‹ Correspondance secrète de l'abbé de Salamon chargé des affaires du Saint-Siège pendant la révolution avec le cardinal de ZeladaChapitre 18 sur 41 · AUX · texte numérisé non relu

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jf NOTE SECRETE POOR LE ROI ET LA REINE

Un sieur Bernard, que la cour de Rome n'a jamais reconnu pour chargé d'affaires et qui cependant s'efforce de le paraître, a btit passer k M. le cardinal de Zelada, secrétaire d'État, l'extrait d'une dépêche de M. le comte de Montmorin, dans laquelle ce ministre se plaint de l'ordre qu'il suppose avoir été donné à l'abbé Quarantotlî de suivre le nonce. Il appelle cette démarche une rupture ouverte de la part de Sa Sainteté, et il voudrait la rendre g^arante des suites qui pourraient 'S'ensuivre, d'autant plus, dit M. le comte de Montmorin, que la déclaration de l'Assemblée après le départ du Roi était bien faite pour rassurer tout le monde. Le ministre en conclut que c'est par dépit, après la mauvaise issue du départ du Roi, que l'on [ne] veut retenir aucun ministre en France, ou tout au plus par des vues cachées.

S'il avait été permis à M. le cardinal secrétaire d'État de reconnaître le sieur Bernard et d'avouer la réception d'une telle déclaration, il lui aurait été bien aisé de répondre; un seul mot aurait résolu la difficulté : la permission accordée au nonce d'aller aux eaux est bien antérieure au départ du Roi. Cela posé, tout le reste croule.

L'abbé Quarantotti, sous le titre d'auditeur, est un particulier à la suite du nonce, dépendant de lui, payé par lui; il n'est pas présenté à la Cour, au ministère ni au corps diplomatique. Le nonce parti, il n'avait absolument plus rien à faire à Paris. Gomment donc cet abbé aurait41 pu sans un ordre exprès de sa Cour devenir quelque chose? Or, on ne lui en a donné aucun ; il serait impossible à qui que ce soit

(1) Le lecteur trouvera ici dans leur entier les pièces qui ont paru offrir le plus d'intérêt, et plus loin la liste générale de tous les documents annexés aux lettres. L'astérisque désigne les pièces rédigées par l'abbé de Salamon.

de le montrer. D^ailleurs, le noace, quoique absent, g^arde son titre, son rang et ses émoluments.

Sans doute, en d^autres circonstances, une telle interruption eût été infiniment pénible au coeur de Sa Sainteté, qui a pour Sa Majesté et son aug^uste compag^ne un attachement vraiment paternel; mais dans les circonstances actuelles, avec le système qu'on a suivi depuis quelque temps envers la cour de Rome, le Souverain Pontife peut-il la reg^retter? D*abord à qui pourrait maintenant s'adresser un ministre quelconque du Saint-Siège? Le Pape comme prince temporel devrait-il reconnaître une Assemblée non encore reconnue d'aucune puissance? En supposant même qu'elle le fût, le Souverain Pontife n'aurait-il pas longtemps à réfléchir sur la détermination qu'il aurait à prendre pour le bien de l'Église? Tout le monde sait les insultes graves qu'on s'est permises contre la personne sacrée du Saint- Père. A quoi ont abouti les justes réclamations de son ministre? Les imprimés les plus outrageants contre la religion, l'Église et le Pape ne cessent de paraître et d'être permis; enfin, on a envahi les biens de l'Église, dépouillé le Saint-Siège; voudrait-on encore le forcera tenir à Paris un témoin oculaire de tant d'outrages?

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