux en valeur pour être religieusement unis en lui; en un mot, il n’est pas encore assez peuple pour comprendre et dire ce que Dieu veut pour le peuple; mais, je l’espère, lorsque le moment sera venu, il sera prêt; les grands hommes s’illuminent promptement, et leur inspiration est quelquefois si merveilleuse qu’elle ne peut avoir d’autre nom que celui de révélation.
De tout ceci, il résulte que Lamartine aurait grand tort de ne pas cherchera conserver son influence sur les hommes qui sont destinés, à leur insu, à remplir cette belle tâche ; toute la question est donc de savoir comment accroître cette influence, si bien méritée.
•le me tromperais beaucoup si Lamartine ne sent pas déjà que lui et hs 221 doivent changer de batterie, et qu'ils ne doivent plus se poser comme les défenseurs de l'ordre, ce qui est presque trop eon-
mm, mais comme les seuls hommes qui comprennent les véritable, besoins populaires, comme les seuls qui puissent ij satisfaire. CVen effet la meilleure arme à employer contre le tiers-parti, qui w pourra l'ion faire dans cette direction, malgré ses promesses; et cV-i aussi un puissant moyen d'éJucation et d’élévation pour les soldaidont parle Lamartine, et qu’il ne veut pas abandonner. 11 faut, je ! répète, que les 221 acquièrent la conscience que cette làrlie leur revient, et ils se mcltronten mesure de la remplir avec connaissance il, cause, lorsque le temps sera venu.
Je dis plus; pour le but a atteindre, il est tout à fait inutile di s’inquiéter si les 221 savent parfaitement, aujourd’hui, ce qu’il faudra foire dans celte direction populaire, lorsque leur reviendra le pouvoir. Ce sérail même plus nuisible qu’utile d’arrêter prématurément leur pensée sur ce point. Les hommes politiques, en général, ne sont pas théoriciens, et leur habitude des affaires leur fait découvrir, en leur temps, les mesures à prendre, pourvu qu'ils
C’est donc, ce sentiment qu’il s’agit d’éveiller et de développer en eux, et je suis certain qu’ils sont tout prêts à le recevoir, non-seulement parce qu’il y a autant de véritable amour du peuple de iv côté que de l’autre, mais parce que les 221 savent bien que Iniilimesure populaire qui no viendrait pas d’eux.ferait mi l acheminement inévitable vers la république. Et voilà pourquoi la position du duc d’Orléans, politiquement nulle jusqu’ici, me paraît devoirprendyc caractère ;,ear ce prince , qui, en.sa qualité d’héritier du trône, représente plus l’avenir que l’époque actuelle,, n’a,,, qu'à manifester celte pensée, populaire, pour servir de drapeau à l’évolution préparatoire et toute pacifique qui délivrerait le trône où il doit s’asseoir d'ohsiaclos hientut insurmontables. s’il ne s’occupait pas, dès à présent, de les détruire.
l’n acte du duc d’Orléans, une parole de Lamartine, voilà ce qu'il faut. Que Lamartine sollicite l'acte, et il aura accompli double tâche. mérité double gloire.
Heureuse la France, si ces deux hommes sont marqués du doigt de Dieu pour une œuvre commune!
Je ne sais dans quelle circonstance vous m’avez
dit : Lamartine
-cm un jour ministre des relations extérieures. Votre prophétie n’est lient être pas parfaitement exacte, parce que dans le temps où Lamartine fera do la vraie politique, il devra faire aussi de la vraie poé- -ie; c'est-à-dire qu’il devra inspirer les chefs /les peuples /lirecltme/il, non par l’intermédiaire de ’eurs ambassadeurs, je me le figure mieux près, de la reine Victoria s: prè de l’empereur de Russie, nu bien à Rome qui sera bientôt un curieux médire, ou à Vienne, pour eu finir avec Henri V, ou bien à Constantinople, pour y faire concorder le Coran et l’Evangile, qu’entouré dans son cabinet, à Paris, de diplomates venant faire leur éducation près de lui; mais c’est égal, quoiqu’il arrive, le duc d’Orléans dût-il mourir demain malheureusement d’une fluxion de poitrine, ou glorieusement d’une balle arabe, je dis qu’aujourd’hui on fait bien de lui témoigner qu’on a espoir en lui, si Dieu lui prête vie; il le mérite, et c’est d’ailleurs la meilleure disposition d’esprit et de rieur pour découvrir et préparer re qui doit être fait en ce moment. Fonder son espoir sur la tribune, comme les Guizot et les Thiors; sur Louis-Philippe, comme les ventrus; sur la presse, comme les Garnier-Pagès; sur Henri V, comme les ultras, c’est s’appuyer sur des planches usées, brisées ou même
C’est vous (lire que je n'adopte fias du tout l’idée de pahlier- quoique ce soit de moi. Je suis eu ce moment sous terre; on m’y a unis et je dois y rosier encore; je dois me borner à faire en sorte qu’un très petit nombre d’individus, lotit à fait hors ligne, saillent que je ne suis pas mort dans mou trou, et que ma terre m’est assez légère pour pouvoir la secouer facilement, si cela est néces-
rOLÏÏIIp fiïlXÊRALE. ;
Cüiitl.inliuf, îuai’ét jùïii 1810.
