IV
A MONSIEUR HENNIN
Mon ami, je rTai que le temps de vous mander que mes appointemens sont réduits à moitié, et que tout ce que je peux faire est de vous payer la moitié des cent ducats que je vous dois; envoyez donc mon billet à votre banquier, évaluez cette somme en monnaie de France et je Facquitterai sur-le-champ. S^il était perdu faites une quittance générale au bas ou dans laquelle vous comprendrez Tacompte que je suis prêt à vous donner. Vous sentez que ces précautions ne sont ni pour vous ni pour moi, mais c'est Tordre des affaires.
1)1. BERNARDIN DE SAINT-PIERRE . l6l
Dans quelques jours j'en verrai au bon laboureur une caisse de madrépores et curiosités à votre adresse.
Je voudrais bien venir à votre secours , mon ami , mais avec douze cents livres d'appointemens et sans un sol de patrimoine quel effort puis-je faire plus grand que celui-ci?
Adieu, le temps me presse, espérez de l'avenir, et croyez-moi avec une sincère amitié.
Votre ami,
De Saint-Pierre.
A Paris, ce 7 août 1771.
A l'hôtel de Bourbon . rue de la Madelaine-Saint- Honoré.
M. de Rulhière m'a dit qu'il vous écrirait au premier jour.