MERCY A JOSEPH II
Paris, 18 mai ij85. — Le courrier mensuel m'a remis, le i 3 de ce mois, les très gracieux ordres de V. M. I., datés du 6 , et dès le lendemain ih, j'ai tâché de les remplir avec d'autant plus d'ardeur nue, par une suite de sa grâce et de sa clémence, V. M. daigne me marquer qu'Elle est satisfaite de mon zèle dont les effets d'ailleurs répondent si peu à ce que je voudrais obtenir pour l'avantage de son auguste service.
Ma dépêche d'office contient ce qui s'est passé entre le comte de Vergennes et moi^'^; je dois, par conséquent, me borner à exposer ici
ministre s'efforça de manifester par ses paroles et par l'expression de son visage toute l'indignation que lui causait ce propos, et il dit qu'il ne concevait pas comment un si grand monarque pouvait se permettre une telle vilenie. M. de Mercy profila de l'émotion de M. de Vergennes pour lui soumettre de nouveau tous les motifs qui portaient la cour de Vienne ta ne pas céder dans cette affaire , où il ne s'agissait pas de recevoir une somme d'argent plus ou moins forte, mais de sauvegarder la considération et la dignité de l'Empereur qiTe les intrigues prussiennes voulaient entamer. M. de Vergennes répondit qu'il redirait aux Hollandais avec la plus grande énergie ce qu'il leur avait déjà déclaré maintes fois, c'est-à-dire que le Roi pour une simple affaire d'argent, ne briserait pas tous les liens qui l'unissaient à l'Empereur, et il ajouta qu'il était incroyable combien ils tenaient à l'argent. 11 allait demander au Roi l'autorisation d'envoyer uu nouveau courrier à M. de Vérac afin de lui renouveler l'ordre de faire les plus grands efforts pour ramener à la raison ces républicains.
En terminant le récit de sa conférence avec M. de Vergennes, M. de Mercy faisait remarquer que depuis longtemps il n'avait pas eu avec ce ministre un entretien où il eût montré tant de bon vouloir. (Dépêcbe d'office du comte de Mercy au prince de Kaunitz du 18 mai 1786.)
(•' Le ik mai M. de Mercy eut à Versailles une longue conférence avec M. de Vergennes. Il insista surtout sur ces deux points : le retard de l'envoi des députés bollandais à Vienne et la somme vraiment dérisoire offerte pour le rachat de Maëstricbt. 11 annonça à M. de Vergennes qu'il avait reçu l'ordre de cesser toutes négociations avec les plénipotentiaires de la République à Paris jusqu'à ce qu'il fût informé que les •députés hollandais étaient arrivés à Vienne et avaient fait à l'Empereur la satisfaction qu'il exigeait.
Le secrétaire d^'Etat ne fit pas la moindre objection; il se borna à répondre qu'il userait de toute i'iniluence que la France pouvait avoir à la Haye pour presser le départ des députés. Il avoua môme à M. de Mercy cju'il était bien éloigné de vouloir défendre la conduite des Hollandais qu'il trouvait aussi indécente qu'insensée. Il avait déjà envoyé un courrier à M. de Vérac pour le charger de parler fortement aux Etats généraux sur ce point. Lui-même il avait dit à pjusieurs reprises son sentiment aux ambassadeurs hollandais, avec qui il venait d'avoir deux entretiens fort vifs.