Mo.\ aiLü un.
Depuis ,nm denifêrç.letlre,,j'ai, Ij; les.jqi|ritauj; • Irois.dipses mot* frappé fl iQiUes j.es,trois. peuvt31t.se .ratiieiicr à une .seule: ,
I 0 .Ui.couversioii4fis pentes.;, ,..
■JP. L’avis de la.ppiuuiissioipsur l'Alyérif?.; ..,, , . iV . . d . 3“.Lc tou et.(nènie.ieipi^,(le.s.4iscqurs,do ( ,lJL .'Llijprs à ^ Chambre des pairs.. CVst à ce dernier, sujet,quç,je,vjiisi:amener les dem autres ■ •...•■ ..... .
Jf. Thiers .a dit, aveu raison.,: «.l«nsqueje .12 mai a paru trop pencher à droite, il y a eu réaction, vers.,}a.gauche; si nous penchions trop vers.la gauche,,il y. auraitj-fta.çüçiii yc;rij la droit?; pet- -oune no veut aujourddmi. risquer de, grapid^s expiiriepces. » Voiri pour le .fond; quant à.la forniej il,a dé envers ,1a pairie d'une politesse excessive, demandant pardon même dp .llqmploi des mots lis plus usuels de la lan.que parlementaire. , . - . • .
Indépendamment de-toute autre raison, je concilierais de a'fle'
que jo vous ai déjà écrit, savoir : que la Chambre des. pairs pourrait bien, par réaction, essayer de ramener vers elle le mouvement politique qui, depuis deux ans surtout, se porte d’une manière exagérée rers la Chambre des députés. Et comme seconde conséquence, je prévois à la Chambre des pairs doux votes contraires h ceux qu’on aura probablement chez les députés, pour la conversion et pour l’Algérie.
Ce système de bascule qui est notre vie depuis 1814, a eu certainement de grands avantages, maison ne peut pas se dissimuler qu’il use considérablement les rouages, et que s’il retarde quelques moiivcmens brusquas, il oblige, de temps h autre, à de grands renouvellemensde la machine, comme l’invasion de 1815, comme le retour de Vile d’Elbe, comme 1830, comme i'mlement diplomatique de 1840 et ses suites. C’est sur ce dernier fait que je suis bien aise de lixer votre attention.
M. Thicrs n’effraie pas autant l’Europe que Napoléon, c’est tout -impie, il a, je crois, deux pouces de moins; mais évidemment, malgré -es prétentions diplomatiques, il ne lui sera pas donné, de nous sortir de l’isolement actuel; son avènement au poûVoir est même un .-igné qui correspond on ne peut mieux à eei isolement.
Certes, à un point do vue très général et très philanthropique, eu considérant ce qûb l’Europo "tout’ entièrè, 'i-é'qho le monde mémo peut gagner à cet ïsblement do la France,"il sé'MiCpossible d’y trouver des compensations, analogues à celles qu'on ’à'pu’sé donner en 1815, en se dépouillant vin"m6monrdlî''s'â , ' , ^aité’dé Français. A cclié’époquè, l&'peuplés éuïojiééhs, hyànf Wéqutë lüht eé cjue Napoléon avait pu leur donner de la vie'Française, se sont révoltés contre lui. De même, aujourd’hui, la révolution de 1830 a donné à l’Europe ( beaucoup par M. Tliiers, c’est une justice à lui rendre) tout ce qu’elle pouvait lui donner. La Belgique, l’Espagne, l’Italie, la Pologne même, j’en suis convaincu, et aussi la Grèce, l’Egypte et la Turquie, l’Amérique même) ont reçu de 1830 tout ce que 1830 pouvait donner do bon, comme en 1814 le monde avait reçu par Napoléon tout ce que la révolution de 1789 pouvait lui donner de l'un ; c’est par la forre que Napoléon avait donné, c’est par elle qu’il a etc repoussé: c’est par le terre à terre du statu quo et- dit chacun
chez soi que 1830 a agi, et 1830 va rester chez lui, m statu terre à terre, c’est très naturel.
