Soîivenirs inédits de M. Dubois
C'est donc c< avec cette pensée toujours présente ». guidé par les notes de Tami qui, plus que personne, a vécu dans l'intimité de Jouffroy et connu le fond de son âme, que nous essayerons de rechercher au milieu des contradictions, des houtades, des fantaisies de toute sorte dont ces lettres sont pleines, ce qu'il pensait alors sur les questions fondamentales de la philosophie et de la religion.
Jouffroy Ta dit ailleurs :
« J'étais incrédule, mais je détestais rincrédulité ; ce fut là ce qui décida de la direction de ma vie. Ne pouvant supporter rincertitude sur lénigme de la destinée humaine, n'ayant plus la lumière de la foi pour la résoudre, il ne me restait que les lumières de la raison pour y pourvoir. Je résolus donc de consacrer tout le temps qui serait nécessaire et ma vie, s'il le fallait, à cette recherche ; c'est par ce chemin que je me trouvai amené à la philosophie, qui me sembla ne pouvoir être que cette recherche même K »
C'est par nécessité. « sans inclination prononcée pour ce genre d'études », sans enthousiasme au moins apparent, qu'il se met à la poursuite de « cette belle inconnue qui s'appelle la vérité ^ ».
Comment espëre-t-il la trouver ? Il ne croit pas aux livres. Il fait un cours au collège Bourbon et il n'a. de toute Tannée, ouvert un livre de philosophie. C'est en lui-même, dans l'observation psychologique qu'il cherche l'âme. Dieu, la loi du devoir, la solution du problème de la destinée.
« .le vais vous dire une chose qui est tout à fait dans vos idées et qui, de plus, est d'une grande vérité. C'est qu'on ne sait de philosophie nue ce qu'on en fait par soi-même ; c'est que tous les livres de philosophie ne vous donnent que de faussf's lumières ; c'est qu'il en est de même de tous les