V. L'adultère
L^adultère, celui du moins... qu'a dû vous envoyer
(1) C'est la pièce VI qui débute par cette variante, dans les Œwres Complètes (II, 220) : Puis, déjà...
OU remettre Du Plessys (plus une épigraphe pour le faux titre je pense).
Je travaille aussi à pToser pour être payé. On fait de son mieux, quoi, pour sortir de cette honorable, mais ennuyeuse à la fin, mouscaille !
Public reçu dimanches et ieudis, de midi à ^heures. Bateaux pour Charenton. Maohire, Tram ou « bus », Louvre- Vincennes.
Vene?: jeudi, si pouvee venir, me ferez plaisir. Envoyez mandat, au moins pour ce temps, afin qu'il ne soit pas dit que « le chef incontestable, etc.. » soit sorti d'ici dans le « Vaste Monde », avec neuf ronds pour le « Struggle for life » dans sa profonde.
Et que le ciel vous tienne en joie ! Votre
Adresse correcte : M- Paul Verlaine, chambre 1, lit N° 2, Galerie Argand, Asile Nationçil de Vin- Cpnnes. 3aint-Maurice (&eine).
Saint-Maurice, le 29 mai 1887 *.
Mon cher Vanier,
Pourrez-vous me procurer, un de ces jours, pour les parcourir, quelques livres d'Anatole France, prose et vers, en vue de biographie. Même de-
* 2 fl., papier à lettre blanc, encre noire, recto et verso. (Cf. Catalogue F. Vanderem, Parie, 1921, n» 894). Cette lettre appartient actuellement à la collection de M. J. Qanqueteau.
LBTTBE8 A LÉON YANIKH 7tt
atundo, ai muyeii, ])uur Theuriett Lafoneitre eX Letnoyno : études amusantes au possible, et oocftsion do dire quelques bonnes vérités, en môme temps do gagner — en suant — quelques patards. Jo serais heureux aussi d'entreprendre quelques vies d'hommes (1) pas littéraires, histoire de prouver qu'on peut parler d'autre chose que du métier !!! Et d'également voir luire et trébucher quelques écus — bien mérités — dans des poches que « paouvres »! Cherté des vivres, des loyers, des habits, des hommes et des femmes, que me veux-tu ?
Mémoires^ ainsi, n'est-ce pas ? nouveaux ? (2)
1° avez : ) Manque de formes.
2^ j Manque de formes (suite).
3** avez : U/Egri somnia.
4'' avez : Pro Justitia (« Lutèce »).
b^ avez : Café de Lettres (id,).
Q^ Le bon Larron ) ,
nn T ^ ( ^ avez pas,
7^ La Goutte > „ ^ .
. . l allez avoir,
8" Mes Hospices, )
D'autres sont en route :
Ave» une nouvelle d'Histoires comme ça l {Deu;fi mots d'une Fille).
i^ En route, d' Histoires comme ça.
2^ En route, de Pour ma fille.
— A ma première sortie, piocherai ferme, chez vous (ça vaut mieux tant que moi, si peu ou tant
(1) Et 0 les « Femmes d'aujourd'hui ?}>,<i Ça. m'amuserait d'y collaborer ! » [Note de Verlaine).
(2) Voyez la lettre du 27 octobre suivant.
de domiciles) les manuscrits de Poètes Maudits et d* Amour.
— Au fur et à miesure de pièces nouvelles de Bonheur, aurez.
— Parallèlement est complet.
— Filles, à Marins Michel. Vous donnerai les dédicaces au fur et à mesure.
Les Amies (1), à René Ghil, n'est-ce pas ?
Excusez ces notes décousues. J'écris selon que les idées me viennent, sans ordre. — Il faut, dans Pensée du Soir, le « tendre Ovide '), au lieu du « doux Ovide » (2).
Ah ! Huysmans I en attendant que je lui écrive, excusez-moi auprès de lui, de n'avoir pas accusé réception d^En Rade (3). Félicitations surtout pour partie fantastique du volume : Esther et Assuérus ; c'est d'un cochon, merveilleux vraiment ! A proj)os de Bloy, je retiens tout de suite ce que vous m'avez dit de la part de Huysmans. Au fond, très chic Les Chartreux, et je ne répugnerais pas à une retraite chez eux (4). Qui sait ? on peut finir comme ça ! Mais faudrait être presque un saint. Mais se retremper dans cette atmosphère, loin de la bêtise contemporaine, oui alors, c'est dans les très plau-
(1) Filles, ainsi que Les Amies, parurent sans dédicace.