Vouloir agir sur l'Europe me paraît doue aussi puéril, aujourd’hui, que l’aurait été, en 1815, le rêve d’un grognard qui aurait voulu rrreprendre Moscou. Malgré cela nous aurons un Waterloo diplomatique. comme nous avons eu un Waterloo militaire ; M. Thicrs a (ail entendre qu'il cherchait une nouvelle alliance pour la substituer à celle de l’Angleterre; il aura un pied de nez, et l’Autriche le jouera bien plus facilement encore qu’elle n’a joué son gendre Napoléon ; n quelque Blucher prussien taillera en pièces M. Cousin.
C’est qu’il y a, en effet, dans la politique extérieure de la France, pour la grande question oii se débat actuellement la diplomatie, une condition générale de défaite sur tous des points. M. Thicrs vrai, comme Napoléon (et malheureusement l’opinion publique est encore conforme à la pensée de M. Thicrs, comme elle soutenait encore Napoléon après'Moscou même!, maîtriser les événements, contrairement à leurs tendances naturelles. 11 convient, et tout le monde convient avec lui, que la tendance naturelle des Russes est de prédominer îi Constantinople; et que la tendance naturelle des Angine est de prédominer à Suez et en Syrie ; et il en conclut qu’il faut s'opposer aux Russes à Constantinople et s’opposer aux Anglais .1 Alexandrie, résister à l’extérieur comme Mi 1 Guizot à l’intérieur. Cette politique toute négative manque complètement d’élémeus dr succès. Sans doute, il faiif s’opposer à ce-que la prédominance naturelle, inévitable, très désirable même; 'des Russes sur la Turquie et de l'Angleterre sur l’Egypte, devienne exclusif; absolue; aütomtiqve et semblable à une conquête’, mois, je vous 1 l ? ai déjà 1 dit, et je ne saurais trop le répéter, on poussera d’autant plus h ce qu'cllr prenne cp caractère,- quhm'méconnaîtra 1 ce quil y a de légitime cl de vraiment providentiel dans cette double prétention.
C’est ce que l'Autriche sentira et senCdéjà, j’en-suis sûr, comme elle a senti, en 1812, que la puissance de Napoleoh était purement négative, destructive, et qu’il- fallait l’abattre.
L’ambassadeur de France qui irait -à Vienne dans celle penser pourrait encore sauver la France du Waterloo do M. Thicrs ; peuton l'espérer ? ,1’en doute.
Jf reviens il lu Chambre des pairs, niais pour ee que j’ai ii en Jire, celte vue do politique extérieure étant nécessaire.
Je continue ma comparaison de 1814. Le sénat conscnaleur , réunion des vieilles illustrations de la République, du Consulat et Je l'Empire, a salué la Saintc-Alliançe et donné le coup de grâce à Napoléon. Aujourd’hui, lu chambre des pairs, toujours cousentiliïrc, réunion des vieilles illustrations de l'Empire, de la Kesluuraration et de 1830, donnera le coup de pyàcçà 31. ïhi!/rs,el saluera, la première, les vainqueurs de su politique- extérieure et inté-
Je ue voudrais pas..que ma comparaison de 31. Thiers avec Napoléon vous. donnai tcop à penser sur 31. Thiers;, mais jonc voudrais pas qu’elle vous, donnât trop peu, et dans.ee but, je vais vous dire pourquoi je prends 3t. Thiers e| lion p«s Louis-Philippe, qui H pourtant, assis sur le troue oii était assis Napoléon. C'est que Napoléon, en parlant, a enlevé; .tout à fait le velours qui recouvrait ce tronc; que Louis XY1U y .a mis.un, velours dp. cotpn, troué par (lliarles X; et que Louis-Philippe n’y a pas même posé une indienne ; ce qui fait que le trône esl réduit aux planches dont a parlé l'empereur.
lit voilà pourquoi. Louis-Philippe, qui règne, ne sera pas détrôné, du moins.avant 31. Thiers,.qui s’est dit : Le roi règne et je gou-
Ixn d’autres termes, NI. Thiers est bien plus le représentant de la rerolution de, 1830, et il en convient certainement lui-même, que., Louis-Philippe ; 31, Thiers est lefils.de la presse et de, la tribune, lundis que Louis-Philippe est de sang .royal et Bourbon ; il n y a pour M. Thiers ni quoique, ni parçR.quc; il vient de rien et il est presque tout ; le roi, au contraire, vient.de, bien liant, el.n'est pro-r que rien. Louis-Philippe est de plusieurs époques du passé ; 31. Thiers h est quc.d’unc .seule, du,moment; Louis-Philippe,, enfin, est émiiiiinemnient un,homme do transition, un lien du passé avei l’avenir; 31. Thiers est le présent, un instant, un éclair très brillant, un ineleoro, une, ou si voulez, Irois glorieuses journées.
