‹ Correspondance secréte avec l'Empereur Joseph II et le Prince de Kaunitz, publiée (volume 2)Chapitre 61 sur 65 · MERCY A JOSEPH II · texte numérisé non relu

MERCY A JOSEPH II

Paris, 20 septembre îjSd. — Les très gracieux ordres de V. M. I., datés du 2, m'ayant été remis le 10 par le garde-noble qui en était porteur, je n'ai pas tardé à aller présenter à la Reine la lettre qui Lui

était adressée, et j'ai eu occasion en même temps d'exposer à celte auguste j)rincesse les motifs qui ont empêché V. M. de déférer à son avis sur la demande d'une promesse positive de la part du Roi de ne point se mêler des suites que les affaires hollandaises pourraient entraîner. Il m'a été facile de faire sentir toute la force des motifs en question, ce n'était d'ailleurs qu'un petit mouvement d'embarras et de dépit contre les ministres du Roi qui avait dicté iî la Reine les remarques énoncées dans sa dernière lettre à V. M. Depuis cette époque les incidents survenus et les formes si variées qu'ont prises les négociations avec les Hollandais, changent les combinaisons et me mettent même dans le cas de supprimer aujourd'hui des remarques sur plusieurs articles de la lettre de V. M. , auxcjuels j'aurais eu à répondre si les choses étaient restées dans l'état où elles se trouvaient alors.

Les préliminaires viennent d'être signés cet après-midi; leur forme incomplète tient aux raisons qu'expose ma dépêche d'office^'*. J'ai cru

*'' Dans sa dépêche d'office du ao septembre au prince de Kaunitz et dans une dépêche du 2 1 au comte de Belgiojoso, M. de Mercy a rapporté en détail les nombreuses difficultés qu'il avait eu à surmonter dans cette dernière conférence du ao septembre où les préliminaires avaient été signés. Un simple résumé de tous ces détails serait même fastidieux; il nous a paru préférable de mettre ici le commencement de la lettre du 2 1 au comte de Belgiojoso oîi M. de Mercy raconte les débuis de la conférence et la discussion sur l'objet le plus important, la fixation du prix du rachat de Maëstricht.

ftMon projet et mon désir étaient qu'il y eût des préliminaires rédigés dans la forme accoutumée, j'en avais même arrangé un modèle, qui dans le préambule se trouvait assimilé aux préliminaires qui ont terminé la dernière guerre entre la Franco et l'Angleterre.

crM. le comte de Vergennes, étant arrivé chez moi à i o heures du matm et un moment avant les ambassadeurs de Hollande, m'apprit que ces messieurs se refuseraient à des préliminaires en règle, qu'ils avaient ordre de tout finir en tmc fois et de uo

rien laisser en arrière. Je répondis qu'il n'y aurait à cela aucune difficulté de ma part, que si ces messieurs voulaient convenir tout de suite du traité définitif, j'étais suffisamment instruit et autorisé à cet effet; qu'il me paraissait cependant difficile d'achever un tel ouvrage en une seule séance; qu'au reste, si cela convenait à M. de Vergennes et aux ambassadeurs, nous resterions ensemble toute la journée, même toute la nuit suivante, enfin aussi longtemps qu'il serait nécessaire pour convenir de tous les articles du traité et poin* le signer. M. de Vergennes me dit qu'il voyait bien que cela était impossible; de mon côté je lui observai qu'il me fallait quelque chose d'écrit et de signé sous quelque forme que ce fût; que connaissant très bien la méthode hollandaise de lâcher de se ménager toujours des moyens de temporiser, de revenir sur ce qui a été presque convenu, enfin de ne pas vouloir s'engager à rien que sous la condition du spe rati, je voyais bien toute la difficulté de me procurer de la part des ambassadeurs de la République les sûretés qui m'étaient nécessaires; que cependant je romprais plutôt que de ne pas en avoir d'une ma-

