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II se confirme que l'appartement que Ton prépare au Val-de- Grâce csl destiné à Madame la princesse Elisabeth, qui sera abbesse d'un chapitre noble de trente-six chanoinessea que la
Heine se propose d'y fonder.
LETTRE QUARANTE-SIXIÈME
De Versailles, le 20 novembre 1788.
La cause du peuple perd de plus en plus dans rassemblée des notables. Les opinions, dominées par l'intérêt des privilégiés, se dirigent vers la forme des Etats de 1614. La cour semble chercher à le dédommager, en accordant aux provinces toutes leurs demandes. Peut-être pensc-t-on que les Etats particuliers qui renaissent ou s'établissent dans toutes les parties du royaume rempliront le même objet.
On écrit de Bretagne que la noblesse cherche à gagner le tiers état. Jamais l'union et l'harmonie entre les parties constitutives de la nation n'ont été plus nécessaires qu'en ce moment. Si la noblesse et le clergé viennent à réussir dans leurs prétentions, nos publicistes présagent l'anéantissement du pouvoir monarchique, la misère et la servitude pour le tiers état, et la conversion de notre forme de gouvernement en triple aristocratie, noble, magistrale et sacerdotale. Tel sera, disent-ils, l'effet d'Etats modelés sur ceux de 1614.
Le duc d'Orléans avoit tellement pris de l'humeur sur le refus de paroître aux assemblées publiques avec des pages, et d'envoyer des ambassadeurs aux Etats généraux, qu'il a abandonné la présidence de son bureau de notables, et fait ses préparatifs pour un voyage de Londres. Lorsqu'il en a demandé la permission au Koi , Sa Majesté lui a répondu : « Vous êtes le maître de partir, et si vous allez en Angleterre, vous pouvez y rester. » Le duc d'Orléans a fait de nouvelles réflexions, et sa présence dans l'assemblée des notables a mis d'accord deux concurrents qui se disputoient chaudement le droit de le remplacer à la tête de son bureau : le maréchal de Broglie et l'archevêque de Bordeaux. Au reste, le Roi avoit déjà décidé en faveur du premier.
Il n'est plus question du projet de supprimer le grand conseil.
Ce tribunal est fort inutile et coûte cher à l'Etat; mais le ministère veut tenir en réserve une cour de justice prête a tout travail en cas d'événement.
Du 23 novembre.
Le public a appris avec le plus grand intérêt que Monsieur, frère du Roi, a vivement plaidé la cause du tiers état dans la dernière assemblée des notables. Il ne faut pas moins qu'un tel défenseur à cette classe importante du peuple françois, pour empêcher qu'elle soit plus longtemps sacrifiée au noble et au prêtre. C'est à ce prince et à un écrit sage et profond de la province de Dauphiné que le tiers état devra la révolution qui s'opère en sa faveur. Comme dans les assemblées de cette province , douze nobles et douze prêtres sont balancés par vingt-quatre députés des communes, il est certain qu'en adoptant en gros la forme des Etats de 1614, on y fera des changements et des modifications.
Il n'est plus question de la singulière prétention du duc d'Orléans. On n'en retrouve dans l'histoire que deux exemples, et ces exemples ne peuvent lui servir d'autorité. Un duc d'Anjou , devenu roi de Naples, envoya bien aux Etats généraux un ambassadeur et deux députés, mais ce duc couronné avoit bien le droit d'ambassadeurs, et étoit obligé de se faire représenter. Le second exemple est celui qui est fourni par un Gaston d'Orléans : ceci se rapproche, mais ce Gaston n'étoit âgé que de quatre ans, et le conseil de sa régence fut obligé de nommer des représentants. AI. le duc d'Orléans n'est pas roi, il n'est pas non plus un enfant.
Malgré les défenses du Roi d'informer sur ce qui s'est passé depuis l'établissement des grands bailliages, on va prendre à partie celui de Beauvais, relativement à un jugement inique. Il a paru à ce sujet une brochure qui est rigoureusement défendue.
Du 24 novembre.
On a déjà observé que chez nous une grande affaire absorbe tous les autres objets. On ne parle que des réclamations du tiers état; on ne lit et l'on n'écrit que des brochures relatives à la formation des Etats généraux. Les six corps de marchands de Paris ont présenté au Roi une requête pour demander d'avoir des représentants à l'assemblée de la nation, et ce ne sont pas les