•le dis donc que M. Thiers s’éteindra extérieurement sous le souille des diplomates, et intérieurement sous celui de (a Chambre, des
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pairs. Extérieurement à propos de la question d’Orienl, ultérieurement à propos de la conversion el de l’Algérie. Déjà, pour la conversion , 'les décisions fermes qu’il avait promises, ne sont p a , arrivées '; il est difficile il’êtré plus fiasque qu’il ne l’a été sur ccllquestion ci sur la reformé éleeforàle, et sur les destitutions ; niais il nïe semble que cela va être bien ’pis'sur la question d’Alger, ma|; ri ; «on immense talent et son adressé infinie ; la fermeté promise fai place, je le parierais, à une faiblesse prodigieuse.
Mais je m’aperçois qiié vous pourriez porter, sur ma politique, même jugement que j’appliquais à celle de M. Tliiers pour l’Oriem, i•’cst-à-.Iiré’ la condamnercomme étant uniquement négatiu 1 , ef n’ayant d’aufré but que’ là' chute de M. Tincrs; ce ne serait pa, tout à fait juste, puisque je dis en même temps ce que beaueoiiji d’autresn admettent pas, que Louis-Philippe lui survivra. 11 est vrai qdè j’ai beaucoup plus'indiqué |>ourqudi et comment M. Tliiers ■•esserait de gouverner, que je n’ai dit pourquoi et comment LouL Philippe continuerait de régner, apres le chute de M. Tliiers; muisj'i
Pour celà.'examinons bicii en quoi nia comparaison de 181 i mu 1810, ou de la révolution de 1789 avec celle de 18301 diffère d’iur:
L’Eiiipire est la propagation européenne des principes de 178!): h Restauration est une réaction contre l'extension momentanéiiicii' exagérée'fié ces principes, ou mieux encore une protestation de certains principes èoeiaux,'oubliés ou éerase'sc'ii 89, el qui diunaiiiluieu! à avoir leurparl'dàns la’ sdeieie renouvelée. La Restauration, romm.' l'Empire,' a' dépassé son but; et comme lui elle est tombée par exagération de son principe. En ! 1830 cïoiir,'outrè le l'ait révôlulioiimiire qdi'àrrctàidà'ïtéktàuràtidii dans sa màifcïie.'et' dont ÜT.”I 1 luérs est h représentant', il ÿ avait un double résultat'obtenu, uùv>'doublé ét»L làfié : cpièlqiiés b'6inn"és avakmt'compris'iè pourquoi île 1789 cl le pourquoi'de làTlésfàuratibn 1 ': ’lib'erlê ét'mvbVficvmrenl la"devise sociale; Tandis que W' avait’ mis â'u nionilë la liberté, en dèlrumM Vordre ancien',' et que ju’Réstàurâlibn àvàif tenté, sinon du cirer un onli'é iioiiveau. l 'iIu"im!ins dé ressusciter l’ordre du pa-sé, cil «in-ïfanl ïolwevi<ï.
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le mérite de Louis-Philippe est d'avoir trouvé et proclamé celte double devise qui résume ce qu’il y a de vraiment légitime et de processif dans la Révolution et dans la Restauration, et il représente ainsi, non pas la Révolution tle 1830, ( comme 11. Tliiers, niais le douille sentiment né de ces deux grandes épreuves auxquelles la France a été soumise, depuis que, mécontente dosa forntç sociale, ancienne, elle en cherche uni;,nouvelle. Louis-Philippe est à peu près M. Tliiers et S. (iuizol, réunis on pu spid homme.
