TOME III. l
que je les lui avais confiées pour un an, en les retirant de la caisse d'escompte du commerce dont il était un des administrateurs. Dieu soit loué! il a soin de la postérité des moineaux qui n'ont point de rentes, il aura soin de la mienne.
Je profite du retour du porteur à Essonne, qui désire que madame de Cramayel lui donne une lettre de recommandation pour son fils. C'est un père de famille malheureux auquel je vous prie de vous intéresser auprès de madame de Cramayel. Je vous prie de me rappeler à son souvenir ainsi qu'à celui de M. Bien-Aimé. Je vous embrasse vous et votre famille aimable de tout mon cœur.
Votre ami,
De Saint-Pierre.
A MONSIEUR ROBIN
Paris, ce 17 floréal an Xïlï.
Je reçois , mon digne ami, une petite lettre de M. Serre contenant ces mots : « Monsieur, je » vous envoie ci-joint 25o fr. ; ma traite a vue )> sur M. Roland à votre ordre pour paiement » de six mois d'avance pour loyer de votre )i maison d'Essonne ; il vous plaira faire le » nécessaire pour rencaisser et m'en accuser » le bien-être.
» J'ai l'honneur de vous saluer.
» Serre. »
Je n'entends pas trop bien ce style, quoique membre de l'Académie française, et que je travaille à son dictionnaire. Mais je m'entends en amitié, et j'ai pensé que vous me débrouilleriez cette affaire comme tant d'autres, avec le même zèle que j'en userais à votre égard à Eragny. J'en arrive avec ma chère compagne , qui a passé quinze jours à l'embellir ; nous y retournerons, dans quinze jours environ, revoir nos enfans et madame de Pelleporc. J'espère y avoir Ducis : ce serait bien une circonstance propre à vous attirer. Je vous y donnerais un lit chez moi ou chez une amie qui est à ma porte. J'habite un lieu digne d'un philosophe comme vous. Ce n'est pas un paysage semblable à celui de Corbeil, mais il a aussi ses charmes. Il présente des cultures semblables à celles de la vallée de Montmorency, avec des lieux agrestes et rocailleux aux sommets de ses collines qui suivent à perte de vue les sinuosités de l'Oise. Ces sommets sont revêtus, à droite et à gauche du chemin, de longs tapis tout violets d'une espèce de grande renoncule ' qui ne croît que dans les cailloux ; sa
1 L'anémone pulsatille.
DE BERNAKDIN UE SAINT-PIERKE. 'I I 3
couleur d'un bleu pourpre fonue la plus charma nie harmonie avec leur blancheur d'une part et la \erdure des collines de l'autre. Vous trouvère/, d'autres petites |)lantes très-curieuses sur ces hauteurs, et vous avouerez, que nos nymphes d'Éragny ne s'entendent pas moins bien en parure que vos riches naïades d^ssonne. Je ne peux vous en écrire davantage, c'est aujourd'hui jour d'Institut. Nous allons être occupés ma femme et moi, pendant une quinzaine, à arrêter à Paris un pied-àterre et à préparer notre déménagement; de tous côtés ce sont de grands frais , mais je travaille pour mes enfans. Il me faut ainsi qu'à eux un lieu de repos. Mes projets paraissent secondés de la Divinité, et si je les mets à exécution, je pourrai mettre sur la porte de mon asile champêtre : Deus nobis hœc otla fecit. Puissé-je y goûter la paix des muses avec des amis comme vous et comme Ducis ! Ma femme et moi nous faisons des vœux semblables pour votre bonheur et celui de votre famille.
Votre ami pour la vie ,
De Saint-Pieu eb.
2l4 CORRESPONDANCE
Les gravures de mon édition s'avancent, j'en ai toutes les eaux fortes qui sont d'une grande beauté. Je vous les ferai voir lorsque vous viendrez nous demander à dîner, ce qui, j'espère, aura lieu avant quinze jours, car je compte retourner la semaine suivante avec ma femme, Duciset Grand-Jean, passer cinq jours à Éragny et y ranger mes papiers.
