‹ Correspondance secréte avec l'Empereur Joseph II et le Prince de Kaunitz, publiée (volume 2)Chapitre 18 sur 65 · M MAI · texte numérisé non relu

M MAI

Cette auguste princesse est parfaitement rétablie de son indisposition. Elle a daigné me dire que la lettre d'aujourd'hui à V. M. aurait été plus détaillée si les occupations du moment occasionnées par la présence de LL. AA. IL n'y avaient pas mis obstacle f^l

P. S. — LL. AA. II. de Russie étant hier à Versailles et ayant marqué le désir d'écrire à V. M. I. , la Reine a voulu se charger de leurs lettres et me les a remises Elle-même.

Paris, q mai ijSa. — La circonstance présente me paraît trop intéressante pour ne pas dépêcher le présent garde-noble sans attendre l'arrivée de celui qui doit lui succéder, parce que je crois essentiel que V. A. soit à même de confronter le langage que lui aura tenu M. de Rreteuil avec celui que tient ici M. de Vergennes. Le projet de l'Angleterre d'établir une négociation directe pour la paix est assez démontré, et j'ai toujours eu lieu de soupçonner que le ministère de Versailles inclinait à adopter cette forme; il ne s'ensuit pas qu'elle soit ni facile, ni peut-être même praticable dans l'exécution. M. de Vergennes paraît quelquefois le sentir; il se pourrait que l'on se bornât à convenir d'abord ici de quelques points préliminaires, et que l'ensemble d'un arrangement définitif s'effectuât par l'entremise des puissances médiatrices. En attendant les ordres ultérieurs de V. A., je n'ai pas cru pouvoir aller au delà de ce que porte ma dépêche d'office, persuadé qu'il se passera encore assez de temps pour que celte grande affaire ne prenne une tournure solide et décisive.

Je rends compte aujourd'hui à S. M. l'Empereur de tous les petits détails relatifs à l'accueil qu'il a désiré qu'il fût fait ici aux illustres voyageurs du Nord. La Reine s'en acquitte de manière à ne rien omettre de ce que son auguste frère Lui a recommandé à cet égard. Je n'ai point vu ici d'exemple d'une réception aussi distinguée, et toutes les circonstances de ce traitement portent tellement l'empreinte de la

''' Celte lellre manque.

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volonté personnelle de la Reine, qu'il est impossible de s'y méprendre, ce qui était foncièrement mon objet pour que les princes russes n'eussent point à douter que c'est à l'Empereur qu'ils doivent ce qu'ils éprouvent d'agréable à cette cour-ci.

Mes courses presque journalières à Versailles me prennent tant de temps, que j'ai à peine trouvé celui de rédiger ma dépêche d'office; je supplie V. A. d'en excuser le désordre; je suppléerai plus à loisir à tout ce que je puis y avoir omis, ainsi que dans cette lettre particulière.

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