Depuis 1830, le problème politique o=1 ainsi posé : Quelle est la mesure de liberté, et quelle est la mesure d'ordre que comporte lu ,oriélé actuelle '! Co.qui se traduit ainsi, en langage parleinentaire : Comment concilier M. Thjers^t M. GuizorJ Eu t effet, .potre époque «l une époque de conciliation, succédant à deux éppquqs, Tune de révolution et l’autre de restauration , e.’ost-à-diri; doux, époques,, l’une (l'avenir sans passé, l’autre de famé mmareffir, ,soniblahlcs à MM. Tliiers et Guizot, l’un écrivant.des révolutions, l’autre des restaura-
Or, M. Guizot est un astre déjà tombé sous l’horison politique, et M. Tliiers est bien près d’avoir arcompii .-a révolution ; l’un.est |'.i.' s é, l'autre passe : se rctrouvoroojjls aux antipodes Je la France'.' est-ce là qu’ils doivent se concilier'. 1 ou bien, après la disparition prochaine de M. Tliiers, verrons-nous reparaître encore une, l'ois au levant M. Guizot ? c’est ce que i’avenir nous dira : toujours oslil que M. Tliiers est arrivé maintenant au mol euncili(tlipn r ce qui prouve que la ebosi est généralement siiiitio; et,il, a pour jiceolyte Mil. Cousiti, Jauticçl, jW\iisat, i ( ‘’e.st-à-iliic l’anpiq-n Globe, parce, qa’eneffet le mot conciliation est, en politique. la traduction des prétentions philosophiques de l'écleijljpjiie., , . irii „ ; i( .■..
C'est un .excellent, sentiment que celuj de ; , jp,, r ] qi)ç ! iliqtiqi),.;,.,piqis. nous savons depuis lqngtemptpqu’il ue suflit pifs qlp dire à 1 ,dqq.x;..p.ersoiines qui, se regardent çontnie mmetqj^.ol qui auraieii^. aq, .cçmtvaire, de, grands motjt's d’ètro. t'unies : ^ e.iiihrqssez-yqns,., et, qu.e, ,,f,ela finisse ; il faut encore leur faire sentir et coin prendre eçs iqo.tifs d’union, do manière à clijjnger l’initqitiéijii iifjectiqti véritable.
Pour cette œuvre, tous les éclectiques, même : sous les, ordres de
M. Tliiers, sont impiiissaiis; il- ont une intention fort louable,, niais
ce n’est qu’une intention; ils représentent parfaitementl;i s,«in,; désirant mettre fin à ses luttes, mais ils ignorent le moyen d’y tre un terme, parce qu’ils n’ont aucune idée de la l'orme nouvel),' que prendra la société après relte réconciliation.
Peuple et roi sont deux mots qui résument toute, la l'orme social,ancienne; l’un a donné son cacheta 1789, l’autre à la Restauration. 1830 a fait surgir un roi-citoyen (il; c’est donc encore, sous ce în.uiveau point de vue, Louis-Philippe qui est le véritable symbole il,-, deux grandes acquisitions faites par la Révolution et la Restauration. Il est, je le répète, le cl utînon qui rattachera le passé à 1 avenir, et il ne sera pas brisé avant cette union , parce qu’il est impossiblde concevoir une position plus favorable que la sienne pour h préparer. 11 a pu, et il pourra encore user beaucoup d'homme, durant l’évolution nécessaire pour faire naître et pour développ dans lies masses le sentiment préalable de conciliation ; Périer rt Laffitte, Guizot et de Broglie y sont passés; Thiors V passera ; mai Louis-Philippe ne finira que lorsque sa destinée tout entière son accomplie, lorsque le mot peuple et le mot roi seront prêts à recevoir l’acception nouvelle que Dieu leur réserve ; lorsque la Fr», pourra commencer à pratiquer le sentiment de conciliation entre 1 passé et l’avenir, entre le droit et le fait, entre les légitimistes et l-
;1) Un roi-citoyen, par tu grâce d’un pcMp/c-socviauiN , aurais-jo *' ajouter, et ce complément d’idées m’aurait fait appliquer il la poliliqn européenne les mêmes principes que je viens de développer pour notrepi I ilique intérieure. C’est qu’en effet la France est. pour l'Europe et le nionJ entier, ce que Louis-Philippe est en France ; elle représente le donU sentiment né do 1789 et de la restauration ; elle est la nation juste-nn lieu ; à ce litre, elle restera isolée, au milieu de l’Europe, comme Loui-
Philippe au milieu de son parlement, où il ne pourra bieniôt plus for.
de ministère.
Quant à l’Angleterre, qui professe la maxime : La France régne et > gouverne pas, elle pourra bien être traitée comme le sera M. Tliifc parce qu’elle a la prétention de gouverner le monde, et particulièremei la France. Il serait donc possible qu’elle fût condamnée à subir une n volutinn, tandis que nous n’aurions qu’une évolution à faire. Oi M. Thiers et l’Angleterre sont menacés d’un sort semblable, un Waiei terloo, etM. Guizot y contribuera, pour l’un et pour l’autre. Relisez ce qn je vous ai écrit sur lui l’an dernier.