(2) Amour (Cf. Œ. C, II, p. 68, vers 7).
(3) Paris, Tresse et Stock, 1887, in-18.
(4) On fit répandre, à plusieurs reprises, le bruit que l'auteur de Sagesse allait se retirer dans un couvent. Nous en trouvons un écho attardé dans un article inexact et malveillant, publié, anonymement, par la Rei>ue Hebdomadaire du 3 août 1902, sous ce titre : Anecdotes inédites sur Paul Verlaine.
LETTRES A LÉON VANIBR 81
8iM(;s cl très faisables tentatives. On verra, quo i. — Parlez-en donc à Huysmans : que je voie un peu co Bloy-là, s'il n'est pas un catholique trop farouche. En tous cas, il n'est pas fadasse. C'est déjà bien, ça.
Et cette édition de Rimbaud ? Mettez les choses ci- jointes : Hymne, dans Amour (1), vers le milieu, en attendant classement définitif, et VII, dans Bonheur (2), à la suite, bien entendu.
Je sors du secrétariat : on va essayer d'obtenir quinze jours gratuits, mais préférable d'être tout prêt à payer : ça ne coûte rien d'être prêt. Et je vous serais obligé de m'envoyer mandat de 45 fr., ou billet de 50 fr., à défalquer sur sommes à moi dues, ou celle ou partie de celle à échoir le 15 juin. Je vous en prie, faites très vite, et, en même temps, envoyez-moi compte. De façon à ce que je voie à rafraîchir mes créanciers, surtout cette excellente mère Allemoz.
A vous de cœur,
Asile des Convalescents de Vincennes, Galerie Ârgan d Chambre I.
Saint-Maurice (Seine).
(1) Cette pièce, dédiée à Racliilde, a paru sous ce titre : Dilicaiesse [Œ. C, II, p. 49). Voyei l'édition d'Amour, dans la collection des « Maîtres du Livre ».
(2) Cf. : Œ. C, II, p. 222,
Mardi, 7 [juin 1887] *.
Mon cher Vaniet,
Je vous en supplie, dès ceci reçu, envoyez un mandat, ou un billet de 50 francs. Sans cela, je suis exposé à être congédié d'un jour à l'autre. Et voyez quel préjudice I Déjà je n'ai pu sortir lundi, attendant l'un ou l'autre, comme je vous en priais instamment, dans mes deux dernières [lettres]. Je compte sur votre exactitude. Dès ceci reçu, n'estce pas ?
Votre P. Verlaine.
Asilo de Viticenries (Convalescents), Saint-Maurice (Seine).
Saint- Maurice (Seine), Asile des Convalescents de VincenneSf galerie Argand, chambre 1.
Le 17 juin 1887 **.
Mon cher Vanier,
Voici une lettre pour Huysmans. Après avoir pHs connaissance de ce remarquable morceau, vous
* Petit fragment, papier blanc, quadrillé en filigrane, encre noirCj recto. La date de ce billet nous a été fournie par un reçu du poète, concordant avec l'envoi de cee lignes. Le mandat de l'éditeur arriva à Saint-Maurice le 9 juin.
** 1 f. papier à lettre, vergé blanc, plié en deux, encre noire, recto et verso des 2 fî. Cette lettre figure déjà, mais assez inexactement reproduite, dans Verlaine intime, p. 146,
taTTSM A LÉON VANIBR 83
voudrez bifin coller l'enveloppe et faire parvenir.
Situation bizarre. Jusqu'à pré«ent je suis prolongé sans payer t toujours çà, mai» c*e«t de l'iiidécision. AusKi,... dame ! j'attends... Pas ? Quand m'écrirez (quand ?) dites-moi donc au juste oe que voub pouvez me devoir en tout. Et avez-vous payé la bonne mère Allemot? (1) Remémorez-vous ces deux points : oe qui me revient et M°»« Allemo* ?