A MONSIEUR ROBIN
Tout ce que vous faites, mon digne ami, est toujours bien fait; ii en sera de même de tout ce que vous ferez. M. de Bussy , qui vous aime comme vous méritez de Fêtre , a raison de dire que vous n^vez point eu de jeunesse. Il m'a remis vos 200 francs. Je voulais saluer M. Champy ; mais il était à sa maison de Charonne. M. de Bussy s"*est chargé de me rappeler à son souvenir. Je me suis rabattu chez madame de Genlis qui loge à côté de la Bibliothèque. Je Fentendais à travers sa porte jouer de la harpe. J^ai sonné; le domestique, qui est allé uVannoncer, est revenu me dire
qu'elle était incommodée et ne pouvait me recevoir. Il m'a dit d'un air de Jodelet, qu'il me conseillait de lui demander par écrit la permission de la voir. Tout est comédie dans ce monde, je m'en suis retourné en riant; j'ai raconté à ma femme comment se terminait l'extrême désir que madame de Genlis avait témoigné de faire sa connaissance en la rencontrant il y a six semaines avec moi, dans une maison d'ami. Je ne pense plus aux caprices de cette muse fantasque. J'en ai d'autres qui m'occupent plus sérieusement, c'est la lenteur extrême de mes graveurs. J'en ai trouvé plusieurs occupés sur d'autres planches que les miennes, quoique je les aie payés en partie d'avance. Enfin , je les ai menacés de les accuser publiquement de mes retards pour m'excuser moi-même. Alors ils se sont remis à ma besogne; mais il faut les surveiller. La plupart des hommes n'obéissent qu'à la crainte. Quand la cupidité parle , l'honneur se tait. Il faut que je sorte tout à l'heure, pour faire ma tournée, car le temps me presse de toutes parts. Je viens de passer bail pour mon nouveau logement où je dois entrer en messidor. Il est rue Belle- Chasse, n. $?4< J'*M pour 5oo francs sept pe-
tites pièces fort propres avec une cave , le tout dans un pavillon au fond d'une cour à porte cochère. C'est le séjour du silence ; c'est un charmant pied-a-terre pour un homme de lettres qui passera la plus grande partie des beaux jours à la campagne à rédiger ses matériaux au milieu d'une famille aimable. Que ne vous ai-je pour voisins Ducis et vous! Il n'est point encore venu à l'Institut. Le fond de l'air est toujours froid.
Nous comptons, ma femme et moi, achever nos doubles déménagemens etemménagemens pour Eragny et pour Paris sous quinze jours, si l'impression de mon édition m'en donne le temps ; je vais la commencer incessamment.
Je n'ai pas le temps de répondre à toutes les choses aimables que vous dites, et surtout que vous faites pour moi. J'espère sous quinze jours que nous pourrons nous réunir à Eragny. Recevez, mon digne ami, mes remerciemens et mes vœux pour tout ce qui vous est cher. Ma femme me charge d'y joindre les siens.
Votre ami ,
De Saint-Pierre
Paris, ce \rr prairial an XIFI.
A MONSIEUR ROBIN
Paris , ce io brumaire an XIV.
Je suis, mon aimable ami, fixé à Paris jusqu'au mois de mars; mes enfans vont venir m'y rejoindre dans une huitaine de jours , et ma femme, qui est notre maréchale générale des logis, est arrivée hier pour arranger ici leurs chambres. Madame de Pelleporc reste constamment à la campagne. Tout notre monde se porte bien , à l'exception de votre serviteur qui a un léger rhumatisme dans l'épaule à laquelle appartient la main qui vous écrit.
