‹ Correspondance secréte avec l'Empereur Joseph II et le Prince de Kaunitz, publiée (volume 2)Chapitre 9 sur 65 · MERCY A JOSEPH IL · texte numérisé non relu

MERCY A JOSEPH IL

Paris, 6 août 1^8 1. — Quand V. M. eut quitté la Reine''*, Elle rentra d'abord chez Elle, s'enferma dans ses cabinets et on s'aperçut qu'Elle y avait beaucoup pleuré. Hier matin la Reine ne parla que de ses regrets présents et de l'espoir certain de revoir V. M. Le premier médecin Lassone, sur ma réquisition, m'écrivit le billet que je joins ici très humblement, ainsi que la lettre de la Reine'-'.

Je viens de recevoir pareillement une lettre du comte de Kaunitz ; je la mets aux pieds de V. M. avec la petite dépêche que j'adresse à la chancellerie d'Etat.

Il faut au moins quelques jours encore pour recueillir des détails sur les impressions profondes et infiniment satisfaisantes que produit ici la courte apparition que V. M. vient d'y faire. Soit à Versailles, soit à Paris, il n'y a qu'une voix sur la vraie admiration que sa bonté

'■' L'Empereur partit île Versailles le dimanche 5 août, à 5 heures du malin. — '-' Ce hillet et celte lettre manquent.

el sa clémence y ont inspirée. J'en ai personnellement éprouvé tant de marques que mon âme en est aussi pénétrée que du zèle, de la fidélité et de la soumission avec lesquels je suis

Montbéliarfl , ce 8 noûl ij8i. — Mon cher comte de Mercy, je vous prie de remettre cette lettre à la Reine''' et en même temps de prendre quelque architecte qui lève le plan entier des jardins du Petit Trianon, de même que celui de la maison et des appartenances avec toutes ses proportions '-^

Je vous suis encore infiniment obligé de toutes les peines que vous vous êtes données pendant mon séjour à Versailles. Lorsqu'on est instruit par vous qui connaissez si bien et à fond les objets et les circonstances, l'on ne peut que gagner infiniment et avancer dans les connaissances qu'on est dans le cas de désirer ou de faire.

Je vous joins ici une pièce secrète et même une lettre au prince de Starhemberg que vous pouvez lui faire parvenir par la poste. Quant à ce courrier, vous pouvez le garder à votre bon plaisir jusqu'à ce que vous ayez quelques objets qui vaillent la peine de m'être marqués.

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