‹ Correspondance secréte avec l'Empereur Joseph II et le Prince de Kaunitz, publiée (volume 2)Chapitre 7 sur 65 · MERCY A JOSEPH IL · texte numérisé non relu

MERCY A JOSEPH IL

Paris, Q S juin ij8i. — Les très gracieux ordres de V. M. du j a de ce mois m'ayant été remis le 1 4 , je me suis rendu le plus tôt possible à Versailles pour présenter à la Reine la lettre qui lui était adressée '^l Cette auguste princesse se proposa d'abord de la faire lire au Roi, pour qu'il y vît les motifs d'attention et d'égards qui ont empêché V. M. de faire une excursion en Angleterre. La Reine me marqua de l'inquiétude

C Cette ieltre manque. ^''^ John Adam9,né le 19 octobre 1785,

(-) Le 5 juin la Reine avait fait une mort le '1 juillet 1826, fui l'un des fon-

chule dans les appartements de Versailles: dateurs de l'indépendance des Etats-Unis,

mais elle avait pu se retenir et n'était lom- Après avoir pris une grande part à la dis-

bée que sur un genou; cependant, les méde- cussionde la Constitution du h ocobre 177O,

cins prirent pour à cause de l'état de la .1. Adams fut envoyé en Europe avec Fran-

Reino, qui était grosse de plusieurs mois, et klin, Deane et Lee, et il eut le bonheur

ils la saignèrent deux fois dans celte journée. de décidcM' les Hollandais à s'allier aux

'') Luc Urbain du Boucxic, comte de Elals-Unis. En 17H9, il fut nommé vico-

Guichen, lieutenant général des armées président de la Confédération, et en 1 797

françaises, né à Fougères en 1718, mort il succéda à Washington à la présidence, à Morlaix en 1790. ''') Celte lettre manque.

23 JUIN 1781. lib

sur ce que V. M. ne lui donnait encore aucune certitude sur son voyage à Versailles, et Elle parla de cet objet avec la plus grande sensibilité.

Les dépêcbes d'otlice que je mets très humblement aux pieds de V. M. contiennent le peu que j'ai à dire sur les affaires, et j'y joins une copie de ma leltre particulière au prince de Kaunilz, parce qu'il s'y trouve quelques particularités au moyen desquelles j'ai épuisé tout ce que le moment présent fournit sur les matières courantes.

Pendant la fermentation qui a décidé la retraite du directeur des finances Necker. mon zèle pour l'auguste service m'a fait penser plusieurs fois à Tutilité dont il serait d'acquérir un sujet aussi distingué par ses talents, même par ses vertus. Ledit Necker est depuis Cfuinze jours attaqué d'une lièvre sérieuse avec des redoublements; il est hors d'état de recevoir personne; mais, sur le désir que je lui ai marqué de le voir, il m'a fait répondre qu'au premier moment où sa maladie lui donnerait la moindre relâche, il me recevrait avec plaisir. H m'a toujours marqué beaucoup de confiance, et je suis d'autant plus en mesure de le sonder que dans nos conversations confidentielles il m'a dit souvent que, sous les ordres d'un monarque qui ressemblerait à V. M., il ferait de bien grandes choses, tandis qu'à peine il pouvait ébaucher ici. En lui rappelant ce propos, je l'engagerai à s'expliquer, en m'y prenant de manière cependant à ce qu'il ne puisse présumer que V. M. a des vues sur lui. Cette précaution me paraît nécessaire, parce que, d'après ce que je sais des affaires et arrangements personnels dudit Necker, il est peu vraisemblable qu'il se déterminât à quitter la France. Cependant cela ne serait pas impossible, vu son caractère disposé à être exalté par de grands objets, à quoi je puis ajouter que je lui connais pour V. M. un sentiment de vraie et profonde admiration qui serait très propre à l'éraouvoir. Dans une ou deux conversations, j'espère bien éclaircir cette matière, et j'en rendrai compte à V. M. le plus tôt qu'il sera possible.

Je remets ici très humblement les pièces secrètes, en observant que ma dépêche d'aujourd'hui donne un nouvel indice de la fausseté des rapports du baron de Goltz. Malgré cela, il ne saurait être observé de trop près, parce que ses intrigues sont exercées vis-à-vis de personnages si peu conséquents dans leurs principes et leur marche qu'ils en deviennent plus sujets aux surprises et à l'erreur.

