‹ Correspondance politiqueChapitre 7 sur 12 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

POLITIQUE ÉTUANUEIIE.

POLITIQUE ÉTRANGÈRE

(Jl'ESTIOX D'OIUENT.

lies lettres ont été écrites en vue d’événemens qui, par malheur, se sent accomplis dans un sens contraire aux avertissemens et aux conseils qu’elles renferment, ; elles traitent une question qui n’a pas en ce moment un intérêt assez vif pour qu’elles aient trouvé place convenable dans les colonnes du journal le Crédit ; cependant nous avons pensé que leur publication intéresserait nos lecteurs, parce que les considérations sur lesquelles ces conseils étaient fondés subsistent encore et sont également applicables aujourd'hui.

Depuis vingt ans, les solutions provisoires que la question d’Orienl a reçues n’ont, en réalité, rien résolu; ce grand problème est resté et restera menaçant pour l’Europe, tant quelle n'aura pas compris que la politique européenne a besoin, au dix-neuvième siècle, pour être solidement établie, c'est-à-dire pour régler les relations actuelles des peuples chrétiens entre eux, d’adopter un nouveau système général de leurs relations avec les nations musulmanes.

La correspondance, que nous publions, a pour but d’exposer ce système, et d’en démontrer pratiquement, par l’examen des faits, l’importance et la nécessité.

Le Caire, janvier 1830.

Mon cueh ami,

Dans l’immense conflit de politique européenne dont Constantinople estl’objet, certes la relalion de l'Egypte avec le sultan et avec

les nations européennes est nu point capital. Cela est si vrai, dans le cas où la Russie s’emparerait de Constantinople, et même dans le cas, plus probable et plus sage, où, sans en déposséder le sultan, elle voudrait y exercer une influence tout à tait exclusive de l’influence franco-anglaise, le premier acte de la France et de l’Angleterre, devrait être de s’emparer immédiatement d'Alexandrie, de Saint-Jean-d’Acre et deSmynie, ou du moins d'y installer l’influence européenne, et de réaliser ainsi une pensée qu'aucune forte tête politique, en Europe, n’a pu abandonner depuis Napoléon.

Or, avant d’examiner quelle est la relation de l’Egypte avec l'Eu' rope et avec le sultan, il serait bon de savoir d’abord ce que c’est que l’Egypte, car elle me paraît être méconnue ou même inconnue par tous les hommes qui mêlent ce pays à leurs rêves politiques. Ainsi, on s'occupe beaucoup de savoir si .Méliéniet-Ali doit ou ne doit pas être légitimé, s’il aime réellement les Francs, si c’est un barbare musulman ou un Turc civilisateur, si l’on doit s’allier à lui ou le sacrilier sur le Taurus à son ancien maître. En deux mots, c’est toujours la vieille politique par les rois, même chez 1rs peuples qui se prétendent le plus amis des feuilles et ennemis de. tyi-ans. Or, la politique pur les rois est très légitime, à mie époque où les rois représentent les peuples, autrement elle est niai-e et fausse. Voyons donc lo peuple ; ensuite nous examinerons en quoi Méhémet-Ali a représenté, représente encore, ou ne représente plie

Si la sympathie européenne s’émeut vivement aux nobles douleurs de la Pologne, l’Egypte, ravagée, mangée, ruinée, et ruinée sur la plus riche terre et sous le plus beau ciel du monde; l’Egypte mise qn coupe réglée depuis des siècles, par une rare éminemment consommatrice, tout à tait improduclrice, race pure de propriétaires ; l’Egypte tondue jusqu'au sang, elle qui sur sa belle peau -c plairait tant à voir uue superbe parure; l’Egypte conservant, souce joug de plomb, sous cette guillotine du Cowbaclie, sa gaîté, si douceur et son inaltérable Allah-kerim ! l’Egypte enfin quiadéjà ouvert une fois ses bras avec amour à nos soldats incirconcis, coitinu 1 à des libérateurs, aurait droit, ce me semble, à un intérêt plus vit et plus éclairé que celui dont nous daignons l’honorer.

j e suis tonte de dire que, malheureusement jiour elle, sus lem- ^ scs momies et ses pyramidaux souvenirs, sont encore trop virons, parce que tous nos illustres voyageurs, très lettrés et beaux i oimuisseurs, se sont arrêtés avec les Pharaons sur le Nil,' sAns parler aux fellahs.

