Souvenirs inédi/s de .M. Dubois
DK THÉODORE JOUFFROY 47
ration et de reconnaissance ; d'admiration pour le talent, de reconnaissance pour les services rendus. Et il ne défend pas moins le caractère de l'homme. Cousin ne dit rien que de beau, ne fait rien que de bien. « Il est si digne d'être aimé^ ! » Plus tard, JoufTroy fera des réserves. Dans une phrase bien connue du Mémoire su7- V organisation des sciences philosophiques^ il osera juger M. Cousin et parler de son inexpérience au début de son enseignement. A l'époque dont nous parlons, il est entièrement sous le charme : « Pour moi, je l'aime vivement, écrit-il à Damiron, encore plus par estime et par amitié que par reconnaissance-. »
Il suit ses leçons. C'est à M. Cousin qu'il va demander la solution des difficultés qui l'arrêtent ; c'est avec lui qu'il se promène, près de lui qu'il va puiser des inspirations et réchauffer son zèle philosophique. L'autorité de M. Cousin est incontestée. C'est le maître.
« Je suis le cours de Cousin, écrit-il, presque au lendemain de son retour à Paris; il est bien beau, cette année ; je vais, toutes les semaines, chez lui, et ses conversations que je rédige brièvement, me donnent une foule d'aperçus féconds ^ »; et il propose à Damiron de lui envoyer tous les quinze jours un résumé de ces conversations et un résumé du cours.
Damiron veut ouvrir à Falaise un cours libre de philosophie ; Jouffroy l'y encourage.
" Vous m'écrirez, lui dit-il, quand vous serez embarrassé, vous me proposerez vos doutes, et j'irai chez Cousin puiser la solution que je vous donnerai. Tout cela ira merveilleusement '•. »
Dès cette époque, M. Cousin se préoccupait de recruter des disciples, de fonder une école et d'orga-