- JH -
républicains, entre les pairs et les députés, les riches et les .pauvres, |i.., bourgeois et les ouvriers.
Quelle sera cette politique conciliatrice ? Est-ce une destinée, nivale ou une conduite de citoyen que je vois pour les gouvernails de l'avenir? Ceci nous mènerait trop Johyce que je veux dire, i-'est que ce no sera pas une conduite parlementaire, parce que le parlementarisme finira avec Louis-Philippe, qui vivra autant (pie cet éclectisme politique dont il est,le véritable représentant.
POLITIQUE GÉNÉRALE
Conslantine, juin ISiO.
Ma lettre précédente me permet de rentrer plus nettement dans la question dont je vous ai déjà entretenu, c’est-à-dire, dans l'examen du rôle que doit jouer le duc d'Orléans, s’il veut sauver la France ti le roi des dangers qui les menacent.
M. Thiersa défié de gouverner après lui; il a eu presque raison, car il est l’avant dernier terme du gouvernement parlementaire, comme Louis-Philippe en est le dernier. Michel Chevalier (liai dernièrement à d’Eicthal : La France actuelle est ingouvernable; e celui-ci répondait : Ingouvernable comme on veut la gouverner actuellement. D’Eichthal avait raison; la France est ingouvernabt parlementairement, ce qui sismfio que nous touchons a la fin di parlementarisme, comme en 1813 à la fin de l’Empire, comme er 1827 à la fin de la Restauration. Mais après M. Thiers, c’esl-à-din le jour oii il aura été atteint par la pairie, Louis-Philippe pnnsson
••utorf jusqu'au bout sou principe, son système, comme ont fait la Restauration et l’Empire; par conséquent, il y aura un intermède minislériel, ou des intermèdes successifs, dont les précédens ne donnent ,|ii'unc faible idée, et durant lesquels se prépareront les grandes choses dont il faut s’occuper très sérieusement dès aujourd’hui. Ce -rra là le dernier acte, de Louis-Philippe, et ce ne sera pas le moins important de sa vie.
Xu regarder pas ma prophétie comme sinistre pour le roi, au moins, dans ma pensée; je crois très fermement à la possibilité de prévenir les maux qui nous menacent tous; je voudrais si sincèrement éviter au roi l’exil de Sainte-Hélène ou d’Huly-Rood, et au ■lue d’Orléans une visite forcée au tombeau du roi de Home, et à i I le nivelle révolution, que j’espère dans l’intelligence du roi, du .prince et de la ualion. .l’espère que le représentant d» sentiment de conciliation entre l’ordre et la liberté, n’aura pas le sort delà Révolution incarnée (Napoléon), iii de l’ancien régime ressuscité (Charles X); j’espère enfin qu’il mourra, comme l’éclectisme, Je vieillesse et impuissant, mais voyant luire l’aurore d’un grand jour nouveau.
Tout ceci, sauf ces derniers mots, aurore d’un grand jour nouveau, est encore bien négatif, direz-vous; c’est encore, quoi qu’un peu plus tard que la chute de M. Thiers, la mort du parlementarisme avec la fin du règne de Louis-Philippe. Je n’en disconviens pas, arrivons donc vite à cette aurore; tâchons, dès à présent, d’en voir quelques lueurs et de signaler le moment où l’on pourra, peuàpeu, la mieux découvrir. Au reste, pour bien apercevoir le jour qui va naître, il est bon d’être convaincu qu’on est très avancé dans la nuit.
Le sentiment de dégoût du parlementarisme fait tous les jours d'immenses progrès dans les rangs des hommes vraiment supérieurs, fie progrès doit engendrer prochainement le besoin de s’unir, pour prévoir et préparer les moyens de sortir de cel état contre nature de lièvre perpétuelle. On n’ose pas encore avouer hautement ce dégoût, on s’en fait confidence à voix basse; tant qu’on n’aura pas, sogs ce rapport, le courage de son opiuion, comme on dit, il sera dilficde que ces confidences.mystérieuses produisent quelque chose de bon.
, Mais attendez qu'une île tes natures impressionnables et j ln . Iii'pssionnantes, étoullant sous la corruption parlementaire, éclat,,, combien ne regretterions-nous pas, dans un pareil moment, d’avoir négligé de former le noyau des hommes destinés à réaliser la partit. positive, constructrice, organisatrice de la politique dont j’ai pr,..qn’exclusivement développé la partie négative '?