Que par amour pour le passé de la Grèco on ait voulu, de nos jours, lui rendre la liberté, c’est bien; mais j’affirme que les Egypn,.ns actuels ont moins dégénéré de leurs Pharaons que les Grecs Jo Léonidas et d’Aristide ; et je me ferais leur champion contre ions les philhollènes.

Ce peuple si bon, si gai, notez le bien, est certainement de tous lis peuples du monde le plus éminemment pacifique. Je parle de i’Iùgypticn, non de l’Arabo bédouin, qui d’ailleurs n’est pas si guerrier qu’on le croit ; je pourrais, sans mentir, y joindre les Syriens Je la plaine. A la vérité, c’est le peuple qui a le moins de raisons pour aimer la guerre ; où irait-il chercher un meilleur pays que sa terre promise? Ce peuple excellent, et cet Eden du monde, sont aujourd'hui dans un état de dénuement, do délabrement qui fait mal. Depuis quarante ans, depuis que Napoléon l’a visité, il a énormément souffert; mais cette souffrance n’a pas été sans fruit; une main vigoureuse a coupé les mille têtes de l’hydre qui, auparavant, le gardait et le dévorait. Malheureusement, cette main appartient à une tète qui, ù elle seule, et pour accomplir cette arnvre de destruction, a mangé mille fois plus encore que les mille têtes de l’hydre. Aujourd’hui, l’on ne voit plus, comme autrefois, à côté d’un lier cruel et vorace, un bey clément et miséricordieux qui laisse respirer scs villages; l’infortune est à très peu près la même partout; et, sous ce rapport, l’Egypte a conquis l’égalité civile. Ceci n'est pas une plaisanterie ; cette commune misère a créé ou recréé une sorte de nationalité qui se résumé dans 1 unanimité avec laquelle le joug turc est détesté.

Je m'arrête sur cette idée qui est capitale et qui doit servir de règle, chaque fois qu’on fait entrer le nom de l’Egypte dansdescoml'innisons politiques. Si cette idée est mie (et j’affirme qu’elle est irrécusable), c’est une illusion complète de croire au retour de l’au- Hité des sultans sur l’Egypte. Ceci admis, la question orientale est

débarrassée d’uue difficulté dont la diplomatie s’occupe, je lrul , outre mesure. Si cette idée est vraie, le peuple égyptien toucho des destinées tout à fait nouvelles, et la race turque ne tardera pj, à être, déclarée, ici comme en Grèce, en Algérie, dans les provinces conquises par la Russie, déchue de sou droit à gouverner dis peuples, trop jeunes eucore pour marcher sans lisières, mais qui repoussent les langes dont les Turcs veulent continuer à les jîaroitcr. Ici, ce n’est déjà plus la race turque, c’est un Turc qui règne,

Grâces soient rendues à l’homme qui a soustrait par le fait, >iuon en droit, l’Egypte à l’autorité des sultans ; grâces soient rendues à ce Louis XI, qui a fait sauter taut de têtes aussi nobles qu, la sienne, pour substituer un roi à une noblesse; grâces lui soient rendues! Il a fait un corps des membres mutilés de l’Egypte. Lis Bédouins voleurs ont été contenus et réprimés, presque disciplines par lui, et ils escortent les caravanes qu’ils dépouillaient autrefois: les fellahs ont été armés pour la première fois par lui, et ilafaii une armée et une marine égyptiennes, avec des hommes qui, jusque là, étaient déclarés indignes de porter le sabre, les élevant ainsi au niveau de leurs maîtres. Dans l’administration civile, il a substitué des Arabes aux Agas turcs qui administraient les préfecture-; enfin, jusqu’à présent, il a fait d’immenses efforts pour ramener dr l’Occident la science et les arts, qu’autrefois les Arabes y ont imités; grâces lui soient rendues! il a brisé la plus grande partie dis entraves que, déjà, Napoléon avait frappées de son épée, et qui comprimaient l’essor d’un peuple appelé à de bien belles destinées.