Quant à la publicité, qu'avons-nous de tout prêt ? Les Romances sans paroles, à en juger par les apparcjicos. Dès parues, envoyez-moi deux ou trois exemplaires. Aussi, des Fêtes Galantes, un ou deux ou trois si possible, pour cadeaux ici, aux personnes qui s'intéressent à moi, vous comprenez. Puis je crois me rappeler que vous pensez aux Maudits. Mais les images ? Je serais bien aise aussi de corriger quelques phrases, et, dans le Villiers, de modifier un brin. — Puis, n'est-ce pas, en route pour Amour ! Parallèlement après, ou pendant ? Qu'en ditesvous ?
Temps, aussi, de faire un traité relatif à Parallèlement. Est-ce Votre avis immédiat ? Dites ? Les règles en règle, je ne connais que çà. On peut « crapser ». — • Quant aux biographies, par laquelle commencerons-nous ? Nous avons, si je ne me trompe, encore inédites, celles de Mérat, Cros, Rollinat, Ricard et Rimbaud. Je suis à celle de France {Anatole). Il sera bon, je pense, de ne publier Rimbaud
(1) On trouve dans les papiers de Vanier, un reçu de quarante francs, signé par cette dernière, le 4 mai. La somme fut versée au compte de Verlaine,
qu'au moment de l'apparition de ses Œuvres Complètes. (A ce propos, et Régamey ?) Si nous nous occupions de Mérat, de Gros et de Ricard ? (Mérat et Gros, photographies chez Garjat ; vous en avez une de Ricard). Quant à Lafenestre, Theuriet et Lemoyne (Lemoyne utile, peut-être),, je voudrais bien avoir si possible, quelques-uns de leurs recueils.
J'ai écrit à l'avoué de mon ex-conjointe, en vue de voir mon fils et j'avertis sa cliente de la purée où ses bons soins me laissent me débattre. En attendant, je versifie toujours de paupertate. Du Plessys a même dû vous remettre un sonnet VIII pour Bonheur.
Vous aurez également bientôt un sonnet à Thomas pour Amour, qui dès lors sera clos et arrêté.
Voilà tout pour le moment. Dès qu'il y aura du nouveau dans ma situation ici, aurez détails. Ça ne peut tarder, mais j'espère bien, si on me parle de m'en aller, qu'alors les 45 balles précieusement consignées, seront utiles. Quoi qu'il en soit, vous voyez, j'escarmouche de mon mieux contre la guigne ! Il n'est pas jusqu'à ce roman pour la Reçue Indépendante que je n'aie entamé (1).
Bref, tâchez de me venir voir un de ces jours et de m'écrire si de votre côté vous avez du nouveau à m'apprendre ou à me dire.
Bien cordialement,
(.1) Lisez : Charles Husson, publié fragmentairement sous ce titre : Rampo [Œ. P., I, 392). Voyez p. 120, n. 1.
LRTTRBt A X.ÉON VANIER 85
[5aint- Maurice. 28 [juin 1887] *.
Mon cher Vanier,
Ci-joint tout ce que j*ai de vers, le sonnet à Thomas (1) et Batignolles [Amour) et le N® VIII de Bonheur. Plus une petite note dont vous ferez l'usage que de droit.
No trouvez-vous pas, au moment où j'aspire à écrire au Figaro (nouvelles, etc.), prématurée l'impression de Rollinat, où je crois me souvenir que j'égratigne un peu l'organe en question ? Ne pourrait-on ajourner et imprimer à la place un Anatole France que j'ai là tout prêt (Le Temps !) Dans cette biographie, je parle un peu de tout le jeune monde poétique et je mets tous ces éphèbes d'accord, symboles et décadards, avec ce grand mot : Libertélibertas ! Une masse de noms propres illustrera ma bien simple thèse qui se résume en ceci, « tout est bon qui est bon n'importe comment. »
Je ne saurais trop insister sur Régamey, pour Rimbaud. Dès que j'irai chez vous, je m'occuperai sérieusement de cette édition (avez-vous : Une Saison en Enfer ?) comme des Maudits (et les dessins ?) et d'amour définitif, du reste. Je n'ai pas de nouvelles de Thomas, depuis Cochin inclusivement, ce qui
* 1 demi f. papier à lettre, vergé blanc, encre noire, recto et verso. La date nous est fournie par le timbre de la poste. (1) Amour (Cf, Œ. C, II. p. 58).
m'agace fort, principalement quant à mes effets propres que j'ai peur de voir mangés des mites, larves, etc. Dès que je pourrai, je décrocherai le Verlaine à l'huile (1) et il ornera votre galerie, en attendant, comme vous dites, que j'en meuble mes appartements. — Et Forain ? Et les images pour ces Maudits ? — J'aime bien les vers de Kahn. Son adresse s. v. p. ?
