‹ Correspondance secréte avec l'Empereur Joseph II et le Prince de Kaunitz, publiéeChapitre 13 sur 37 · L'ABBÉ DE VERMOND À MERCY · texte numérisé non relu

L'ABBÉ DE VERMOND À MERCY

Samedi soir [a 5 août ,j88]. — J'ai vu la Reine en arrivant. Monsieur l'Ambassadeur. Sa première femme de chambre a dû faire dire à V. Exe, par son courrier, que S. M. désirait vous voir lundi à neuf heures.

J'ai écoulé la Reine et n'ai pas eu d'embarras à ne parler que sur ses dires. Elle désire qu'on puisse savoir et croire que c'est Elle qui

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déride sa réintégration dans les finances. Elle se persuade qn'Klle le déterminerait si Elle lui parlait et Elle avait quelque envie de le voir mardi. J'adopte ses désirs; mais je voudrais que la Reine ne parlât Elle-même que quand il y aura probabilité à sa détermination et acceptation.

Je viens même d'écouter l'Archevêque. En me parlant de sa reconnaissance j)our la peine que [)rend V. Exe, il m'a montré, un moment, crainte que vous n'ayez poussé un peu troj) loin la circons|)eclion; puis il revenait à votre sagesse et prudence, qui saurait mieux discerner que personne ce qui serait propre à décider M. Necker. Enfin, comme j'ai dit que j'allais vous écrire , il m'a prié de vous mander que selon la tournure que prendrait votre conversation et d'après l'opinion que vous en prendriez, vous étiez le maître de montrer le désir de la Reine et de l'Archevêque.

Agréez, Monsieur l'Archevêque (s/c)'", mon respect et mon attachement.

Ce dmmiche malin [aâ août l'^SS], — L'abbé vous a écrit hier au soir, Monsieur, et vous a marqué mon désir. Je crois plus que jamais que le moment presse et qu'il est bien essentiel qu'il accepte. Le Roi ^

est bien franchement de mon avis et vient de m'apporter un papier de sa main avec ses idées, dont je vous envoie copie. Votre [)rudence décidera de l'usage qu'elle en peut faire. Adieu, Monsieur, je vous attends toujours demain à neuf heures du matin.

Note du Roi, copiée de In main de la Reine,

Jusqu'à présent, M. de M[ercv] n'a parlé à M. N[ecker] que comme de lui-même. Par sa lettre d'hier, il marque que ce sera aujourd'hui qu'il recevra une réponse définitive; que M. N[ecker] s'occupe pourtant de l'état actuel des finances, apparemment pour voir ce qu'il pourrait faire. M. de M[ercy], avant de recevoir la réponse définitive,

''' Il J a bien dans l'original : tr.Agrécz, anctin doiilp, la lollro psl bien adressée à

monsieur l'arcb., mon respect. n C'est l'ambassadeur <l non à rnrcbevêqiie de évidemment un lapnus catami; car, sans Sens,

pourrait dire que jusqu'à présent il n'a parlé que comme de luimême, mais qu'à [)résent il sait que le Roi est informé de la négociation et qu'il l'approuve; qu'il désire remettre M. Necker à la tête des finances; que celui-ci entrera au Conseil et sera absolument libre dans sa partie; que le Roi pense qu'après une opération fâcheuse, mais qui était nécessaire dans les circonstances, quelque chose que M. Necker propose, elle ne pourra qu'être approuvée dans le public , et qu'il fera renaître la confiance ; que le Roi est fermement résolu de tenir les Etats à l'époque indiquée et de concerter avec eux les moyens de remjilir le déficit et d'empêcher qu'il ne se renouvelle; que le Roi ne pourrait pas s'engager préalablement à la rentrée des parlements, mais qu'il s'occupe de cet objet pour la fin des vacances, en conservant le bien fait au peuple par le rapprochement de la justice. Si M. Necker pensait qu'on peut encore faire des retranchements, il peut être sûr que rien ne coûtera au Roi de ce qui le regarde personnellement.

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