/,6 MEUCY À KAUNITZ.

Paris, le 28 juin ijSi. — Monseigneur, le garde-noble dépêché de Madrid étant arrivé ici le 20, il m'a paru que le plus pressé était tle lui laisser continuer la route par la Flandre, afin qne les dépêches de M. l'ambassadeur comte de Kaunitz^^' parvinssent le plus tôt possil)le sous les yeux de S. M. l'Empereur, et ensuite à V. A. Les dépêches susdites annoncent un retard considérable à la réponse de la France et de l'Espagne aux propositions des cours médiatrices. Au moment où j'écris, je suis dans l'attente de ce que M. de Vergcnnes aura à me faire savoir sur cette matière, ainsi que nous en étions convenus dans notre dernier entrelien lorsqu'il attendait son courrier d'Espagne.

Il est très probable qu'une suite de fausses combinaisons, d'espérances chimériques de succès dans les deux Indes, rendra cette cour-ci difficultueuse sur les moyens de pacification, surtout jusqu'à ce que le besoin d'argent se fasse sentir, et M. Necker a éloigné ce besoin pour toute l'année présente. J'ai eu l'honneur de rendre compte à V. A. de tous les détails relatifs à la retraite de ce directeur des finances'-^; c'est un sacrifice que M. de Maurepas a voulu faire à sa vanité aux dépens du bien de l'Etat; tout le public en est indigné; les provinces en murmurent hautement; M. Necker y était adoré; son administration aurait infailliblement remonté cette monarchie au delà peut-être de la convenance générale de l'Europe; mais il est à cet égard une réflexion tranquillisante : c'est que dans l'état des choses telles qu'elles sont ici, rien de grand ne peut s'effectuer en France d'une manière stable, et moins que jamais sous le règne actuel.

L'apparence du renouvellement de nos liaisons avec la Russie cause ici beaucoup d'inquiétude et de jalousie ; la Reine par forme de plaisanterie en a fait honte au Roi, qui s'en est défendu. Elle s'est servie

'■' Le comte Joseph de Kaunilz, ambas- qu'il quilla cette ville, sa santé était déjà

sadeur de rEmpcreur près du Roi Calho- si lorlemonl ébranlée qu'il dut faire un

lique à Madrid, quatrième fils du prince- séjour de trois mois à Alicante; enfin il

cbancelier, il avait d'abord été ministre plé- put s'embarquer le ag janvier 1786; mais

nipolentiaire à Saint-Pétersbourg. A la fin le 5 février suivant, à la hauteur de l'île

du mois de mai 1780, il avait remplacé Majorque, il mourut à bord du vaisseau

son frère, le comte Dominique, à Madrid qui le ramenait en Italie, où il resta jusqu'au 30 octobre 178^1. Lors- (-> Voir plus haut, page lio, note 3.

à cet effet d'un propos que je lui avais tenu quelque temps auparavant et qu'Elle voulut bien s'approprier, en disant à son auguste époux que, lorsqu'un ministère ne voit toutes choses qu'à travers un brouillard sans savoir rien évaluerni éclaircir, il ne lui reste d'autre système à suivre que celui de la méfiance et des soupçons.

Il m'est démontré que la présence de M. de Breteuil importune M. de Vergennes, qui n'aime point cet ambassadeur. L'objet réel de son voyage est la remise de la tutelle de sa fille et la fixation des détails d'intérêt que cela entraîne. Les vues du baron semblent se borner à un commandement de province; mais je ne le crois pas bien détaché de toute idée ministérielle, quelque peu d'apparence qu'il envisage à pouvoir les réaliser. J'ai supplié la Reine de lui faire avant son départ une petite leçon sur sa jactance; j'espère que S. M. s'y prêtera; d'ailleurs M. de Breteuil tient ici des propos assez convenables; il parle de S. M. l'Empereur avec de grands éloges, et il marque une vraie vénération pour V. A. Quelquefois il se permet des petits commentaires politiques assez déplacés, mais cela ne parait pas porter sur l'essentiel des choses. Au reste, M. de Breteuil, en raison de son ignorance et de son impétuosité naturelle, sera toujours un négociateur incommode, et j'aurais bien désiré que V. A. en fût débarrassée, surtout dans l'occasion épineuse d'une pacification.