Votre P. V.
P. S. — Je doi^ soi*tir vendredi, 1^^ juillet, pour reiïtret" quelques jours après. C'est obligatoire, — ■ eitjiuyeux, mais obligatoite. Je setâi chez vous vers 2 heures 1 /2. Si vous ne devez pas y être, faites moi préparer mes manuscrits, — tous ! — que j'y mette d'abord de l'ordre. Donc, à vendredi, Verâ deux heures et demie.
Hôpital Tenon, salle Seymour, rue de la Chine, E. Fi Vendredi, 13 Juillet 1887 ♦.
Mon cher Vanier,
Admis avec la plus grande facilité. M. le D^ Berger m'a dit dès le premier jour, avant hier donc : « Vous
(1) Il s'agit ici du portrait peint par J, Valadon, et qUe Vanier eut en dépôt. Voyez p. 148, note 1,
* 1 f. papier à lettre vet-gé blanc, ehcre noire, recto et verso. Le cachet postal, sur l'enveloppe, porte la même date que là lettre.
LBTTnBS A LÉON VANIBR 87
yous repoieroK quelque» jourB,pui8 irez ù Vinotnntt »• Or on va d'ici & Vinconues les mardis. Sera-ce mardi proc}iBin,ou ïtiurdi procljoin en huit ? voilà ce que je mo dotuande, hélas 1 avec inquiétude, en cette vie d'inquiétudes que jo mène depuis déjà si longtemps I Si ce doit être pour mardi prochain, — alors force m'est — force m'est aussi, au fait, dans l'autre hypothèse — de vous demander un autre petit mandat de 5 francs, sur traités, afin, tsar j'en suis réduit à 14 BOUS, ceci mis à la poste, de pouvoir, fort de quelques francs, écrire à Mendès (18, rue Berlioz), en vue de copie dans son journal, de reproductions littéraires, à l'avoué de M'"® Delporte, pour choses que savez (avec un timbre dedans pour réponse), à un prêtre que connais pour conseil et peut être position, à Thomas pour habits et les portraits, s'ils ne sont pas chez vous déjà, enfin à diverses personnes suivant les circonstances, acheter quelque tabac (après avoir écrit aux amis de m'en apporter), enfin veiller à un pantalon et à des espadrilles. Après quoi, on verra. Faites moi bien mon compte, surtout, que cette fois ma sortie même régulière ne me surprenne pas et que je puisse ou compter sur quelque argent, ou sur quelque place, autrement, quoi ?...
Enverrez aussi bien vite, avec ce mandat là, les deux pièces de Bonheur inachevées : Ces vers durent être Jaits ; L'homme -pauvre de cœur est-il si rare en somme ? Pauvre Éonheur tout de même que le mien I — Je vais, dès que j'aurai plumes et encre, retravailler à Bonheur et à toutes sortes de copies faciles à placer. Tellier doit un de ces jours m'amener
Lemaître qui est eu train de faire son étude sur moi. Ce sera un petit coup de commerce. Et les Romances, se vendent-elles ? (1) Envoyez à Clovis Hugues, en effet, avec « Hommage de l'auteur, P. Verlaine ». Peu importe que ce soit de mon écriture.
Misère tout de même de vivre ainsi. Je vous assure que j'ai des larmes dans le coeur en écrivant tout ceci. Mais je ne ferai rien que de fier et de simple. Potius mori quam fœdari ; c'est ma devise bien vraie. Et mourir chrétiennement, digne de mes parents et en exemple à mon fils.
Enfin, écrivez vite, avec les choses dedans, ou mieux venez, si pouvez, dimanche. Si veniez, pourriez m'apporter quelques livres pour signer des dédicaces. Ah, il me faudra aussi écrire à Lepelletier I
Votre bien cordial et bien désolé, mais qui sera fort, P. Verlaine.
Pourriez parler de moi à ce secrétaire de V Assistance Publique, comme incurable intéressant. Mieux valent Laennec et Bicêtre, que la mort de besoin, à la rigueur.