M- de Mercy déclara ensuite à M. de Vergennes que la cour de Vienne pouvait d'autant moins faire de concessions sur le prix de Maésiricht que le roi de Prusse s'était permis de dire qu'il suffirait aux Hollandais vde donner a l'Empereur quelques millions de Jlorins pour boire. v Le
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très humblement ce qui a Irait à la Reine. Elle a parfaitement senti toute la franchise et l'amitié qu'exprime la lettre de V. M.-; Elle s'est d'abord proposé de la montrer au Roi; j'ai fort appuyé sur cette idée et je me suis permis de suggérer le commentaire qui pouvait être joint utilement à cette communication. La Reine a été vivement piquée des propos tenus par le roi de Prusse; Elle s'y est crue personnellement offensée; il en est résulté des marques de dépit sur la conduite que l'on a tenue ici et je suis bien certain que cela attirera quelques nouveaux reproches au Roi et à son ministre. Dans des cas semblables , il n'est pas facile de régler les premiers mouvements de la Reine; je tâche toujours d'obtenir qu'Elle mette un peu moins de vivacité dans les propos et plus de raisonnement sur le fond des choses; ce n'est qu'avec cette méthode que le Roi pourrait être lié par ses paroles, et que ses aveux deviendraient une sorte d'engagement vis-à-vis de la Reine de s'en tenir irrévocablement à ce dont il est une fois convenu. Ce n'est pas que depuis quelque temps la Reine n'ait fait de vrais progrès dans sa manière de traiter d'affaires; Elle y apporte souvent une sagacité étonnante et qui, plus d'une fois, a fort embarrassé le comte de Vergennes. Le changement de ce ministre, vrai ou simulé, mais très subit et favorable dans ses apparences, doit être attribué à la crainte de la Reine et beaucoup aussi aux preuves que cette princesse a données de capacités et de connaissances dans les objets politiques du moment.
V. M. daignera observer dans les détails de ma dépêche d'office que le comte de Vergennes ne s'était jamais ci-devant expliqué d'une manière aussi précise et satisfaisante, et, quoique toujours en garde contre sa fausseté , il n'est plus possible de douter qu'il n'ait déclaré nettement aux Hollandais, qu'en cas de plus longue réticence ils ne seront point soutenus par cette cour-ci. L'assertion positive que le Roi en a réitérée à la Reine est en quelque manière une caution que le ministre était d'accord sur cet article. J'ai une égale certitude que ce dernier a tenu un langage ferme aux Etats généraux sur l'envoi de leurs députés, même sur le prix de Maëstricht, peut-être un peu moins sur la quotité de ce dernier point que sur le prompt accomplissement du premier. Tous mes soins seront maintenant dirigés à entretenir les bonnes dispositions présentes pour en tirer le meilleur parti possible; quand le moment sera arrivé de conclure, alors je dispute-
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rai le lorrain au plus près sans me relâcher même au terme des pouvoirs qui me sont donnés avant que, par une dernière décision, V. M. n'ait trouvé bon de les confirmer. J'ajouterai, pour dernière remarque, que les approvisionnements et magasins formés pour l'ancien projet d'un camp d'exercice se vendent successivement pour suppléer à la diselle totale de fourrages qui désole les provinces d'Alsace et de la Lorraine, de manière qu'abstraction faite de toutes autres raisons, on serait ici cette année- dans l'impossibilité physique de tenir un corps d'armée en campagne, d'où il suit que, quelles que deviennent les circonstances, la conduite de la France ne saurait de longtemps être que passive. Je présume avec certitude que la Reine, à la suite des enti'etiens qu'Elle aura eus avec le Roi depuis vendredi, mandera à V. M. '^' quelques particularités nouvelles et satisfaisantes dont je ne puis pas encore être informé dans le moment où j'écris ce présent et très humble rapport: je dois, par conséquent, le terminer en mettant aux pieds de V. M. la profonde soumission avec laquelle je suis
Paris, le 18 mal ]j85. — Relativement à ce qui concerne ma silualion personnelle, il n'y a rien d'exagéré dans les détails qu'à cet
''' Marie - Antoinette à JoscpJi 11, ce 1 6 mai i ']85. — «Votre lettre m'a charmée, mon cher frère; j'ai bien joui de l'effet qu'elle a produit sur le Roi , à qui je l'ai fait lire. Il a été touche et pénétré de la IVancliisc et loyauté avec laquelle vous vous expliquez sur les projets de conquête et d'empiétement qu'on voudrait vous supposer et depuis quelque temps M. de Gollz et son maître me paraissent avoir beaucoup perdu dans son esprit.
