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le prince Bariatinsky ^^^ tout ce qui serait le plus convenable à son séjour, soit à Versailles, soit à Paris, et il finit par me dire que dans tous les cas imprévus il voulait se décider d'après mes avis. La veille de l'arrivée de ces princes, la Reine m'avait fait venir pour récapituler l'instruction donnée par V. M.'^). L'hôtel de Louvois, une des plus belles maisons de Paris, avait été destiné pour les augustes voyageurs ; mais ils n'acceptèrent point ce logement. Celui qu'ils occupent à Versailles a été orné de différents plans et dessins des environs et des maisons de plaisance. On y a placé un clavecin et il s'y trouvera toujours une grande abondance de fleurs ^^l 11 est impossible de mettre plus d'attention que n'en apporte la Reine à ce que rien ne soit oublié. Elle a daigné me répéter, plusieurs fois à ce sujet, qu'au moins, dans des occasions pareilles où Elle peut tout régler à sa volonté, Elle voulait que V. M. fût dans le cas de voir combien Elle trouve de plaisir à remplir exactement ses intentions. La Reine a offert à LL. AA. IL ses loges aux théâtres Français et Italien ; S. AI. a ordonné qu'il fût porté tous les jours au prince Bariatinsky une provision suffisante d'eau de ville, dans la crainte que l'usage de l'eau de la Seine ne fût nuisible aux augustes voyageurs. Il y a à Versailles de l'eau de Seltz pour les séjours qu'y fera la Grande-Duchesse. A la première entrevue, la Reine s'est littéralement conformée au contenu des articles a et 3 de l'Instruction'*', et Elle a su faire prendre le même ton au Roi et à toute la famille royale. Il en est d'abord résulté de l'agrément et beaucoup d'aisance dans la conversation, surtout de la part du Grand-Duc. A l'issue du dîner, le Roi, la Reine et LL. AA. IL étant seuls ensemble, le Grand-Duc dit au Roi qu'il voulait saisir ce moment de liberté pour lui dire combien il avait désiré de lier une connaissance personnelle avec S. M. ; qu'ils étaient contemporains
O Ambassadeur de Russie à Paris.
'-' Voir plus haut, p. 89.
'^' Dans cette instruction, Joseph II disait : «M"" la Grande-Duchosse touche fort bien du clavecin; il faut tâcher de lui faire trouver un bon piano-forte dans sa chambre , et au Grand-Duc, qui aime beaucoup à se reconnaître dans le local , le plan des environs et même les plans des maisons de plaisance que vous habitez et que vous leur ferez voir, soit en gravure ou en dessin.
M""' la Grande-Duchesse aime beaucoup les fleurs, et, comme la saison où elle viendra chez vous sera propice, vous aurez soin de lui faire avoir tous les jours un bouquet à porter.^ {Op. cit. p. 336.)
(*' Voici ces articles : (f2. Le peu de temps qu'EIles passeront chez vous ne doit point être perdu par les premières difficultés et compliments ordinaires aux nouvelles connaissances qu'on fait, mais il faut les prévenir tout de suite qu'étant informé par
MERCY À JOSEPH II
d'âge ; qu'à la vérité, ils ne l'étaient pas comme souverains; mais que, suivant l'ordre de la nature, ils pourraient le devenir un jour, et qu'alors le Grand-Duc serait enchanté de voir naître des circonstances qui pussent l'unir plus intimement avec le Roi. La Reine fit une attention particulière à ce propos et daigna me le confier.
Les égards marqués à LL. AA, IL sont également observés dans la mesure qui leur est convenable envers les personnes de leur suite. Je n'ai point vu ici d'exemples d'un accueil aussi distingué, et toutes les circonstances de cet accueil portent tellement l'empreinte de la volonté personnelle de la Reine qu'il est impossible de s'y méprendre.
Mes courses, presque journalières à Versailles, me prennent tant de temps que j'ai à peine trouvé celui de rédiger une dépêche d'office. Je dois supplier V. M. de daigner, pour cette fois, pardonner le désordre et l'aridité de mon très humble rapport: j'y suppléerai pour la suite et tâcherai qu'il ne soit rien omis de ce qui méritera d'être porté à sa connaissance.
J'ai reçu, le 8 de ce mois, par la poste ordinaire, les très gracieux ordres de V. M. en date du 27 avril. En présentant à la Reine la lettre qui lui était adressée (^', je lui rendis compte, en même temps, du résultat des négociations du Saint-Père, ainsi que du discours par lequel le Pontife les a terminées. La Reine a entendu les détails avec intérêt , et je les ai transmis ensuite au comte de Vergennes, qui a rendu un nouvel hommage à la haute sagesse qui caractérise les décisions de V. M. Dans cette occurrence, le ministre m'a paru pénétré des expressions d'estime et de bonté dont V. M. s'est servie en faisant mention de lui dans un article de la lettre qu'Elle daignait m'écrire.
Les ordres de V. M., du 11 de ce mois, viennent également de m'être rendus par la poste ordinaire, avec une lettre pour la Reine'-'.
moi de leur façon de penser à mon égard, vous vouliez leur parler tout de suite et les traiter avec toute la confiance et amitié, comme si une longue connaissance avait déjà précédé et, par conséquent, mettre à profit le peu de moments que vous passeriez avec Elles à vous faire connaître par Elles et à vous donner toute la satisfaction de leur connaissance et aimable compagnie.
— 3. Vos discours pourront rouler sur
tout ce que bon vous semblera, et comme entre autres Elles sont père et mère très sensibles et très soigneux, le point de l'éducation de vos enfants, que je sais qui vous occupe beaucoup si tendrement, leur paraîtra sûrement aussi, dans tous ses détails, très intéressant." {Ibidem, p. 33/1.)
'■' Celte lettre manque.
(^* Cette lettre manque.