19 (juillet) 1887 *.
Mon cher Vanier,
Avoir « élicité » les plus incroyables aveux de la
(1) Sans nul doute la nouvelle édition publiée chez Vanier en 1887, avec un portrait de l'auteur par A. des Gâchons.
* 1 f. papier à lettre, vergé blanc, encre noire, recto. Cette lettre a été envoyée de l'Hôpital Tenon où Verlaine séjournait depuis le début de juillet.
part de séides de tel ou tel, d'ailleurs un peu mes débiteurs si oubliez I Avoir vu Thomas que vais tâcher de revoir à travers ses rendez-vous.
Pauvre, povre, pavrc, voilà un refrain qui ne vous [en marme..ej (2® édition : emni..demallarder) ni plus ni moins que
Votre, P. V.
Veuillez lire (puisqu'il paraît que c'est vous, qui me dictez ma conduite, — on me l'a dit aujourd'hui. Devinez ! Est-ce ou non Judengasse et Chicago), — veuillez, dis-je lire la lettre ci-jointe (pour Paulus), à ce futur intervoyeur là.
Et à en même temps que ceci très avide et dévorateur. — 0 nouvô I ! Et ô d'autres, d'autres !
Mardi, [mardi] 9 août [1887] *.
Mon cher Vanier,
Asile National de Vincennes, Saint-Maurice, Seine, Galerie Argand, chambre S, lit 13, dimanches et
* 1 demi f. papier à lettre, vergé blanc, encre noire, texte recto, verso et dans toutes les marges. Une note autographe, non signée ni datée, mais remise conjointement à cette lettre, récapitule assez clairement les réclamations qu'on lira plus loin. En voici le texte succinct : « Résumé des Commissioiss : 1° Œuvres poétiques de Lemoyne et Theuriet ; 2° M'envoyer le n° du 22 sept, du Parti National, où chronique nouvelle de Tellier sur moi : garderai et rendrai ; 3° Parler de moi, pour truc$ en vue de sous ; 4^ Le Secrétaire ? ; 5** Le p'tit mandat pour plumes, tabac, pipes ; ah ! et les vieilles savates, si possible ! «
jeudis midi à 4 heures, visite aussi jour de 1'^^somption, 15.
Thomas m'annonçait jeudi votre visite pour jeudi de cette semaine, donc jeudi 11. Pièce de cent sous très à sa fin, et besoin de ce pantalon de toile grise foncé, dans les 3 francs ! ! Apportez, si pouvez, encrier portatif, afin que je signe quelques dédicaces dont Thomas m'a parlé. Avez-vous le chapeau et le portrait ?
Ci-joint pièce pour Amour. Vous y remarquerez le mot dol (1). C'est le 1^^ coup de tocsin de la guerre engagée entre M°^® Delporte et moi. (Aurez pièces jeudi) ; « dol sans pair », c'est d'une belle sonorité presque hérédienne, hein? (et «dol» est le mot propre pour ces sortes de saletés). A propos, Tellier vous a remis le Herédia ? Ponchon toujours en suspens. Lafenestre en très bon train, peut-être fini jeudi. Pourrez-vous m'apporter et prêter du Lemoyne ? et du Theuriet (pour finir les biographies de poètes, vite)? — Procurez-vous, si ne l'avez, le n" du 1®^ août de VEcho de Paris (article de Lepelletier sur Romances){2). Il paraît qu'il y a une bonne presse! îl Ça se vend-t-il un peu (3) ?
Allons-nous spnger à Amour ? Et les Maudits ? Avez-'VOUfl la photo de 1» rue Castiglione ?
(1) II s'agit ici de la pièce XIV, de la série pp^Qacrée h « Lifcien Létirois ». Voyea Œ. C, II, Amour, p. 97. Le mot dol figure à la dernière strophe.
(2) Numéro du 1" août 1887.
(3) Ces deux derniers mots ont été ajoutés au crayon, par Verlaine,
LltTlllt A LéOM VAMIBR 91
Et le Secrétaire, bigre, le Secrétaire ? Vais récrire à Mondes. N'y aves-vous pas été ? m'a dit 'fhonias. Merci (l).