Quoique toute cette tracasserie hollandaise m'impatiente beaucoup, je sens que vous ne devez tolérer ni le délai des députés et excuses, ni le marchandage des Hollandais. T/cs deux points me paraissent près do leur
conclusion. On vient d'envoyer un courrier en Hollande. M. de Mercy vous rendra compte de sa conférence avec M. de Vcrgennes; ses sentiments me paraissent si bons maintenant que je suis presque en doute sur leur sincérité.
ffLamortde M. deChoiseul fait évanouir un jjrand fantôme, dont quelques personnes se servaient pour répandre des inquiétudes et des craintes qu'ils n'avaient pas. C'était un moyen de nuire aux affaires et à ceux qu'on voulait en éloigner. M. de Choiscul s'expliquait fort nettement en faveur de l'alliance et contre les mauvais procédés {|ui pouvaient l'aHaiblir.?! {Marie-Aiiloinvtte , Joseph 11. . Ihi: Ihipfwechsd , p. 87.)
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égard j'ai eu l'honneur de mettre sous les yeux de V. A. Elle disposera toujours de mon existence telle qu'elle puisse être; cependant mes infirmités très douloureuses augmentent au point qu'elles prennent souvent sur mes devoirs. Ceux-ci mettent obstacle à tout régime qui me serait nécessaire; ils m'ôtent l'espoir et les moyens du soulagement que je trouverais dans une vie tranquille et solitaire; malgré cela dans mon cœur tout est subordonné au désir de marquer à V. A. mon profond attachement, mon respect et ma vive reconnaissance. Mais, Monseigneur, je ne puis vous faire hommage que de ce qui dépend de moi, et si ma santé venait à empirer encore, je me trouverais dans peu absolument hors d'état de servir. Cependant, sans m'inquiéter de cette prévoyance, dont l'effet est très vraisemblable, et de ce qui peut en arriver, je me bornerai aujourd'hui à demander à V. A. une grâce que je réclame de sa justice autant que de ses bontés, c'est que dans le cas, si des circonstances quelconques la décideraient un jour à quitter sa place, Elle veuille bien, avant de consommer ce projet, m'obtenir l'agrément de ma retraite. Jusque-là je me vouerai à tout ce qui peut lui plaire, autant que pourront l'admettre mes forces, et si elles viennent à manquer tout à fait, ce sera un terme involontaire (jui ne laissera rien de douteux sur l'extrême désir que je conserverai toute ma vie de donner à V. A. quelques légères marques des sentiments lidèles et très respectueux avec lesquels, etc.
Mmitouc, ce 6 juin ij85. — Vous serez étonné du lieu d'où je date ma lettre; je n'ai pu résister au désir d'embrasser le roi et la reine de Naples qui venaient chez moi à Mantoue, d'autant plus que ce petit éloignement de mon centre dans ce moment-ci devait prouver le plus combien peu je pensais à réaliser une des innombrables calomnies (jue le roi de Prusse se plaît à répandre et que d'autres ont la faiblesse et sont assez dupes de croire.
Un moment avant mon départ de Vienne, j'ai reçu votre lettre par le garde Szabo, et comme c'est par la poste que je vous écris, je ne puis que vous témoigner ma parfaite satisfaction sur tout ce que vous
!iVx JOSEPH II A MERCY.
me marquez avoir fait et dit, et c'est toujours là mon refrain ordinaire, s'entend avec vous seulement, mon cher Comte, que de trouver très bien toutes vos démarches marquées toujours au coin de la prudence et du zèle le plus louable.
Je me flatte que cette fois-ci la bonne volonté que le ministère de France a témoignée sera suivie d'effets réels, au moins je ne saurais pénétrer quelles autres vues secondes il pourrait encore avoir pour ne pas terminer cette affaire de la façon décente et convenable qu'il l'a promis.
Je vous joins ici une lettre pour la Reine"', et en même temps je vous prie de me croire bien sincèrement et avec beaucoup d'estime. . .
