CX1V APOLOGIE
dette personnelle, vit tout-à-coup sa petite maison d'Essonne chargée de deux cent quatrevingt mille francs descriptions. Chaque jour de nouvelles assignations portaient le trouble dans ses études et la ruine dans sa maison. Pour comble de douleur, sa jeune femme , épuisée par une maladie de poitrine , se mourait à ses yeux. Faible, mais aimante, elle pleurait sur son propre destin et sur l'abandon où allaient se trouver les tendres objets de son amour. Les divisions de sa famille l'avaient profondément blessée. Elle voyait ses enfans dépouillés, son mari calomnié, ruiné, et s'accusait de tous leurs maux. Eh quoi ! disait-elle avec désespoir, en serrant ses enfans dans ses bras , eh quoi ! chers nourrissons , il faudra donc vous voir arracher à la fois le patrimoine de votre père par des lois barbares , et celui de votre mère par des hommes injustes et cupides! A ces pensées sa tête s'égarait ; elle maudissait tout ce qu'on doit aimer, la vie, la patrie , la famille. Vainement M. de Saint-Pierre l'environnait des