Bien entendu nous maintenons le commencement
des Mémoires, la « m » et tout. Ils vont bien aller,
ces mônioires, parallèlement à cette fameuse autobiographie dont liaju menace la société et cet « inphâmo » xix^ siècle. Il n'y va d'ailleurs pas do main morte dans l'éloge, Baju. Je l'ai d'ailleurs l'autre jour remercié comme fallait, c'est très aimable au fond, malgré le conseil de me suicider que j'attendrai encore avant de suivre.
A jeudi donc et à vous bien cordialement.
L'Anthologie Lemerre (2) me concernant a-t-oUe paru ? Pardon de ce griffonnage. Vous avez do bons yeux, vous !
Pantalon toile gris foncé, plutôt long et large, à cause de blanchissage, dans les 3 francs si possible, — mesurer sur mon noir.
Le 16 août 1887 ♦.
Mon cher Vanier,
Ci-incluse la lettre pour Kahn. Mettez l'adresse
(1) Merci, a été ajouté au crayon, par l'auteur. (3) Anthologie des Poètes français du XIX^ siècle. Paria, a. d., p. 114 (Notice sur Verlaine, par Auguste Dorohain). * 1 f. papier bis, encre noire, recto.
92 CORRESPONDANC'E de PAUL VERLAINE
— eh bah! — le timbre et envoyez chaud (1). Reçu le phalzar et l'immense gosse, dont merci. Ponchon fini ; Lafenestre en train ; après, Lemoyne et Theuriet. J'aurai terminé une nouvelle (pour ?) jeudi. Je bûche un morceau major pour Bonheur, et un, féroce, pour Parallèlement qui se corsera de plus en plus et, définitivement, par ce moyen, tiendra sa place importante dans l'ensemble de mes vers.
Si Thomas n'a pas apporté chapeau et portrait, et si vous le voyez, insistez pour qu'il apporte tout de suite, chapeau surtout !
Le Secrétaire surtout I ! Je compte sortir vers le 31 août. Donc pas de retard, — au cas où on n'aurait rien trouvé d'autre part. (Laennec, traitement des chroniques) — ankylose, moi, incomplète, consécutive à une hydarthrose rhumatismale remontant, l'hydarthrose, à septembre 85.
Si vous voyez avocats, Ajalbert, Lods (aux dames, au roy los I), parlez leur de mon cas et si je n'ai pas le droit absolu d'exiger qu'on me laisse en communication de près et de loin avec mon fils.
Dans la pièce pour Parallèlement, que je vous ai donnée jeudi dernier, mettre : Le Pauvre du chemin creux, au lieu de VIdiotf etc. C'est intitulé : Vieille (2).
A vous cordialement,
[Saint-Maurice].
(1) On trouvera un long fragment de la lettre à Gustave Kahn, dam l'ouvrage de Ch. Donos, Verlaine intime, p. 156,
(2) Lisez : Guitare (Cf. Œ. C, II, 182).
LBTTBBI A lAON VANIBR 93
[Saint-Maurico], le 31 août 1887 *.
Ouf! 128 vers, dont 28 pour Amour (classer après, JVi pardon, ni répit... (1), voilà ce volume bien fini. Dès que je serai sorti, nous l'arrangerons définitivement et il n'y aura plus qu'à imprimer d*un seul bloc Parallèlement, qui n'attend plus qu'une seule pièce entrain {Mes mains.', !) Paraîtra-t-ilenmêmc temps, orné, ou non, d'une eau-forte significative ? Quoi qu'il en soit, voilà, avec les Maudits complets (on pourra rallonger Corbière et Lélian), de la besogne pour l'hiver et le printemps. Bonheur sera fini pour le milieu de l'été. Les Nouvelles paraîtront dans journaux, pour pain et seront en volumes au fur et à mesure, après quoi je pourrai me livrer aux nouveaux Mémoires et à un ou plusieurs grands poèmes et à du théâtre, prose et vers. Toujours penser à Porel, pour Les Uns et les Autres et Madame Aubin).
■ — • Le Secrétaire ! ! ?
Charles Morice, 39, rue de Condé, Lyon (Rhône), naturellement m'écrit qu'il compte faire dans Le Salut Public de cette ville un long article sur moi. Pour cela, il voudrait la collection de mes œuvres. Voyez. Je lui écris qu'il poursuive son projet de petits livres sur les Contemporains et en fasse un sur moi pour coïncider avec la publication d' -Amour.