Milan, ce ^ 5 juin lySS. — Je n'ai point pu attendre ici à Milan l'arrivée de Leurs Majestés Siciliennes, puisque cela m'aurait mené au moins à une quinzaine de jours d'absence encore. Je pars donc aujourd'hui pour Vienne, où j'espère de trouver de vos nouvelles et messieurs les Hollandais une fois raisonnables, ou qu'enfin on me laissera tout faire pour les mettre à raison, car les complaisances que j'ai eues pour mon allié dans cette occasion sont en vérité au delà de toute croyance, et à la fin elles deviennent duperies et il est par trop désagréable d'être l'auteur principal d'une telle farce politique; mais je vous parlerai de tout ceci plus au long de Vienne. D'ici je ne puis que vous faire connaître que je désirerais beaucoup qu'au moins une couple des Dames de l'ordre Saint-Franrois-de-Sales, de la Visitation de Marie, voulussent se résoudre de venir ici au secours du couvent de la Visitation qui y existe et d'une religieuse nommée Rayonne venue de Grenoble, sur laquelle uniquement toute éducation des demoiselles réside. Le comte de Wilczck^-' vous en dira davantage et vous voudrez bien vous employer pour que cette affaire réussisse et qu'on ait au
'"' Celte lettre manque. ministre plénipotentiaire en Lonibardie, où
'*> Le comte Jean-Joseph Wilczek, né il avait la haute direction des affaires sous
en 17.38, mort en 1819, était depuis 1789 l'archiduc Ferdinand, gouverneur général.
moins une couple, si pas quatre de ces dames, bien entendu toutes capables et en bon àgc et qui veuillent au moins pour quelques années se transporter dans ce couvent.
Je vous joins ici , mon cber Comte, une lettre pour la Reine"' que je vous prie de lui remettre. II paraît que le destin, soit en grande, soit en petite chose, fait que je dois toujours vous tourmenter.
Le 2 â juillet iy85. — Ma lettre d'office '-' vous apprend, mon cher
('' Celte lettre mnnque.
(-' On verra plus bas (p. A3o, n. a) les difficultés qui inarquèrcut l'arrivée des envoyés extraordinaires hollandais à Vienne et faillirent faire échouer leur mission au port. Après avoir exposé à M. de Mercy cette malencontreuse affaire et la façon dont il était parvenu à décider l'Empereur à y mettre fin, le prince de Kaunitz lui faisait connaître comment s'était passée l'audience donnée le au juillet et il lui communiquait les discours qui y avaient été échangés.
Le comte de Wassenaar avait porté la parole et avait donné à l'Empereur l'assurance que les Étals généraux n'avaient jamais eu l'intention d'insulter son pavillon et désiraient vivement de voir rétablie au plus tôt la bonne harmonie interrompue si malheureusement. Ce discours est publié in extenso dansMarlens, Causes célèbres du droit des gens, a' édition, t. III, p. SgS.
L'Empereur lui avait fait celte réponse plus courte et aussi plus aimable que celle proposée par le prince de Kaunitz (voir plus bas):
«Je suis charmé que Leurs Hautes Puissances par votre députation, messieurs, aient satisfait à ce que j'avais désiré comme un préalable à tout accommodement. Je vais faire passer des ordres à mon ambassa-
deur à Paris de reprendre les négociations sous la médiation du roi de France, mon allié et beau-frère, et je ne doute point qu'une prompte conclusion pourra faire éviter tous les fâcheux événements, suite inévitable d'ultérieurs délais. n
Le même jour, l'Empereur en envoyant au prince de Kaunitz quelques documents concernant cette audience, lui écrivait un billet où il lui disait :
rrM. de AYassenaar a prononcé sa longue harangue non sans avoir été embarrassé; mais pourtant elle est sortie tout entière. j\I. de Leyden n'a pas proféré une seule parole et, dès que ma réponse a été faite, sans dire autre chose et sans faire aucune question , ces messieurs se sont retirés et l'audience était finie.» (A. Béer, op. cit. F- 211.)
