CCLXVIII
Mercredi 12 juin 1889 **.
Mon cher Vanier,
Je vous confirme mon dernier mot, mais m'oppose à CHASTETÉ, qui ne vous appartient pas, dans PARALLELEMENT.
Votre qui attend de l'argent tout de suite ; sans pouvoir y aller. P. V.
P. -S. — La publication de Parallèlement est annoncée dans la presse : alors qu'attendez-vous, si ce n'est mis en vente le quinze (2) ?
* 1 demi f. papier à lettre, vergé blanc, encre noire, recto-
(1) Auteur de divers bustes de Paul Verlaine et du monument élevé à ce dernier, dans le jardin du Luxembourg.
** 1 f. papier écolier blanc, encre noire, écriture très négligée, recto, date incertaine.
(2) L'ouvrage ne figura que le 26 octobre suivant, dans le Journal de la Librairie.
22 juin 1889 *.
Monsieur,
Plusieurs personnes m'ont parlé d'une insertion de la pièce de Bonheur intitulée Chasteté, insertion que vous auriez faite dans Parallèlement^ sous la forme de Tencartage (1). Vous n'ignorez pas que je me suis déjà opposé aux propositions que vous m'avez faites à cet égard, et vous étiez si bien prévenu sur ce point que vous avez eu soin de ne pas encarter la pièce qui ne vous appartient pas dans les volumes que vous m'avez adressés.
Quant à ces volumes, je ne puis me contenter de leur envoi par trop restreint. Au lieu de 5 exemplaires de Parallèlement que vous m'avez envoyés, j'en attendais 15 et aujourd'hui j'en attends donc encore 10. Combien tenez-vous d'exemplaires de Sagesse à ma disposition ?
Agréez, Monsieur, mes civilités,
P. Verlaine.
4, rue de Vaugirard.
* 2 fi. papier à lettre, vergé blanc^encre noire, recto et verso du l«'f., recto du 2«.
(1) ŒuwM CompZ,, II, p. 238, XII. Quelques exemplaires, assez rares, en réalité, de la première édition de Parallèlement, renferment, en eSet, à la suite de la table, un double feuillet portant cet intéressant poème. Le texte est précédé de la note suivante de l'éditeur : « II nous a semblé intéressant de donner au lecteur de « Parallèlement « la primeur de cette dernière pièce de vers de Paul Verlaine, reçiie de lui pour son prochain livre « Bonheur. »
LBTTAB8 A LÉON TANIÈII 169
P.'S. — Je in*étonne de ne pas avoir encore entre les mains le double de mon traité relatif à Parallèlement (1). Cette pièce m'appartient et je vous prie do me la faire parvenir.
Parisj le 4 août 1889 *.
Monsieur Vanier,
Aux termes mêmes de traités rédigés par vous, vous savez qu'il me revient une certaine quantité de Sagesse et Parallèlement. Veuillez me faire parvenir la liste des gens à qui vous avez fait le service de presse et distraire sur la différence un exemplaire de chacun de ces volumes pour les donner à M. Triollet.
P. Verlaine.
En cas de lettres, ou journaux pour moi, désormais, me les faire parvenir par :
M. Echaupre, 4, rue de Vaugirard. E. V. (2) ou
(1) Il s'agit d'un traité sur Amour et Parallèlement, contracté par Verlaine avec Vanier, le 27 mars 1888. Ce contrat garantissait au poète des droits évalués à 250 francs, pour le premier tirage à « six cents exemplaires, plus les exemplaires de luxe » des deux ouvrages réunis. Le règlement devait être fait en plusieurs versements.
* 1 demi f. papier d'hôpital^ encre noire, recto. Dans le coin gauche de la lettre, note autographe de Vanier : Remis à M. Triol. lelf 1 Sagesse, 1 PAHALLÊtEMENT.
(2) Gabriel Echaupre, ami du poète. Voyez : Dédicaces {éd, citée, III, p. 110).
directement ici : Hôpital Broussais, salle Lasègue, 31 ; et remettre celles ou ceux qui pourraient vous être parvenus ces temps derniers, à M. Triollet qui voudra bien me les remettre.
Paris, le 11 août 1880 *.
Monsieur Vanier,
Je tiens à mettre ordre à mes affaires et je revois les traités que nous avons passés ensemble. Il m'importe de connaître si toutes les obligations que vous avez prises à mon endroit ont été remplies :
1° L'édition des Mémoires d'un Veuf est-elle épuisée, et combien vous reste-t-il d'exemplaires ?