Vous êtes livré à des occupations si terribles, que je n'ose vous parler des miennes; cependant je vous dirai que les gravures de mon édition de Paul et Virginie s'avancent peu à peu; il n'en manque plus que trois planches faites aux trois quarts. Je vais donner à l'impression un préambule de mon édition , de plus de deux heures de lecture. Il m'a coûté ' plus de trois mois d'un travail assidu, et si vous avez fabriqué de la poudre pour renverser les ennemis de l'Empire , moi j'ai fabriqué quantité d'argumens contre les ennemis de la république des lettres.
A MONSIEUR ROB11N
Paris, ce 17 novembu- i S07
Je prends bien de Fintérêt, mon digne ami , à la perte que vous venez de faire de votre épouse ; je sens rembarras où doit se trouver un père de famille aussi tendre que vous , parce que je suis moi-même père de famille. Ma femme partage mes sentimens. Je vous aurais écrit plus tôt, si je ne m'étais troxn ê dans Tembarras de collationner avec ma femme les copies des morceaux de ma Morl de Socrate que j'ai fait, insérer dans le Mer-
cure; je vous en parle parce qu'il y a quelques motifs de consolation qui pourraient vous distraire.
Mais l'ouvrage qui m'a le plus occupé est le discours que je dois prononcer comme président de l'Académie française, à l'occasion des trois nouveaux récipiendaires que je dois recevoir en séance publique, le 24 de ce mois, à la place de trois de nos confrères morts dans l'espace de six semaines. Je vous le ferai passer dès qu'il sera imprimé ; vous y verrez un morceau sur la philosophie qui, j'espère, me méritera votre suffrage.
Voici encore de nouveaux mouvemens dans la succession Didot; Didot Saint-Léger est passé en Angleterre avec sa femme et ses enfans. La papeterie est dans l'inaction. Vous savez sans doute ces événemens. Mais ce que vous ignorez peut-être , c'est que Ragouleau, au nom de quelques créanciers qui prétendent qu'il y a eu collusion entre les héritiers , veut remettre cette papeterie en vente. Il pourrait en résulter des avantages pour nous, car Saint-Léger m'est resté redevable d'une assez bonne somme et de sept arpens et demi.
Ma fille a la permission d'entrer à Ecouen ,
WÀ CORRESPONDANCE
le 17 de ce mois. Je l'y conduirai avec ma femme, quand elle aura fait ses adieux à sa famille dans quelques jours.
La vie, mon ami, est un combat perpétuel. Il faut être ferme au poste où la Providence nous a mis, et nous souvenir que le plus étroit du défilé est à l'entrée de la plaine.
, Je vous embrasse de tout mon cœur.
De Saint-Pierre.
Je crois vous avoir marqué que j'avais eu le malheur de perdre ma sœur à Dieppe. Il y avait plus de vingt-cinq ans qu'elle languissait; elle n'était pas beaucoup plus heureuse du côté de la fortune que du côté de la santé. Je l'ai aidée de mon mieux jusqu'à la fin. Il est incroyable combien son confesseur s'était emparé de son esprit, et lui faisait peur de l'éternité. C'était la principale raison qui m'a empêché de la prendre avec moi. Je craignais, non sans raison, que ces frayeurs ne passassent à mes enfans. Ils porteront le deuil, car c'était ma sœur et une très-bonne fille.
A MONSIEUR ROBIN
Paris, ce 8 septembre 1808.
J'espère, mon ami, que vous êtes débarrassé de la visite de votre commissaire, et que vous n'avez pas perdu de vue rengagement que vous avez pris avec moi de venir me voir dans mon ermitage avec une partie de votre famille. Je suis arrivé mardi 6 à Paris, et j'y serai retenu par mes affaires jusqu'au jeudi 22. Choisissez , à partir de cette époque , les jours qui vous seront convenables jusqu'à la fin du mois et même au commencement de l'autre.
et faites-moi part de votre détermination. Paul , ma femme , madame de Pelleporc et moi , nous désirons ardemment de vous recevoir avec vos enfans. Venez respirer un air pur sur nos collines pacifiques. Bacchus vous y prépare des couronnes de pampre. Laissez reposer les foudres de l'Etna : notre Jupiter n'a plus besoin que des oliviers de Minerve pour triompher des géans.