Le prince de Kaunitz chargeait ensuite M. de Mercy de remercier au nom de l'Empereur M. de Vergennes, pour l'heureuse issue de la médiation du Roi concernant l'envoi des députés et pour le prier de la continuer. L'ambassadeur devrait montrer que la P»épublique voulait tirer les négociations en longueur, afin de profiler des événements qui pourraient survenir, comme le lui faisait insinuer le roi de Prusse, et aussi afin de développer ses travaux de défense. Mais la dijïuité de
Comte, tout ce qui a trait à messieurs les députés hollandais, depuis le moment de leur arrivée jusqu'à ce jour. J'ai taché de raccommoder tout le mal qui était résulté de ce qu'on a voulu faire tout le contraire de ce que j'avais conseillé, ainsi que vous le verrez par la copie ^'' ^1^^]^
rEnipcreur et ses inte'rèts, lésés par ces longueurs qui causaient une forte augmentation (le dépenses, Tobligeaienl à déjouer les projets de la Répui>li(jue. JM. de Mercy était autorisé à rouvrir les négociations et en même temps à déclarer solennellement que si, contre toute attente, les préliminaires n'étaient pas signés le 1 5 septembre les troupes impériales dans les Pays-Bas commenceraient les hostilités. Dans le cas où, après la signature des préliminaires, les Etals généraux voudraient envoyer un ministre plénipotentiaire à Vienne , l'Empereur userait volontiers de réciprocité; mais si par hasard le comte de Wassenaar était déjà muni de lettres de créances et s'il voulait les présenter avant que les préliminaires no fussent signés, elles ne seraient certainement pas reçues. (Rescritdu prince de Kaunitz au comte de Mercy du 2 5 juillet 1785.)
<•' Le 16 juillet 1785, l'Empereur, qui était malade et ne pouvait pas aller causer avec le prince de Kaunitz, lui adressa une longue lettre en allemand sur les mesures à prendre en prévision de la prochaine arrivée des envoyés extraordinaires hollandais. L'Empereur pensait que ces députés étaient uniquement accrédit('s pour lui présenter les excuses des Etats généraux. Aussi ne devait-on les traiter que comme de simples particuliers et non comme des minisires plénipotentiaires, à l'exception du jour où ils présenteraient leurs lettres de créance au prince de Kaunitz et de celui où ils auraient audience de l'Empereur. Dès que le chancelier aurait, après examen , reconnu la régularité de leurs pleins pouvoirs et de leurslettrcs de créance, l'Empereur, aussitôt que sa santé le lui permettrait, indiquerait un jour pour leur audience et pour celle des autres étran;;ors de distinction qui se trouveraient à Vienne.
L'Empereur avait l'intention de faire au discours des Hollandais , qui lui aurait été communiqué préalablement par le chancelier, une réponse très courte. Il leur dirait qu'il était heureux que la Républicpie eût reconnu l'inconvenance de sa conduite el qu'il voidait bien passer làdessus, ne doutant pas que par l'acceptation complète des conditions si modérées, qu'il leur avait fait transmettre par le 'roi de France, son ami et son allié, et qui sûrement étaient son tout dernier mot, il n'eût bientôt des preuves de leur faconde penser pour le présent aussi bien que pour l'avenir, et de leur désir d'étouffer tous les germes de dissension. La seule chose qu'il voulait sérieusement leur rappeler était la nécessité pour les Etals généraux de se hâter de prendre une décision, car il était bien décidé à ne pas gaspiller plus longtemps, en uouveaux délais, le temps el l'argent, et il était prêt à tout événement.
Dans les affaires de douane el autres, on devrait les traiter comme de simples particuliers, et même, dans le cas où on aurait quelque chose à leur envoyer, on ne devrait pas leur donner le titre de députés.
L'Empereur pensait que, s'il donnait l'assurance qu'il ne céderait pas sur l'alternative de la restitution de Maéstricht ou du payement de douze millions de (lorins, cela contribuerait beaucoup à la précipitation du dénouement, surtout si l'on y ajoutait une notification , tant au roi de France qu'à la République, que si à un moment donné, le i5 ou le 3o septembre, l'alïairc n'était pas terminée par la signature des préliminaires, les hostilités commenceraient, parce qu'il ne voulait plus se laisser traîner en longueur et perdre son temps et son arj;ent.
Le prince de Kaunitz était loin de partager les idées de l'Empereur, el , pour