X INTRODUCTION
venue de renoncer aux tempéraments. Il demanda ses passeports, afin, disait-il, d'aller prendre les eaux d'Aix, et, le 31 mai, partit pour la Savoie. Sa mission était terminée, et lesdocuments officiels français sont muets désormais en ce qui touche la nonciature; mais diverses pièces conservées à Rome, et encore inconnues, permettent de comprendre mieux qu'on ne Ta fait jusqu'ici sous quelle forme les rapports nécessaires de TÉglise de France et du Saint-Siège allaient se poursuivre.
Quarantotti, auditeur de la nonciature, était, en effet, demeuré à Paris. Il n'avait ni caractère reconnu ni mission spéciale, mais doué d'un rare optimisme, ou croyant répondreaux intentions de sa cour, il s'efforça encore d'entretenir les relations. Ses démarches semblent même avoir parfois dépassé les limites de la prudence. Il se rendait « chez M. de Montu morin ou il n'avait jamais été auparavant, et encore plus « chez M. Hennin, premier commis. Là il manifestait la peine « qu'il avait de s'en aller et qu'il redoutait une rupture; il u faisait les mêmes plaintes à d'autres. (1) » S'étant « misdans la tête que Rome ne devait point rompre avec la France » , il trouvait des prétextes pour retarder ou même omettre l'exécution des ordres reçus du cardinal secrétaire d'État. D'autres fois il y suppléait de sa propre autorité. Lors du départ du Roi, le 20 juin 1791, le ministre avait adressé une note à tous les ambassadeurs pour leur témoigner le désir de l'Âssembléede maintenir les bons rapports avec leurs souverains respectifs. Cette note n'avait pas été remise à la nonciature dont le titu— laire était, à tout le moins, absent. Quarantotti aussitôt s'inquiète, écrit à M. Hennin pour se plaindre, et fait si bien» qu'il reçoit enfin la pièce réclamée (2] .
Cette attitude manquait, quelque peu, de dignité, et la
(1 L'abbé de Salamon au irardinal de Zelada, III, p. 18.
(2) t( L'Assemblée nationale, y disait le ministre, vient de m'autoriser à vous mander que la volonté de la nation française est de continuer avec le Pape la correspondance d'amitié et de bonne intelligence qui a existé jusqu'à présent. Je ne doute pas, Monsieur, de votre empressement à transmettre cette détermination amicale à la cour de Rome. » y^ Archives secrètes du Saint-Siège, Nonciature de- France, 22 juin 1791.)
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situation à tous égards ne devenait pas meilleure ; aussi l'audi« teur reçut-il par deux fois Tordre de quitter Paris (1). Il obéit, et le l*' août 1791 prit ses passeports, se rendant à Milan pour y rejoindre Mgr Dugnani (2).
Mais la conduite que Quarantotti avait cru devoir adopter jusque-là avait fait naître Tidée qu'il pourrait demeurer chargé d'une mission, et Ton conçoit sans peine que le gouvernement désirât sincèrement conserver, pour ainsi parler, sous sa main un envoyé animé d'aussi complaisantes dispositions. Son départ fut donc le signal d'un vif mécontentement. Oubliant qu'il avait lui-même menacé de renvoyer le nonce, si le Pape ne recevait pas M. de Ségur, Montmorin se plaignit cette fois que le Pape, qui pourtant persistait à refuser cet ambassadeur, eût rappelé un modeste auditeur. Celui-ci» à tout prendre, n^était ni chef de mission, ni chargé d'affaire», mais bien un simple u particulier à la suite du nonce • , n'ayant pas été pré* sente à la cour, • et qui, par conséquent, après le départ du u nonce n'était plus rien » . Il fallait donc beaucoup de bonne volonté, ou tout juste Tinverse, pourvoir dans le rappel de ce a particulier » une « rupture diplomatique ouverte » , et pour interpréter comme « dépit » du Saint-Père, à la suite des événements de Varenne survenus le 20 juin, l'absence du nonce qui datait déjà du 31 mai. Enfin, que penseï^ du reproche adressé à la cour romaine de s'inspirer « de vues ■ cachées » , parce qu'elle ne conservait pas à Paris un témoin i^eulhire d'outrages, hélas! trop publics? Des injures sans nooabre et pas la moindre réparation, ce n'était pas ce qui pouvait dét^nniner le Saint-Père, soit comme Souverain, soit comme Pontife^ m reconnaître le premier une Assemblée qu'aucune autre puissance n'avait encore reconnue. -Tel fut le sens de In réponse que le cardinal de Zelada
(1) 13 juillet 1791. ArchivM secrèlM du SaiauSiège. Parigu dispacci a Mon^ gigncr nutixto, dal 1785 a tutÈQ 1790 • parte del 1791 in cui terminé la nunziatura.
^2) Archives secrètes du Saint-Sièf^e. Parigi; dispacci di Monsignor nuiisio,
1790 e parte del 1791 . — La dernière dépêche du nopce, de Paris, est du 30 mai
1791 ; U dernière de l'auditeur porte la date du l'' août 1791.