‹ Correspondances apocryphesChapitre 14 sur 32 · ANATOLE FRANGE A MADAME DUPONT-BIIIAN · texte numérisé non relu

ANATOLE FRANGE A MADAME DUPONT-BIIIAN

secourir ; ainsi, il fut guéri de ses coliques, et délivré de tous les maux qui auraient pu l'assaillir.

La mort de Philimon ne fut pas moins facétieuse ; voyant un âne s'approcher d'une table toute servie, et brouter les piles de fruits qui en faisaient l'ornement, il trouva le spectacle si comique, et éclata si fort que la fin de son rire marqua le terme de sa vie.

Les anciens et quelques modernes nous ont conservé d'autres exemples mémorables de trépas imprévus et soudains. Cela m'a amené à faire réflexion que le sage ne doit pas se laisser sur.prendre par la mort. Il convient de montrer un visage riant et un sourire familier à cette visiteuse rusée, de l'accueillir sans ennui, et sans étonnement.

Je goûterai, à voir sa mise déconfite,

le dernier plaisir de ma vie. Cela me consolera sans doute de ne pas voir la vôtre. Mais je vous aime, et c'est assez d'y penser pour me réjouir.

Anatole France.

LETTRE

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