J'attends votre réponse, mon ami, pour me décider moi-même, car il serait possible que j'allasse passer quelques jours à Morfontaine.
J'ai été voir, il y a trois jours, ma fille à Écouen avec mon Paul et mon petit neveu. Je L'ai trouvée pleine de joie et de santé. Elle avait remporté le grand bulletin de contentement de sa classe. Il ne s'obtient de madame la directrice que tous les trois mois, car pour ceux de chaque semaine , elle en a de quoi faire une brochure. Pour mon Paul, quoique plein d'intelligence, il n'apprend pas grand' chose. Mes études particulières ne me permettent pas de suivre les siennes. Je suis donc décidé à le mettre en pension à la rentrée des classes. J'aurais sollicité une place au lycée, mais il est encore trop délicat. J'ai préféré de
DE BERNARDIN DE SAINT-PIERRE. 'l'ili
le placer d'abord dans la pension de M. Lemoine aux Champs-Elysées. C'est depuis longtemps ma promenade favorite , voisine de mon habitation, praticable en toute saison , et je l'aurai tous les dimanches à diner avec moi. Je suis dans la nécessité de vivre maintenant pour lui et non de le faire vivre pour moi. Vous connaissez ces sentimens paternels, mon ami, vous qui vivez uniquement pour vos chers enfans. Vivez aussi pour vos amis, dont je suis un des plus anciens et des plus attachés.
Votre ami ,
De Saint-Pierre.
IOME III.
1l6 CORRESPONDANCE
A MONSIEUR ROBIN
28 août t8ogr
Mon digne ami,
Votre lettre m'a fait beaucoup de plaisir eu réapprenant que vous aviez trouvé quelque agrément dans le voyage que vous avez entrepris pour nous venir voir avec vos trois garçons. Nous espérons que les deux filles auront leur tour.
Il y a apparence que l'inconnu qui est venu nie voir est votre M. Chevier. Je lui ai répondu que mon intention était d\attendre
DE BEKNAKD1N DK SAINT-PIERKE. 227
que la papeterie fût en vente pour profiter de cette occasion, dans l'espérance de mieux vendre ma maison au nouveau propriétaire; que cette vente ne larderait pas, les annonces étant déjà répandues de tous côtés; il m'a dit qu'il reviendrait dans la semaine.
Je voudrais en avoir mille louis, elle m'a coûté plus de 3o,ooo livres.
Un peintre de Philadelphie, appelé M. Piale, est venu, Tannée passée, avec une lettre de M. Jefferson, président des Etats-Unis , adressée à quelques-uns de mes confrères de l'Institut ainsi qu'à moi, pour nous engager à nous laisser peindre par le porteur de cette circulaire. Je m'y suis prêté d'autant plus volontiers , que les portraits qu'il m'a montrés étaient du plus grand effet. Le mien a réussi au-delà de mon attente, mais l'amour de la patrie a déterminé l'artiste à retourner tout-àcoup au sein de sa famille. Il y a trois mois, le père de M. Piale m'a écrit une lettre pour me remercier d'avoir bien voulu servir de modèle à son fils, et il y a huit jours que j'en ai reçu une de M. Warden, consul-général des États- Unis à Paris, sur le même sujet. lime marque que mon portrait est à l'exposition du musée
américain, que M. Piale désire y ajouter une notice de ma vie afin de me faire mieux connaître à ses compatriotes. C'est ce que j'ai cru devoir faire. Cette complaisance m'a occupé plusieurs jours, et a été un surcroît de travail qui m'a obligé de négliger d'autres études. Ma notice, qui ne contient guère plus d'une feuille de grand papier à lettre, est si remplie de ratures, qu'il ai fallu la recopier, et c'est à quoi ma femme est actuellement occupée.