Bruxelles, 5 juillet ij8i. — Mon cher comte de Mercy, avant de partir pour un petit tour que je vais faire en Hollande, j'ai voulu par ce courrier vous informer de différents objets intéressants et de mes futurs projets. D'abord je vous joins ici pour votre connaissance les deux réponses que la cour d'Angleterre a faites à nos propositions communes pour la pacification. Vous jugerez du ton et de l'esprit qui y régnent, qu'on est bien loin de ce salutaire objet ^'^ Si vous le trouvez

''' Le roi d'Angleterre posait ce prin- part de ses sujets rebelles ; de même, il ne

cipe qu'il dérogerait à ses droits de souve- pouvait adopter aucun plan qui limiterait

rainelé s'il consentait à l'admission au ou suspendrait l'exercice du droit incon-

congrès d'une personne quelconque de la testable d'employer tous les moyens en son

bon, vous pourrez même en donner notice de bouche à MM. de Verf'ennes et de Maurepas, sans pourtant les leur communiquer, mais seulement comme en ayant été informé dans cette vue de ma part. La France tarde bien à donner sa réponse; je crois, et il n'y a même plus à en douter, que la réponse de l'Espagne n'aura pas été de son goût, et que par conséquent elle a trouvé nécessaire de l'y renvoyer pour la faire changer d'opinion ou de style. Nous pouvons l'attendre tranquillement, puisque pour cette campagne il n'y a sans cela plus rien à faire et que probablement, hors que l'Espagne ne nous donne quelques scènes, elle finira aussi indécisivement que toutes les autres.

Gomme je comptais aller faire un tour en Hollande dans le plus parfait incognito, j'avais écrit la lettre'^' dont copie est ci-jointe au baron de Reischach '-' qui m'avait envoyé la plainte que le prince Louis de Brunswick *^^ avait donnée aux Etats généraux contre le mémoire des

pouvoir pour mettre fin à une rébellion allumée dans ses États. (Dépèche du comte de Belgiojoso au prince de Kaunitz , de Londres , du i5 juin 1781.)

(') Dans cette lettre, écrite de Bruxelles le 26 juin 1781 , l'Empereur disait à M. de Reischach : trVous ferez de ma part un compliment très poli au prince Louis de VVolfenbuttel , en l'assurant du regret que j'avais des circonstances désagréables dans lesquelles il se trouvait, et combien je désirerais qu'elles se terminassent promptement et à sa satisfaction. Quant à la réponse ([u'il a faite aux impertinents mémoires des bourgmestres d'Amsterdam, j'y ai beaucoup admiré sa modération, et j'avoue que j'y aurais répondu d'une autre encre en faisant sentir à tous ces Etats l'ambition et la prédominance que cette ville, soufflée sous main, s'arroge. n II lui annonçait en même temps son intention d'aller faire un tour en Hollande dans l'incognito le plus strict en lui demandant de lui dire franchement son sentiment sur ce voyage dans un pays qui était aussi agité.

f-^ Le baron de Reischach, né en 1696, était depuis de longues années envoyé d'Au-

triche à la Haye, où il mourut le h octobre 1783. Voici comment l'Empereur le jugeait: «Je ne puis vous cacher que le bon vieux baron de Reischach est tellement affaibli d'âge et d'infirmités que, s'il y avait la moindre chose à négocier ici, il faudrait absolument penser à lui envoyer quelque aide; car il ne bouge de sa chaise et est entièrement adonné aux anciens principes et tenu par la clique anglaise ; il ne voit et il ne fait autre chose que ce que le prince Louis et le greffier Fagel lui disent. n {Joseph II à Kaunitz, 10 juillet 1781; apud M. A. Béer, opère citato, p. 86.)