Si, pendant vingt années seulement, ce peuple enfant n’était plus décimé par la guerre; si son activité éminemment agricole n'était pas détournée maladroitement vers d’informes fabriques; si iir administration quelquo peu éclairée permettait aux européens d'asseoir sur cette superbe terre des exploitations que les Bédouins » viendraient pas ravager, comme à Alger; si le transit de l’Inde était favorisé, même sans chemin de fer et sans canal nouveau; enfin, s tous ces gros mangeurs turcs étaient remplacés par quelques réamens français ou anglais faisant uniquement la police, l’Egypte. après ces vingt années, aurait fait un pas devant lequel les progn" les plus gigantesques des Américains eux-mêmes ne seraient rien-

i,' unis l’ai dit plus haut, il n’y a pas une seule forte tête pohlili H (, n France, surtout en Angleterre, qui ait renoncé à l’idée de voiv mi jour l’Europe assise- sur le Nil, et par conséquent maltresse

Svric, afin d’aller embrasser l’Inde avec ces deux jolis bras de ni rr qui pressent l’Arabie. D'un autre côté, les faits les plus signifiants manifestent dans le gouvernement une réaction nnti-chrélimii''. inspirée par le pressentiment de cet appétit européen pour I Egypte. Enfin, cette visite de l’Europe, redoutée par les Turcs, est iiuimenl désirée, attendue par leurs sujets; le souhait en est. formé a situent et si haut, en tous lieux, que dans un pays où les murs mit des oreilles, ce vœu doit être monté de la chaumière jusqu’à la nlndi'llc.

Après une vie aussi agitée, et, jusqu’à Koniah, ai i htuiu m luminie doue d’une activité aussi immense que Méhémet-Ali, lovant venir, avec chaque année, ou un désastre ou mie peste, et toujours une diminution de revenus et d’hommes, et n’ayant pas ilo luit à quoi prendre cette immense activité, cet homme souffre, 'On humeur s’altère; les passions que, jusque là, il a su maîtriser et faire servir à sa fortune et à sa gloire, ces passions deviennent maîtresses à leur tour. Ce pacha, qui (il empoisonner des beys et fusiller presqu’unc armée de mamelucks, et qui délivra ainsi l’Egypte Je scs mille tyrans; ce musulman qui oui l’audace de vaincre le sultan, do lui voler jusqu’à la cité sainte, et d’affranchir ainsi l'Egypte de sa servitude envers la Porte; ce roi négociant qui a fait de tout ce vaste pays un seul comptoir, et qui emmagasine comme un épicier tous les produits, depuis la fève jusqu’au café, cet homme là, selon toute probabilité, sera, dans ses vieux jours, féroce, bigot, avare, ou bien il faut qu’avant peu il soit sultan. Un pareil homme veut toujours monter, il ne peut point s’arrêter et ne sait pas descendre convenablement; or, depuis Koniah, il s’arrête et descend. Grand homme est celui qui toujours monte; doublement grand homme, celui qui peut descendre après avoir monte: triplement, celui qui sait monter, s’arrêter ou descendre, selon la volonté de Dieu. Je crois Méhémel-Ali seulement un grand homme; Napoléon le fut doublement, il sul descendre; comme l’a dit Barrault : 11 mourut longtemps et debout; Méhémet-Ali mourra vite et couché.

Je me prends à faire aussi un peu trop de i mille politique; 1( ,,, nous au lion peuple égvplicu.

