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Lettres à Dainirun, des 23 mars 1811 et ' avril

DE TIIÉODOHI-: JOIFFROY 23

tant elles sont propres à remettre les humeurs en circulation ' ». Ils étaient, le lendemain, à huit heures du matin, à Auxerre, couchaient à Rouvray et parvenaient, le mercredi soir seulement, à Dijon. Le jeudi, ils allaient en voiture jusqu'à Dole, et là prenaient le parti de faire le reste de la route à pied. Ils couchent à Arbois et, le vendredi, à midi, JoufTroy peut, enfin, revoir ses chères montagnes.

« A midi, j'aperçus les chaînes du Jura, en débouchant d'une vaste forêt de sapins; j'allai derrière un buisson, sous un honnête prétexte, pour jouir en paix cinq minules. Le soir, à quatre heures environ, nous dominâmes la vallée et, à cinq heures et demie, nous touchâmes le seuil paternel. On ne nous y attendait que dans huit ou quinze jours. Quelle surprise! Ma mère, mes deux sœurs, mon oncle, étaient là. On avait fané tout le jour. On oublia ses fatigues et nous celles du voyage. Dieu, comme nous soupâmes ! Quelle vie complète, entière, pleine 1 Et comme je dormis dans un de ces grands lits où deux couples pourraient se loger à l'aise 2. »

Il est en vacances, il se repose; il fait des visites, il en reçoit, le curé, le maître d'école, le médecin, le maire. Il vit de la vie rurale, avec sa famille, et prend part lui-même aux travaux des champs.

(( J'ai fané, mieux que personne, et je vous dirai que nos foins sont abondants, et que nous les récoltons par le plus beau temps du monde. La campagne, toute en collines et en vallons, et qui n'est encore dépouillée qu'en partie d'herbe et de fleurs, offre un aspect charmant. Elle est couverte, çà et là, de faneuses aux corsets rouges et aux robes blanches. Nos faneuses sont un peu brûlées parle soleil; mais elles sont assez jolies, fort joyeuses, et se piquent de se mettre très proprement pour aller aux champs. Je leur fais des contes ; elles rient avant que j'aie parlé, car elles ne sont point fort difficiles en fait d'esprit, et les pointes parisiennes seraient

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