(^) Louis-Ernest de Bnmswick Wolfenbuttel , né en 1 7 1 8 , avait d'ajjord été chargé de la tutelle du jeune stalhouder de Hollande Guillaume V, et avait été nommé en 1769 son représentant comme capitaine général de l'Union, à la condition expresse «qu'il ne se mêlerait d'aucunes affaires concernant la religion , la police , les finances ou la justice'! ; mais il n'en avait tenu aucun compte. Voir le curieux ouvrage de M. Pierre de \^'iii {L'invasion prussienne en Hollande en l'jSj. Paris, Pion, ]886, in-1 9 , p. 7 et passim).

bourgmestres d'Amsterdam ^^l La réponse en original du ])aron "-\ (jui a été la suite de la mienne, vous surprendra sans doute, et les lettres de main propre du prince Louis sont d'un genre qui m'a paru exiger prompte et signifiante réponse pour ôter toute fausse idée et surtout pour prévenir toute fausse démarche quelconque ; j'y ai donc fait la réponse ici à côté N" k '-^K Vous pourrez faire usage de tout ceci, sans pourtant faire voir les lettres originales du prince Louis de Brunswick, hors à la Reine, qui prouveront ma façon d'envisager les choses et de penser en allié. Quoi qu'en dise le roi de Prusse, je me flatte que moyennant cela tout sera dit et qu'on n'aura point pris de fausses

'■' Eli juin 1 78 1 , ies bourgmestres crAmsterdam avaient présenté aux Etats généraux un long mémoire contre le prince de Brunswick, demandant que ce prince, dont rinfluence sur le stathouder était la cause première du déplorable état de faiblesse de la République, de toute la négligence qui avait en lieu, de toutes les fausses mesures que Ton avait prises et de toutes les suites fatales qu elles avaient entraînées, tut éloigné de la direction des affaires et de la personne du stathouder.

'-' Le 3o jiùn, le baron de Reischach écrivait à l'Empereur qu'il n'avait pas pu voir le prince de Brunswick, mais qu'il lui avait fait donner, par le secrétaire de la légation , communication verbale de la lettre de S- M., et il envoyait les deux lettres que le prince lui avait adressées. Dans la première, le prince exprimait la crainte que l'Empereur ne trouvât pas tout l'agrément possible dans son voyage , car la fermentation des esprits était si grande qu'à chaque moment on pouvait s'attendre à un éclat, à des tumultes et à des scènes d'horreur. La seconde lettre était entièrement consacrée à son diOFérend avec les magistrats d'Amsterdam , qui , suivant lui , avaient agi à l'instigation du duc de la Vauguyon, ambassadeur de France , en demandant son éloignement qu'ils voulaient obtenir par tous les moyens, même par un soulèvement. Le prince ne craignait pas de demander que l'Empereur témoignât son mécon-

tentement aux gens d'Amsterdam, et fit entendre que la République pourrait se flatter de sa protection si elle se rapprochait de l'Angleterre.

'^) Joseph II au baron de Reischach, Bruxelles, a juillet l'jSt. — trj'ai reçu par mon courrier votre lettre à laquelle étaient jointes celles que le prince Louis vous avait écrites. Ce n'est pas sans surprise que j'y ai vu qu'au lieu de lui faire un comphment comme je vous l'avais indiqué, vous lui avez communiqué ma lettre tout au long. Il y a des choses que je puis écrire à un ministre et qui ne sont pas faites pour être communiquées. Tout le contenu tles idées et du projet du prince Louis ne porte que sur sa convenance personnelle du moment et n'est aucunement analogue à celle de mes Etats et à mes liens. Je suis l'allié de la France de cœur et de conviction, et je ne dois rien à l'Angleterre ; c'est dans ce sens que je parlerai et que j'agirai en toute occasion, quoique, dans celle-ci, je me flatte qu'on ne me mettra pas dans le cas de m'expUquer et qu'on me laissera voir tranquillement les objets matériels et de curiosité que cette République contient. Vous voudrez donc dans ce sens en prévenir le prince Louis, si vous le croyez nécessaire, mais surtout M. de la Vauguyon, ambassadeur de France, qui peut-être est instruit à faux des idées chimériques que le prince vous a mandées et qu'il m'importe que vous détruisiez entièrement dans l'esprit de l'ambassadeur. r>

tMi'ni:[i:i'>i£

alarmes de la i)aii ilc M. delà Vauguyon'i^, et que même le prince Louis se le tiendra pour dit et qu'on ne me tentera plus avec de pareils rêves chimériques.

Pour vous donner encore une preuve plus forte de ma façon de penser en bon allié, voici la copie de la lettre que je viens d'écrire par la poste à M. de Belgiojoso (-^. Il est vrai que la façon avec laquelle les Auf^lais traitent tous les pavillons neutres commence à devenii' insupportable. Je vous joins ici également une plainte d'un jugement porté contre un de nos négociants en France. Vous voudrez bien aviser aux moyens, mon cher Comte, si on peut venir ou non à son secours et recourir encore contre la sentence portée.