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devoir meltre à couvert les points essentiels aux dépens de plus de précision sur d'autres articles de moindre importance. Il n'y a pas eu moyen de faire autrement avec les gens vis-à-vis desquels j'ai dû éprouver de grandes anxiétés dans une négociation qui laisse à mon zèle plus vif regret de n'avoir pu en tirer un meilleur parti pour l'auguste service. La Reine ne sera informée c|ue ce soir fort lard de ce qui s'est passé et ne pourra en foire aucune mention dans sa lettre '^l 11

nière ou cl'aii(re; que je ne pouvais les trouver que dans une promesse que je demanderais à M. d:> Vergennes que le Roi son maître ne souffrirait pas que Ton clierctiàt à revenir sur rien de ce qui aura été convenu sous les yeux de son ministre, M. de Vergennes m'ayant donné là-dessus une assurance positive et les ambassadeurs étant arrivés sur ces entrefaites, nous nous mîmes au travail et ce l'ut M. de Vergeiiucs qui prit la pluuic, qui écrivit tous les articles et qui dans bien des endroits que jo citerai ailleurs, en suggéra lu rédacti<'ii.

trLe premier article lut très pénible; les ambassadeurs offrirent sept millions de leurs florins où ie dédommagement des inondations devait être compris. Je rejetai vivement la proposition; il s'élevn de longs débats sur le traité de 1678. M. de Vergennes m'aida assez bien pour en soutenir la validité incontestable; il s'avança même au point de dire aux ambassadeurs que le traité susdit n'ayant été abrogé par aucun de ceux qui l'ont suivi, on ne voyait pas qu'il restât aux États généraux des moyens raisonnables de revenir sur ce point. Le ministre médiateur me proposa de passer dans une autre pièce; il employa les exhortations, les prières, les raisonnements d'égards pour la médiation du Roi , le tout pour me porter à une diminution de la somme de dix millions do florins courants de Hollande, que j'avais annoncée pour le dernier mot. Je déclarai au ministre que rien ne me ferait reculer là-dessus; ce lut alors qu'il s'engagea à faire passer l'article pourvu queje consentisse à ce que les dédommagements pour les inondation* y fussent com-

pris. Je cédai enfin, voyant bien par le langage et toute la tournure du ministre que je ferais de vains efforts pour aller au delà ; j'exigeai cependant qu'il y eût un article séparé pour les inondations. Je senlai»

bien dans le fond que ma demande ne signifiait rien; mais je prétendais prouver par là, que j'avais eu sur ce point des ordres bien précis et que je prenais beaucoup sur moi en y changeant quelque chose quant au fond et qu'au moins je ne voulais lien y changer quant à la forme. Je rentrai dans mon cabinet et les ambassadeurs de Hollande eurent à leur tour avec le ministre un entretien qui fut long, mais qui ne l'était peut-être que pour donner une apparence de grande difllcullé à la chose. ^ ''' Marie-An loinel le à Joseph II , ce ig septembre ij85. — r Quoique j'aie horreur de la guerre, mou cher frère, vous devez être bien sur que je ne vous conseillerai jamais un genre de patience qui compromettrait votre gloire et votre considération. J'ai eu tout lieu d'être contente de la manière dont se sont expliqués sur ce point le Roi et M. de Vergennes. En tout cas, le langage de ce ministre vis-à-vis de moi est beaucoup meilleur depuis quelque temps, et au point que j'ai été souvent tentée de croire qu'il cherche à me tromper; il paraît cependant jusqu'ici qu'il parle de même à M. de Mercy. Le courrier de Hollande est arrivé; il paraît qu'on a envoyé des pouvoirs décisifs. Demain M. de Vergennes et les ambassadeurs hollandais se trouveront chez M. de Mercy pour convenir des principaux articles et signer les préliminaires. J'envoie ma lettre d'avance, afin de ne pas

m'a paru qu'il était essentiel de ne pas perdre un moment à rendre compta à V, M. de l'état des choses; cette même raison m'obli{fe à terminer ce présent et très humble rapport. Je me mets aux j[)icds de V. M. et, en invoquant son indulgence et sa clémence, je suis avec la plus profonde soumission

