‹ Correspondance; publiée sur les manuscrits originauxChapitre 9 sur 44 · CCXXVIII · texte numérisé non relu

CCXXVIII

[A Léon Vanier], 13 sept. 1887 *.

J'écris à Morice ce que vous voudrez bien mettre, si vous voulez, à la poste, au poste, à la boîte! Je crois que c'est bien écrit et direct.

A vous.

Pauvre Lelian I (1)

Dame ! J'écris jeunement ! Pas ?

* 1 f., papier à lettre, vergé blanc, encre noire, texte au recto et dans le sens vertical. Date au crayon. (1) Anagramme du nom de Paul Verlaine.

LBTTBBS A LÉON VÀNIER 97

Du Café de « V Avenir », 10 heures du matin

20 Boptcmbre 1887 *.

J'écris uno lettre très bien à Lepelletier, pour mandat, en vue de Bougival demain. Je vais essayer encore d'une démarche en vue d'hôpital, cette après* midi (1). Puis-je faire mieux ?

Vous êtes témoin que je ne vous accuse pas. Je suis JUSTE. Je n'en veux à personne qu'à mon beau-père, au fond, et qu'à malheureusement ma femme, à travers lui. J'en veux aussi à certains sentiments de méfiance, touchant ma sagesse, qu'eut même ma Sainte de mère, mais qui ont abouti et vont aboutir à quoi ?

J'adorerais de ne plus du tout obs ruer un tout petit peu vos affaires et quelque peu la circulation de votre magasin de bibliopole. J'espère même faire un jour l'honneur et le décor des deux. En attendant j'oserai encore, s'il y a lieu, me présenter chez vous pour ma correspondance — et le tirage de plans dont vous parliez tout à l'heure, ce demain.

Et à vous tout ainsi et comme çà.

A moins que je n'entre es hospices aujourd'hui, et alors j'irai, dès qu'on m'aura reçu, chercher mon

* 2 petits ff. papier vergé blanc, encre noire, recto des 2 3. (1) 11 entra à l'Hôpital Broussais le jour même. Lisez, p. 146, la lettre du 16 mars 1888.

98 CORRESt*Or5tbANfcÈ bE PAUL VERLAINE

baluchoit de « pavre » et vous édifier sur ma boîte et le compartiment d'icelle. Sans rancune, et en Baju !...

26 septembre 1887 *.

Salle Follih, lit h» 22, hôpital Broussàls, 1-uo Didot, Pafis.

Mon chef àiiii,

« Reçu ici comme l'enfant prodigue. Doux reproches tbut au Jilus. Et arrivé à très bon portj en dépit de toutes les « vertes ». Faut dire qu'uvaht de ih'embafquer et après avoir payé l'hôtel, j'avais plantureuscment mangé (ce qui, pdr parenthèse, a fort écorné la médaille de sauvetage dernière)^ La même surveillante m'a remis ès-mains du même docteur et du même interne qu'en mars dernier. Géux-ci Semblent sceptiques au sUJtjt d'une guérison dé ma pauvre jâhibe; « G'èSt chronique »j fut le dernier Inot du Chef, qui, néanmoins, A ajoUté : « Bains sulfureux toUfe les deux jours et le plus de mouvements possible j dans trois semaines, s'il n'y a fias d'amélioratidn sensible^ on verra à Vous endormir et à essayer d'une opération ». L'opération consiste à plier la jambe de force.

« Cette perspective m'amusa tout juste, car si

* Verlaine intime, p. ICI. Voyez, de plus, le Catalogue Vanâèrem, Paris, 1921, li'^ 89l. Nous reproduisons le texte tel qu'il «e présente dans l'ouvrage de Ch. Donos, l'original ayant jusqu'ici échappé à nos recherches. Il apparaît toutefois que ce texte est fragmentaire.

LÈTTnKS A UiOti tANffitt §d

j'nllnis clian}î(T nuHi clicvul borf^nu contre un aveu^lu et avoir une luJjUf, une cliilTc, en place d'utl potbau ? Aussi bicnj jd n'âimo paS bcaiicdup le chloroforme... Enfih, qUi Vivra verra...

« En attendant, je vais recevoir 25 francs, pour ma collaboration à une Revue. Je mettrai, très précieusement 20 francs de côté pour quand je sortirai, dès le pririifc jour, me procurer une chambre, une quinzaine... Mais, il me faudra aussi avoir de quoi manger sous mon toit, à 20 francs la quinzaine.

a C'est vrai que j'ai fait un impair en ne dépensant pas judicieusement vos argents et les 50 franco de Coppée, mais si seulement il me les avait eiivoyés directement, avec un mbt pour itloij du me les avait remis à la bonne franquette, je crois être sûr que j'ctl eusse mieux uié et rie rtie fusse pas trouvé dans des cas à me nourrir aveb deux croissants et quelques amers !! D'ailleurs « ma gourme » est jetée. Je vois clair à ma très sombre situation. Je Serais un imbécile, alors ! dé faire la bête au moment où je vais avoir deé chances de réussir... Et puis ma créance de Junéville est bdnnè ; je vais avoir mes 940 francs. — Moralité : Vous, m'aider, et pour ce, bien me dire ce que voUs poùvet faire ?

« Comme éditeur, je vous envoie 24 vers assez amusants, pour Parallèlement. Ca finira par faire un chic bouquin.

« Terminé Péladan. Rigolo I Si pouvez me procurer les œuvres de Tlieuriet et de Leitioynë (à mon nom, Theuriet et Lemoynè ne Refuseraient cettes

pas), je pourrai faire, dès maintenant, ces biographies pour Hommes d'aujourd'hui.

« A vous cordialement. P'tit mandat, p'tit mandat, tout de suite S. V. P. I »

Dimanche, IG oct. 1887 *.

Mon cher Vanier,

Serais heureux de vous voir, pour connaître ce fameux projet pour moi ne pas crapser de faim trop. Et la seconde pièce cent sous (solde Baju) serait bien aimable d'abouler le plus tôt possible, — car il se pourrait très bien que je partisse d'un jour à l'autre.

Archi probable d'ailleurs que j'irai à Bougival, dès ma sortie (1).

Et comme peut-être vous ne seriez pas là quand je me présenterais chez vous (on ne sort guère d'ici avant midi et ce n'est pas trop près pour un boiteux, force me serait donc de dîner par cœur et de coucher rue de la Bucherie... ou la revanche de Gladys. Envoyez conséquemment, dès ceci reçu, ou venez. Merci de çà et de projet mirobolant.

Tout à vous,

P. V. ; mais pas de visite.

* 1 fiche, encre violacée, recto et verso. L'enveloppe porte ce mot : Urgent.

(1) Chez Edmond Lepelletier.

J'avais donné ù Du Plessys une nouvelle pour le Figaro.

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