Beaucoup d’hommes font de, la politique seulement avec de«,,„. les de géographie; ils conçoivent les destinées des peuples inu(|i lr . ment d’après la forme de leur territoire sur la mappemonde; i,,,. là peuvent divaguer souvent. Cependant il va, sons ce point d,, v „, des choses tellement évidentes, que le géographe politique le i i!(i l exercé ne saurait s'v tromper. Telle est la destinée de l’I-luvpnl'égard des nations européennes, asiatiques et africaines; elle Piètre évidemment le jardin, le bazar et le caravansérail de Unit levn-,,. monde. Les Turcs peuvent-ils lui faire remplir celle destinée? | ,,

moindre connaissance des deux races suffit pour affirmer que ..

Dans tous les cas, il ne saurait y avoir qu’une opinion sur l'innnr de l’Egypte; les avis peuvent se partager seulement sur le ninun de l’y faire arriver.

Mais si, au moment où j’examine froidement celle question, pu.. prenais qu’une Hotte française, d'ahord armée pour une guérir possible aver l'Amérique, et une llolle anglaise préparée pour mpècher les Busses d’être maîtres aux Dardanelles; si j’apjiiv'iiai-. dis-je, que ces flottes ont ordre de faire autre chose qu’une priuiiinade de mer, et qu’elles ont, rime et l'autre, mi plan de i nnip.igne, je me croirais fou ou bien je regarderais comme tous les aui™ides plans de campagne, si Alexandrie n’élail pas désignée cnmnir le premier point à occuper, et comme le dernier à rendre après 1. campagne. 11 y a plus, si les Français et les Anglais n’agissaient rnainsi, les Busses eux-mèmes le feraient, sous prétexte de venger l légitimité du sultan.

Les quatre peuples qui sont en présence, la France et TAmériip d’une part, la Bussie et T Angleterre de l’autre, n’ont rien à gagiM à se l'aire la guerre, mais tous les quatre profiteraient de rrii. menace d’un conflit général, si chacun d’eux y découvrait sa véritable roule; car alors la Bussie marcherait, par Constantinople, vers la Perse et la Chine; la France et l’Angleterre, pr Suez, vers l’Inde et la Chine; l’Amérique, en perçant Panama, verte Chine; or c’est de l’avènement de 1a Chine dans la politique il nations qu’est grosse l’époque actuelle.

- Vu -

Oli! ne rit'/ yms quand jo vous parle de la filiine; la chose est j,ne, je vous assure. Quiconque n englobe pas la Chine dans ses iêvos (le politique universelle, ne peut voir clair dans la tendance .«■tuolle des sociétés humaines.

Aces aveugles je dirais simplement : Prendre Alexandrie est la iliose du monde la plus facile. Alexandrie prise, l'Egypte entière, vins effort, accueille le nouveau venu et se soulève contre les Turcs, m laveur desquels il y aura même des mesures très actives à prendre, pour éviter une vengeance trop rude. L'Egypte ainsi soulevée, il n'v a pas un seul soldat dTbrahim qui ne déserte de Syrie pour ii'U'iiir dans son village. 30,000 hommes suffiront pour s’emparer de ns deux pays, cl 20,000 seulement pour les occuper; les 111,000 autres seront disponibles, soit pour Smyrne, soit pour garder quelque temps la mer, prêts à tout événement sur les côtes il'Éçyptc ou de Syrie.

Cotte occupation militaire devrait être anglo-française, 1° pour éviter toute apparence de conquête définitive, et tonie tentative liinganisiitiou coloniale selon la vieille méthode des Indes ou même ilf l'Algérie ; 2" pour que l'émulation entre les deux oeeupans soit i rtililahli'au pays; 3" parce que les Anglais qui ont beaucoup plus «(ne lions le sentiment des intérêts commerciaux et d’une administration industrielle, ont toutefois beaucoup moins d’affinité que les Français avec le caractère arabe.