Pans, le 20 septembre ijSS. — La célérité que je mets à la pr(jsente expédition ne me permet pas d'avoir l'honneur d'écrire à V. A. avec autant de détails que je le désirerais. Je perds ])ar là un moyen d'excuser en quelque manière les fautes que je puis avoir commises, parce que, si je pouvais déduire les difiicultés et les chicanes qu'il a fallu essuyer dans cette misérable afTaire, il paraîtrait peut-être que le meilleur était de la brusquer. J'ai le plus vif regret de n'avoir pu en tirer meilleur parti, et c'est avec instance qu'à cet égard j'invoque l'indulgence de V. A. Dans la confection du traité définitif, je tâcherai de rétablir l'ordre et la précision qui manquent à une première ébauche; je crois au moins qu'elle lie cette cour-ci, et c'est un des motifs qui m'a guidé. M. de Vergennes m'a bien appuyé sur les points capitaux; il a été misérable sur les petits articles au point de les rendre embarrassants; il a fort contribué aux difficultés sur Dœlhem et aurait presque fait rompre la négociation sur les terres de rédemption , les-

relarder d'une niiniile le courrier que M. de Mercy doit vous envoyer.

«Le cardinal a pris mon nom comme un vil el maladroit faux-monnayeur. Il est probable que, pressé par un besoin d'argent, il a cru pouvoir payer les bijoutiers à l'époque qu'il avait marquée, sans que rien ne fût découvert. Le Roi a eu la bonté de lui donner le choix d'être jugé au Parlement ou de reconnaître son délit et de s'en remettre à sa clémence. 11 a pris le premier parti; on dit qu'il s'en repent. Pour moi, je suis charmée que nous n'ayons pins à entendre parler de celte horreur

qui ne peut être ju/jée avant le mois de décembre. Je n'oublierai jamais la conduite que le Roi a tenue dès le premier moment et dans toute la suite de celte affaire; elle a été parfaite pour moi; et ses ministres, à qui il n'a parlé qu'en ma présence, n'ont pu le détourner d'une ligne, quoique les uns eussent des liaisons avec le cardinal et les autres avec ses parents, ff Adieu, mon cher frère; je souhaite et désire de toute mon âme que M. de Mercy vous envoie une bonne et définitive conclusion. Je vous embrasse de toute mon âme. 7) (Marie-Antoinette , Joseph H. . . Ihr BrieJ'wechscl , p. 9^.)

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quelles, selon l'aveu du gouvernement général, forment ensemble un objet de cinq ou six mille florins de Brabant. Je me suis tenu en mesure sur la citation du traité de Vienne et j'ai eu de terribles assauts à soutenir sur la citation de l'article i à du traité de Munster que j'ai récusée avec fermeté ''l

Les Hollandais sont formellement engagés à terminer le traité définitif sous un terme très court; je n'ai pu obtenir d'autre moyen de sûreté et quant aux dix millions, jamais je ne les aurais obtenus sans me prêter aux termes des payements stipulés.

Je supplie V. A. de pardonner le désordre de cette lettre, mais dix heures de travail, une violente attaque de mon incommodité et le désir d'expédier à l'instant les deux courriers pour Vienne et Bruxelles ne me laissent que le temps d'ajouter ici les assurances du respect avec lequel j'ai Ihonneur d'être, etc.

Vienne, ce ag septembre ij85. — J'ai reçu, par le courrier gardenoble galicien, votre lettre, et ai vu, par les dépêches dont il était porteur, que vous aviez terminé et signé les préliminaires avec les ambassadeurs de Hollande. Avant de pouvoir entrer dans aucun détail, il faut cjueje vous témoigne, mon cher Comte, toute ma reconnaissance et toute ma satisfaction sur la façon avec laquelle vous avez entamé, conduit et fini cette affaire difficile et odieuse. Croyez que je vous en sais un gré infini et que, s'il ne me restait l'inquiétude que la tension et l'ouvrage continuel et multiplié que, surtout les derniers temps, la

<') Les Hollandais demandaient qu'on rappelât le traité de Vienne du 16 mars 1731 entre l'empereur Charles VI, Georges II, roi de la Grande-Bretagne, et les Provinces- Unies des Pays-Bas, et spécialement l'article 5 par lequel l'Empereur, sacrifiant la fameuse Compagnie d'Osfende pour obtenir la reconnaissance de sa pragmatique sanction, reconnaissait que les sujets des Pays- Bas autrichiens ne jouissaient pas de la

liberlé de commercer avec les deux Indes; mais j\I. de Mercy s'y refusa énergiquemont. Il tint bon aussi sur le rappel de l'article i4 du traité de Munster du 3o janvier 16^8, par lequel il était dit que «les rivières de l'Escaut, comme aussi les canaux de Sas Zuyn et autres bouches de mer y aboutissant, seraient tenues closes du côté desdits seigneurs des Etats généraux».

conclusion do cette affaire vous a donnés, ne dérangent votre santé, je serais parfaitement content.