2" Vous avez réimprimé les Fêtes Galantes et les Romances sans paroles, à 600 exemplaires pour chaque œuvre? (l)Ces éditions sont-elles épuisées, et combien vous reste-t-il d'exemplaires ?
3" Vous avez publié Les Poètes Maudits, en un volume contenant la première et la seconde série, avec portraits (2). Vous avez tiré à 600 exemplaires. Cette édition est-elle épuisée, et combien vous reste-t-il d'exemplaires ?
* 2 f. papier à lettre, vergé blanc, encre noire, recto et verso du le'f., recto du 2^,
(1) C'était, en effet, le chiffre prévu par le contrat, pour le premier tirage des livres de Verlaine. Fêtes Galantes et Rûmances sans Paroles avaient été réédités chez Vanier, en 1887.
(2) Paris, L. Vanier, 1884, in-18.
LETTRES A LÉON VANIBR 161
4'' Vous deviez, en vertu du traité (16 octobre 188G), publier à pnrt la 2® série, à 253 exemplaires, avec portraits. Contrairement à notre contrat, cette édition n'a pas eu lieu. Pourquoi ?
5^ Par traité, en date du 27 mars 1888, vous avez édité Amour et Parallèlement^ à GOO exemplaires pour chaque œuvre. Ces éditions sont-elles épuisées, et combien vous reste-t-il d'exemplaires ?
6° Veuillez m'envoyer copie du traité relatif à Louise Leclercq (1) et copie complète du traité relatif aux Poèmes Saturniens, (2) et me bien définir notre situation réciproque (3) quant à Jadis et Naguère.
7** Indiquez-moi par le menu le service de presse fait pour la réédition de Sagesse et pour l'édition de Parallèlement.
8^ Ce qui me revient sur les exemplaires de toutes ces éditions.
Et ce, en vertu d'une des clauses du traité relatif aux Poèmes Saturniens (4).
(1) Amour, on le sait, parut en 1887 ; Parallèlement^ en 1889.
(2) Voyez la note 2 de la page 45.
(3) Contrat du 27 mars 1888.
(4) On lit dans le traité échangé par le poète et Léon Vanier :
« M. Paul Verlaine cède à M. Vanier le droit exclusif de
réinaprimer, publier et vendre une seconde édition des Poèmes Saturniens, volume de poésies dont il est l'auteur, publié primitivement chez l'éditeur Lemerre (le 17 novembre 1866) aux frais de l'auteur et dont l'édition est aujourd'hui complètement épuisée. Pour prix de cette cession, M. Vanier paie ce jour à M. Verlaine la somme de cent vingt-cinq francs, le présent traité lui tenant lieu de reçu M. Verlaine accorde en outre.
162 CORRESPONDANCE DE PAUt VERLAINE
J'attends votre visite, ou votre réponse, et vous salue.
P. Verlaine.
31, salle Lasègue^ Hôpital Broussais^ ^Q^ rue Didot, Paris- Plaisance.
20 décembre 1889 *.
Plan ;
Me laisser faire la préface, goutte à goutte, de façon à obtenir une absinthe bien battue, quelque chose de pondéré dans le malicieux et de bonhomme à double détente. Çà aura une dizaine de pages serrées (1). On pourra en donner un extrait- programme dans Le Figaro. La payer le plus possible.
Revoir, ou plutôt refaire traités. Sauvegarder liberté de l'un et de l'autre contractant. Base : la préférence. Conditions pécuniaires à débattre, fondées sur offres du dehors. Plus de publicité. [Plus, veut dire ici davantage, bien davantage).
à M. Vanier... le privilège exclusif et Bans aucune restriction de publier ses œuvres parues ou à paraître pour être réunies et publiées plus tard sous le titre d'œuvrea complètes, chacun de ses volumes à raison de cent vingt-cinq francs par édition de cinq oents exemplaires, plus cent exemplaire» de presse et d'auteur, ou à raison de deux cent cinquante francs par édition de onze cents exemplaires pour mille, dont cent pour la passe... »
* 1 f. papier d'hôpital, encre noire, recto. Au verso : M. Léon Vanier.
(1) Peut-être les intéressantes notes destinées à servir d'introduction aux Poèmes Saturniens. Voyez la lettre suivante, note 1, de la p, 164,
Œuvres complètes, — à débattre.
Sonnet mccliant : veau gras, soit. Mai», que ce veau soit d'or. Autrement, on dirait : on dirait du veau (1). Je parle de sonnet, parce que Deschamps m'a écrit qu'en désiriez un dans Dédicaces (2). Condition : Souscription.
Venir, ou m'écrire le plus tùt possible.
Dixi, [P. V.