J'ai reçu une lettre de Germinal, k propos du mot
* 1 petit f. papier blanc, quadrillé, encre noire, recto et verso. (1) Ballade en rive [Œ. C, II, 35).
94 CORRESPQWPANCP DE PAUP VERLAINE
« accident », du Mot d'ordre, s' excusant et me promettant rectification dans le Mot d'Ordre et Paris (1). Surveillez Paris ; je TOP charge du Mot.
Forain ? 233, Faubourg Saint- Honoré ? J'irai le voir d'ailleurs, ainsi que Mendès et Lepelletier. Vous, soignez Secrétaire, resecrétaire, secretary for ever ! et tâchez de m' avoir prêt dès mon arrivée chez vous (saps doute milieu de la semaine prochaine à moins qu'avant), une petite somme me permettant de vivre quelques jours et faire démarches, évitant hospice de nouveau s'il est possible. Car soupe, soupe ! n'est-ce pas, petite somme, fût-ce avance sur travaux d'autant plus sûrs (je travaille encore facilement, vous savez). Tâchez préparer documents, livrer sur ou de, plutôt sur Theuriet et Lemoyne (revues, livres de critiques ?) Çà fera encore deux biographies. J'aurai deux nouvelles pour Figaro et Gil Blas. Enfin, pour le mieux. — Ferez prévenir à temps du jour de mon départ, c'est-à-dire de mon passage chez vous ? voudrez prêt aussi, (2) mon complet et CE CHAPEAU ?
A voi^a,
Je parlerai aussi à Lods et à Ajalbert, pour gosgo. Quid de Ghil et des « Amincjies » ?
Reçu vos huit timbres. Merci. Je les ai employés duement, tous, hélas I Le dernier est sur cette enveloppe Bull.
(1) Voye» notre tpme I, p. 327 (i^pte rplstiye k h p. 2^8).
(2) Lisez : « Voudre/.-vqvjs tenir pr|t... >!
Pourrpz-voua tpucJipr, un fqjrp tPHcher, i8, rue 4'Enghie^, le? qwclqupB sp^s que me 4oit Z(<| Vif popuhire ? (îiTJqjf^l; uj) mot ad fioc.
[Saint-Maurice], le 6 septembre 1887 *.
Mqn cher Vanier,
Je pars d'ici apfès dvicxincT, vendredi 9 courant. Je serai chez vous entre mitli et 1 heu|'e, pu j'attendrai du Plessys pour courses, vers 2 heures. En l'attendant, je réviserai soigneusement l'ordre d'Amour qui dès lors sera tout prêt pour l'impression. Il fau- 4?:a profiter 4h Feg^iin de brujt produit par la brochure de BaJT4(l). Que diriez-yous 4'une Jaiographip de lui, très documentée, très longue, et un peu batailleuse, ou beaucoup ! puisqu'on nous provoque ? Battre le fer tandis qu'il est chaud ?
Que dites-vous des projets de Morice ? A mon avis, devriez y donner suite dans notre intérêt (au moment d'Amour). Tâchons donc de faire quelque argent — enfin I au moins deuîc éditions, cette fois, et soigner la presse !
Le Secrétaire ! ! !
Vais d'ailleurs voit tous gens pour caser, — ou argent.
* Fragment, papier blanc, encre noire, recto et verso.
(1) L'Ecole Décadente, Pariç, Vapier, 1887, in-18. Or s'étpiine aujourd'hui de l'intérêt pris par Verlaine ^ cette brochure fort insignifiante.
Préparez, n'est-ce pas ? petits argents et effets propres, pour le cas où vous ne seriez pas là. Vendredi vers midi, 1 heure. Sans faute, je vous prie.
Apporterai longue pièce pour Parallèlement et bonne part du Theuriet. Aurez-vous documents ? Et pour Lemoyne ? Je songe à « Aycard », aussi. Il doit bien y avoir encore des poètes ou prosateurs à faire, que diable ! Cherchez, vous.
N'est-ce pas, sommes, habits, documents. Amour pour vendredi, de midi à 1 heure, sans faute.
A vous cordialement,
P. Verlaine.
Ayez l'adresse d'Ajalbert. Est-on passé pour moi à La Vie populaire, 18, rue d'Enghien. ?