Dès que l'objet essentiel du troc était manqué et qu'il a fallu céder sur la libre navigation de l'Escaut, tout le reste tenait plus à la considération et à la forme qu'à l'avantage réel.

Vous avez pourtant disputé votre terrain pied à pied et plus obtenu qu'on ne pouvait s'attendre. Mon estime et mon amitié ne sont point susceptibles d'accroissement à votre égard, mais j'ai un si grand fond de reconnaissance et j'aime tant d'être dans le cas d'en faire usage , que vous pouvez compter, mon cher Comte, d'y avoir votre bonne part. Je vous prie de témoigner à M. de Vergennes également ma satisfaction sur la façon dont à la fin il s'est prêté à la conclusion de cette affaire, et j'écris de même à la Reine à ce sujet. Je vous joins ici ma lettre à laquelle j'en ai joint une petite pour le Roi^''.

Les objets qui sont encore restés à discussion ultérieure avec la Hollande, j'ai ordonné à M. de Relgiojoso de les arranger à l'amiable et de n'y mettre aucune chicane pour persuader à la République et à la cour de France que je ne répugnais point à oublier le passé, et que les liens que la République vient de contracter avec la France m'étaient agréables et chers.

Vous ne sauriez croire tout ce que l'Angleterre imagine par la voie de la Russie, n'ayant pu y parvenir directement, pour m'attirer à faire quelque démarche qui puisse me compromettre avec la France et déranger mes liens avec elle; mais je suis ferme et inébranlable à ce sujet, convaincu de l'utilité qui vient encore de se faire voir dans cette occasion-ci avec évidence. Vous pouvez donc en faire usage selon votre prudence là où vous le croirez à propos, mais surtout vis-à vis de la Reine.

Je suis très charmé que l'inoculation du Dauphin se soit passée si heureusement, et je crois qu'on a très bien fait d'avoir pris ce parti, puisque la force de l'éruption a fait voir qu'il avait bien des humeurs.

Des sommes que les Hollandais s'engagent de payer, j'ai donné les ordres au comte de Relgiojoso de prélever tout de suite de la première rate la somme de 5oo,ooo florins destinés aux sujets qui ont souffert par les inondations.

"' Ces deux lettres manquent.

Pour (}ue vous puissiez démentir tous les bruits qu'on peut faire répandre, j'ai donné aussi les ordres pour que toutes les troupes venues d'Allemagne aux Pays-Bas en retournent, afin qu'il n'y reste que les troupes qui y sont stationnées ordinairement.

Adieu, mon cher Comte; je désire bien que vous ménagiez à cette heure votre santé, et que vous vous donniez tout le repos que le. travail continuel que vous avez fait paraît exiger. Croyez-moi, avec beaucoup d'estime et d'amitié .....

P. S. Je vous joins ici, mon cher Comte, une petite caisse dont vous verrez le contenu dans cette liste ^'l Vous voudrez bien remettre les deux boîtes au comte deVergennes et à M. de Rayneval, ainsi que les deux bagues aux ambassadeurs hollandais, que vous ne remettrez qu'après la signature du traité définitif.

Le courrier est aussi chargé d'une autre petite caisse à l'adresse de la Reine, que je vous prie de lui faire parvenir tout de suite avec ma lettre.