Vous me direz, mon ami, il y a un peu de vanité dans toutes ces complaisances; je vous assure que je ne m'y suis laissé aller que par le plaisir de penser que des étrangers m'avaient élevé un petit monument d'amitié dans leur pays ; puisque je suis quelquefois piqué parles épines de l'ancien monde, irais-je refuser les roses du nouveau?
Adieu, mon ami, les dames sont fort sensibles à votre souvenir. Je vous embrasse de tout mon cœur.
Votre ami,
De Saint-Pierre.
Je vous félicite du succès de vos enfans.
DK BKRNARDHV HF S AINT-IMFRRF. 22Q
V MONSIEUR ROBIN
Paris , ce 2.0 mai 1!
Cher et digne ami, nous sommes arrivés en bonne santé, ma femme et moi, comblés de vos bienfaits : deux énormes anguilles, un brochet, un large pain d'épices, des fleurs, des ressouvenirs charmans, la société la plus aimable en femmes. Madame Laugier, sa mère et son aimable fille, et jusqu'à vos naïves petites filles , tout a contribué aux agrémens de notre séjour. Je ne parle pas du talent que
vous avez, de vous partager entre vos travaux volcaniques et vos goûts champêtres, et d'être à la fois un disciple de Mars et de Minerve. La beauté de la saison et du paysage a augmenté les charmes de nos jouissances , et surtout le plaisir de penser que votre bonheur devait s'accroître par la joie de voir votre cher fils se débarrasser peu à peu du mal qui a tourmenté son enfance. Je n'ai pas eu lieu d'être content de la conduite de mon locataire , qui me promet à Paris de me payer à Essonne, et qui à Essonne me renvoie à Paris au i5 de juin. Mais il a vu, non sans raison, que j'éprouvais chez vous tant de jouissances propres à me distraire, que sa conduite envers moi ne serait qu'un petit nuage dans le cours d'un beau jour.
Nous sommes ici dans la région des tempêtes, des tonnerres affreux, des grêles grosses comme des œufs de pigeon. Ce sont des signes semblables à ceux qui se manifestèrent sur le mont Sinaï pour annoncer la loi de Dieu aux Israélites. Aussi que ne doit-on pas attendre d'un concile qui s'ouvre au milieu d\in siècle de philosophie ?
Pour moi qui ne désire plus que le repos.
DE BERNARDIN DE SAINT-PIERRE. 23l
j'attends l'occasion de voir mon bienfaiteur, le prince Joseph, et daller ensuite voir ma fille; après quoi j^irai à Éragny, non me promener, mais goûter quelques jours de repos , jusqu'à ce que mes devoirs me ramènent dans la bruyante capitale.
Adieu , mon cher ami , goûtez long-temps les plaisirs tranquilles d'un père qui fait le bonheur de sa famille, quoique sans cesse au milieu des mouvemens en tout genre; ma femme me prie de la rappeler à votre souvenir et à celui de votre charmante famille , ainsi qu'à celui du savant M. Laugier. Ne m'oubliez pas moi-même. Adieu, beau parc des fées, et toi plus magnifique encore, superbe et magique manufacture dont l'industrie helvétique a jeté les fon démens durables sur les eaux toujours mobiles de la nymphe d'Essonne. Ses murs s'élèvent jusqu'aux nues au milieu d'une forêt de rhododendron, de datura, de jasmin des Indes; tandis que les filles de vos champs en rendent les toits inébranlables avec de simples fils de coton teints en pourpre, tissus de leur doigts délicats.
Adieu, îles des muses, des amours; adieu,
antres de Vuleain où Jupiter fait préparer ses redoutables carreaux \
Je vous embrasse tendrement,
Votre ami,
De Saint-Pierke.
1 La fabrique de poudre établie à Essonne.