I.armce d'occupation serait, avant tout, un moyen de police. .'araiilissant aux nationaux et aux colons étrangers ordre et liberté, et laissant aux indigènes la justice civile et l’administration eomiimuale. Pendant plusieurs minées le pays n'a pas besoin d’autre firme de gouvernement pour prospérer; des entreprises d'intérêtfuirai ne peuvent être encore sagement conçues maintenant ; il iaul que parla paix, le travail, et l'aflUieuce des étrangers, la pol'ulalion, on se grossissant, tende à prendre sa voie naturelle, dont ' lie a été constamment détournée par le gouvernement des Turcs.

i.a Syrie a déjà en tout le temps nécessaire pour voir qu’elle n’a rien gagné aux défaites du sultan et à la prise d’Abd-AUah, pacha •l’Acre ; le désarmement des Druses, mesure admirable en regard ■le l'avenir, n’en a pas moins développé dans les cœurs une sourde

colère; Ibrahim a beau, comme un propriétaire avide, mettreei, culture quelques villages, le pays entier n'eu souffre pas moins J,.« levées d’hommes et d’argent, et de la manie manufacturière dow on le travaille. L’Hcdjas consomme toujours des troupes et de r, ir

Les 20,000 Turcs qui gouvernent aujourd’hui l'Egypte et l;i s,, rie, sont disséminés sur toute la surface du territoire, à deux „i, trois par village et quinze ou vingt par ville. Dans l'armée, ils m cupent tous les grades, depuis celui de capitaine ; mais vou-s ne puuvez pas vous faire une idée de l’indiscipline que l'imitation trinque a glissée entre ces hommes, qui autrefois étaient dans la relation de maître à esclave.

D’un autre côté, ces 20,000 Turs qui se sont encore recruté,, ,h-inièrement par les prisonniers de Koniah, ne sont plus, avec, lu u . pitalede l’islamisme, dans une relation qui renouvelle vigoureusement les rangs que la mort éclaircit; enfin la Russie a fermé, m Circassie et en Géorgie, les marchés où s’achetaient autrefois b, meilleures et les plus belles tôles debeyset de pachas d’Égypte. Aiih n’est-ce. pas du tout par un pur sentiment d’amour pour les Arabes quo Méhémel-Ali les a peu à peu appelés aux postes inférieurs du gouvernement, il y a été forcé, et ses propres paroles le prouvent, lorsqu’il répondait à un homme qui lui demandait pour les Araln\ dans l’armée, le grade de capitaine : Oubliez-vous que nous lie sommes ici que 20,000 Turcs ?

Cette queue de la race turque ne tient plus qu’à un fil qui-s cassera de lui-même si on ne le coupe.

Ici toute la coterie arménienne, assez nombreuse dans le gouvernement, coterie rusée de drogmans et de secrétaires, peu amie <b> malheur, el désireuse de repos, girouette politique par cxcolleinv, pouvant être d’ailleurs très utile, comme toutes les lionnes Girouettes, cette coterie, dis-je, loin de se croire attachée au sort de- Turcs, qu’elle encense toutefois beaucoup, leur tournerait le deavec la plus grande faciüté au premier vent doré qui soiil'lleriui d’occidont.

Quant aux Cophtes qu’on bâtonne et qu’on pend fort joliment, mais auxquels ou n’a pas fait l’honneur d’accorder le droit de péri

d'armes, il y a en eux un avenir immense, digne de leur passé, que Napoléon avail vaguement entrevu à travers la fumée du canon, -ans pouvoir discerner les signes pacifiques et scientifiques qui caractérisent cette race. Vrais parias aux yeux des Turcs, ils , m it pourtant traités assez en frères par les Arabes, non seulement à cause de leur commune misère, mais aussi parce qu’ils sont les arpenteurs, les compteurs, les mesureurs, les seuls savons du pays, eux qui pourtant sont exclus de toutes Ieséeoles gouvernementales. Cotte classe d’hommes sera puissamment utile au progrès industriel le ce pays; elle est destinée au bureau et à la plume, comme le Icllali au champ et à la cliarrue.

Le fellah ! quels cris de joie, quelles fêtes, que de danse et de musique, le jour où on lui dira : Us sont partis 1 II est capable de -’eu réjouir jusqu’à oublier qu’il doit travailler pour vivre ; il est de force à faire fantaisie toute la semaine, sans savoir d’où lui tombera im pain pour le nourrir, et en s’écriant : Allah Kerrni !

POLITIQUE ÉTRANGÈRE

Page 1