Ce i"' octobre lySo. — Dans ce moment, je reçois un courrier du comte de Belgiojoso, par lequel il me marque ses appréhensions et inquiétudes au sujet de notre commerce aux Pays-Bas, qui, par le rappel en gros du traité de Munster, se trouverait entièrement annulé. Or, il serait essentiel, mon cher Comte, que, dans le traité définitif, la dénomination de celui de Munster ne soit appliquée qu'à la navigation et à la sortie de l'Escaut, dont il est question à l'article 6, sans que cela puisse s'étendre sur Ostende et les autres ports qui se trouvent aux Pays-Bas. Il en est de même des douanes, car sans cela le peu de commerce, qui a commencé à vivifier ces provinces, serait perdu à

f Liste des nippes destinées pourpre'- a" Une boîte émaiHée, garnie de bril-

sents : lants en bouquets de fleurs, pour M. de

1* Une boite émaillée en bleu, enricbie Rayneval; de gros biiiiants, avec le portrait de S. M. 3" Une petite boite renfermant deux

i'Empereur, pour M. le comte de Ver- bagnes de brillants pour MM. les ambassa-

gennes; deurs hollandais Brantsen et Berkenrode.

jamais, et tous les avantages quelconques qu'on obtiendrait par cette paix seraient entièrement ellacés par ce seul article. Je le recommande donc particulièrement à votre zèle afin qu'il soit bien édairci ou qu'il soit au moins déclaré que tout ce qui est relatif à ce sujet, doit rester sur le pied où les choses se trouvaient au moment qu'a comuiencé la querelle avec les Hollandais. Vous voudrez bien tenir ferme là-dessus et même engager la Reine et M. de Vergennes de vous appuyer de leur mieux, ainsi qu'on nomme un autre ministre pour ici que Wassenaar.

Je vous prie aussi de faire passer par la première occasion sûre la lettre ci-jointe au comte de Belgiojoso.

Vienne, le i"' octobre ij85, — Je vous félicite de tout mon cœur, mou bon ami, de vos succès et de la preuve réitérée que vous avez eu occasion de donner de votre dextérité dans le maniement des affaires. La nouvelle que vous nous avez transmise m'a paru faire grand plaisir à l'Empereur et m'en a fait beaucoup aussi à moi , parce que c'est toujours avoir fait un grand bien que d'avoir empêché un grand mal. L'Empereur vous envoie quelques présents qui eussent été plus considérables si on avait voulu m'en croire, mais comme cela est au moins passablement bien, il a fallu m'en contenter. Pour moi, il m'a donné ce que vous verrez dans le petit extrait ci-joint''', et je suis fort aise qu'il ne se soit point avisé de me donner rien au delà, parce que j'aime mieux donner que recevoir.

Je vous avoue que je désire fort que l'on mette toute l'accélération

"' Le prince de Kaimitz, en apprenant la signature des préliminaires, envoya ce billet à l'Empereur :

«Z)« Jardin de Mariahilf (faubourg de Vienne, où le prince avait une maison de campagne), le aS septembre i y 85. — Votre Majesté est sans doute déjà informée plus ou moins du contenu de la dépêche très humblement ci-joinle (du comte de Mercy ); mais je n'ai pas voulu différer néanmoins un instant de porter à sa connaissance la

nouvelle agréable qu'elle m'apprend, en la suppliant de vouloir bien agréer que je lui en fasse mon très humble compliment. n

Joseph II répondit de sa main : trJe vous remercie, mon cher prince, de celle nouvelle, et je suis charmé, que pour votre fête, elle soit arrivée, puisque sa bonne réussite vous est seule due. Adieu."

L'Empereur faisait allusion à la fête du patron du prince de Kaunitz, saint Wenceslas, qui se célébrait le a8 septembre.

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possible à la confection du traité définitif, parce qu<î je ne peux pas attendre le moment où il n'y aura plus rien à faire à une besogne qui a été assurément une des plus désagréables dont j'aie jamais été dans le cas de devoir m'occuper. Si vous croyez que cela puisse flatter M. de Vergennes ou être de quelque utilité, je vous prie de lui faire un compliment de ma part sur l'heureux succès de ses soins. Nous pouvons lui passer d'avoir plaidé la cause de la République dans les objets de moindre valeur, puisqu'il vous a assez bien secondé dans les essentiels, car on ne peut pas disconvenir que son rôle devait être assez embarrassant, ayant et nous et les Hollandais à ménager.

Je ne vous parlerai d'aucun des objets dont il est fait mention dans ma lettre d'office'^^, pour vous épargner des redites, et moyennant cela, il ne me reste pour cette fois-ci qu'à vous renouveler les assurances de la tendre et sincère amitié, avec laquelle je ne cesserai jamais d'être

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