‹ CorrespondanceChapitre 25 sur 65 · A Damiron, 17 novenibiv I81.J · texte numérisé non relu

A Damiron, 17 novenibiv I81.J

la volonté populaire, fussent-elles régulièrement votées par la majorité, ne sauraient obliger la conscience qu'aulant qu'elles ne violent pas les lois éternelles et immuables de la justice et de la raison.

Celle correspondance n'est pas, à proprement parler, philosophique. El pourtant, la philosophie y occupe une large place et en fait, pour ainsi dire, le fond. Comment en eût-il pu être autrement dans l'abandon de cette causerie intime entre deux amis voués aux mêmes études, préoccupés des mêmes problèmes, se parlant sans voile et, pour ainsi dire, cœur à cœur?

Au moment où elle commence, Joufîroy était dans la fièvre des occupations professionnelles et des conceptions philosophiques. Des travaux de toute sorte l'accablaient : « 1817 et 1818 furent les deux annéesmères de la Restauration, dit Dubois. A quelle rude discipline Jouffroy fut mis pendant ces années! 11 était clos dans ce séminaire ardent, ses amitiés les plus chères absentes, avec cet orgueilleux sans repos de Cousin ; lui-même en fièvre et la tète pesante chaque jour d'un nouveau projet'. >>

Il était bien jeune encore, vingt ans à peine. A cette date, il est, et tant que dure cette correspondance, il restera le disciple fidèle, l'admirateur passionné de M. Cousin. Quand on a lu les œuvres de Jouffroy, et qu'on y a appris à connaître l'indépendance de son esprit et l'originalité de sa pensée, on aurait peine à croire à (juel point il subissait alors l'ascendant du maître, si l'on n'en trouvait la preuve à chaque page de ses lettres, telles sont pleines de sentiments d'admi-

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