PREMIÈRE LETTRE
A M. PÉTARD, rédacteur de la Revue étrangère médico-chirurgicale .
Monsieur le Rédacteur,
Merci de votre libéralité. Vous ouvrez vos colonnes aux développements de mes principes, et vous me demandez une revue mensuelle des progrès de la science en syphiliographie. Je réponds à votre appel avec empressement.
.\ussi bien, ai-je concouru à donner l’impulsion au mouvement qui s’opère et aux conversions qui s’accomplissent tous les jours, en faisant brèche aux retranchements de l’hôpital du Midi.
.l’ai prouvé l’inoculabilité de la syphilis aux animaux, et j’ai démontré que cette inoculation entraînait chez eux les mêmes conséquences que chez l’homme.
La syphilisation, née de mes expériences et bientôt outrageusement repoussée, a pris enfin rang dans la science comme dogme et dans l’art comme pratique. Ses principes ont même reçu les honneurs du plagiat.
Il est donc ojiportun de les remettre en évidence, et de montrer qu’ils projettent leur clarté dans les recoins les plus obscurs de la syphiliographie, et même jusque sur l’étude de toutes les maladies virulentes.
C’est moins toutefois une exposition dogmatique de la syphilisation que je me propose de faire, que l’application impartiale de ses
préceptes aux quostious et aux faits qui surgissent ti chaque instant dans le domaine de la science.
Je donnerai une analyse et mon appréciation des ouxrages nouveaux qui seront exclusivement ou partiellement consacrés à l’élude de la syphilis, ou bien qui se rntlaclieront à cette branche de la médecine par les liens étroits de l’analogie.
Mon désir ardent, c’est que pas un fait récent, pas une idée neuve, pas un point de vue nouveau, ni même aucun événement important n’échappe à mon examen et à mon jugement. C’est pourquoi je compte sur le concours actif et bienveillant des syphilistes de tous les pays.
La forme épistolaire me permettra, par sa simplicité, de suivre facilement la fluctuation des idées et de l'endre plus aisément justice à ceux qui auront bien mérité de la science par leurs travaux ou par leurs efforts.
.Ma prochaine lettre sera un hommage au professeur W. Boëck de Christiania. Le mérite et l’éclat de ses travaux ont été rehaussés par sa généreuse abnégation. 11 lui a fallu, sans aucun doute, beaucoup d’élévation d’éme et une grande indépendance d’esprit, pour me tendre la main du fond de la Norvège au moment où mon idée subissait le comble des outrages et de l’oppression.
Agréez, etc. Auzias Turenxe.
25 février 1858.