Ainsi, toutcoquejnvousécrivaisdansunedcmeslettresprécéili'iiif,. sur la marche que doivent inévitablement adopter les 2-21, sur la nécossité où ils sont de se présenter, non plus comme les défenseurs de ce qu’on appelle l’ordre, mais comme les seuls capables de réaliser des,améliorations vraiment populaires, donne un caractère bien net à ma pensée sur la Chambre des pairs, quant à la politique intérieure. Le thème des 221 est le même pour elle, et je suis certain qu’elle s’en emparera , quand la conversion lui arrivera, si elle i*t poussée par quelques voix dV« haut, parce qu’elle sentira la nécessité de se faire populaire, au moment où elle pourrait craindre qu’on ne l’accusât de défendre sa cause de grosse rentière cinq pour
Quant h la politique extérieure, Alger y touche de trop près pour que la Chambre des pairs n’ait pas encore là une belle occasion if relever notre dignité nationale, devant un cabinet qui veut, dit-il, b paix sans honte, et qui ne défendra pourtant que très mollement It possession de l’Algérie devant les députés.
Mais il y aura bien d’autres circonstances prochaines où sc proiluira clairement la faible estime dont jouit M. Thiers auprès do ltl.de àletlermch et do l’empereur Nicolas, et qui inspireront à quelque nobles âmes le sentiment de la seule grande diplomatie qui convienne à la France, et dont je faisais, dans ma lettre précédent' 1 , l’application à la question orientale.
Vous vous rappelez que dans ma lettre au roi, il y a trois ni]., j’indiquais l’apparition de cette politique loyale et naturelle, connu' le viatique qui devait accompagner Tallevrand dans là tombe, ouverte pour lui peu de temps après. Cette politique est si simple et s claire, elle est en même temps tellement rénovatrice de toute la diplomatie, qu’il ne faudrait, pour ainsi dire, que l’énoncer pour v ranger les bons esprits, et il est impossible que la conduite
M. 'fluor* uc donne pas l’occasion do la moltre au jour. Or, c'est la politique d'association des peuples, et en même temps de leur indépendance et de leur dignité, puisque r’est celle qui prend pour base lu rapacité et les tendances naturelles de chacun d’eux.
Voici donc les deux points autour desquels il me semble que devraient se rallier tous les hommes qui, dégoûtés de la politique acmellc, songeraient à préparer une politique nouvelle ; à l’intérieur, ils s’occuperaient des améliorations populaires, par conséquent, ils sc trouveraient transportés sur le vrai terrain de 1 organisation industrielle et di' Yéducation intellectuelle et morale du peuple-, pour l'extérieur, ils chercheraient les bases d’une nouvelle association des peuples, selon leurs tendances naturelles, atin de transformer en politiquo pacifique d’émulation, notre vieille politique de guerre et de jalousie.
Peut-être trouverez-vous que je prends mes espérances pour des réalités très prochaines ; c’est possible, et cela m’est arrivé quelquefois ; pourtant je ne crois pas me tromper,.en regardant comme assez prés de nous le moment ou toutes ces choses nouvelles vont se dire et se faire. N’oubliez pas que dans ma main est tombé, eu 1830, le Globe de MM. Guizot, de Broglie, Rémusat, Jaubcrt, Jouffroy, Dubois et Cousin ; après l’éclectisme, je dois donc savoir ce qui naît. Le rhoi.t entre mille doctrines philosophiques, déclarées également respectables, a toujours précédé do peu une philosophie nouvelle; le c/ioércntre d'honorables systèmes politiques (juste-milieu) touche également de près h une politique nouvelle.
! Pour compléter cette pensée, je vous rappellerai une conversation I de l’année dernière, dans laquelle je vous annonçais le retour inévi- ! table dcM. Thiers au pouvoir, pour la clôture de la phase ouverte I en 1830, et ma lettre de Conslantine, du 19 mars, alors que j’ignorais encore, mais que je prévoyais la formation du ministère actuel. À Lyon, eu novembre de l’année dernière, je vous disais donc que nous devions aller, en politique intérieure et extérieure, jusqu’au régime Robert-Macaire pur ; nous y sommes. De Constantine, le 19 mars, je vous écrivais : Opposition systématique du duc d’Orléans, protestant contre un semblable héritage, et devenant ainsi le drapeau des hommes d’avenir.
Oui, nous on sommes au régime Robert-Macaire ; le Jour,mi de Débats a cru jusqu’ici qu’il perdrait ses abonnés; s'il disait : Malheureuse France, dégoûtant parlementarisme! li a tort; un peu de persécution du ministère actuel lui produirait dix fois plus que l'ancienne subvention supprimée.