Je compte partir d'ici demain et, en commençant par Rotterdam, aller à la Haye, Leyde, Haarlem, Amsterdam, Utrecht, Nimègue, Maestricht, Aix-la-Chapelle et Spaa, d'où je reviendrai vers le 20 ou 21 juillet à Bruxelles pour y rester trois ou quatre jours avec les nouveaux gouverneurs ^^^ et ensuite je compte en partir et, passant par Valenciennes et Lille, arriver à Paris vers le 28 de ce mois. Vous savez bien, mon cher Comte, ma façon exacte d'être en tout le comte de Falkenstein. Je me propose même de ne descendre d'abord chez vous qu'en passant pour vous voir un instant et puis aller droit à Versailles, où je compte m'établir fixement pour cinq à six jours que j'y resterai. Vous voudrez donc, mon cher Comte, vous arranger avec M. Touchet ^*^ ou un autre tenant hôtel garni à Versailles pour qu'on m'y retienne

f'^ Paul-François de Queien de Stiier de Caussade, duc de la Vauguyon, né le 3o juillet 17Û6, mort à Paris le i4 mars i8'j8. Fils du gouverneur de Louis XVI, il avait été menin de ce prince, et en 1776 il fut nommé ambassadeur de France à la Haye, qu'il quitta eu 1788 pour aller à Madrid. Il fut un instant secrétaire d'Etat des affaires étrangères dans le ministère éphémère formé en juillet 1789 après le renvoi de Necker.

(-' Le comte Louis-Charles de Belgiojoso était depuis 1770 ministre plénipotentiaire à Londres. Eu 1783, il quitta ce poste pour remplacer à Bruxelles le prince de Starhemberg conune ministre chargé de l'administration des Pays-Bas autrichiens.

Dans cette iellre , Joseph II s'exprime en termes très vifs contre l'Angleterre, «cette nation éclairée qui, se trouvant dans des circonstances si critiques, fait consister toute sa ténacité à faire des petits gains et des petites rapines, à soutenir des ministres et à indisposer tout le monde contre elle.w

P' Ces nouveaux gouverneurs des Pays- Bas étaient l'archiduchesse Marie-Christine, fille de l'impératrice Marie-Thérèse, et son mari le duc Aliicrt de Saxe-Teschen. Ils remplaçaient le frère de l'empereur François I", le prince Charlesde Lorraine, mort le /i juillet 1780, dont la succession leur avait été assurée lors de leur mariage en 1766.

(') En 1777, Joseph II avait logé chez cet hôtelier-baigneur.

vers ce temps-là un logement; je ne compte y amener que deux domestiques et un homme de ma chancellerie. Le général Terzi "\ Brambilla^'-' et le reste de mon très petit équipage resteront à Paris. Vous voudrez donc aussi pour eux et leurs domestiques faire prendre cinq ou six chambres seulement pour ce peu de jours dans quelque hôtel. Vous me ferez plaisir s'il est encore en état et dans la même situation de me céder pour ce même temps votre domestique, nommé Pinel, que j'avais déjà l'autre fois et dont j'avais été parfaitement content. Après ce court séjour dans lequel vous sentez bien que je ne pourrai ni faire ni recevoir des visites, je compte repartir et prendre ma route tout droit sur Nancy, Strasbourg et Fribourg. Je vous écris tous ces détails uniquement pour vous mettre au fait des projets que j'ai. Au reste, je les modifierai ou les réglerai selon votre avis. Comme je compte être vers le 20 ou 2 1 de retour ici, vous me ferez plaisir de me renvoyer mon courrier pour ce temps à Bruxelles et de me faire savoir par lui les changements que vous croiriez nécessaires à faire à ces projets, puisque je serai encore alors à temps de pouvoir me régler en conséquence.

Voici ma lettre pour la Reine que je vous prie de Lui remettre, et en même temps sans affectation vous pourrez annoncer, si vous le jugez bon , le projet de mon voyage au ministère et en même temps y ajouter que mon unique but y était de voir le Roi et la Reine et non certainement de parler d'affaires.

Adieu, mon cher Comte; soyez bien persuadé du plaisir vrai que j'ai de vous revoir et de causer avec vous des objets intéressants qui actuellement occupent le théâtre politique.

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