Si ce régime ne nous faisait faire que des saletés, il no mériterait qu’un coup de balai ; mais il nous fait commettre de sanglantes absurdités qui pourraient lui attirer et nous faire subir un sort plus déplorable. Ainsi, dans la question d’Alger,-voyez : Au moment où l’on se bat contre un cnnomiqui puiserait des forces dans la moindre velléité d’abandon; au moment où, d’un- autre côté, la grande démonstration de forces, faite par la Franco; a été un motif, pour les populations déjà soumises, de se compromettre plus chaudement pour nous, n’est-il pas absurde et indigne de mettre en question, publiquement, à la tribune et dans la presse, une retraite devant l’ennemi ou l’abandon de nos amis'! C'est une lâcheté bête qui passe toutes les bornes; c’est porter le dégoât chez nous et chez nos amis, et la confiance chez ceux qui nous coupent des têtes; c’est monstrueuxdr stupidité.
Cette affaire d’Algérie est, je vous assure, l’occasion la plus belle pour en finir avec le partage des bavards qui vont nous faire tuer autant d’amis qu’ils prononceront de paroles. L'Algérie, dernière parure de gloire de la Restauration, sera la dernière saleté du parlementarisme edectique ; co lut un dernier siano de force, ce sera un dernier signe d’impuissance.
Quant à la conversion des rentes, les pairs de M. de Villèle y consentaient, tandis que la gauche des députés la repoussait; aujourd’hui, ce seront les pairs qui repousseront la réduction des renies, votée par la gauche des députés. Périer a vaincu Villèle ; quel sors le pair qui triomphera de M. Gouin?
Je songe quodaus toutes mes comparaisons, qui ne sont peut être pas toujours raisons, selon le dicton, j’en ai oublié une qui est pourtant assez naturelle; c’est celle de l’époque actuelle avec le Directoire. Le Directoire ost le règne des éclectiques de la grande Révolution, comme notre époque est le règne des éclectiques de la petite : hommes sans principes, phase Roberl-Macaire. 11 s’agit, comme au
18 brumaire, non d’un changement de goût ornement, mais de substituer un gouvernement à l’anarchie. Aujourd'hui, le gouvernement à instituer est nettement indiqué, dans sa forme, par le carnrtère de notre époque d’argent. L’argent appelle, par réaction contre sa corruption, l’organisation industrielle, comme la guillotine appelait l’organisation de.la grande armée, par réaction de l’épée du héros contre la hache du. bourreau. Le duc d’Orléans est mieux plant que Napoléon et a relativement moins à faire, sous le rapport de sa position politique, puisqu’il est aussi près que possible du lieu où l’on.commande; mais il a beaucoup pins à faire personnellement, parce,qu’il n’est pas, dans l’industrie, ce que Napoléon élait dans l’armée, au 18 brumaire. Comme je vous l’ai déjà écrit, il n’a ni état-major, ni soldats. Il en aura bien quand il voudra, politiguemnl parlant, c’est-à-diro dans les Chambres et dans l'administration, mais il lui en faut dans 1’induslrio, dans les ateliers. Il faut donc qu’il songe à conquérir des titres réels et personnels à la confiance des hommes do travail et de paix, et, dans ce but, qu’il entreprenne de grandes œuvres, semblables à celles qui assurèrent à Napoléon le dévoûment des hommes de guerre ; il doit rêver à sa campagne d’Italie, et je voudrais bien que, pour cela, vous fussiez sou Rerthier à Lyon. Ensuite, il lui faudra sa campagne d’Egypte, et ccci pourrait bien être caché sous les mots de colonisatiox de l’Algérie. Et tout cela no doit pas durer aussi longtemps qtie de 1794- à 1800; industrie manufacturière à Lyon, industrie agricole en Algérie; alors son état-major sera formé, el il aura empire sur les armées des travailleurs.
■le viens d’oublier un fait très important, dans ma comparaison des actes ’a faire, avec ceux qui ont été accomplis par Nn- : poléon. Dans la vie politique du general Bonaparte, il v a un certain acte qui n’a pas peu contribué à son avenir, c’est la mitraillade ! 'le Saint-Roch. Je crois qu’il tout une journée analogue au ducd’Orbans, mais rassurez-vous, il ne s’agit pas de canons. Par sa milrail- | Jade de Saint-Roch, Napoléon a fait sentir qu’il était résolu, prompt.
! ferme vis-à-vis de l’anarchie, vis-à-vis des hommes qui affaiblissent j et attaquent le pouvoir, et qui voudraient le réduire à la nullité.
! Eh bien ! j’aimerais assez que le duc d’Orléans fit une mitraillade